Sylvain Rodrigue, "lorsque je suis arrivé, je n'avais pas de crosse"

 

Article d'Angers Journal (12 mars 2001).

Le portier canadien quittera probablement les Ducs dans quelques jours. Il a décidé de se recycler Outre-Atlantique. Pas question cependant de lâcher le palet. Il fait le point sur quatre saisons passées au club. Entretien.

Angers Journal : Pourquoi as-tu décidé de retourner au Québec ?

Sylvain Rodrigue : J'aimerais être professeur de sport là-bas, je dispose des diplômes nécessaires mais au delà de cinq ans, il faut reprendre des cours pour pouvoir exercer ce métier. Cela fait quatre ans désormais que je suis à Angers, je n'ai donc pas de temps à perdre ! Ce sera également l'occasion de retrouver la famille, je vais faire construire une petite maison au Québec.

A.J. : On imagine que tu n'arrêteras pas pour autant le hockey...

S.R. : C'est certain, je continuerai à jouer mais cela ne m'assurera pas de revenus substantiels. Je pense que j'évoluerai dans une ligue telle celle où jouait Patrice Martineau. Ce sont des ligues semi-professionnelles, on gagne un peu d'argent en jouant.

A.J. : As-tu été contacté par des clubs français ?

S.R. : Non, de toute manière, si je restais en France, ce serait à Angers. Je n'ai pas cherché ailleurs. Je n'ai pas d'agent, je suis assez grand pour me débrouiller tout seul. Avant, j'en avais un mais en France, cela n'est pas nécessaire. Les contrats ne sont pas aussi complexes qu'en Amérique.

A.J. : Si tu devais dresser un bilan des saisons passées à Angers, quel serait-il ?

S.R. : Il y a eu de bonnes choses, c'était surtout dommage de ne pas avoir réussi cette année en play-off. Cela a été difficile toute la saison contre Anglet, ils sont finalement parvenus à nous barrer la route des demi-finales. Heureusement, il règne vraiment une bonne ambiance à Angers. Tout le monde prend plaisir à jouer.

A.J. : Quel est ton meilleur souvenir au club ?

S.R. : Sans doute la Coupe Continentale à Sheffield. Nous nous étions qualifiés à Angers et avions fait le déplacement. Ils disposent d'une grande patinoire de 12.000 places, c'est vraiment différent de la France ! Nous avions été bien accueillis, nous avions vraiment passé un bon séjour là-bas, avec toute l'équipe.

A.J. : As-tu été étonné par le peu de place accordée au hockey en France ?

S.R. : Oui, c'est clair que ce n'est pas le sport numéro un ! Je me suis un peu mis au foot, je regarde des matchs à la télévision de temps en temps. Chez nous, tous les gamins jouent au hockey l'hiver et au base-ball l'été. Cependant, on constate un regain d'intérêt pour ce sport, les patinoires se remplissent de plus en plus et la médiatisation est accrue.

A.J. : Te souviens-tu de ton arrivée à l'A.S.G.A. ?

S.R. : Oui et je peux vous dire qu'ici, on est moins gâté question matériel ! C'est normal, les clubs ne disposent pas de gros budgets. Lorsque je suis arrivé, je n'avais pas de crosse. Nous sommes allés à un magasin en chercher une mais la courbe n'était pas du bon côté. Ensuite, j'ai commencé à m'entraîner avec une crosse junior... Si je devais dresser un bilan, je dirais qu'Angers est vraiment un très bon club. Chaque saison, nous nous demandions si nous repartions au Québec mais nous décidions à chaque fois de rester.

 

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