Hongrie - Ukraine (8 février 2009)

 

Qualifications olympiques, poule F.

Un parfum de revanche

Même si la qualification olympique est passée sous le nez des deux équipes, leurs retrouvailles s'annoncent pimentées : l'an passé à Sapporo, la Hongrie a obtenu sa première promotion dans l'élite mondiale en se jouant de la défense de l'Ukraine, qui veut prouver ce soir que ce résultat était une anomalie.

La domination est ukrainienne au premier tiers-temps, et pour deux raisons. D'une part parce que les Hongrois prennent quatre pénalités en douze minutes, et d'autre part parce qu'ils peinent à se dégager proprement, à l'instar de Vaszyunin qui perd un palet dans son enclave. La meilleure occasion est une passe de derrière la cage de Tsyrul pour Sriubko dont le tir touche l'épaule droite du gardien Levente Szuper. Les défenseurs viennent se coucher devant lui sur ce rebond chaud convoité par un Salnikov incisif. Le bilan offensif est cependant maigre pour l'Ukraine qui n'a pas su exploiter sa domination territoriale.

La Hongrie est plus efficace à la reprise. Marton Vas remporte l'engagement dans le cercle droit de la zone offensive face à Shafarenko, et son frère Janos sert Balazs Ladanyi côté gauche qui lui remet le palet du revers au poteau opposé. Janos Vas peut alors conclure, du revers lui aussi, face à un Simchuk qui n'a pas eu le temps de faire l'aller-retour (1-0, 21'47"). L'Ukraine a une énorme d'occasion d'égaliser sur une relance de derrière la cage qui trouve Materukhin à la ligne bleue, mais Tsyrul n'arrive pas à reprendre victorieusement la passe au second poteau sur ce 2 contre 0.

Géométrie hongroise

Les Hongrois marquent alors le plus beau but du tournoi. Le duo Ocskay/Palkovics avait connu un week-end en demi-teinte, sans le moindre point, mais les deux hommes ont encore de quoi signer un but magistral en supériorité numérique qui témoigne de leur fantastique complicité. Après un premier tir contré, Krisztian Palkovics s'appuie une première fois en une-deux sur Gabor Ocskay avant de lui rendre aussitôt le palet de l'autre côté du jeu car il a traversé derrière la cage dans l'intervalle. Certains joueurs ont besoin d'être trois pour faire un jeu en triangle, le couple magique du hockey magyar fait cela à deux. C'est ce qu'on peut appeler la géométrie hongroise (2-0, 31'28"). Le deuxième tiers-temps se termine avec quatre bleus en même temps en prison, et on se demande bien à cette heure comment l'Ukraine va s'en sortir.

Elle aborde pourtant bien mieux la troisième période, tuant toutes les pénalités et se montrant de plus en plus menaçante. Le retournement de tendance se fait à moins de neuf minutes de la fin lors d'une action peu favorable aux expatriés dans le championnat français. Le rapide demi-tour d'Oleg Timchenko laisse Viktor Szélig scotché contre la bande avec un temps de retard. Il ne rattrapera jamais Timchenko, qui s'appuie en une-deux sur Salnikov ligne de fond pour pouvoir glisser le palet sous le gardien sans la moindre opposition. Sans la moindre ? À la décharge de Szélig, il n'a franchement pas été aidé par son partenaire de ligne, le défenseur tourangeau Omar Ennaffati, qui a laissé Timchenko passer à côté de lui vers la cage sans venir un seul instant couvrir son camarade pris à revers (2-1, 51'39").

La Hongrie tue une pénalité de Tokaji dans la foulée, mais la paire défensive de Ligue Magnus est encore prise à défaut au retour à cinq contre cinq. Les efforts de Viktor Szélig ne suffisent pas à prendre le palet dans la bande aux Ukrainiens. Le palet ressort donc pour Andryi Mikhnov dans le cercle droit qui centre pour la reprise d'Oleg Materukhin. Shafarenko, sur qui Ennaffati était au marquage, a bien masqué le gardien (2-2, 54'41").

L'Ukraine est revenue à égalité, mais Salnikov se fait pénaliser (trébucher). Le travail dans la bande de Horvath puis de Vaszjyunin permet alors à Krisztian Palkovics d'envoyer un missile de la ligne bleue en pleine lucarne (3-2, 57'25"). Cette fois la victoire semble dans la poche pour les Hongrois... sauf que Janos Vas, sous la pression de Litvinenko, dégage le palet au-dessus du plexiglas. Deux minutes pour retard de jeu. Comme sur l'action ayant amené le premier but ukrainien, Vadim Shakhraïchuk remporte une mise au jeu décisive en zone offensive face à l'autre numéro 10 Marton Vas. Le centre du Metallurg Magnitogorsk (où il est arrivé le mois dernier) est ainsi au départ et à la conclusion du mouvement égalisateur, en reprenant une passe transverale du revers devant la cage de Salnikov.

Dmitro Tsyrul lève le palet sur son revers et l'action semble si nette que Csaba Kovacs se prend à l'imiter : sa vitesse d'exécution est cependant inférieure et le gant de Simchuk pare sans mal le palet.

La feinte de Sergei Varlamov est également très rapide, et il conclut du même côté face à un Szuper qui a reculé dans son but. C'est le penalty de la dernière chance pour la Hongrie : le vétéran Palkovics, avec un calme olympien (mais pas "olympique", il est trop tard pour cela) ajuste d'un tir bas un Simchuk resté debout.

Materukhin choisit le tir et Szuper fait son premier arrêt en détournant du gant un palet qui passe alors juste à côté de son poteau. La Hongrie peut-elle renverser cette séance très mal partie ? Non, car le tir du poignet de Balazs Ladanyi est gobé par la mitaine de Simchuk.

Désignés joueurs du match : Bence Svasznek pour la Hongrie et Vadim Shakhraïchuk pour l'Ukraine.

Compte-rendu signé Marc Branchu

 

Commentaires d'après-match

Viktor Szélig (défenseur de la Hongrie) : "Je suis un peu déçu. Ce n'est que lors de la dernière rencontre que nous avons montré ce dont nous étions capables. Nous aurions pu jouer de cette façon contre la Lettonie et l'Italie. Bien sûr, il faut reconnaître que nous avons affronté des équipes très fortes, mais j'aime les challenges difficiles, comme le seront les championnats du monde. Ce match est un bon point de départ. Il faut accepter que l'arbitrage est plus strict en match international. Ce n'est pas au monde de s'adapter à nous, nous devons suivre la tendance. La crosse ne doit pas être un outil pour compenser les différences de vitesse."

 

Hongrie - Ukraine 3-3 (0-0, 2-0, 1-3, 0-0) / 1-2 aux tirs au but

Dimanche 8 février 2009 à 13h00 à l'Arena Riga. 1900 spectateurs.

Arbitrage de Vladimir Baluska (SVK) et Milan Minar (TCH) assistés de Christian Kaspar (AUT) et Vit Lederer (TCH).

Pénalités : Hongrie 22' (10', 4', 8'), Ukraine 14' (2', 10', 2', 0').

Tirs : Hongrie 18 (6, 7, 4, 1), Ukraine 34 (7, 10, 15, 2).

Évolution du score :

0-1 à 07'06" : J. Vas assisté de Ladanyi et Horvath

1-1 à 31'28" : Ocskay assisté de Palkovics (sup. num.)

2-1 à 51'39" : Timchenko assisté de Salnikov

2-2 à 54'41" : Materukhin assisté de Pobiedonotsev

3-2 à 57'25" : Palkovics assisté de Horvath et Vaszjyunin (sup. num.)

3-3 à 58'44" : Shakhraïchuk assisté de Salnikov et Navarenko (sup. num.)

Tirs au but :

Ukraine : Tsyrul (réussi), Varlamov (réussi), Materukhin (arrêté).

Hongrie : Kovacs (arrêté), Palkovics (réussi), Ladanyi (arrêté).

 

Hongrie

Gardien : Levente Szuper.

Défenseurs : Tamás Sille - Bence Svasznek ; Viktor Tokaji - András Horváth ; Omar Ennaffati - Viktor Szélig ; Balázs Kangyal (C) - David Jobb.

Attaquants : Artyom Vaszyunin - Gábor Ocskay (A) - Krisztián Palkovics ; Balázs Ladányi (A) - Marton Vas - Janos Vas ; Csaba Kovacs - Daniel Fekete - Daniel Koger ; Gergely Majoross - Roger Holeczy - Istvan Sofron.

Remplaçants : Zoltan Hetenyi (G).

Ukraine

Gardien : Konstantin Simchuk.

Défenseurs : Dmitri Tolkunov - Oleksandr Pobiedonotsev ; Andrei Sryubko - Vitali Lyutkevich ; Serhyi Klimentiev (A) - Yuri Navarenko ; Oleg Blagoï.

Attaquants : Kostiantyn Kasyanchuk - Serhyi Varlamov (A) - Andryi Mikhnov ; Roman Salnikov - Vadim Shakhraïchuk - Dmitro Tsyrul ; Oleksandr Materukhin - Oleg Shafarenko - Oleksandr Matvychuk ; Oleg Timchenko - Artyom Hnidenko - Vitali Litvinenko.

Remplaçant : Igor Karpenko (G). Absent : Yuri Gunko (C, blessé).

 

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