Norbert Périnet, le vieux sage
Article de la Nouvelle République du Centre (25 janvier 2002).
A 35 ans, le doyen des Diables Noirs a toujours de beaux restes. Avec nous, il parle de l'arrivée de Bob Millette, du rôle des étrangers et de son avenir au sein du club.
Gapençais d'origine, Norbert Périnet est arrivé à Tours pour la première fois en 1989. A l'époque où l'ASGT évoluait encore en élite et où Bob Millette faisait ses premières armes en tant qu'entraîneur. Puis il est reparti vers Gap avant de rejoindre Briançon.
De retour à Tours depuis 1996, il fait désormais les beaux jours de la patinoire. Marié, deux enfants, Norbert n'est pas qu'un hockeyeur. Il passe ses journées comme conducteur contrôleur sur le réseau Fil Bleu.
N.R. : Vous qui connaissez bien l'ASGT, dites-nous quelle est la principale différence entre l'équipe de cette année et celle des saisons précédentes ?
N.P. : La grande différence est que Bob a apporté beaucoup de professionnalisme et de rigueur dans l'équipe. Il nous a apporté son expérience acquise en Suisse et sa motivation. C'est quelqu'un qui pense tout le temps au hockey. Il est à cent pour cent, du matin jusqu'au soir.
N.R. : Les critiques n'ont-elles pas été un peu trop vives, en septembre, à propos du nombre d'étrangers ?
N.P. : C'est sûr, on en a souvent entendu parler. Mais depuis qu’on a des résultats, c'est une autre histoire. Tout ce que je sais, c'est que Bob ne disposait pas d'un gros budget pour faire son équipe cette saison. Nos salaires ont été baissés et les Français qui sont restés sont ceux qui ont accepté de relever son défi sportif. Je comprends que les gens regrettent le peu de jeunes formés au club mais d'un autre côté, quand on veut augmenter le niveau général d'un club, il faut accepter l'arrivée de bons joueurs étrangers. Ne serait-ce que parce qu'ils amènent une autre culture.
N.R. : Villard, Anglet, Dijon, la semaine qui vient s'annonce difficile, non ?
N.P. : Nous serons prêts aussi bien physiquement que mentalement aussi, je ne me fais pas de souci. Le match le plus important pour moi, est celui de samedi contre Villard. On a une belle revanche à prendre car on est allés chez eux la peur au ventre, du fait de leur titre de champion de France en titre et leur place au classement. J'en garde un mauvais souvenir. Pour ce qui est du match de coupe de France contre Anglet, c'est du bonus. Il va y avoir du monde, on sera devant notre public. Il faut juste en profiter pour se faire plaisir.
N.R. : Justement, quatrième à un point du troisième cela aussi ça fait plaisir quand on court après les play-offs depuis trois ans ?
N.P. : C'est vrai que d'être si près du podium, cela motive. On regarde de moins en moins derrière et de plus en plus devant. On se dit tous qu'on n'est plus très loin...
N.R. : Plus très loin de retrouver l'élite si la Fédération se décide à bouger. Mais l'ASGT en a les moyens ?
N.P. : Pas pour l'instant. Je pense qu'il faut attendre encore que nos partenaires se rassurent et que la mairie nous suive un peu plus. Pour l'instant, c'est le rugby, le foot, le volley. Il faut attendre qu'elle refasse confiance au club qui a fait beaucoup d'efforts. Mais d'un autre côté, cela n'arrive pas tous les jours, une telle opportunité. Il faudra bien réfléchir et voir les moyens que l'on se donnera, derrière, concernant la formation des jeunes. Car pour l'instant, on a de très bons minimes mais avant qu'ils jouent en première, il y a un fossé de six ans à combler.
N.R. : C'est vrai, mais d'ici là, vous serez retraité...
N.P. : On verra ! Moi, j'ai toujours dit au club que je battrai le record d'Yvon Bourgaut. Et comme il n'a raccroché qu'à 41 ans, cela me laisse de belles années devant moi.
Propos recueillis par Julien Mallet.