Franck Pajonkowski : "Nous étions blasés"
Article du Bien Public de Dijon (4 mars 2003).
Favoris incontestables pour le titre de champion de France élite, les 'Dragons' rouennais viennent de connaître un sévère passage à vide avant de venir demain soir (20h30) à Dijon. Leur entraîneur, Franck Pajonkowski, explique ce qui a enrayé la belle machine.
- Vingt succès d'affilée, puis, tout à coup le grain de sable. À la surprise générale, vous enchaînez trois défaites de rang dont une très étonnante à Villard (2-3, a.p.). Que s'est-il passé ?
"Le fait de gagner tout le temps nous a en quelque sorte blasés. On n'était plus assez concentré sur le match, on ne faisait plus les efforts aussi intensément. On a été justement puni. À Villard, on ramène tout de même un point mais, on a disputé notre plus mauvaise rencontre de la saison. On a été constamment à la rue."
- Même si la qualification ne fut jamais mise en péril, avez-vous douté ?
"Jamais ! Vous oubliez un élément important : la blessure de Guillaume Besse, un atout primordial de notre dispositif qui devrait revenir le 22 mars. Avec Doucet, il nous marque un nombre incroyable de buts (l'an passé plus de 60 % du total). On a été obligé de changer les lignes, un moment d'adaptation s'est avéré nécessaire. Il a fallu remettre l'équipe sur pied puisque Carlsson est également tombé malade à la même période."
- Après les succès contre Anglet (6-0) et Brest (4-3), êtes-vous guéri ?
"On se prépare pour les phases finales. Contre Brest, on mène bien notre barque et à 3-1 pour nous, l'arbitre les a remis dans la partie. Il nous a sifflé beaucoup de prisons très sévères. Malgré ça, on a su garder notre avantage assez tranquillement."
- Que pensez-vous des critiques qui relèvent une relative faiblesse défensive dans votre équipe ?
"On est de mieux en mieux, et notre gardien Eric Raymond se montre de plus en plus en forme. Il peut faire mal. Contre Anglet, quand on a gagné 6-0, il a réussi plus de 90 % d'arrêts, cela change tout ! Et puis, nous avons perdu Bahl et Bourdeau, ce n'était pas prévu au programme. J'ai placé Lacroix derrière qui travaille d'ailleurs fort bien mais il nous manque un défenseur d'expérience. Je ne dispose que de quatre véritables défenseurs plus deux juniors."
- Songez-vous à prendre un renfort ?
"On y pense fortement. On verra ça d'ici deux semaines."
- Demain, Dijon se dresse devant vous, c'est un adversaire qui par le passé vous a toujours bien réussi.
"C'est vrai mais, on ne va pas partir la fleur au fusil. Ils viennent de faire un bon nul à Anglet (4-4), où il n'est jamais facile de jouer. Ils ne sont pas à prendre à la légère."
Propos recueillis par Jérôme Roblot