Gap - Grenoble (10 septembre 2005)
Match comptant pour la première journée de Ligue Magnus.
Le coup d'envoi de la Ligue Magnus new-look à quatorze équipes permettait d'assister à un derby alpin entre Grenoblois et Gapençais, le premier des nombreux face-à-face qui opposeront cette saison des équipes alpines puisqu'elles représentent la moitié du contingent de la Ligue Magnus (7 équipes sur 14). Si ce match a toujours une saveur particulière du fait de la présence régulière de joueurs formés à Gap dans les rangs des Brûleurs de Loups (il ne reste plus qu'Amar et les frères Bachelet cette année), il devrait révéler la différence entre deux équipes aux objectifs diamétralement opposés : pour l'une, le maintien et pour l'autre, le titre. Les Gapençais ne se présentent d'ailleurs pas dans des conditions idéales avec un changement d'entraîneur la semaine dernière, le jeune retraité Patrick Turcotte remplaçant au pied levé le Russe Viktor Valutskikh à la tête d'un effectif très renouvelé pendant l'intersaison et présentant de nombreuses recrues étrangères.
Au coup d'envoi, les Brûleurs de Loups se souvenaient peut-être qu'il leur avait fallu attendre les prolongations l'an dernier et un but litigieux de Roger Jönsson pour finalement déjouer la défense gapençaise sur sa glace. Car cette fois il ne leur fallut que quelques dizaines de secondes pour faire la différence... une fois encore par Jönsson qui menait côté droit un deux contre un et glissait le palet hors de portée de Peter Stanga (0-1, 00'43"). Mais les Gapençais obtenaient une chance de revenir au score grâce à deux pénalités sanctionnant coup sur coup les Grenoblois. Les Rapaces s'installaient dans la zone d'attaque et faisaient quelques frayeurs à Cédric Dietrich et ses défenseurs, notamment sur un tir de Rambousek. Mais la pénalité de Trabichet à peine terminée, Craig Mills montait sur la glace, récupérait un palet renvoyé en zone neutre et remportait son face à face avec Stanga en logeant le palet en lucarne (0-2, 03'50"). Ce but était dur à encaisser pour l'équipe gapençaise passée si près de l'égalisation pour finalement se voir menée 0-2 en moins de cinq minutes. La maîtrise du palet était grenobloise, les Brûleurs de Loups développaient un jeu collectif, fluide, rapide et donnaient le tournis à des Rapaces complètement dépassés par le rythme imposé. Dans ces conditions, le troisième but grenoblois semblait inéluctable et c'est Christophe Tartari qui se chargeait de la sentence en se trouvant idéalement placé à la réception d'un centre de Benoît Bachelet (0-3, 11'46").
Avec un tel score après à peine plus de dix minutes de jeu, la rencontre semblait déjà pliée. Les Brûleurs de Loups ne voulaient pas laisser espérer les Rapaces et ceux-ci avaient la tête sous l'eau malgré un temps mort demandé par Turcotte pour essayer de stopper l'hémorragie. À défaut de pouvoir rivaliser sur le plan du jeu, Gap sortait la boîte à gifles. Sur une charge très limite de Bonnard, McGee se jetait sur le défenseur grenoblois qui ne manqua évidemment pas de répondre. La bagarre valut aux deux protagonistes un retour prématuré aux vestiaires, pas forcément à l'avantage de Gap dont la défense prenait déjà l'eau de toute part. D'ailleurs la physionomie de la rencontre ne changeait pas et le trio Russell-Jönsson-Hecquefeuille combinait à merveille dans la zone offensive pour un quatrième but d'école inscrit par le Canadien (0-4, 18'11").
Avec un tel retard, les Gapençais n'avaient plus rien à gagner si ce n'est redorer leur blason auprès de leurs supporters. Ce qu'ils firent avec courage dans une deuxième période plus heurtée, rendue moins facile pour les Grenoblois. Sébastien Vidal apportait plus de poids en attaque mais Guennelon faisait lui aussi tourner son effectif en lançant Cyril Papa. Bien lui en pris car le néo-international grenoblois allait jouer un rôle prépondérant sur la cinquième réalisation signée Laurent Meunier qui fêtait ainsi son retour à la compétition (0-5, 25'43"). Les Rapaces ne renonçaient pas et pensaient bien ouvrir leur compteur sur une cage laissée grande ouverte par Dietrich. Malheureusement pour eux, le tir n'était pas cadré et Gap venait de laisser filer sa plus belle occasion du match. Car même si les Brûleurs de Loups se montraient moins efficaces que lors de la première période, ils ne relâchaient pas pour autant leur étreinte, s'impliquant dans la forechecking comme dans le repli défensif du début à la fin de la rencontre. Voilà déjà une nouveauté par rapport à la saison précédente où des avances confortables au score avaient été dilapidées par des relâchements coupables.
Au début de la dernière période, Guennelon lançait Sacha Treille dans la rencontre et remplaçait Dietrich par Burnet, histoire de garder ses deux gardiens sous pression. L'ex-Chamoniard n'eut guère plus d'activité que son coéquipier mais fit proprement ce qu'il eut à faire, tentant même des relances de la crosse assez osées. Les Brûleurs de Loups ajoutaient deux unités à leur compteur en l'espace de deux minutes : la première sur une incursion de Baptiste Amar en supériorité numérique qui s'engouffrait dans le trou béant laissé par la défense gapençaise pour tromper Stanga de près (0-6, 45'37"). La seconde sur un slap de Meunier dévié par... Teddy Trabichet qui marquait ainsi son premier but en Ligue Magnus (0-7, 47'08"). Une belle récompense pour le jeune Grenoblois qui fut présent du début à la fin de la rencontre malgré l'expulsion de Bonnard. Nahirniak brûlait d'envie de rejoindre son compatriote au vestiaire et y parvint en obtenant une méconduite dans les dix dernières minutes. Grenoble assurait le blanchissage, partagé par les deux gardiens... comme un symbole.
Grenoble a fait une démonstration de force sur la glace gapençaise en proposant un jeu très abouti, alliant vitesse et puissance avec un effort constant pendant les soixante minutes de la rencontre. Les trois lignes ont marqué avec pas moins de sept buteurs différents, signe que le collectif est déjà bien en place. Les recrues Mills, Russell et Wallin semblent déjà bien intégrées et les jeunes Morant, Treille et Trabichet ont bien tenu leur rang. Voilà qui est de très bonne augure pour la suite même si on attendra confirmation face à de plus grosses cylindrées. Ça tombe bien, Amiens vient à Pôle sud samedi prochain !
Du côté gapençais, le scénario est bien sûr catastrophique. Mais pouvait-il en être autrement avec une intersaison aussi mouvementée ? La valse des entraîneurs n'a certainement pas aidé à mettre en place un système de jeu huilé. Stanga a fait ce qu'il a pu sans briller mais à sa décharge sa défense manque cruellement de profondeur et de stabilité, surtout lorsque Oliver McGee et Andrew Nahirniak sont plus souvent sur le banc des prisons que sur la glace. Quant à l'attaque elle a été très discrète et manque d'automatismes mais Jiri Rambousek et Jonathan Dubois ont montré des choses intéressantes. Même si une telle défaite fait mal au moral, Gap ne jouera pas son maintien face à Grenoble. Il est donc urgent de se remobiliser pour faire meilleure figure face à des rivaux directs.
Compte-rendu signé Christophe Laparra
Gap - Grenoble 0-7 (0-4, 0-1, 0-2)
Samedi 10 septembre à 20h00 à la patinoire Brown-Ferrand. 789 spectateurs.
Arbitrage de M. Avavian assisté de MM. Charmillot et Barbez.
Pénalités : Gap 77' (12'+10'+5'+20', 6', 14'+10'), Grenoble 59' (10'+5'+20'+10', 6', 8').
Évolution du score :
0-1 à 00'43" : Jönsson assisté de Morant
0-2 à 03'50" : Mills assisté de Wallin (inf. num.)
0-3 à 11'46" : Tartari assisté de B. Bachelet et Mills
0-4 à 18'11" : Russell assisté de Jönsson et Hecquefeuille
0-5 à 25'43" : Meunier assisté de Papa
0-6 à 45'37" : Amar assisté de Russell et Hecquefeuille (sup. num.)
0-7 à 47'08" : Trabichet assisté de Meunier
Gap
Gardien : Peter Stanga.
Défenseurs : Oliver McGee - Camille Gielly ; Andrew Nahirniak - David Hennebert ; Alexandre Cornaire - Ondrej Mertl.
Attaquants : Björn Odot-Andersson - Jiri Rambousek - Stefan Sarka ; Romain Moussier (C) - Jonathan Dubois - Jody Obninsky ; Jordane Fazende - Nicolas Ravoire - Julien Parinet [puis Sébastien Vidal].
Remplaçants : Jens Van Poucke (G), Benjamin Masse, Grégory Risterucci, Sylvain Eyraud.
Grenoble
Gardiens : Cédric Dietrich puis Christophe Burnet à 40'00".
Défenseurs : Viktor Wallin - Nicolas Favarin ; Baptiste Amar (A) - Johan Morant ; Jean-François Bonnard (A) - Teddy Trabichet.
Attaquants : Craig Mills - Christophe Tartari - Josef Podlaha [puis Sacha Treille] ; Bobby Russell - Roger Jönsson - Kévin Hecquefeuille ; Romain Bachelet - Laurent Meunier - Benoît Bachelet (C) [puis Cyril Papa].
Absents : Simon Bachelet (fracture du pied), Yven Sadoun (opération de l'épaule), Ludek Broz (genou), Martin Millerioux (commotion).