Un projet sportif de 4 ans

 

Article de La Nouvelle République du Centre (4 juin 2002).

"Troisième du championnat de D1, c'est-à-dire dixième club français, Elite comprise, il était impensable, sportivement parlant, que l'ASGT décline la chance qui s'offrait à elle de rentrer dans le Top 16. On reste tout de même conscient qu'au niveau des moyens, on ne pourra pas lutter avec des grosses cylindrées que sont Rouen, Grenoble ou Amiens. Mais on se donne quatre ans pour trouver notre place dans ce nouveau championnat tout en progressant régulièrement."

En quelques mots, Jean-Marie Bonneau a fait le tour de la situation. Son club n'envisageait pas vraiment de regagner aussi tôt le sommet du hockey français. Mais les circonstances sont là. Et, avec elles, un certain Bob Millette, qui, en l'espace d'une saison, aura permis à l'ASGT de retrouver un peu de son lustre d'antan. Raison pour laquelle, ce qui aurait pu paraître suicidaire il y a encore quelques mois devient aujourd'hui envisageable. Tout en gardant raison.

Ainsi, l'ASGT s'est-elle décidée à reconduire le contrat de son entraîneur canadien pour une durée de quatre ans. Le temps de conduire un projet sportif qui tienne la route.

"Il est certain que tout le monde va devoir se montrer patient", explique justement Bob Millette. "C'est vrai qu'on a connu une saison fantastique, malgré les difficultés. Et je suis fier d'avoir remis le club au niveau où je l'avais quitté en 1991. C'était pour moi un défi. Mais il ne faut pas se voiler la face pour autant. Même si on a élevé notre niveau de hockey, il y a du chemin à faire pour rivaliser avec les meilleurs. Dans un premier temps, l'objectif sera donc de se maintenir. Je ne vois pas le club se qualifier pour la Coupe Magnus avant trois ans. Mais on peut rêver d'une ASGT dans le quatuor de tête en 2006, l'année des JO.

Pourquoi pas ? Mais il est évident qu'une telle montée en puissance ne pourra se faire que si l'ASGT trouve en parallèle des soutiens grandissants. Et nous ne parlons pas du public, puisque la patinoire a fait le plein tout au long de la saison.

"Il y a six ans, la subvention du club avait chuté de 182 938 euros à 60 979, alors qu'on avait un déficit de 76 224 euros à résorber", constate Jean-Marie Bonneau. "Depuis un an, la mairie nous a remis au niveau initial, mais il nous reste toujours un déficit de 45 734 euros. Ce qui serait bien c'est qu'elle nous permette de l'éponger en guise de prime à la montée, comme ça a été fait pour d'autres. On espère aussi que le conseil général et le conseil régional suivront. Mais on a également de gros efforts à faire par nous-mêmes. On doit pouvoir faire bien mieux que nos 76 224 euros de sponsoring. D'où la mise en place d'une structure qui sera dirigée par Jean-François Paillet."

L'ASGT a vécu la saison écoulée avec un budget de 487 836 euros (3,2 millions de francs) dont 182 938 (1,2 millions de francs) pour la masse salariale. Or, elle n'envisage pas mieux qu'une progression de 12,5 % pour 2002-2003.

C'est dire que Bob Millette va devoir encore faire des miracles au niveau du recrutement. Et compter sur l'enthousiasme de ses joueurs, tout heureux d'intégrer le top 16.

Ce que ne cache d'ailleurs pas le capitaine, Francois Gleize : "Personnellement, j'avais connu l'élite en 1991. Mais je n'avais conscience de la chance que j'avais. Aujourd'hui, après des années de sacrifice pour remonter les marches, je pense que je vais bien l'apprécier. Ce n'est pas l'âge qui va altérer la flamme. Bien au contraire."

Une flamme qui ne devrait cependant pas faire fondre une glace que l'ASGT a l'assurance d'avoir à sa disposition du 2 septembre jusqu'au 23 avril 2003, date de démarrage des travaux de réfection de la patinoire. Ainsi, son championnat ne serait pas perturbé.

Le tableau n'est-il pas idyllique ?

Gérard Mathieu

 

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