Gap - Caen (5 novembre 2005)
Match comptant pour la douzième journée de la Ligue Magnus 2005/2006.
Gap, qui reste sur deux victoires de suite à domicile, a l'occasion ce soir de revenir à hauteur de Caen. Les Rapaces alignent leur toute dernière recrue, Oskar Jernström, un défenseur de vingt-cinq ans sans grandes références qui a fait quelques brèves apparitions en Allsvenskan à Teg et Uppsala mais qui a commencé cette saison à Gnesta au quatrième niveau suédois après un essai non concluant à Nyköping. La première action du renfort consiste à annuler la première supériorité gapençaise par une obstruction. Il faut attendre huit minutes de jeu et la deuxième pénalité caennaise, un retenir de Berges, pour qu'Alexandre Cornaire ouvre le score de la bleue. Au vu de leurs énormes problèmes de relance, les Caennais peuvent s'estimer heureux de n'être menés que d'un but après vingt minute.
Cependant, Gap poursuit sur sa lancée au deuxième tiers-temps avec un nouveau but de Cornaire et un troisième signé Romain Moussier sur une pénalité différée. Le match paraît sous son contrôle. Mais la France entière le sait, les Gapençais ont un joueur canadien nommé Jonathan Dubois qui tombe très facilement dans le panneau des provocations. Il joue avec une pancarte dans le dos, y compris vis-à-vis des arbitres qui lui infligent une pénalité pour une charge contre la tête peu évidente. Sur le chemin de la prison, Alexis Gomane vient lui donner un cinglage sur le genou et écope à son tour d'une méconduite. Le banc caennais fait signe à son joueur de rentrer aux vestiaires pour la fin du tiers pour ne pas envenimer la situation, mais le mal est fait. À partir de cette étincelle, le match très correct vire bientôt au combat de rue devant les cages normandes et devant le banc gapençais. Quatre joueurs sont expulsés, Cesnek et Hascoët pour les Drakkars, Odot-Andersson et Fazende pour les Rapaces. Ceux-ci perdent ainsi deux éléments de ce qui a été leur ligne d'attaque motrice jusque là. Ils ne s'en remettront pas.
Désorganisé, Gap se fait surprendre deux fois en infériorité et laisse Caen retrouver confiance en ses moyens offensifs. Après deux matches et demi sans marquer, les buts arrivent les uns après les autres pour des Normands conquérants avec un réalisme offensif soudain revenu.
Un seul homme peut sauver l'attaque gapençaise décimée, c'est encore et toujours Jiri Rambousek. Il inscrit deux buts en supériorité numérique pendant deux prisons de Frédérick Brodin pour trébucher, mais cela ne suffit pas. Il aurait fallu qu'il convertisse l'un de ces deux face-à-face consécutifs face au gardien, entre lesquels il a conservé le palet tout du long, comme un taureau qui reviendrait une seconde fois à la charge... en vain. Robert Marton a le dernier mot.
Pour que le retournement de situation soit total, même les derniers buteurs caennais traduisent le renversement des valeurs. Car ce sont les deux recrues qui ont le plus déçu les supporters caennais depuis le début de saison, Damien Raux et Jiri Jelen, qui inscrivent l'égalisation puis le but décisif en prolongation.
Ce match très mal géré démontre que les dirigeants gapençais se sont sans doute fourvoyés dans leur constitution d'un effectif très rugueux. Lorsque la partie s'est muée en un échange de coups, c'est Gap qui en a pâti, pas Caen. Avec leur effectif limité, les Rapaces n'ont pas intérêt à de telles avalanches de pénalités, et le fait d'avoir misé sur des joueurs à la tête chaude est finalement contre-productif.
Commentaire d'après-match
Rodolphe Garnier (entraîneur de Caen) : "Je trouve dommage qu'un club formateur comme Gap aille chercher des étrangers qui n'ont pas la valeur de joueurs français. Pour moi un match à 180 minutes de pénalité ce n'est pas un match de hockey, même si au final je suis satisfait du résultat qui nous permet de gagner une place au classement (10e). [...] On n'a aucun problème pour marquer contre des formations de notre niveau, c'est contre les gros que notre vitesse ne suffit pas. On n'arrive pas à s'imposer physiquement devant la cage et ça ne pardonne pas."
Gap - Caen 5-6 après prolongation (1-0, 3-3, 1-2, 0-1)
Samedi 5 novembre 2005 à 20h00 à la patinoire Brown-Ferrand. 905 spectateurs.
Arbitrage de Julien Avavian assisté de Gildas Fontaine et Cyril Carlin.
Pénalités : Gap 82' (10', 8'+10'+5'+20'+5'+20', 4', 0'), Caen 90' (8', 8'+10'+5'+20'+5'+20', 4'+10', 0').
Évolution du score :
1-0 à 08'03" : Cornaire assisté d'Odot-Andersson (sup. num.)
2-0 à 26'56" : Cornaire assisté d'Odot-Andersson et Mertl
3-0 à 31'37" : Moussier assisté de Nahirniak et Fazende
3-1 à 35'32" : Supuka assisté de Chauvel (inf. num.)
3-2 à 37'04" : Määttä assisté de Bergès (inf. num.)
4-2 à 38'16" : Rambousek assisté de McGee (inf. num.)
4-3 à 39'44" : Chauvel assisté de Jelen et Bergès
4-4 à 44'27" : Raux assisté de Supuka et Jelen (sup. num.)
5-4 à 48'51" : Rambousek assisté de Nahirniak (sup. num.)
5-5 à 52'33" : Raux assisté de Bergès et Fleury
5-6 à 61'47" : Jelen assisté de Määttä et Chauvel
Gap
Gardien : Peter Stanga.
Défenseurs : Oliver McGee - Andrew Nahirniak ; Alexandre Cornaire - Ondrej Mertl ; Oskar Jernström - Mathieu Combe.
Attaquants : Jiri Rambousek - Jonathan Dubois (C) - Stefan Sarka ; Benjamin Arnaud - Björn Odot-Andersson - Jordane Fazende ; Julien Parinet - Nicolas Ravoire (A) - Romain Moussier (A) ; Sébastien Vidal.
Remplaçant : Jens Van Poucke (G). Absents : David Hennebert (luxation de l'épaule), Jody Obninsky (épaule).
Caen
Gardien : Robert Marton.
Défenseurs : Alexis Gomane (A) - Jan Supuka ; Sébastien Bergès (C) - Frédérick Brodin ; Michal Cesnek - Olivier Vandecandelaere.
Attaquants : Arnaud Hascoët - Jiri Jelen - Tuomo Määttä ; Cédric Boldron - Damien Raux - Luc Chauvel (A) ; Damien Fleury - Pierre Feutry - Jonathan Avenel ; Cyril Gavalda.
Remplaçants : Jérôme Salley (G), Samson Samson. Absents : Pierre Bennett (ligaments du genou), Jonathan Janil, Pierre-Antoine Devin.