Si près du bonheur !

 

Article de Sud Ouest (20 mars 2003).

À Haitz Péan, près de six cents supporters enflammés ont encouragé à distance et devant un écran géant les hockeyeurs de l'Hormadi.

Sur le coup de 20 heures, mardi soir, Alain Fourré qui cumule les fonctions d'animateur des Vieilles crosses - les anciens hockeyeurs d'Anglet - et de gérant du complexe sportif d'Haitz Pean était heureux : près de 600 personnes - dont beaucoup de jeunes - garnissaient la tribune du mur à gauche où était projeté en simultané la finale de la Coupe de France de hockey. Le coup de poker tenté avec la complicité du ministre de la jeunesse et des sports angloy, Patrick Chasseriau, était d'ores et déjà réussi. D'autant qu'une forme de communion allait très vite s'établir malgré les 1000 kilomètres qui séparent la Côte Basque et la préfecture de la Haute-Savoie. Favorisée il est vrai par la qualité de la retransmission de ce match haletant au suspens cruel.

Le fameux chaudron de la Barre semblait avoir gagné ses quartiers d'été avec le renfort récurrent de quelques musiciens qui accompagnent la tradition des animations sportives. Présence aussi de tout le mundillo du club, de ceux qui en écrivirent les premières pages à ceux qui découpent les dernières. Une soirée d'une convivialité qui ne pouvait échapper à l'adjoint Jacques Veunac, assis à même l'escalier de la petite tribune.

Bonheur et déception

Si le premier tiers-temps atteint sur un score nul et de parité suffit à dresser le décor, le second fut celui du rêve, avec cette lucarne réussie de l'attaquant David Dostal qui envoya à dame le gardien Favarin. Voilà que le troisième allait ressembler à celui des illusions presque perdues. Un premier but salué par des onomatopées suivi d'un second semblait enterrer cette coupe. Et voilà que David Dostal - encore lui - menait son équipe vers les prolongations, dites de la mort subite. Il était écrit que Villard-de-Lans et Anglet ne réussiront jamais se départager. A l'issue de ces dix minutes jouées à quatre contre quatre les 600 supporters se désespéraient des penalties. "C'est pas le foot en plus, où à moins d'être manchot, on la met dedans, commentait à sa petite amie Jean-Luc. C'est du 50/50..."

Malheureusement ce fut du 2 pour Villard contre 1 - Xavier Daramy - pour Anglet.

Cet échec allait vider la salle comme un évier en deux minutes. Le goût n'était plus celui de la fête. Seules restaient au bar des Vieilles crosses la vieille garde. Celle qui, depuis des années vit ses loisirs aux marches du palet. Et qui espère qu'un jeune Daramy ramènera enfin au club un coupe ou un titre qu'il mérite pour sa constance. Dont celle de croire que depuis des années que l'on peut jouer au hockey sur glace en bordure de plage.

On ne se refait pas

Radio France avait mis les petits plats dans les grands pour ce match. Avec duplex entre Anglet et Annecy. Le conseiller technique Karlos Gordovil, qui se souvient qu'il est aussi entraîneur, retomba dans son premier rôle en s'adressant au micro comme à ses joueurs : "Là, on est à 20 secondes de la fin, on demande un temps mort. Ah non on est trop de la ligne d'attaque" Excellent Karlos.

C ou sans Jérôme

Lundi soir le bus et ses vingt supporters est parti avec une heure de retard pour Annecy. Jérôme, un ultra du kop qui avait payé sa participation le matin, pensait que le match se jouait le surlendemain. Il a été rattrapé par les cheveux par une copine qui est allée le chercher jusqu'à Biarritz.

Le renfort grenoblois

Les Angloys ont fait leur petit effet à la patinoire d'Annecy. Ils ont même reçu à la tribune le renfort de joueurs de Grenoble, qui les ont tout de même avertis : "samedi, nous venons à Anglet mais ce n'est pas pour vous encourager." Il est vrai que Grenoble joue gros à la Barre.

Chapeau Annecy

Les Angloys ont particulièrement apprécié la réception organisée par le club d'Annecy avant le match. Battite Mortalena, Patrick Chasseriau, Emmanuel Alezuryet, Jean-François Bilbao n'en sont pas revenus. Ils en ont profité pour apprendre, en compagnie de la Fédération française des Sports de glace, que la ville se portait candidate aux Jeux Olympiques d'hiver.

 

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