Sur les épaules de Jean-Ian
Article de Sud Ouest (18 mars 2003).
Le premier match contre Villard-de-Lans samedi l'a montré : le gardien d'Anglet, Jean-Ian Filiatrault, et la défense devront assurer pour ramener cette coupe à Anglet.
Jean-Ian Filiatrault
Né le 5 juin 1974 à Montréal (Québec).
Mensurations. 1,78 m ; 75 kilos.
Place. Gardien de but.
Équipes.
San Diego Outlaws 2001-2002 ; Tacom Sabercats 2000-2001 (7 matchs joués) ; Boder City Bandits 2000-2001 (7) ; Oklahoma City Blazer -1998-2000 (88) ; Macon Whoppee 1997-1998 (9) ; Jacksonville Lizard 1997-1998 (2) ; Dayton-Bombers 1997-1998 (10) ; Oklahoma City Blazers 1996-1998 (83).
Tous les amateurs de hockey le savent : en France, le gardien de but, c'est à lui seul 50 % du potentiel de l'équipe. C'est lui qui, avec ce carapaçon aussi encombrant que celui des picadors et son bouclier protecteur, sue sang et eau pour suivre et intercepter ce missile appelé palet. C'est lui encore qui, le dos cassé en deux, protège ostensiblement cette cage ridiculement petite, doit avoir l'il en permanence rivé sur les attaquants adverses et protéger son espace. Lui encore qui reçoit des coups de crosses et les charges des cavaleries légères adverses. Lui enfin qui derrière cette grille qui le fait ressembler au Masque de fer encaisse le regard réprobateur des équipiers quand l'adversaire franchit le Rubicon.
De Folliot à Raymond, l'Hormadi a toujours choisi ses gardiens avec un soin particulier. Originaire de Montréal, Jean Ian Filiatrault a été choisi par Karlos Gordovil. "C'est lui qui m'a contacté. J'avais fait part à François Allaire, qui s'occupe des gardiens en Suisse, de mon désir de venir jouer en France. En outre, je savais qu'à Biarritz il y avait un lycée hôtelier, un domaine professionnel dans lequel j'aimerais évoluer quand je ne serai plus joueur de hockey. Mais on n'en est pas là, j'ai 28 ans, quand je vois que certains défenseurs jouent jusqu'à 35 ans. Je pense que je suis encore jeune."
Un duel
Hier à Annecy, Jean-Ian était tout aussi relax que ses copains. Comme en témoigne Bob Ouellet, cette petite mise au vert dans un hôtel situé à l'entrée de la préfecture de Haute-Savoie facilite la préparation du groupe avant l'heure de vérité. "Je dois dire que grâce à Karlos, ce déplacement direct de Villard à Annecy nous met dans de bonnes conditions. D'habitude depuis Anglet, nous devons avaler des centaines et des centaines de kilomètres. Arriver, nous entraîner un peu et entrer en jeu dans la foulée. La fatigue de samedi s'est envolée. Dimanche après-midi, nous avons fait une visite de cette ville et puis nous avons eu la chance de découvrir la glace sur laquelle nous allons jouer. La direction de la patinoire nous a accordé une heure pour nous entraîner et c'est très important. Nous ne la connaissions pas. Côté dimensions, elle se situe entre celle d'Anglet, plus petite, et celle de Grenoble. Ces différences de dimension, poursuit l'entraîneur angloy, ont une importance pour les contres des attaquants et pour les replis des défenseurs."
Pendant cette période d'avant-match, comme cela est l'usage depuis des lustres à l'Hormadi, le groupe a disputé une partie de football. Ça resserre les liens de l'équipe et ça ne mange pas de pain. "Cela ressemble à un rituel. J'en ai un moi aussi. Le jour d'un match, je mets un costume et une cravate. Je ne la garde pas pendant la partie, mais cela fait partie de ma préparation et de ma concentration. J'espère en tous les cas que l'on va réussir ce match., je pense que Bob va un peu modifier les lignes, car Xavier s'est blessé lors d'un contact et je ne pense pas qu'il va l'envoyer aussitôt sur la glace. Toujours est-il que nous devons sortir le grand match. Samedi, j'ai vu certaines choses intéressantes et je suis heureux de jouer dans cette équipe qui possède de jeunes joueurs de talent mais aussi des joueurs d'expérience comme le capitaine Fillipin. "Pinpin" et moi ça fonctionne parfaitement. C'est un véritable pilier de l'équipe et je profite grandement de son expérience. L'avantage est que tout le monde s'entend bien, il y a un excellent esprit d'équipe à l'Hormadi."
Si Jean-Ian Filiatrault a bien roulé sa bosse, aux États-Unis où il a joué pendant sept ans dans l'East Coast et la West Coast, avec un passage à Oklahoma City, sa première visite en France s'est effectuée quand il avait 13 ans.
C'était à l'occasion d'une tournée qui lui permit de découvrir les clubs de Lyon, de Villard et de Briançon. Beaucoup de ses copains étaient enchantés d'y avoir séjourné avant de repartir. "Le hockey européen m'intriguait et je ne regrette pas de l'avoir découvert. Ce qui est étonnant, c'est qu'il y a deux ans, j'ai été à deux doigts de partir pour Omsk en Sibérie, mais cela ne s'est pas fait au dernier moment. Comme de la même manière j'ai manqué de partir pour l'Allemagne. En fait, c'est à Anglet qu'il était écrit que j'irai". Et où il aimerait d'ailleurs demeurer la saison prochaine.
"J'adore ce coin. J'aime bien les plages, le surf mais aussi le golf. Je regrette de ne pas avoir amené mes clubs." Le p'tit gars du Québec aimerait bien aller les chercher pour la saison prochaine. Pour cela, il doit ce soir à partir de 20 heures sortir le grand match avec "Pinpin" et les autres. L'Hormadi qui a pris l'habitude de se frotter aux ténors joue indiscutablement sa saison ce soir. Le sport est ainsi fait que l'on se souvient toujours du nom du détenteur de la coupe et plus rarement de son adversaire finaliste. À force de voir clignoter les projecteurs, l'Hormadi a envie de bronzer un peu sous leur lumière.
Karlos Gordovil, manager de l'Hormadi :
"Ce match sera très serré. À ce niveau-là, on a deux équipes qui se ressemblent pas mal. Ce sera une rencontre vraiment intéressante et ouverte. On a fait le nécessaire pour être là. Premier enseignement, il faut que l'on soit capable de prendre des coups sans se retourner. Suite au match de samedi, disons qu'il y a pas mal de petits détails à revoir pour remporter cette coupe. J'espère qu'à Annecy nous ressentirons les encouragements de nos supporters qui seront au même moment à Haitz-Pean."