"Rien n'est perdu !"

 

Article de L'Est Républicain (9 octobre 2002).

En se séparant de Galati, Lucas et... Inkinen, Besançon fait table rase. Alain Pivron prêche la patience, persuadé que l'éclaircie est pour bientôt.

BESANÇON. Quatre matches, quatre défaites. Pour Besançon, la découverte du Super 16 se fait dans la douleur. Malgré ce démarrage laborieux, l'entraîneur du HBC, qui remodèle son équipe, garde confiance, expliquant que la saison ne fait que débuter.

Se séparer de quatre joueurs, c'est un changment de cap ?

Inkinen, Galati (les deux plus gros salaires), Lucas et Niemi connaissent les règles en vigueur dans le milieu. Mon rôle est de trancher dans la vif quand c'est le moment et pour le bénéfice du groupe.

Ils seront remplacés rapidement ?

Le Tchèque Milan Kuubis, un solide attaquant, sera qualifié dès samedi contre Rouen. Je passe mes journées au téléphone avec les agents. Un Finlandais qui opérait en Elite avec Grenoble la saison passée pourrait arriver. Je suis également en contact avec un Canadien. J'ai encore droit à un étranger.

Quelles sont les causes profondes de ce départ raté ?

C'est trop facile de se réfugier derrière l'arbitrage, mais M. Bocquet qui a officié à Tours (trois Bisontins expulsés) et à Angers (un joueur expulsé) nous a réellement défavorisés pour ne pas dire plus. A Angers, la semaine passée, nous encaissons deux buts dans le second tiers-temps à cinq contre trois !

Cela n'explique pas tout ?

C'est vrai. Je persiste à dire que nous sommes beaucoup plus forts que l'an passé, mais la sauce n'a pas encore pris. Les joueurs sont moins disciplinés et je vais leur en demander plus. La mise en place d'amendes est à l'ordre du jour.

Les joueurs se sentent-ils concernés par le club ?

C'est un des problèmes. Avoir un contrat d'un an n'empêche pas de sentir une appartenance à un groupe. Une équipe, c'est d'abord une bande de copains. Qu'on le veuille ou non, on forme une petite famille. On passe plus de temps dans les vestiaires et en déplacement que chez soi...

"Reprendre du plaisir"

La déception doit être vive ?

Absolument pas. Je suis déçu de ne pas avoir pu travailler comme j'ai voulu avec le groupe à cause des blessures et d'une préparation trop courte, mais je sais que ça va prendre. La question, c'est seulement de savoir quand.

Les Play-Off semblent déjà inaccessibles ?

Je ne suis absolument pas d'accord. Compte tenu du calendrier que nous avons eu, rien n'est perdu. Croyez-moi, la saison est loin d'être finie. Il y a quelque chose à faire.

Quel est le remède ?

D'abord reprendre du plaisir à jouer et à retrouver le goût de la victoire. Le reste suivra. La coupe de France va d'ailleurs arriver au bon moment. Elle nous aidera à nous relancer totalement. Je rappellerai au passage qu'il avait fallu attendre quatre matches la saison dernière pour que tout se mette en place. Un peu de patience !

C'est votre leitmotiv ?

Nos défaites prouvent que cette saison, nous faisons vraiment partie de l'élite. Le niveau est de plus en plus relevé, à plus forte raison quand on vient de monter deux fois en deux ans. Laissons le temps au temps. Depuis des mois, on sait pertinemment que le plus important, c'est de pérenniser les choses. On sait qu'on ne sera pas champion de France !

Pérenniser, c'est former des jeunes ?

Pour installer culturellement le hockey à Besançon et éviter de changer sans arrêt les joueurs, il n'y a que cette solution. Actuellement, nous avons ce qui se fait de mieux en... France en matière de jeunes, mais les meilleurs n'arriveront en équipe première que dans six ans. A ce moment-là, j'aurai rempli ma mission !

Recueilli par Frédéric Vial

 

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