Étudiants canadiens de Paris - London Lions (21 février 1925)

 

Finale de la Coupe Jean Potin.

Il n'y a que des Nord-Américains sur la glace pour cette finale, y compris l'arbitre canado-parisien Smith, un peu laxiste, et ils sont aussi présents en nombre parmi les spectateurs. Les étudiants canadiens partent à une allure endiablée, en escomptant une fatigue anglaise après le match de la veille. Pendant dix minutes, la défense londonienne résiste pourtant, et le rythme ralentit. Simard intercepte une passe et ouvre la marque à la quatorzième minute, mais le rapide capitaine Blaine Nathaniel Sexton, arrivé en Europe pendant la guerre et qui a épousé une Anglaise, égalise deux minutes plus tard sur un tir incroyable, direct et précis, à bonne distance du but.

Les Canadiens n'ont pas de joueur de la valeur de Sexton, mais ils sont plus homogènes. Et leur capitaine Caron, remarquable en défense comme en attaque même s'il a aussi dû subir une pénalité de trois minutes, ne veut pas être en reste. Constamment en éveil, il ne laisse passer aucune occasion, et à sept minutes de la fin, il permet à son équipe de marquer deux buts en dix secondes. Simard ajoutera un quatrième et dernier but. Le Canada peut soulever le majestueux trophée signé du maître Jean Puyforcat.

Cette équipe des étudiants canadiens de Paris a bien progressé depuis sa constitution en novembre à l'initiative de Monsieur Duckett. S'ils ont profité de l'écroulement physique adverse sur la fin, ils ont atteint un bon niveau grâce à leur trio majeur Caron-Rainville-Simard. Car même leurs moins bons joueurs étaient plus impliqués et plus utiles collectivement que leurs homologues anglais. C'est le résultat d'une discipline rigoureuse, mise en place pendant une heure d'entraînement hebdomadaire. C'est un exemple à suivre pour les équipes européennes, qui faisaient jeu égal avec ces étudiants lors de leurs premiers matches à l'automne.

Signalons tout de même que le chef de la délégation belge, André Poplimont, a déposé une réclamation après avoir vu Chapdelaine participer à la compétition non sous les couleurs belges, mais sous celles des étudiants canadiens. Il avait même marqué à quinze secondes de la fin pour ces derniers contre la Suisse (les dix autres buts avaient été l'œuvre de Caron, six, et Rainville, quatre). Il n'a pas été aligné aujourd'hui.

Dans le dernier match de la compétition, la Belgique prendra la quatrième place face à une formation suisse dépassée en technique et en patinage, grâce à deux buts pour chacun des frères Van Reysschoot. Mais elle ne digèrera ce qui s'est passé. Pour ce passage impromptu dans une équipe adverse, l'assemblée générale de la Ligue Belge de Patinage sur Glace votera le 13 juin l'exclusion pour six mois de Chapdelaine. Et si elle enverra une équipe l'année suivante, elle déclarera le faire "malgré la répugnance qu'il a à participer au même tournoi que les Canadiens de Paris, ce uniquement parce que les amis du CSHP ont insisté".

 

Étudiants canadiens de Paris - London Lions 4-1 (1-1, 3-0)

Samedi 21 février 1925 au Palais de Glace des Champs-Élysées. Arbitrage de Smith (CAN/FRA).

Évolution du score :

1-0 à 14' : Simard

1-1 à 16' : Sexton

2-1 à 33' : Caron

3-1 à 33' : Caron

4-1 à 3?' : Simard

 

Canadiens de Paris

Avants : Caron (cap) - Rainville - Simard.

Arrières : Dufresne - Pratt.

Gardien : Desgroseillers.

Remplaçants : Bonnell, Lacharité, Lawson.

London Lions

Avants : G. White - B. N. Sexton - O'Leary.

Arrières : H. Smith - Nangle.

Gardien : C. E. Price.

Remplaçant : E. Stacey.

 

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