Gros plan sur Patrick Groleau
Article du Bien Public de Dijon (23 mars 2002).
Son aventure européenne : Après six semaines d'absence, pour blessure, Patrick Groleau, une des pièces maîtresses de l'attaque dijonnaise effectue sa rentrée ce week-end contre Cergy, pour le plus grand bonheur du CPHD. Interview.
- Patrick, pouvez-vous nous rappeler les circonstances de votre blessure et quelles en ont été les conséquences ?
- C'est en huitième de finale de la coupe de France face à Amiens, j'ai le palet dans la zone adverse puis, je décide de couper vers le centre de la glace, et là, je prends une boîte assez ordinaire. J'en ai pris des centaines comme celle-ci ! Quand je me suis relevé, j'ai ressenti une vive douleur. Une fois sur le banc, j'ai ôté ma mitaine, je ne pouvais plus bouger mes doigts. Ceci dit, le plus dur n'était pas tant la douleur physique mais morale. J'ai eu trois fractures aux métacarpiens plus une au radius. Je me suis fait opérer le lendemain afin que l'on me pose une broche pour que mon indisponibilité soit réduite à six semaines environ. Moi, qui avais été jusqu'à présent épargné par les blessures, depuis que je suis à Dijon, je ne suis pas chanceux. A Dunkerque, je prends un coup sur un ongle, on est obligé de le percer pour évacuer le mauvais sang, à l'entraînement avant le match aller contre Megève, je prends un palet dans la figure, on m'opère d'une fracture de l'arcade zygomatique. C'est rageant mais c'est le sport, on n'y peut rien.
- Comment avez-vous géré ce repos forcé ?
- C'était très difficile pour moi surtout moralement. A la patinoire, j'avais ce terrible sentiment d'impuissance, d'être à côté de mes camarades sans rien pouvoir faire. Le seul point positif c'est que j'ai profité d'être dans les gradins ou on n'a pas la même vision du jeu pour apprendre des petites choses sur mes coéquipiers (placement). D'une manière générale, je suis resté à l'écart du groupe car j'ai préféré laisser les gars se concentrer. En dehors de ce cadre sportif, au début ce fut l'enfer parce que je ne pouvais vraiment rien faire, même pas la cuisine. J'ai passé mon temps devant la télé, et à me balader dans Dijon. Puis, j'ai été obligé de chausser les patins pour m'entretenir un minimum mais c'était très frustrant de ne pas pouvoir prendre la crosse et shooter. Aujourd'hui, je vois le bout du tunnel, je revis en quelque sorte.
" J'aimerais gagner quelque chose ici "
- Je suppose que votre condition physique n'est pas au top, vous êtes-vous fixé une date pour retrouver le niveau qui était le vôtre avant cet accident ?
- Il est évident que je n'ai pas retrouvé toutes mes sensations, il me reste quelques raideurs dans la main et je manque également de force. J'espère être totalement rétabli pour le premier match des play off mais ce n'est pas évident car avec un seul match tous les sept jours, il n'est pas facile de retrouver le rythme. Je préférerais jouer une fois de plus en semaine (exemple le vendredi et le dimanche), plutôt que de m'entraîner cinq ou six fois, c'est souvent long.
- Demain, Cergy vous rend visite pour une rencontre a priori facile, avant d'aborder d'excitants play off. L'objectif étant un billet pour les demi-finales ?
- C'est la finale au minimum et la première place à la fin. Ce n'est pas le moment de terminer la saison en queue de poisson. Il faut jouer pour aller au bout, j'aimerais gagner quelque chose ici.
- Quels sont vos favoris pour le titre ?
Villard évidemment, mais il y a d'autres bonnes équipes comme Tours qui est à mon avis sous-estimé. La bataille sera rude.
Propos recueillis par Jérôme Roblot