Caen - Grenoble (8 octobre 2005)
Match comptant pour la septième journée de Ligue Magnus.
La confrontation qui nous est proposée ce soir semble totalement déséquilibrée entre une équipe à la dernière place, Caen, et l'autre qui est placée dans le haut du gratin de Magnus, Grenoble. Cela chauffe dès l'engagement pour les locaux. Baptiste Amar envoie le palet contre la bande et le ricochet profite à Romain Bachelet qui est bien placé juste devant le but mais rate le cadre. Cédric Boldron répond timidement en s'approchant du but des Brûleurs de Loups mais cela ressemble plus à un mauvais centre pour personne qu'à autre chose. Robert Marton fait le spectacle sous la forme d'une sortie spectaculaire pour finir contre une bande latérale avec le palet dans la mitaine. Il réitère en captant d'une manière écœurante un bon lancer de Craig Mills un peu haut toutefois. Caen répond toutefois au défi physique et au rythme imposés en ce début de tiers. Le jeu va vite des deux côtés et Jiri Jelen obtient un tir depuis l'enclave grenobloise après que deux Caennais se sont battus à l'arrache pour lui donner le palet. Caen se pose en zone offensive, Jan Supuka temporise à la bleue pendant qu'on se bouscule dans la zone du gardien, et une pénalité est appelée contre un cross-check de Russell au bout de sept minutes de jeu très intensives et plaisantes. C'est Jiri Jelen qui sera le plus dangereux en supériorité sur un tir de la bleue, mais est-ce sa place pour un centre, j'en doute.
Même revenu à cinq, Grenoble subit encore la furia caennaise mais la domination normande n'est pas encore suffisamment dangereuse. Les visiteurs sont encore contraints à un geste illicite, un cinglage de Morant, et c'est une deuxième supériorité qui est offerte au HCC. On retiendra un centre en retrait qui traverse la zone de Christophe Burnet sans trouver quiconque, mais en même temps il n'y a que très rarement un Caennais à l'affût dans cet endroit pourtant stratégique. Un surnombre local toujours un peu bête vient annihiler les efforts précédents et Caen se retrouve ensuite en infériorité pour la première fois. Tuomo Määttä, bien seul entre quatre Grenoblois, peut obtenir un tir lointain qui a au moins le mérite de faire intervenir Burnet. Sur la supériorité grenobloise, Roger Jönsson lance deux fois dans le tas puis Baptiste Amar se voit offrir à son tour un tir aux pigeons dans la masse placée devant le but. Ses deux premiers lancers sont détournés sur la gauche, et quand il arme son troisième lancer, il est stoppé par l'arbitres qui siffle une obstruction de Benoît Bachelet. Ouf, cela s'arrête enfin pour Caen qui prend immédiatement le jeu à son compte. Frédérick Brodin tente sa chance de la ligne bleue, Christophe Burnet repousse de la jambière sur le côté gauche pour éviter que l'on ne reprenne le rebond, mais malheureusement pour lui, Damien Raux est justement à cet endroit et peut tranquillement trouver le but (1-0 à 15'02"). C'est la première fois que Caen réussit à ouvrir le score depuis le début du championnat.
Dans les tribunes, on se prend donc à rêver, et l'ambiance repart de plus belle grâce aussi à la belle initiative de Ouest-France qui à fournit à presque chaque supporter des bâtons gonflants pour supporter dans le bruit une équipe qui en a bien besoin. Caen essaye un peu plus encore de bousculer la défense grenobloise via un lancer d'Alexis Gomane suite à plusieurs écrans et passes en retrait. Le rebond encore laissé par Christophe Burnet est bien suivi, mais les deux Caennais se gênent. Sébastien Bergès oblige également le gardien à dévier son lancer et Pierre Feutry termine la première période par un tir trop excentré pour trouver une faille. Le score favorable aux Caennais récompense l'envie et la volonté d'une équipe qui cherche à créer la surprise et à abandonner sa place de dernier au classement.
Caen repart à la charge au deuxième tiers, Grenoble bénéficie d'une supériorité heureuse mais ne parvient pas à installer son jeu cette fois. Bobby Russell part en contre mais se fait emmener sur le côté par le dernier défenseur, et Robert Marton peut facilement intervenir. Autre supériorité grenobloise après une crosse haute de Gomane, Roger Jönsson est seul devant un but grand ouvert, mais Robert Marton se replace au dernier moment et dévie le rapide et dangereux lancer avec sa mitaine. Curieusement, maintenant, les Caennais font peur aux Grenoblois, même en infériorité. Au retour à cinq, les attaquants foncent en direction du but à pleine vitesse. Jiri Jelen tire et les Caennais terminent dans la cage avant le palet. Cela a au moins le mérite de montrer une volonté que l'on n'avait pas revue depuis le match contre Anglet. Cédric Boldron est pénalisé sur un accrocher nécessaire pour éviter qu'un Grenoblois se présente devant Marton après avoir contourner la défense, pénalité annulée par un surnombre isérois tout aussi bête que son homologue normand. Grenoble obtient une cinquième supériorité après un trébucher de Jelen, mais Yven Sadoun oublié entre le gardien et la défense ne parvient pas à exploiter un bon centre. Cyril Papa tente de marquer de l'arrière du but mais le trou en bas du poteau est bien bouché par Marton.
Avant l'entame du troisième tiers, Simon Bachelet interpelle son banc pour re-motiver ses troupes dans une rencontre qui penche pour l'instant en faveur de la jeunesse et de l'envie. Grenoble suit le conseil et repart à l'attaque, permettant ainsi aux Caennais de jouer le jeu de contre de manière libérée. Le tireur fou Jiri Jelen tente sa chance de plus en plus loin, derrière la bleue désormais, on ne sait jamais sur un malentendu... Craig Mills, encore lui, et Josef Podlaha viennent provoquer Marton dans sa zone mais ce dernier s'en sort encore avec sérieux. Le HCC est a nouveau pénalisé, Baptise Amar tente de la bleue mais Robert repousse encore et intervient peu après à l'arrière de son but où il subit une charge qui naturellement aboutit à une bagarre généralisée sur la glace. Les Caennais se retrouvent par voie de conséquence en supériorité. Damien Raux peut s'approcher du but, le rebond est caennais mais les blancs s'en sortent. Tuomo Määttä bute aussi sur Christophe Burnet qui a permis de garder son équipe à flot bien qu'il lâche assez souvent des rebonds.
Grenoble récupère ses joueurs et Caen prend une position défensive inquiétante. Le HCC joue le contre par l'intermédiaire du bouillant, rapide, volontaire et petit Arnaud Hascoët, qui continue à donner le tournis aux Brûleurs depuis le début du match. Fleury et Devin filent aussi vers le but sans tromper la défense en place, ils s'essayent une deuxième fois en contre, mais pas mieux. Les Caennais profitent des erreurs de relance grenobloise pour provoquer le danger, Arnaud Hascoët fixe le gardien et s'ouvre le but mais son shoot n'est pas assez relevé pour passer au-dessus de la garde de Burnet pourtant couché. Encore une pénalité peu évidente à l'encontre de Samson, mais Robert Marton préserve son but malgré un jeu de puissance bien posé. Les Caennais gardent le palet dans les coins, se dégagent, et Pierre-Antoine Devin part même en contre provoquer la défense. Les Grenoblois, excédés de leur manque de réussite en supériorité, s'énervent et font faute à leur tour. Sur ce cinglage de Benoît Bachelet, la dernière pénalité du match, Sébastien Bergès réclame le palet à la bleue en tapant sur la glace, il le reçoit et adresse un tir puissant sur Christophe Burnet avancé. Le rebond parvient à Cédric Boldron à mi-distance. Les spectateurs voient le but grand ouvert et l'euphorie est totale quand le palet atterrit dans les filets pour le 2-0 (58'08"). Gérald Guennelon prend son temps mort et tente le tout pour le tout en sortant le gardien avant la remise en jeu. Tuomo Määttä part en contre mais un hors-jeu est sifflé, et de toute façon il a raté l'occasion d'aggraver le score. Burnet rentre et ressort une fois la mise en jeu gagnée, cela chauffe dans le but caennais mais Robert Marton reste l'homme de la soirée en ayant préservé son premier blanchissage. La table de marque, après la fin du match, l'appellera pour lui donner un palet qu'il aura bien mérité.
Les Grenoblois ont souffert d'un certain manque de réussite, d'un gardien lâchant trop de rebonds, et d'une volonté de tenter une épreuve de force et de vitesse. Or, à ce petit jeu, les Caennais sont bien préparés. Ils ont retrouvé le jeu qu'ils ont montré contre Anglet sur le dernier tiers, mais cette fois la furia normande a duré quasiment pendant tout le match. La victoire est heureuse mais pas volée.
Compte-rendu signé Christophe Vasnier
Commentaire d'après-match (dans Ouest France et sur le site officiel de Grenoble)
Rodolphe Garnier (entraîneur de Caen) : "On n'a pas livré un match exceptionnel mais un match plein. Les joueurs ont évolué durant soixante minutes à leur niveau. Avant, ce n'était que par intermittence. Ils m'ont conforté dans le travail mis en place. J'apprécie surtout le fait que les systèmes aient été appliqués. Avec les moyens qui sont les nôtres, nous sommes obligés de nous appuyer sur une base défensive. Il ne faut pas s'endormir là-dessus, freine le coach caennais. Même s'il fait du bien, ce n'est qu'un résultat. Il s'agit de rester lucides : on est encore convalescents. Si on pouvait encore grappiller quelque chose mardi contre Morzine... C'est plus facile quand on reste sur un résultat."
Jean-Luc Blache (président de Grenoble) : "Cette défaite est inacceptable. Il faut maintenant travailler et se servir des leçons de ce match pour les prochaines rencontres. Le match de Caen symbolise tout ce qu'il ne faudra plus faire pendant la saison. Dorénavant, il nous faudra avoir un tout autre état d'esprit et particulièrement pendant ce week-end de Coupe d'Europe. Nous serons les représentants de la France dans ce tournoi, devant les caméras de SPORT+. Nous devrons être prêts à un défi permanent. En effet, 6 matchs en 3 jours c'est un vrai challenge en terme de billetterie. Aujourd'hui, on constate un engouement pour les rencontres du vendredi et samedi soir. La rencontre de dimanche dépendra essentiellement de l'enjeu sportif.
Caen - Grenoble 2-0 (1-0, 0-0, 1-0)
Samedi 8 octobre 2005 à 20h30 à la patinoire de Caen la mer. 1000 spectateurs.
Arbitrage d'Alexandre Bourreau assisté de Jérémy Rauline et Éric Bouguin.
Pénalités : Caen 16' (2', 8', 6'), Grenoble 14' (6', 2', 6').
Évolution du score :
1-0 à 15'02" : Raux assisté de Brodin
2-0 à 58'08" : Boldron assisté de Bergès et Chauvel