Grenoble : un changement de cap pour retrouver les sommets

 

Une volonté de rebondir

Si la saison chaotique 2020-21 de la Ligue Magnus ne restera pas dans les mémoires de l’histoire du hockey français à cause de son caractère singulier en pleine période de crise sanitaire, elle laissera sans doute un goût encore plus amer du côté de Grenoble. Sportivement tout d’abord, les Brûleurs de Loups n’ont pas été à la hauteur. Ils terminent à une poussive troisième place après avoir donné l’impression de n’être jamais vraiment rentrés dans ce championnat bizarre qui a alterné les périodes de matchs sporadiques et les périodes plus denses. L’enjeu sportif de la saison régulière semblait limité en attendant d’hypothétiques phases finales mais au final c’est bien cette saison de 22 matchs (au lieu des 44 prévus initialement) qui servira de juge de paix pour le classement final de cette saison pas comme les autres. De quoi frustrer les Grenoblois et leur président Jacques Reboh qui contestera jusqu’au bout la validité du titre de champion de France attribué à Rouen dans ces conditions si particulières. Si le président grenoblois n’obtiendra pas gain de cause, il n’en restera pas moins que dans l’histoire les Brûleurs de Loups ont perdu leur titre de champion de France acquis en 2019 qu’ils n’avaient pas pu défendre jusqu’au bout lors de la saison 2019-20 qui s’était arrêtée brutalement au stade des demi-finales. Dans l’histoire, ils ont également perdu une place européenne puisque l’édition de la CHL a été annulée la saison dernière et que la place pour cette saison a été attribuée au champion 2020-21, Rouen.

C’est donc sans titre à défendre ni compétition européenne à disputer que les Brûleurs de Loups abordent la saison 2021-22, présentée comme celle de la reconquête. Mais pour retrouver des ambitions sur le plan sportif, il faut d’abord tirer les enseignements de la saison dernière qui fut loin d’être parfaite avec une équipe quasi identique à celle titrée en 2019 mais qui a semblé à bout de souffle pour ne pas dire en fin de cycle. Le constat du président Jacques Reboh et du manager Jean-François Dufour est implacable : il faut du changement pour espérer retrouver les sommets !

Changement de staff, changement de jeu ?

Première victime de ce nouveau départ ardemment souhaité : le coach Edo Terglav, en place depuis la saison 2015-16, soit six saisons à la tête des Brûleurs de Loups. Souvent critiqué pour son manque d’expérience (il était arrivé de Briançon après seulement une seule saison derrière le banc) mais aussi pour un jeu très stéréotypé qu’on pourrait qualifier de "nord-sud", le coach slovène avait tout de même réussi à garder la confiance de Jacques Reboh après avoir été nommé par l’ancienne équipe dirigeante. Il avait finalement réussi à atteindre l’objectif fixé en 2018-19 en ramenant la coupe Magnus à Grenoble, obtenant ainsi le septième titre de champion de France des Brûleurs de Loups. Après deux saisons inachevées, il va finalement passer la main sans vraiment quitter la maison grenobloise puisqu’il prend en charge le centre de formation grenoblois, ce qui lui permettra notamment de diriger les équipes U20 de Grenoble et de Vaujany en D2. Dans cette volonté de renouveler le staff, on notera également le départ de Romain Guibet qui occupait les fonctions d’entraîneur-adjoint et coach des U20 depuis quatre saisons.

Pour insuffler une nouvelle dynamique à leur équipe, Jacques Reboh et Jean-François Dufour se sont tournés vers la Finlande dans une volonté de couper avec le système de jeu nord-américain jugé par fois un peu trop réducteur et pas assez spectaculaire. C’est donc un binôme composé de deux entraîneurs finlandais d’expérience qui débarque à Pôle Sud : Jyrki Aho (47 ans) et Ari-Pekka Siekkinen (56 ans). Jyrki Aho occupe les fonctions d’entraîneur-chef tandis qu’Ari-Pekka Siekkinen est entraîneur assistant mais aussi entraîneur des gardiens. Aho n’est pas un inconnu à Pôle Sud puisqu’il était derrière le banc des Espoo Blues en 2015 lorsqu’ils étaient venus s’incliner d’un but (1-2) en CHL pour ce qui constituait alors la première victoire grenobloise (et française) dans la compétition. Un souvenir pas forcément idyllique pour celui qui a passé l’essentiel de sa carrière en Finlande, d’abord comme assistant coach puis comme entraîneur principal lors de la saison 2011-12 dans son club du JYP Jyväskylä. Après une saison complète avec le JYP, il a enchaîné par trois saisons avec Espoo puis deux saisons à Ässät. En 2018, il quitte la Finlande pour prendre la direction de la Chine où il sera assistant coach pendant une saison dans l’organisation du Kunlun Red Star en KHL. Nommé à Villach en EBEL lors de la saison 2019-20, il a été remplacé avant les play-offs et n’a pas entraîné depuis. Quant à Siekkinen, il a longtemps été exclusivement entraîneur des gardiens au JYP puis à KalPa avant de diversifier ses activités derrière le banc. D’abord assistant coach à Jyväskylä, il sort d’une expérience atypique de quatre saisons comme coach de l’équipe des Nikko Icebucks au Japon.

L’objectif du nouveau staff a été clairement défini : changer le jeu grenoblois, trop stéréotypé pour le rendre plus attractif en mettant en place notamment un jeu basé sur la vitesse et la possession du palet. Un changement de mentalité complet qui doit s’inspirer évidemment du jeu finlandais que connaissent bien Aho et Siekkinen pour l’avoir pratiqué et encadré pendant des années en SM-liiga, l’élite finlandaise. Mais le nouveau staff, connu pour sa rigueur et son exigence, aura également pour mission de professionnaliser un peu plus l’effectif grenoblois en appliquant les méthodes d’entraînement des plus grands championnats européens. Avec l’arrivée de ces deux entraîneurs d’expérience, Grenoble semble vouloir franchir un palier supplémentaire dans la professionnalisation du club tout en changeant drastiquement le style de jeu. Atteindre cet objectif passe forcément par des changements dans l’effectif qui, contrairement aux années précédentes, a dû subir un lifting plus important.

Des départs plus nombreux mais ciblés

L’arrivée d’un nouveau staff a conduit les dirigeants grenoblois à ne pas renouveler certains contrats pour différentes raisons. Denny Kearney, jusqu’à il y a peu un élément incontournable de la première ligne grenobloise, a payé une dernière saison très insuffisante avec seulement 10 pts en 22 matchs. Son style de jeu, provocateur et opportuniste, ne colle sans doute pas avec le jeu de possession prôné par le nouveau coach. Après trois saisons grenobloises dont deux particulièrement prolifiques, l’attaquant américain quitte l’Isère mais pas la France puisqu’il ira chercher le rebond du côté des Jokers de Cergy. Sébastien Rohat a toujours été irréprochable dans son rôle d’attaquant défensif. Mais à 36 ans, il arrive au bout de sa carrière professionnelle et le staff grenoblois a préféré profiter du changement de cap pour rajeunir son effectif. Après cinq belles saisons à Grenoble, il retourne donc chez les Rapaces de Gap avec lesquels il avait été titré champion de France avant de venir sur les bords de l’Isère. Tout comme Kearney et Rohat, le puissant attaquant canadien Maxime Legault prend également une autre direction tout en restant en Ligue Magnus puisqu’il rejoint les Boxers de Bordeaux. En quatre saisons rarement complètes, Legault a souvent séduit par sa pugnacité et son intensité mais sa fragilité physique l’a souvent conduit à rater de longues séries de matchs. Il reste malgré tout sur une saison quasi-complète, signe que ses pépins physiques sont peut-être derrière lui, mais il n’incarne pas vraiment le nouveau style de jeu souhaité par le staff grenoblois. Enfin, le défenseur canadien Yann Sauvé n’est pas non plus reconduit après deux saisons certes incomplètes mais au cours desquelles il n’a jamais vraiment donné l’impression d’apporter le plus qu’on attendait de lui. Son apport offensif était intéressant mais pas au même niveau que ceux d’Hardy et Bisaillon par exemple. Défensivement, Sauvé a fait le job mais il est probable que son rapport qualité/prix ne justifiait pas forcément son maintien afin de laisser au nouveau staff une plus grande marge de manœuvre pour choisir son équipe.

Mais le changement le plus marquant lors de cette intersaison, outre l’entraîneur, est à chercher du côté des cages avec le départ du duo de gardiens, Lukáš Horák et Sébastien Raibon. Arrivé à Grenoble à 23 ans sans guère de référence en 2016 pour disputer les play-offs, Horák est devenu le chouchou du public mais aussi un élément incontournable. S’il a souvent séduit lors de rencontres disputées (on se souvient de son « duel » avec Pintaric lors des sept matchs de la finale 2019), il a aussi parfois fait preuve d’irrégularité, ce qui l’a empêché de rivaliser avec les tous meilleurs gardiens de la Ligue Magnus sur le plan statistique. Il aura tout de même réussi à amener ses coéquipiers jusqu’à la Coupe Magnus en 2019 mais semblait stagner depuis sans montrer de réelle marge de progression. À 28 ans, il est temps pour lui de tenter un nouveau défi en Europe (il part jouer à Herlev au Danemark) alors que le staff grenoblois cherchait des garanties supplémentaires à ce poste clé. Quant à Sébastien Raibon, son retour à Grenoble n’aura finalement duré que 2 saisons au cours desquelles il a très peu joué. À 30 ans, il n’a plus la possibilité d’attendre son heure et va chercher du temps de glace en D1 à Tours.

Et puis comme toujours il y a les « surprises » de l’intersaison, ces départs non souhaités qui ont contraint les dirigeants grenoblois à revoir leurs plans. À commencer par celui d’Alex Aleardi qui va laisser un très grand vide en attaque. Meilleur pointeur de la Ligue Magnus lors de son arrivée à Grenoble en 2019-20, il a quelque peu marqué le pas l’an dernier dans un contexte un peu spécial. Leader offensif, joueur créatif doté d’une technique individuelle au-dessus de la moyenne, Aleardi avait les qualités pour s’adapter au nouveau système de jeu prôné par Jyrki Aho. Mais après quatre saisons en France (deux à Rouen, deux à Grenoble), il a décidé de rentrer aux États-Unis pour poursuivre sa carrière, privilégiant la proximité géographique avec les siens dans un contexte sanitaire compliqué. Autre élément dont le départ n’était pas forcément prévu, Patrick McEachen, contraint de mettre un terme à sa carrière à la suite de commotions à répétition, la dernière à Rouen au début de la saison 2020-21 lui ayant fait quasiment rater toute la saison. Là aussi on aurait pu supposer que McEachen, habile manieur de palet et très précieux en supériorité numérique, aurait eu un rôle intéressant dans le nouveau style de jeu. Mais la santé du défenseur canadien en a voulu autrement.

Avec le départ de ses deux gardiens, de deux défenseurs titulaires et de quatre attaquants importants, les Brûleurs de Loups font face à un renouvellement significatif de l’effectif même si de nombreux cadres restent présents. Ce renouvellement devait permettre au nouveau coach Jyrki Aho de trouver les éléments qui conviennent le mieux à son système de jeu.

Des recrues d’expérience

Bien sûr, on pouvait s’attendre à voir arriver quelques recrues « made in Suomi » et ce fut le cas avec trois joueurs finlandais qui viennent renforcer l’effectif des Brûleurs de Loups. Et c’est notamment du côté de la défense qu’il faut se tourner pour voir les compatriotes du nouveau coach. La première recrue n’avait d’ailleurs jamais quitté son pays : Jere Rouhiainen, 25 ans et formé à Tappara, connaît en effet sa première expérience à l’étranger en venant au pied des Alpes après avoir alterné entre la Liiga et le Mestis tout au long de sa jeune carrière. Défenseur que l’on pourrait qualifier de plutôt défensif, il possède tout de même une bonne première passe qui lui permet d’assurer une relance rapide vers l’attaque. Il sera accompagné à la ligne bleue d’un autre Finlandais, plus baroudeur celui-là, Janne Jalasvaara (à gauche sur la photo ci-dessus avec Adel Koudri). À 37 ans, sa fin de carrière est proche mais son CV parle pour lui avec huit saisons en SM-Liiga (avec Espoo et KalPa) puis un passage de six saisons en KHL au Dynamo Moscou, à Sotchi et dans la franchise chinoise de Kunlun où il a croisé un certain Damien Fleury ! Après un passage de 2 saisons en Eliteserien (Suède), il retrouve la Finlande plus découvre l’Extraliga slovaque la saison dernière à Trencin. Il vient chercher à Grenoble un dernier défi pour sa carrière où il devrait apporter son gabarit mais aussi ses aptitudes offensives avec un rôle clé en supériorité numérique. Les illustres défenseurs finlandais passés par Grenoble (Nokkosmäki, Pulkkinen ou Saarinen) tiennent peut-être leurs successeurs !

L’attaque également aura sa petite touche finlandaise avec l’arrivée de Markus Poukkula (en photo ci-dessous), 33 ans, attaquant expérimenté qui a évolué essentiellement au JYP en Liiga (où il a connu Aho) avant de s’orienter vers la DEL où a porté pendant 5 saisons les couleurs de Schwenningen où il fut coéquipier d’Anthony Rech mais aussi (encore) d’un certain Damien Fleury ! On peut se douter donc que l’attaquant international français a joué un rôle non négligeable dans la venue des recrues grenobloises cette saison. Poukkula, qui n’a pas joué la saison dernière, est un attaquant complet, travailleur et responsable défensivement. Ce ne sera pas un gros buteur mais un joueur d’équipe capable de s’intégrer dans le collectif et le jeu en mouvement prôné par le nouveau staff. Pour combler la place vide laissée en attaque par Kearney et Aleardi, il fallait donc trouver un attaquant de premier plan et le staff grenoblois n’est pas allé le chercher très loin en recrutant Nicolas Deschamps (première photo de l'article) à Rouen. Meilleur pointeur de la Ligue Magnus la saison dernière, Deschamps a fait les beaux jours des Dragons durant quatre saisons. À 31 ans, il donne une nouvelle orientation à sa carrière tout en restant en France. Ancien choix de deuxième ronde à la draft 2008 (35e au total), il n’a eu que 3 matchs pour se montrer en NHL avec les Capitals de Washington en 2013-14. Le reste du temps, il l’a passé en AHL avant de rejoindre l’Europe avec notamment deux saisons pleines en Suède avant Rouen. Très bon joueur offensif, doté notamment d’un excellente passe, Deschamps devrait prendre une place prépondérante dans les deux premiers trios. Il rejoint à Grenoble un ami et ancien coéquipier à Chicoutimi en Junior Majeur, un certain Joël Champagne.

Enfin les Brûleurs de Loups, qui espéraient un temps pouvoir compter sur Pierre Crinon ou Guillaume Leclerc si ces derniers ne parvenaient pas à concrétiser leurs pistes à l’étranger, ont complété leur recrutement tardivement avec l’attaquant français Malo Ville. Ce dernier avait quitté Chamonix en espérant pouvoir retenter sa chance à l’étranger, lui qui a passé l’essentiel de sa carrière en… Finlande et qui devrait donc s’habituer assez rapidement aux directives du nouveau coach. Mis à l’essai cet été à Spisska Nova Ves en Extraliga slovaque, il n’a finalement pas pu trouver un accord avec le club slovaque, notamment pour des questions d’assurance. Il rejoint finalement au dernier moment les Brûleurs de Loups, marchant ainsi sur les traces de son frère Gabin et son père Christophe.

Mais la plus grande interrogation du recrutement grenoblois était sans aucun doute de savoir qui allait prendre la place de Lukáš Horák devant la cage grenobloise. Si beaucoup attendaient logiquement un portier finlandais, c’est finalement un compatriote à l’ex-portier grenoblois qui débarque sur les bords de l’Isère. Mais pas n’importe lequel puisqu’il s’agit de Jakub Štěpánek (en photo ci-dessous), international tchèque pendant de longues années avec notamment quatre championnats du monde à son actif (2009, 2010, 2011, 2012). Installé en KHL entre 2010 et 2019 avec quelques piges en Suisse (Berne, Lausanne) ou en Liiga (Lukko), il était rentré au pays depuis deux saisons mais les sirènes grenobloises l’ont attiré pour un dernier défi à 35 ans. Avec un tel profil, Grenoble peut compter sur un gardien expérimenté, habitué aux plus grands championnats européens. Il devrait apporter beaucoup de stabilité devant le filet aux Brûleurs de Loups qui espèrent s’être significativement améliorés à ce poste. Pour l’accompagner, le staff grenoblois a misé sur Raphaël Garnier qui a fini sa formation en Suisse avant de revenir en France, à Rouen puis Tours et Angers la saison dernière où il était déjà back-up. À 24 ans, il espère pouvoir augmenter son temps de glace mais aussi compter sur les conseils avisés d’Ari-Pekka Siekkinen afin de franchir un palier dans ca carrière.

Des bases françaises et canadiennes solides, une touche finlandaise

Même si son effectif a été sensiblement chamboulé, Jyrki Aho pourra tout de même compter sur un certain nombre de cadres restés au club ce qui permettra d’assurer une transition somme toute en douceur. En défense, les fidèles Hardy et Bisaillon seront de retour. Handicapé par une blessure tenace la saison dernière, Sébastien Bisaillon a pris le temps de se soigner pour revenir pour une septième saison consécutive dans l’effectif des Brûleurs de Loups. À 34 ans, il fait désormais partie des cadres défensif de l’équipe, toujours aussi précieux deux côtés de la patinoire et capable de jouer aussi bien en supériorité qu’en infériorité numérique. Kyle Hardy enchaîne une sixième saison consécutive avec les Brûleurs de Loups, période entrecoupée d’une brève infidélité du côté de Zagreb. Défenseur offensif par excellence, il semble se bonifier avec l’âge avec une production offensive toujours aussi impressionnante. À 33 ans, il semble désormais bien installé à Grenoble et sa complicité avec Bisaillon en fait l’une des paires défensives les plus fortes de la Ligue Magnus.

La défense grenobloise est complétée par le fidèle et polyvalent Christophe Tartari, 37 ans, désormais stabilisé à la ligne bleue. Après avoir passé l’intégralité de sa carrière à Grenoble, il assure maintenant la transition avec les plus jeunes joueurs tout en s’offrant une nouvelle année au plus haut niveau. Parmi la relève, les Brûleurs de Loups compteront sur le prometteur Lucien Onno, qui s’est trouvé une place dans la défense grenobloise la saison dernière après une année à Mulhouse. En revanche Nikita Shalei, qui a joué quelques rencontres avec le groupe pro la saison dernière, va chercher du temps de jeu du côté des Scorpions, marchant ainsi sur les traces d’Onno.

En attaque également, bon nombre de cadres sont restés à l’image du capitaine Joël Champagne, partant pour une cinquième saison à Grenoble et centre inamovible de la première ligne grenobloise. Champagne devra toutefois s’habituer à de nouveau coéquipiers puisque ses habituels ailiers, Kearney et Aleardi, sont partis. Les internationaux Damien Fleury et Sacha Treille sont aussi fidèles aux Brûleurs de Loups après une saison plutôt réussie dans un contexte pourtant difficile. Avec 28 points, Damien Fleury termine d’ailleurs meilleur compteur grenoblois et talonne Nicolas Deschamps au classement des pointeurs de la Ligue Magnus. Leader de l’équipe, Fleury aura à cœur de retrouver les sommets avec Grenoble cette saison alors qu’il devrait retrouver une position plus classique d’ailier. Sacha Treille (qui a toujours soif de hockey comme le prouve la photo ci-dessous) a également connu une saison plutôt réussie et a bénéficié tout comme Fleury d’une préparation avancée pour disputer le tournoi de qualification olympique avec l’équipe de France. L’un comme l’autre apporteront leur puissant lancer et auront un rôle majeur à jouer en supériorité numérique.

Peter Valier a encore connu une saison en demi-teinte, interrompue prématurément par une blessure sans conséquence. Beaucoup d’attentes sont donc placées en lui pour sa troisième saison avec les Brûleurs de Loups. Il a un double objectif de soulever enfin un trophée avec Grenoble et de retrouver l’équipe de France avec en ligne de mire les championnats du monde D1 en mai. Pour cela, il lui faut jouer un rôle encore plus important au sein du collectif grenoblois. Si son apport défensif reste toujours intéressant, il aura également à faire progresser les plus jeunes joueurs qui évolueront autour de lui.

Enfin les Brûleurs de Loups pourront de nouveau compter sur un fidèle travailleur préposé aux tâches défensives et au jeu en infériorité numérique : Julien Baylacq marche sur les traces de Christophe Tartari et reste fidèle à son club formateur. Tout comme ce dernier, il aura un rôle important dans le vestiaire afin de faciliter le développement des plus jeunes joueurs de l’équipe.

La montée en puissance des jeunes : une profondeur suffisante ?

Si la plupart des cadres offensifs ont dépassé la trentaine, les Brûleurs de Loups pourront tout de même compter sur un réservoir de joueurs plus jeunes qui apportent une belle profondeur à l’effectif et amènent fougue et vitesse. L’intégralité des jeunes attaquants grenoblois a d’ailleurs été conservée après une dernière saison où ils ont eu un rôle plus important qu’à l’accoutumée, les blessés longue durée n’ayant pas été remplacés dans l’effectif. Julien Munoz par exemple a réussi son retour à Grenoble avec une production offensive régulière (11 pts en 22 matchs) et un rôle de soutien sur les premiers blocs lorsqu’il y avait des absences. Joueur vif et souvent efficace devant le but, Munoz a une carte à jouer cette saison. Tout comme Dylan Fabre (à droite sur la photo ci-dessous) qui a confirmé tout le bien qu’on pensait de lui, mettant en évidence ses qualités, essentiellement la vitesse de patinage. Il lui reste à muscler son jeu afin de mieux pouvoir rivaliser dans les duels le long des bandes mais son efficacité devant la cage s’améliore chaque année.

Adel Koudri (à gauche sur la photo ci-dessous) a lui aussi confirmé la saison dernière sa très belle saison 2019-20 avec 10 pts marqués en 17 rencontres. Positionné désormais régulièrement au centre, il a le gabarit, la vision du jeu mais aussi l’efficacité pour s’imposer et monter en régime. Quant à Aurélien Dair, il a réussi à obtenir du temps de jeu sur les deux premiers blocs mais aussi en supériorité numérique la saison dernière, ce qui l’a mis plus en valeur que ses jeunes coéquipiers. Avec un gabarit intéressant, il peut franchir un palier d’autant plus que Jyrki Aho lui fait confiance en le plaçant sur un des deux premiers blocs en début de saison.

Désormais titulaires à part entière, Munoz, Dair, Fabre et Koudri ont vraiment un rôle intéressant à jouer cette saison afin de bousculer la hiérarchie établie et d’apporter une vraie profondeur à l’effectif grenoblois. D’autres joueurs du centre de formation pointent également le bout de leur crosse. Si Timothée Quattrone est parti à Mulhouse, Flavian Dair, le petit frère d’Aurélien et international U20, aura la chance de se montrer cette saison tout comme Matias Bachelet en attaque ou Maxime Corvez et Mathis Despatie en défense.

Reconquérir la Magnus et viser l’Europe ?

Les Brûleurs de Loups ont ciblé leur recrutement sur l’expérience afin de gommer le plus possible les incertitudes : l’expérience est présente derrière le banc avec Aho et Siekkinen, devant la cage avec Stepanek, en défense avec Jalasvaara, Bisaillon, Hardy et Tartari, en attaque avec Fleury, Treille, Champagne, Deschamps et Poukkula. Autant d’éléments qui forment la colonne vertébrale des Brûleurs de Loups version 2021-22 et qui ont un rôle majeur à jouer dans la reconquête de la Coupe Magnus, objectif principal de la saison.

Difficile en effet de présenter plus de garantie devant la cage avec Stepanek (et Garnier solide back-up) alors qu’en défense Grenoble possède un quatuor majeur très solide avec ses deux Canadiens (Hardy et Bisaillon) et ses deux Finlandais (Rouhiainen et Jalasvaara). Tartari et Onno complètent l’effectif en formant une troisième paire alliant expérience et jeunesse mais on pourra noter que les Brûleurs de Loups manquent de profondeur à ce poste. La non-venue de Pierre Crinon en est sans doute la cause principale, ce qui veut dire qu’une recrue supplémentaire en défense n’est pas à exclure en cours de saison. En attendant, les U20 Maxime Corvez et Mathis Despatie profitent d’un temps de glace et d’une exposition pas forcément prévus mais qui permet à Grenoble de prendre son temps et de saisir les opportunités qui se présenteront avant les play-offs.

En attaque, là aussi, le départ inattendu d’Alex Aleardi n’a pas été complètement compensé. Il reste une place à prendre aux côtés des Fleury, Treille, Champagne, Deschamps et Poukkula sur les deux premières lignes et c’est Aurélien Dair, l’heureux élu en ce début de saison, qui exploite au maximum cette belle opportunité. Là aussi une recrue supplémentaire pourrait arriver afin d’apporter plus de profondeur à l’attaque qui dépend aussi de la capacité des jeunes joueurs à élever leur niveau de jeu. Tant qu’ils donneront satisfaction, le staff grenoblois pourra prendre le temps de peaufiner son recrutement et tenir compte d’éventuelles blessures en cours de saison.

Le président grenoblois Jacques Reboh n’en fait pas mystère : frustré par le déroulement des deux dernières saisons, il a comme objectif de permettre à Grenoble de retrouver les sommets en Ligue Magnus (et en Coupe de France) mais aussi la scène européenne. En construisant son équipe, il a donc eu pour objectif non seulement la réussite à court terme sur le plan national mais aussi de crédibiliser les Brûleurs de Loups sur le plan européen en faisant venir des éléments capables d’apporter le professionnalisme des plus grands championnats et de préparer Grenoble à de prochaines échéances européennes. Le pari est de taille et l’objectif ambitieux : les Grenoblois n’auront donc guère de droit à l’erreur cette saison car une saison sans trophée serait sans doute vécue comme un échec. Mais le changement d’entraîneur et de philosophe de jeu répond à un besoin latent depuis plusieurs saisons. Il permettra sans doute de faire passer un nouveau cap aux Brûleurs de Loups, bien armés pour retrouver les sommets.

Christophe Laparra

 

Effectif :

Gardiens

N° NOM Prénom            Naissance    cm  kg  Club formateur    Club & Ch 2020/21   MJ   Min   Moy.    %
30 STEPANEK Jakub        20/06/1986  188  80         (Tchèque)  Trinec      TCH-1   30   1556   2,31   90,5%
34 GARNIER Raphaël       25/01/1997  182  82  Caen              Angers      FRA-1    3    155   1,16   93,5%

Défenseurs

N° NOM Prénom            Naissance    cm  kg  Club formateur    Club & Ch 2020/21   MJ   B   A  Pts +/- Pén
 2 BISAILLON Sébastien   08/12/1986  183  93        (Canadien)  Grenoble    FRA-1  16   1   7   8  +6  22'
 5 ONNO Lucien           12/05/1999  176  82  Grenoble          Grenoble    FRA-1  21   1   5   6  +4   4’
44 JALASVAARA Janne (A)  15/04/1984  181  92      (Finlandais)  Trencin     SVK-1  22   0   1   1   0  37’
47 HARDY Kyle            09/08/1988  175  78        (Canadien)  Grenoble    FRA-1  22   9  11  20  +3  18'
50 ROUHIAINEN Jere       16/01/1996  182  78      (Finlandais)  Tappara     FIN-1  47   2   5   7  -5  10’     
73 TARTARI Christophe    03/12/1984  189  85  Grenoble          Grenoble    FRA-1  19   1  10  11  +6  16'

Attaquants

N° NOM Prénom            Naissance    cm  kg  Club formateur    Club & Ch 2020/21   MJ   B   A  Pts +/- Pén
 3 DAIR Aurélien         10/09/1999  186  74  Chambéry          Grenoble   FRA-1   20   5   3   8   +2   16'
10 FLEURY Damien (A)     01/02/1986  181  84  Caen              Grenoble   FRA-1   11   8  13  21  +13   41'
12 MUNOZ Julien          06/01/1998  173  72  Grenoble          Grenoble   FRA-1   22   6   5  11   +5    6’
13 BAYLACQ Julien        10/04/1989  183  86  Grenoble          Grenoble   FRA-1   22   1   5   6   -3   60'
14 DAIR Flavian          16/05/2002  175  73  Chambéry          Grenoble   FRA-1    5   0   2   2   +2    0’
17 DESCHAMPS Nicolas     06/01/1990  185  93         (Canadien) Rouen      FRA-1   22  10  19  29  +15    8’
18 KOUDRI Adel           14/05/1999  182  78  Annecy            Grenoble   FRA-1   17   3   7  10   +9    2'
20 VILLE Malo            03/06/1995  180  80  Chamonix          Chamonix   FRA-1   18   4   7  11   -8   22’
21 VALIER Peter          27/07/1992  180  82  Cergy             Grenoble   FRA-1   15   6   2   8   +4   28'
63 POUKKULA Markus       24/09/1988  180  87       (Finlandais) --------------- n’a pas joué ---------------
64 CHAMPAGNE Joël (C)    24/01/1990  193  99        (Canadien)  Grenoble   FRA-1   22   6  18  24   +9   20'
77 TREILLE Sacha         06/11/1987  195  96  Grenoble          Grenoble   FRA-1   22  10  13  23   +2   58'
78 FABRE Dylan           10/11/2000  177  68  Grenoble          Grenoble   FRA-1   22   5   4   9   +8    4'

Entraîneur : Jyrki Aho (FIN, 47 ans).

Partis : Edo Terglav (entraîneur, Grenoble U20), Romain Guibet (entraîneur-adjoint, Gap U17), Lukas Horak (G, 19MJ à 91,1%, Herlev, DAN), Sébastien Raibon (G, 5 MJ à 87,2%, Tours, FRA-2), Yann Sauvé (D, 6+9), Patrick McEachen (D, 0+2, arrêt), Nikita Shalei (D, 0+2, Mulhouse), Alex Aleardi (A, 7+12, Florida Everblades, ECHL), Maxime Legault (A, 7+8, Bordeaux), Denny Kearney (A, 4+6, Cergy-Pontoise), Sébastien Rohat (A, 0+8, Gap), Timothé Quattrone (A, 0+0, Mulhouse).

 

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