Briançon - Grenoble (5 novembre 2005)

 

Match comptant pour la douzième journée de la Ligue Magnus 2005/2006.

Ce samedi soir, la patinoire René-Froger affichait une belle affluence pour accueillir un match de gala opposant l'équipe des Diables Rouges de Briançon à celle des Brûleurs de Loups de Grenoble. Cette affiche, il faut le reconnaître, est l'un des grands rendez-vous de la saison, motivant toujours autant les spectateurs. De plus, les Grenoblois sont actuellement dans un creux de vague (quatre rencontres sans victoire, avec au mieux un match nul contre Épinal). Les Diables Rouges comptent bien profiter de cette mauvaise passe des Isérois pour continuer à coller au peloton serré qui poursuit sans les rattraper la horde des Dragons rouennais. Mais il faut se méfier d'un sursaut d'orgueil d'un adversaire blessé dans son amour-propre. Comme le précédent match (contre Caen), celui-ci est aussi à aborder avec beaucoup de précautions.

L'infirmerie briançonnaise comporte deux nouveaux membres, l'impétueux Yannick Maillot et son coéquipier Valdemar Pelikovsky. Ils y ont rejoint Gary Lévêque dont la saison semble de plus en plus compromise. Chris Lyness souffre de problèmes de dos et le prestidigitateur Martin Filip n'est pas bien remis d'une blessure d'entraînement datant du milieu de la semaine. Autant dire que cela tombe mal mais les paroles d'un certain Benoît Bachelet donnant un avis autant très négatif que très personnel sur l'équipe de Briançon (article paru dans la presse) donneront du cœur aux Diables Rouges...

Côté public, comme d'habitude, les supporters grenoblois se sont déplacés en nombre (une centaine) et se manifestent bruyamment sans complexe, à renfort de chants, slogans et tambours. Il faut le reconnaître, ils ont des passionnés qui ne font pas le déplacement pour rien !

Le match commence sur un rythme plutôt soutenu mais dans un style pas franchement académique, tenant plus du hourra-hockey que du hockey de haut niveau que l'on aime à voir jouer en Ligue Magnus : on arrive à la ligne bleue, en envoie le palet derrière les cages et on part à la charge. Mais, que ce soit pour les Grenoblois ou pour les Briançonnais, pas plus de réussite d'un côté que de l'autre. On sent bien que le premier qui marquera prendra une option certaine sur la victoire, mais ce premier tiers n'est vraiment pas d'un grand spectacle. Preuve en est, les deux équipes rentrent aux vestiaires après les vingt premières minutes de jeu sur un score vierge, et la seule satisfaction pour Briançon, outre d'avoir réussi à tuer deux pénalités, est un bel arrêt de Beaubien stoppant les intentions de Bobby Russell parti en break.

Le deuxième tiers ne semble pas se passer lors du même match que le premier, car ce sont deux équipes survoltées qui prennent possession de la glace dès les premières secondes. Au rythme des attaques répond celui des défenses et les deux formations déploient un jeu bien plus plaisant qu'au premier tiers. Le résultat ne tarde pas à venir et les visiteurs ouvrent la marque par une combinaison entre Amar et Russel, ce dernier logeant la rondelle dans les filets de Beaubien déjà à terre et dans l'incapacité d'effectuer un arrêt (0-1 à 22'38"). Plus motivés qu'abattus, les Briançonnais partent à l'attaque de plus belle mais Christophe Burnet est bel et bien présent, stoppant toutes les tentatives haut-alpines.

Le bal des pénalités est alors ouvert par les Grenoblois, ceux-ci se trouvant en double infériorité mais défendant avec acharnement leurs cages et tuant dans l'œuf les attaques briançonnaises. Les expulsions temporaires pleuvent sur le glaçon haut-alpin et pas moins de vingt-huit minutes seront distribuées par Monsieur Bourreau, seize pour Briançon et douze pour Grenoble. C'est l'équipe des Brûleurs de Loups qui arrivera à tirer profit de ces diverses supériorités en creusant l'écart à par Kévin Hecquefeuille servi par Meunier et Wallin (0-2 à 35'53"). Le deuxième tiers se termine sur ce score, même si Jean-François Jodoin rate une occasion en or sur un break qui semblait pourtant inratable mais qui finit par passer à côté des cages, Burnet faisant une nouvelle fois preuve d'un extrême sang-froid.

Le troisième tiers est joué à fond par l'attaque briançonnaise qui cherche par tous les moyens à loger le palet dans les filets d'un Burnet toujours inébranlable. À mi-parcours de ce dernier tiers, Miroslav Dvorak, sur une action pouvant sembler litigieuse (le palet est-il entré ? le joueur était-il en zone de gardien ?), réduit l'écart à 1-2, ce qui redonne du courage à ses coéquipiers. Neuf minutes plus tard, Jiri Hubacek propulse la rondelle dans la lucarne des cages iséroises d'un magnifique slap et égalise donc au grand soulagement du public briançonnais qui commençait à croire en une malédiction grenobloise.

La minute restante du temps réglementaire sera stérile pour les deux équipes et la première prolongation débute. Des cinq premières minutes de jeu, on ne retiendra que deux choses : l'agression caractérisée de Laurent Meunier contre le Briançonnais Rob Millar qui est sorti de la glace avec une dent dans le gant suite à un coup de crosse... et la clémence de l'arbitre Alexandre Bourreau qui ne sanctionne le coupable de ce vilain geste que par un 2'+2' pour crosse haute... La suite, c'est une obstruction de Lyness et un cinglage de Filip. Pour ce dernier, connaissant sa technique, on peut trouver étonnant qu'il ait besoin d'être l'auteur d'un cinglage pour récupérer ou garder un palet, mais seul l'arbitre est maître de ses décisions.

Le résultat en est que les Diables Rouges se retrouvent en double infériorité alors que la prolongation se jouent à quatre contre quatre. Mathématiquement, c'est simple : pour respecter cette double pénalisation briançonnaise, les grenoblois doivent monter à cinq sur la glace... C'est ce qu'ils font donc après le temps mort demandé par leur entraîneur Gérald Guennelon. Un flottement s'installe instantanément dans les rangs haut-alpins, les joueurs se redressant pour compter les adversaires, et il n'en faut pas plus à Benoît Bachelet pour conclure le match (2-3 à 69'23").

Dans cette rencontre, deux choses à retenir : le réveil des Brûleurs de Loups et, surtout, quand on est sur la glace en Ligue Magnus, on doit connaître le règlement par cœur afin d'éviter de se faire surprendre. Ah oui, une troisième chose : tant que l'arbitre ne siffle pas, on continue à jouer...

Nota : on apprend que l'attaquant Tomas Baluch risque fort d'être hors service pour le reste de la saison suite à une blessure survenue lors de ce match (problème de ligaments, peut-être arrachés, à un genou).

Compte-rendu signé J.-J. D.

 

Briançon - Grenoble 2-3 après prolongation (0-0, 0-2, 2-0, 0-1)

Samedi 5 novembre 2005 à 20h00 à la patinoire René-Froger. 1600 spectateurs.

Arbitrage d'Alexandre Bourreau assisté d'Anne-Sophie Boniface et de Nicolas Barbez.

Pénalités : Briançon 30' (4', 6'+10', 6', 4'), Grenoble 20' (0', 12', 4', 4').

Évolution du score :

0-1 à 22'38" : Russell assisté d'Amar

0-2 à 35'53" : Hecquefeuille assisté de Meunier et Wallin (sup. num.)

1-2 à 49'59" : Dvorak

2-2 à 58'51" : Hubacek assisté de Milovanovic et Millar

2-3 à 69'23" : B. Bachelet (double sup. num.)

 

Briançon

Gardien : Frédérick Beaubien.

Défenseurs : Jean-François Jodoin (C) - Miroslav Dvorak ; Chris Lyness - Jakob Milovanovic.

Attaquants : Tomas Baluch - Martin Filip - Edo Terglav (A) ; Anders Dahlin - Jiri Hubacek - Rob Millar ; Arnaud Blanchard - Mickaël Perez - Sébastien Rohat ; Emmanuel Giusti - Lionel Orsolini (A) - Cyril Arnaud ; Dimitri Faure-Brac.

Remplaçants : Michel Favre (G), Alexandre Rouillard. Absents : Gary Levêque (genou), Waldemar Pelikovsky.

Grenoble

Gardien : Christophe Burnet.

Défenseurs : Viktor Wallin - Jean-François Bonnard (A) ; Baptiste Amar (A) - Simon Bachelet ; Nicolas Favarin - Martin Millerioux ; Yohann Morant.

Attaquants : Benoît Bachelet (C) - Laurent Meunier - Craig Mills ; Bobby Russell - Roger Jönsson - Kévin Hecquefeuille ; Cyril Papa - Brett Draney - Josef Podlaha ; Romain Bachelet.

Remplaçants : Cédric Dietrich (G), Sacha Treille, Yven Sadoun. Absents : Christophe Tartari (genou), Ludek Broz (opération du genou).

 

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