Février 2026 : anecdotes

 

Évacuation pour un motif insolite

Fin janvier, le match de SHL entre Brynäs et Skellefteå battait son plein en seconde période quand l'alarme incendie a retenti. Le match a alors été interrompu et les spectateurs ont été priés de quitter les tribunes. Un engin pyrotechnique ? Un départ de feu ? Non, l'origine de cette alerte venait… d'un lave-vaisselle ! La Monitor ERP Arena de Gävle a connu des travaux de réaménagement avec de nouveaux équipements qui n'étaient semble-t-il pas calibrés pour le système d'alarme. L'alarme s'était d'ailleurs déjà déclenchée une première fois quatre heures avant. L'interruption a été de courte durée, à tel point que peu de spectateurs avaient quitté les tribunes, et le match a pu reprendre.

La défaite dans la peau

Deux amis canadiens, très confiants dans la victoire de leur équipe, ont lancé un pari sur les réseaux sociaux : si le Canada perdait la finale olympique, ils feraient ce que le commentaire le plus populaire leur dirait de faire. De très loin, le premier commentaire a consisté à leur demander de se faire un tatouage des frères Tkachuk...

Toilettes interdites

On a beaucoup parlé de la glace de la patinoire Santagiulia avant le tournoi olympique, pas du tout pendant. Il y a pourtant eu une panne, le tout premier jour de la compétition, lors du premier match féminin organisé dans la deuxième patinoire (Milano Rho) : celle des toilettes du vestiaire de l'équipe d'Allemagne. Victimes de ce problème de plomberie, les Allemandes ont alors demandé aux Suédoises de pouvoir utiliser celles de leur vestiaire. Refus des Scandinaves de laisser entrer leurs adversaires, peut-être vexées de ce manque de solidarité mais battues quand même.

La ligue du Grand Nord

Le Tunturi-Kiekko est le club le plus septentrional de Finlande puisqu'il est localisé en Laponie. Cette organisation est donc particulièrement enclavée dans une région où les villages sont parfois distants de plusieurs centaines de kilomètres. Pour pallier cet isolement et préserver l'accessibilité du hockey entre les villages, le club a décidé de créer la première ligue de Laponie, évidemment destinée aux joueurs amateurs. Cette initiative lui a d'ailleurs valu une nomination dans la "catégorie club sportif de l'année" au Gala des sports. Le Tunturi-Kiekko compte tout de même près de 200 licenciés. Deux joueuses de l'équipe d'élite du HIFK, les sœurs Iida et Emma Lappalainen, ont même été formées par cette organisation.

Proche de représenter la France

L'équipe de France féminine s'est présentée au Tournoi olympique avec trois joueuses québécoises dans ses rangs : la gardienne Alice Philbert, les défenseures Gabrielle De Serres et Marie-Pierre Pélissou. Mais une autre joueuse originaire de la Belle Province, Anne-Sophie Bettez (photo de gauche), aurait pu représenter la France. Chroniqueuse sur le podcast Avantage numérique alors qu'elle a mis fin à sa carrière en 2024, Bettez confiait qu'elle avait effectué les démarches de naturalisation, initiative qui est demeurée sans suite, refroidie par la lourdeur administrative. Il lui aurait fallu aussi jouer deux ans en France alors qu'elle était capitaine de la Force de Montréal en 2022-2023 lors de la dernière saison de la PHF, avant de disputer la toute première saison PWHL, également à Montréal. Anne-Sophie Bettez avait d'ailleurs représenté le Canada au Mondial 2019. Outre le podcast, elle est aussi l'une des commentatrices des matchs de PWHL.

La langue française censurée

Pendant les Jeux olympiques, poser une question en français ou tout autre langue ne pose absolument aucun problème en zone mixte. En revanche, un incident est survenu en conférence de presse à l'issue de la remise des médailles du tournoi féminin, dont les règles ont été modifiées de manière totalement arbitraire. Le journaliste québécois de La Presse Guillaume Lefrançois a posé une question en français à la fraîchement médaillée d'argent Marie-Philip Poulin. Mais la responsable communication des Jeux olympiques est intervenue, dans un échange tendu, en prétextant qu'il devait s'adresser en anglais ou italien. C'est d'autant plus regrettable qu'un interprète francophone était disponible, ce qu'ignorait la représentante des JO. Il faut également rappeler que le français demeure l'une des langues officielles des Jeux olympiques. La coupable a reconnu l'imbroglio et s'en est excusée. Mais la langue française étant une cause provinciale au Québec, l'incident a fait couler beaucoup d'encre.

Quand le hockey conduit en prison... un fan

Un Slovaque de 44 ans était venu aux Jeux olympiques de Milan pour soutenir son équipe de hockey sur glace. Mal lui en a pris, car la police est venue le chercher dans son camping et l'envoyer pour 11 mois à la prison San Vittore. Condamné en 2010 pour plusieurs vols dans des magasins, il avait pris la fuite... mais il avait réservé sa place de camping avec son vrai nom 16 ans plus tard ! La justice italienne ne l'avait pas oublié.

 

 

Les citations du mois

Nous jouions le match 3 des playoffs 1999 contre Toronto. Après le deuxième tiers, nous étions menés 2-3. [Kevin] Constantine m'a écarté de la glace pendant un moment. Il n'a rien dit, il m'a juste laissé sur le banc. Cela m'a chauffé à blanc. En tant que joueur le mieux payé et meilleur marqueur de l'équipe, je me sentais responsable de l'issue de la série. J'étais presque convaincu que la réussite de l'équipe dépendait essentiellement de mes capacités.
Et soudain je devrais suivre le match comme spectacteur sur le banc ? J'étais choqué. "Tu sais quoi, Kevin ; Va au diable !", ça s'échappe soudain de moi. Je pensais alors qu'il allait rugir. Mais il resta juste comme ça. Il arrêta soudain de parler, et aussi de coacher. Il restait dix minutes au deuxième tiers.
C'était étrange. Il ne disait plus un mot. Sur le banc, c'était plutôt la confusion. Qui devait aller sur la glace ? Comment devions-nous jouer ? Finalement nous avons fait les changements nous-mêmes, sans lui. Et il était là, fixait la glace d'un regard vide et ne disait rien.
À Pittsburgh, le vestiaire est de l'autre côté, il faut traverser la glace pour y aller. Je l'ai attendu à la fin du tiers, je suis allé vers lui sur la glace et je lui ai demandé : "Peux-tu m'expliquer ce que tu fais ? Veux-tu te moquer de nous en arrêtant de coacher ? Nous laisses-tu tomber ?"
Il m'a regardé et m'a dit en serrant les dents : "Alors ne me crie pas dessus ! Tu as compris ?". "OK, OK", ai-je dit. "Alors coache-nous, c'est ton devoir. Et fais comprendre quel avantage tu as par rapport à l'entraîneur sur l'autre banc." Il a cligné des yeux, surpris : "Et de quel avantage parles-tu au juste ?" "Eh bien, tu m'as dans ton équipe", ai-je dit sèchement avant d'aller au vestiaire.

Extrait de la nouvelle autobiographie de Jaromír Jágr qui vient de paraître en République tchèque


"Je dois vous avouer que la photo avec mon frère devant les anneaux, c'était un rêve pour nous deux. Ce n'est pas évident à vivre. En plus, j'ai pris des balles perdues ces dernières semaines."

Kevin Bozon, confiant au Quotidien Jurassien avant les JO combien les polémiques autour de la non-sélection de son frère (et indirectement autour de sa sélection) l'ont atteint


"Nous ferons la Maison Blanche, on va s'amuser, nous aurons des médailles pour vous. Et je dois vous dire, nous allons devoir inviter l'équipe féminine. Si je ne le fais pas, je crois que je serais probablement destitué."

Donald Trump téléphonant après leur victoire olympique aux hockeyeurs américains, dont les rires complices ont beaucoup été critiqués. Les championnes olympiques américaines, ont refusé cette invitation présidentielle "forcée" dont le mépris sexiste les a douloureusement touchées.

Remarquons quand même que les hockeyeuses des États-Unis n'a pas tout perdu : elles ont fêté leur titre olympique dans un grand restaurant de Milan avec un acteur et animateur d'émission culinaire (Stanley Tucci) pendant que les hommes invités à la Maison Blanche ont mangé du McDo (sans transition avec la photo qui suit...).

 

 

La photo du mois

C'est un avis à peu près unanime chez tous les supporters de hockey que les maillots et casques de "top scorer" sont insupportables et en contradiction avec l'esprit collectif du hockey. Mais grâce à la Swiss League (deuxième division suisse) et à son nouveau partenariat annoncé avec la chaîne de fast food Burger King, les fans de tous les autres championnats pourront se consoler en se disant qu'il existe encore plus hideux.

 

La couverture du mois

La hockeyeuse internationale allemande Franziska Feldmeier a posé pour l'édition allemande de Playboy juste avant les Jeux olympiques. Elle a expliqué son choix par la volonté de mettre en avant unne vision positive d'un corps féminin musclé et servir de modèle, même si des voix critiques doutent que ce genre de revues contribue à combattre les préjugés ou émanciper le hockey féminin. La capitaine allemande Daria Gleissner a clos le débat par un principe simple : "C'est sa décision de le faire, et les photos sont très jolies à regarder. Bien sûr, c'est un sujet de conversation dans l'équipe. Chacune peut se présenter comme elle veut, et nous sommes reconnaissants pour chaque attention."

 

 

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