Le hockeyeur Cristobal Huet monte bonne garde

 

Article du Monde (8 février 2002).

Les Jeux de Nagano, en 1998, n'ont pas laissé un souvenir impérissable à Cristobal Huet. Le gardien de l'équipe de France de hockey sur glace, qui devait débuter le tournoi olympique de Salt Lake City face à la Suisse, samedi 9 février, n'avait joué que deux rencontres et encaissé un "mauvais but". Quatre années plus tard, ce Grenoblois de 26 ans est devenu l'une des pièces maîtresses des Bleus. Il joue depuis trois ans le championnat suisse, un des meilleurs d'Europe, sous les couleurs du club de Lugano et a été "drafté" pendant l'été 2001 par les Los Angeles Kings, une équipe de la National Hockey League (NHL), le championnat professionnel nord-américain.

"L'entraîneur des gardiens de Lugano m'a appelé le pour m'annoncer que j'avais été retenu par les Kings, raconte ce garçon placide. J'ai participé au camp d'entraînement en juillet mais les Kings ont six gardiens sous contrat. Ils m'ont dit qu'ils garderaient un œil sur moi cette saison." Il sait que de sa performance aux JO dépendra le degré d'ouverture de la porte qui mène à la NHL, un univers que Philippe Bozon, ancien des Saint-Louis Blues, est le seul Français à avoir fréquenté jusqu'à présent.

Encore plus que ses collègues du football ou du handball, le gardien de hockey sur glace est un homme à part. "Le gardien s'échauffe un peu de son côté, parce que le type d'effort qui lui est demandé est différent, plus court et plus intense. Mais il ne peut être performant que si ses coéquipiers l'y aident, explique Cristobal Huet. Il faut qu'il soit apprécié de ceux-ci. Il ne peut pas être arrogant ou égoïste."

Son harnachement, qui lui donne des airs faussement patauds, et son casque de protection, en général personnalisé, distinguent un peu plus le gardien de ses coéquipiers. Fabriqués sur mesure au Canada, les casques de compétition sont en Kevlar et les grilles en titane. Les patins du gardien sont équipés d'une coque de protection et de lames plus longues et plus épaisses que celles des joueurs de champ, afin de lui assurer une plus grande stabilité.

Pour Cristobal Huet, le passage aux vestiaires est un cérémonial. "Mon sac pèse dans les vingt-cinq kilos et il me faut une vingtaine de minutes pour me mettre en tenue si je ne me presse pas, raconte-t-il. Parfois, j'ai l'impression de revêtir un costume de théâtre et c'est comme si je changeais de personnalité, à la façon d'un acteur."

G.v.K.

 

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