Mars 2026 : anecdotes
Au bon endroit au bon moment
En mars, l'organisation de St. Louis a fait son marché avant la date limite des transactions. Brayden Schenn figurait parmi les joueurs sur le départ, il a finalement rejoint les New York Islanders. Cependant, l'ancien capitaine des Blues n'a pas eu à aller bien loin pour faire connaissance avec sa nouvelle équipe : il n'a eu qu'à quitter sa chambre d'hôtel pour rejoindre le hall d'entrée ! En effet, les Blues étaient en déplacement à San José… tout comme les Islanders. Schenn a donc pu garder sa chambre et, une fois l'échange finalisé, il est simplement descendu dans le hall !
Signature illico presto
La blessure de Taylor Girard, devenue indisponible pour le reste de la saison, a semé quelque peu la pagaille dans les transactions de PWHL. Les New York Sirens étaient donc à la recherche d'une nouvelle attaquante mais peu d'options s'offraient à Pascal Daoust et son staff. Piocher dans la liste des réservistes des autres équipes en faisait partie, ils auraient alors contacté Toronto pour s'attacher les services de Kristin Della Rovere. Mais l'organisation des Sceptres ne souhaitait pas lâcher l'attaquante italienne qui a alors été mise sous contrat. Devant respecter la limite de 23 joueuses, Toronto s'est vu dans l'obligation de licencier l'une de ses joueuses. Clair DeGeorge, une autre attaquante, a été désignée pour quitter l'Ontario… avant d'être finalement signée par New York, qui a trouvé son attaquante. Un vrai jeu de chaises musicales !
Hommage du héros
Le 16 février 2026, la ville de Pawtucket dans le Rhode Island a été marquée par un moment tragique, une tuerie a fait quatre morts et deux blessés lors d'un match scolaire à la Dennis M. Lynch Arena. Le jeune hockeyeur Colin Dorgan a perdu dans cette tragédie sa mère, son frère et son grand-père. Depuis, en guise d'hommage, le lycéen portait sur sa poitrine un écusson avec les initiales de ses proches décédés.
L'hommage ne s'arrête pas là. Seulement quelques semaines plus tard, Dorgan a marqué en double prolongation, en échappée, lors du match décisif pour envoyer son équipe, Blackstone Valley Prep, en finale du championnat, la Division 2 du Rhode Island. Un moment hors du temps, digne d'un film, "le plus beau moment de ma vie" déclara après le match Colin Dorgan, héros d'un soir (photo de gauche). La belle histoire s'est poursuivie puisqu'il a été de nouveau décisif en finale, égalisant avec moins de deux minutes à jouer, son équipe l'a finalement emporté en quatrième prolongation (!) pour remporter le championnat.
Licencié, encore
Il y a deux ans, Adam Ružička avait défrayé la chronique lorsque, dans une vidéo publiée sur Instagram, on le voyait assis avec de la cocaïne devant lui. Son équipe de l'époque (les Coyotes de Phoenix) l'avait alors licencié. Depuis, l'International slovaque, qui était d'ailleurs présent aux Jeux olympiques de Milan-Cortina, était parvenu à rebondir en KHL, marquant 107 points en deux saisons (playoffs compris). Mais depuis peu, il a été licencié par le Spartak Moscou. La raison n'a pas été évoquée par le club, en tout cas ce n'est pas en raison de ses performances. MatchTV a finalement révélé que Ružička était une personnalité toxique : « Globalement, Adam s'est révélé être une personne toxique cette saison, empoisonnant l'atmosphère au sein de l'équipe et refusant de se battre pour elle. Le ressentiment à son égard s'est accumulé et a finalement dégénéré en ce conflit. »
Deux hockeyeuses aux Oscars (à défaut de la Maison Blanche)
Le 15 mars dernier s'est déroulée la 98e cérémonie des Oscars. Parmi l'habituelle pluie de stars, deux hockeyeuses championnes olympiques étaient présentes : Hilary Knight et Hannah Bilka, qui sont d'ailleurs coéquipières au Seattle Torrent. Depuis son titre olympique pour ce qui fut sa dernière participation aux JO, Knight a capitalisé sur sa présence médiatique pour prolonger la lumière sur le hockey féminin, elle était d'ailleurs conviée à deux émissions très populaires, le Saturday Night Live et le Tonight Show With Jimmy Fallon.
Enfermé... en prison
Voilà une mésaventure rare mais lourde de conséquences qui s'est déroulée en Suède. Le 17 mars, Troja-Ljungby accueillait Västerås pour le compte des qualifications en HockeyAllsvenskan. En deuxième période, Henrik Malmström de l'équipe visiteuse purgeait une pénalité, Västerås s'apprêtait à tuer cette pénalité et Malmström à sortir de prison… mais la porte a mis sept secondes avant de s'ouvrir… et pendant ce temps, Troja-Ljungby a marqué alors que le powerplay avait donc expiré !
Stupeur et rage de Malmström qui n'a pas décoléré au micro de TV4 en jugeant cette situation stupide. Ce but a bel et bien été attribué, le règlement ne prévoit en effet aucune disposition lorsqu'une équipe ne compte pas assez de joueurs. Un rapport d'incident a toutefois été rédigé par les arbitres, et le club de Troja-Ljungby a décidé de mener une enquête pour fournir un rapport à la fédération. Malgré ce fait surréaliste, Västerås a tout de même gagné ce match 4-3.
"Eh bien, je vais rester parce que, tu vois, j'ai une équipe de hockey ici, je n'ai pas été échangé."
Réponse de son fils (7 ans) rapportée par le champion olympique américain Vince Trocheck qui essayait de préparer ses enfants au risque de devoir déménager si les New York Rangers décidaient de l'échanger. Le papa peut souffler, il n'a finalement pas été échangé après des semaines de rumeurs.
"Le propriétaire est le même. Bien sûr des choses ont changé en 35 ans, la ville a grandi. Mais les montagnes n'ont pas changé et je me souviens encore de ma première arrivée. Je n'avais rien vu de tel, quel merveilleux paysage. Lugano et Bolzano sont probablement les plus beaux lieux où l'on peut jouer au hockey. Nous avons du soleil six jours par semaine. Il fait 15°C, en cette saison."
Revenu à Bolzano en décembre après y avoir déjà été entraîneur en 1991/92, Doug Shedden a donné cette interview pour Eishockey News juste avant les play-offs. Reste à savoir s'il subira l'autre point commun entre Lugano et Bolzano : la durée de vie courte des entraîneurs... Le président Knoll lui a déjà adressé une remontrance publique pour ne pas avoir serré la main de son adversaire (l'Olimpija Ljubljana) après l'élimination prématurée en quart de finale.
"À l’école, j’ai joué au football pendant des années, mais ma mère me disait toujours que le hockey était un sport d’hommes. Quand j’ai décidé d’essayer à 20 ans, elle m’a étonnamment soutenue. C’était la première année de la guerre, et je pense que cela a joué un rôle déterminant dans sa réaction. Tout s’est fait très spontanément – et aussi drôle que cela puisse paraître, je suis tombée sur une publication Facebook concernant une nouvelle équipe féminine de hockey."
HockeySverige, qui a dédié une série d'articles au hockey ukrainien, s'est entretenu avec une gardienne, Anastasia Donchu, qui vit toujours à Odessa malgré la guerre. La jeune femme de 24 ans se confie sur son quotidien bouleversé par l'invasion de la Russie, mais le hockey est devenu un magnifique exutoire. La patinoire d'Odessa a été touchée à deux reprises par des missiles, mais elle a systématiquement été restaurée. Symbole d'une Ukraine qui tient debout malgré les menaces persistantes. Donchu est depuis membre de l'équipe nationale féminine d'Ukraine. Le conflit aurait fait plus de 500 000 morts.
La photo du mois


Fin 2021, une salle de tennis et de squash des années 1970, inutilisée depuis dix ans, a été rachetée et convertie en patinoire de 42 mètres sur 30 à Wabern par un responsable logistique (Vassiliy Abramov) et un chirurgien (Dimitri Döhl). Cette petite ville de Hesse est située sur la ligne de chemin de fer entre Francfort et Kassel et les équipes de jeunes de ces deux clubs rivaux sont donc venues s'y entraîner. Mais l'adhésif utilisé lors de la construction du toit, vieux d'un demi-siècle, s'est dissous avec les conditions climatiques. Pour ne pas fermer le bâtiment, des piliers de soutien ont été installés en plein milieu de la glace. Les hockeyeurs doivent donc les contourner ! Abramov, dont le fils de 14 ans Nikita joue au hockey, a lancé un crowdfunding de 30 000 euros pour rénover le toit, publié ces photos improbables et expliqué : "Oui, c'est inhabituel. Mais ma fille était patineuse artistique et elle s'est déjà entraînée dans des patinoires où il y avait des piliers de soutien."
Ce magnifique but derrière les jambes de Semyon Der-Arguchintsev a épaté tous les spectateurs, un peu moins son entraîneur. Ce dernier (Vyacheslav Kozlov) a déclaré dans le vestiaire : "C"était très beau, mais c'était probablement ton dernier pénalty".
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