Mulhouse a le blues

 

Article de l'Alsace (31 mars 2003).

Incapable de jouer à son meilleur niveau durant toute la demi-finale qui l'opposait à Amiens, le HC Mulhouse a logiquement été écarté de la course au titre. Les Scorpions se contenteront de la petite finale face à Grenoble.

Ils auraient tellement voulu prolonger le suspense et offrir à leur public une cinquième et dernière confrontation devant Amiens que la pilule fut forcément difficile à avaler. Samedi soir, en parvenant à retrouver leur niveau de jeu, complètement égaré vingt-quatre heures plus tôt lors d'une défaite 5 à 2, les hockeyeurs mulhousiens avaient pourtant réussi un premier exploit dans ce quatrième choc face aux Gothiques. Tant et si bien que le Coliseum d'Amiens, où plus de 3000 spectateurs avaient pris place, a dû vivre dans l'angoisse durant plus de deux heures et patienter jusqu'à la séance des tirs aux buts pour pouvoir chavirer de bonheur. "Le plus important avant la rencontre, c'était d'élever notre niveau de jeu, concédait un Christer Eriksson déçu mais pas abattu. On l'a fait mais ça n'a pas été suffisant face à une équipe comme Amiens. Nous aurions vraiment été déçus de se faire éliminer en réalisant un match aussi pauvre que le précédent".

Nous méritons une médaille

Retrouvant toute leur agressivité dans le combat physique, parvenant, enfin, à créer du mouvement en attaque et à se procurer des occasions devant les buts de Mindjimba, les Scorpions ont réussi samedi ce qu'ils n'avaient pas su faire depuis le premier match de la série. On regrettera simplement le fait qu'ils n'aient pas été en mesure de gommer leurs problèmes d'indiscipline, récurrents et rédhibitoires face à un adversaire du calibre d'Amiens. 24 minutes de pénalité alors que les Gothiques n'en ont concédé que 10, la différence était bien trop importante. "On voulait peut-être trop bien faire, explique Eriksson. Nous avons trop souvent été obligés de lutter en infériorité et ils en ont profité sur le premier but. Nous n'étions pas plus méchants qu'eux, nous étions simplement moins malins. Les Amiénois savaient commettre les petites fautes aux bons moments".

Habitués des phases finales, les Picards ont usé de leur expérience pour venir à bout d'une formation mulhousienne qui jouait, elle, pour la première fois de son histoire dans la cour des grands. Et il ne fait aucun doute que le HCM, dans son malheur, a beaucoup appris. Richard Aimonetto, l'attaquant international du HCM, veut y croire : "Cette défaite fait partie de l'apprentissage du haut niveau pour un club aussi jeune que le nôtre. Un club qui lutte chaque année pour les premières places ne se construit pas en un an ou deux. À Reims, il nous avait fallu cinq années avant d'aller chercher le titre. Nous avons déjà fait beaucoup de progrès, nous devons continuer".

Terriblement efficaces en power play, bien regroupés en défense (ils n'ont encaissé que 5 buts en quatre matches) et impressionnants physiquement, les Amiénois n'ont cessé d'élever leur niveau de jeu au fil de la seconde phase et durant la demi-finale. Une montée en puissance que les Mulhousiens, invaincus durant les 22 premiers matches de la saison, n'ont pas été en mesure de maintenir jusqu'au bout. "Il y a eu pas mal de blessures qui sont venues casser notre stabilité et troubler la cohésion de l'équipe, explique Eriksson. Les lignes ont été fortement modifiées lors des derniers matches et cela ne nous a pas aidé. Lors du deuxième match à domicile (1-3) puis lors du premier à Amiens (5-1), nous n'étions pas à notre niveau. Quand on n'est pas à 100 % en play-offs, on ne peut pas espérer gagner".

Reste désormais aux Scorpions la possibilité de se hisser sur la troisième marche du podium. Pour cela, ils affronteront à partir de jeudi l'équipe de Grenoble, dominée en trois matches par Rouen. "On va prendre deux jours pour digérer et on repartira chercher cette troisième place, poursuit le coach mulhousien. Mulhouse n'est jamais monté sur un podium, c'est une belle occasion. Nous sommes capables de le faire et je pense que nous le méritons au vu de la saison".

Pierre Chatelus

 

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