Top/Flop : décembre 2006

 

 Kärpät Oulu (FIN)

Meilleur club de hockey au monde ! C'est le titre que le prestigieux New York Times a décerné au Kärpät Oulu peu avant Noël. Par un étrange classement aux règles quelque peu basiques, le club finlandais y devançait Ak Bars Kazan et les Anaheim Ducks ! Venant d'un Européen, un tel résultat aurait été jugé osé et ridiculisé. Mais venant d'un journaliste américain, dans un quotidien de référence, cette nomination étrange a de quoi étonner. Surtout quand elle est accompagnée d'un texte vantant la qualité des clubs européens, leur "relation symbiotique" avec la NHL (les clubs russes vont apprécier, eux qui auraient sans doute plutôt employé le terme de "relation parasitaire") et leur belle situation financière. Le Kärpät, dont les bénéfices croissent d'année en année, illustre en tout cas indéniablement ce dernier point. Bien qu'il s'appuie en grande partie sur des joueurs formés localement, il peut donc se renforcer ponctuellement en cas de besoin.

Cette année, on craignait qu'il souffre du départ en NHL de Nicklas Bäckström, modèle de constance qui donnait confiance à sa défense. Le jeune gardien canadien Andy Chiodo devait le remplacer, mais il s'est blessé au camp d'entraînement. Pris alors à l'essai, Tuomas Tarkki a vite convaincu. C'est une révélation tardive pour ce joueur formé au Lukko Rauma. Sans grand espoir d'être titulaire, il était parti aux États-Unis pour une carrière universitaire longtemps passée comme deuxième gardien, avant d'être couronnée par un titre de meilleur joueur de sa conférence. Après une saison en AHL, il a eu un peu de difficulté pour retrouver un club en Finlande, mais aujourd'hui, il a les meilleurs stats des gardiens de la SM-liiga ! Et le Kärpät, avec son jeu net et sans bavure, a repris sa domination.

Le "meilleur club du monde" ne pourra cependant pas même prétendre au titre de meilleur club d'Europe lors de la Coupe des champions (dont il a été deux fois de suite finaliste malheureux), faute d'avoir conservé son titre au printemps. Mais dans tout le nord de la Finlande, où les journées oscillent actuellement entre brèves et inexistantes, le Kärpät reste un peu le rayon de soleil de l'hiver.

 Kloten (SUI)

Kloten a confirmé que sa demi-finale des derniers play-offs n'était pas un accident. Après quelques années de crise, les Flyers sont revenus parmi les meilleurs clubs suisses. Ils ont parfois eu besoin d'un peu de chance, comme lors de la victoire à Rapperswil avec quatre poteaux adverses dont deux pendant les tirs au but, mais ils ont remporté huit de leurs dix derniers matches.

Club formateur par excellence, Kloten dispose toujours d'un bon contingent de jeunes joueurs, et il a du succès quand il trouve de bons étrangers pour les encadrer. C'est le cas cette année. Le rapide Kimmo Rintanen, doté d'une excellente vision du jeu, est le meilleur marqueur du championnat. Le complet Chris Herperger a montré aux mauvaises langues que tous les joueurs de DEL ne faisaient pas forcément un flop en Suisse. L'arrière américain Aris Brimanis utilise parfaitement son gabarit pour faire le ménage. Fort d'un tel succès, le club veut garder ses cadres étrangers : Radek Hamr, très utile dans une équipe en manque de défenseurs offensifs, a été prolongé pour deux ans plus une option, et le buteur très régulier Domenico Pittis a été soustrait de la convoitise du riche Lugano en mettant dans la balance un contrat de trois ans. Le pari est peut-être risqué dans la durée pour ces deux joueurs de 32 ans, mais pour l'instant, Kloten est un étonnant troisième du championnat derrière les deux favoris Berne et Davos.

 

 Slovan Bratislava (SVK)

Le Slovan Bratislava a pris onze points d'avance très tôt dans le championnat, mais il a tout perdu et dépassé par Kosice juste avant la trêve de décembre. Une réunion entre la direction du club et Rostislav Cada a alors fait apparaître de grandes divergences de points de vue conceptuelles sur les solutions à adopter : l'entraîneur a expliqué qu'il faut augmenter les charges d'entraînement et serrer la vis, alors que ses dirigeants estimaient au contraire qu'il fallait donner plus de liberté individuelle aux joueurs pour aboutir à un jeu plus offensif. Cada a donc demandé qu'on mette un terme à son contrat, tandis que son adjoint Robert Pulakovic a été reclassé comme manager.

Ce sont les deux adjoints de la sélection nationale qui ont pris la succession : Zdeno Ciger, tout juste retraité de sa carrière de joueur, prend la direction des entraînements, mais comme il est encore novice dans le métier, Miroslav Miklosovic est là pour l'épauler et est spécifiquement chargé du plan tactique. Cependant, ces changements n'ont pas empêché le classement du Slovan de s'éroder : il a perdu ses deux derniers matches de l'année et Zvolen à son tour lui est passé devant.

 Dynamo Moscou (RUS)

Ce mois-ci, le Dynamo a fêté le soixantième anniversaire de la création de son équipe de hockey, devenue première championne d'URSS en 1947. Une célébration qui a eu lieu sans les principaux protagonistes, puisque l'état de santé du seul survivant de cette équipe, Oleg Tolmachev, ne lui permet pas de se déplacer. Les héritiers actuels ont bien du mal à marcher sur les traces de leurs aînés. Le champion d'Europe en titre - pour encore une poignée de jours - occupe une piteuse quatorzième place au classement de la Superliga.

Le Dynamo a essayé de se renforcer à la trêve, mais s'est pris une vraie gifle. Il s'était mis d'accord depuis fin novembre avec les Krylia Sovietov sur le transfert de leur meilleur marqueur Oleg Gubin, qui avait apparemment donné son accord à Krikunov. Mais l'agent du joueur a contré ce plan : il est allé voir le directeur général des Krylia, Roman Khaïretdinov, pour lui faire signer la résiliation du contrat, expliquant que ce document était nécessaire pour le passage du joueur au Dynamo... Et le lendemain, Gubin signait avec le Severstal !

Le président du Dynamo a eu beau crier à l'escroquerie, la commission d'arbitrage n'a pu que donner raison au Severstal, qui a fait signer un joueur libre. Véritable dindon de la farce, le Dynamo aurait pourtant bien eu besoin de Gubin : ses attaquants ne marquent pas, à l'exception d'Igor Mirnov qui avait pourtant souvent subi les foudres de son entraîneur Vladimir Krikunov. Les temps sont durs pour celui-ci, surtout quand il apprend que même les joueurs de NHL les plus réfractaires se disent prêts à revenir en équipe de Russie maintenant que Bykov lui a succédé à sa tête.

 

 

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