Briançon, la saison de la dernière chance ?
En 2023-2024, les Diables Rouges de Briançon ont touché l’espoir d’un maintien sportif. Le club de la Cité Vauban a en effet bouclé son meilleur exercice depuis sa remontée en Ligue Magnus en 2019 avec une onzième place de saison régulière. Hélas, une poule de maintien mal négociée avec 3 défaites en 6 matches, dont 2 face au voisin gapençais, ont scellé les derniers espoirs. Finissant ex-æquo avec les Rapaces, mais départagés au nombre de confrontations directes avec 5 victoires à 1 en faveur de Gap, les Briançonnais ont une nouvelle fois bénéficié d’un sauvetage administratif ; le champion de D1 (Nantes) n’ayant pas déposé de dossier (seuls Dunkerque et Caen l’avaient fait), Briançon est automatiquement maintenu en Ligue Magnus pour la sixième saison d’affilée.
Du changement, encore et toujours
Briançon a une nouvelle fois quasiment tout changé. Président depuis 2015, Guillaume Lebigot a (enfin) passé la main à son vice-président Pascal Courty. Chef d’entreprise local, Courty prend les rênes des Diables Rouges dans un contexte difficile. Il s’agit de maintenir sportivement un club qui échoue à la dernière place depuis cinq ans. Il doit également faire évoluer la petite structure briançonnaise vers les standards Magnus.
Enfin, il doit composer avec un budget toujours limité et une situation financière qui se dégrade progressivement. Le club a en effet perdu environ 50 000 euros sur la saison écoulée malgré une hausse des affluences et de la billetterie. Non pas que les Diables dépensent davantage que mais tout simplement que le club est structurellement déficitaire pour la Ligue Magnus. Or, il doit rembourser l’aide à la billetterie versée par l’État pendant la pandémie de Covid à hauteur de 75 966 euros. Pour maintenir ses fonds propres à flot, la CNSCG a donc calculé que le club, placé sous suivi mensuel, devrait dégager un résultat d’au moins 48 289 € sur le prochain exercice.
La Commission Sportive, restée en place autour de Luc Rougny et surtout de Kevin Igier, a eu une nouvelle fois fort à faire. En commençant par la recherche d’un nouvel entraîneur. En effet, Marton Vas a fait le cours voyage vers Gap à l’intersaison après un an sur banc de René-Froger auréolé d’un bilan mitigé. Les dirigeants voulaient un coach français ou a minima francophone. Pierre Bergeron a rapidement été choisi. Il est le cinquième entraîneur en six saisons de Ligue Magnus, symbole d’un club à l’instabilité chronique à la recherche de l’homme providentiel.
Âgé de 37 ans, Bergeron a d’abord eu une modeste carrière de joueur outre-Atlantique stoppée en 2010, avant de se lancer dans le coaching un an plus tard dans des universités canadiennes. Sous l’impulsion du directeur sportif Nicolas Tomasini, Bergeron débarque en 2021 à Chambéry pour sa première expérience hors du Canada. En trois saisons sur le banc savoyard, il a construit patiemment et fait progresser les Éléphants pour les amener en demi-finale de Coupe de France et en finale de D1 la saison passée tout en développant les jeunes talents grenoblois.
Bien que sautant le pas en Ligue Magnus, Pierre Bergeron a médiatiquement martelé tout l’été sa confiance en ses qualités en rappelant son expérience de bâtisseur à Chambéry. Une volonté de (re)construire le club briançonnais dont les dirigeants lui ont offert un contrat de deux ans. Sa vision du jeu est également claire, basée sur la vitesse : « Un des plus gros principes de jeu sera d’enlever du temps et de l’espace à l’adversaire. Je ne demanderai jamais de reculer en zone neutre, de laisser des clubs comme Grenoble et Rouen faire ce qu’ils veulent et de les attendre. Je préfère que l’on se brûle au début en saison, mais plus la saison avancera plus on sera fiable défensivement. On aura beaucoup de vitesse dans l’équipe cette année et je vais l’utiliser. »
Illustrant les faiblesses de la structure briançonnaise, Bergeron sera sans adjoint à ses côtés, et tout seul sur le banc à l’extérieur. Il en avait l’habitude à Chambéry et assume d’avoir privilégié un coaching à distance des deux gardiens, depuis Vancouver, par Lynden Sammartino, l’ancien entraîneur de son titulaire Outhouse. Venant de mettre un terme à sa carrière professionnelle, Bastien Colomban intègre pour sa part le staff en tant que préparateur physique.
Les objectifs fixés par la nouvelle direction sont élevés et ambitieux : jouer les play-offs et a minima se maintenir sportivement afin de ne plus dépendre des résultats de la D1 à l’heure où Dunkerque s’avance comme le grandissime favori pour le titre et la montée en Magnus.
Une paire de gardiens neuve
Une petite page s’est tournée devant le filet briançonnais. Jan Broz quitte les Diables Rouges pour rentrer en République Tchèque après 117 matches en trois saisons sous la tunique rouge, avec un pourcentage d’arrêts de 90%. Ce gardien aura fait l’unanimité pendant son passage et grandement contribué aux performances du club de la Cité Vauban. Son dernier exercice a cependant été un peu plus contrasté car Broz a semblé moins décisif et moins impérial. Arrivé avec une expérience limitée à une poignée de rencontres D2 avec la réserve angevine, Elliot Leveque a été l’une des révélations briançonnaises de la saison. Le jeune Français a montré un joli potentiel. Des performances qui ne sont pas passées inaperçues du côté de son club formateur, Angers, qui a décidé de le rapatrier sur les bords de Maine.
Briançon a donc été contraint de recomposer entièrement sa paire de gardiens. Griffen Outhouse a grandi dans un petit village de 350 habitants à 100 kilomètres de Williams Lake, la ville où il a appris le poste de gardien comme dix ans avant lui un certain Carey Price (qui habitait trois fois plus loin et était même conduit par son père dans un petit avion). Après avoir enchaîné de superbes saisons dans la ligue junior majeur locale, la WHL, et connu de premières expériences professionnelles en ECHL et en AHL, il a rejoint l'Université du Nouveau-Brunswick et la USports, avec un bilan énorme de 1,56 buts encaissés par match et 92,6% d'arrêts durant ses 4 saisons universitaires, même s’il n’a pas beaucoup joué. Il a notamment été sacré champion universitaire ces deux dernières années.
Au poste de numéro 2, Briançon a recruté un jeune gardien français de 19 ans dans un profil similaire à Elliot Leveque, Mathis Thirion. Formé à Rouen, le jeune Normand a rejoint Bordeaux l’été dernier avant de tenter sa chance aux États-Unis chez les Rock Springs Grizzlies en NCDC, ligue de développement américaine. Mathis Thirion est également international junior en ayant participé aux derniers championnats du Monde D1A des moins de 20 ans avec la France.
Pierre Bergeron se veut rassurant sur ce duo : « Griffen est en mission, c’est un gars qui a besoin de cette opportunité pour se faire valoir. Je pense qu’on ne s’est pas trompé. Je pense qu’il y a plusieurs équipes qui sont jaloux de cette signature-là et nous on en est très fier. [...] Nos deux gardiens sont excellents. Griffen, notre gardien n°1 a tout à prouver. Il a fait partie du meilleur programme universitaire canadien pendant 4 ans et évoluait dans une équipe qui perdait très peu de matches. Jouer pour l’université de New Brunswick est déjà un exploit en soi. L’an dernier, il s’est fait prendre son poste de n°1 par un gars qui possède le potentiel pour jouer en NHL [NDLR : Samuel Richard, qui participe actuellement au camp des recrues des Canadiens de Montréal]. Il doit se faire voir. Il a besoin d’une bonne saison pour faire ses preuves et s’il y parvient, nous en bénéficierons. »
Une jeune défense mobile
S’il y a eu du « mieux » avec 174 buts encaissés, de peu derrière Anglet (170) et Gap (168), Briançon finit encore moins bonne défense de Ligue Magnus à égalité avec Nice. Et comme à l’intersaison 2023, le ménage a été fait avec une défense quasi-entièrement renouvelée.
Dans une défense initialement bâtie sur 4 imports (Brierley ayant quitté le club dès le mois d’octobre pour rentrer aux États-Unis), aucun étranger n’est resté à René-Froger. Arrivé avec CV très prometteur pour son jeune âge, l’international hongrois Milan Horvath a semblé peiner à confirmer les espoirs en lui, mais il avait peut-être trop de responsabilités dans une défense homogène sans véritable défenseur n°1. Débarqué dans un registre offensif, le Suédois Jesper Åkerman n’aura pas eu l’impact espéré malgré ses 19 points et a surtout brillé par de grossières erreurs individuelles défensives ayant coûté cher. Le meilleur défenseur a sans doute été Jani Kluuskeri. Arrivé dans un profil défensif, il s’est surtout relevé offensivement avec 12 buts et un énorme apport en power-play. Le club aurait souhaité le prolonger.
Exit également une bonne partie des défenseurs JFL. Reconduit pour une seconde saison en Magnus et malgré un léger mieux, Arnaud Lazzaroni a affiché un niveau global trop juste. Idem pour le jeune Hugo Deberge, arrivé de Caen (D1) en septembre, qui vivait sa première saison professionnelle complète à 21 ans. Les deux Français ont été régulièrement pris pour cible par les supporters à cause de leurs erreurs individuelles et repartent logiquement vers les divisions inférieures. Arrivé en décembre en provenance de Finlande, Jules Gallet a stabilisé l’arrière-garde mais quitte également le club.
Seul un joueur est rescapé : Aurélien Chausserie-Laprée. Malgré une petite taille et un manque de gabarit physique dans le registre défensif, le jeune Français a montré de belles qualités de vitesse, de technique et de projection vers l’avant.
L’articulation de la défense a longtemps été incertaine pour finalement ne compter que six éléments dont trois étrangers. À ses 18 ans, le Moscovite Dmitry Vozovik est parti s'aguerrir dans la ligue asiatique de hockey avec Sakhaline, avant de faire son retour dans les championnats russes l'année suivante en rejoignant la VHL pour un total de 236 matches et 73 points. Il a été élu deux fois défenseur du mois dans la deuxième ligue russe, et une fois lors de son passage d’un an en Biélorussie en 2021-22 au Yunost Minsk. Le Russe arrive en provenance de Côme dans une deuxième division italienne où il a fini meilleur pointeur des défenseurs. Ce qui reste à relativiser dans une ligue où William Mäkinen (ex-Cergy) et Lukas Blaha (discret à Brest et à Marseille en D1) mettaient un point par match de moyenne. Vozovik en inscrivait toutefois bien plus qu’eux, et pas seulement de la bleue mais aussi en lançant des contre-attaques ou en faisant la différence à effectif réduit en prolongation.
Né à Sherbrooke, Wayne Létourneau a déjà évolué la France, en seconde partie de saison 2021-2022, où il a compilé 26 points en 20 matches sous les ordres de Bergeron à Chambéry. Au pays, le défenseur de 25 ans est aussi connu comme le meilleur défenseur de « dek hockey », ce hockey qui se joue l’été avec une balle et en chaussures, et où il est également propriétaire d’équipe. Sur la glace, il a surtout joué en LNAH mais compte aussi un beau bilan de 23 points en 59 matches en ECHL pour le Thunder de l'Adirondack, une équipe l’avait recruté par une coïncidence providentielle quand un de ses arrières s’est blessé pendant un déplacement au Québec. Létourneau est donc un profil résolument offensif, bon patineur.
Le défenseur défensif devait initialement être Walter Flower, qui ans n’aura disputé que 2 petits matches amicaux avant de rentrer pour raisons personnelles au Canada dès fin août. Il sera remplacé par son compatriote Conor MacEachern, qui est le fils d’un champion de bobsleigh (David MacEachern, médaillé d’or en bob à deux à Nagano avec le pilote Pierre Lueders) et d’une professeur de danse et de yoga. Natif de l’île du Prince-Édouard, Conor a joué en junior majeur en WHL avant de revenir dans l’université de sa province, puis de connaître une expérience internationale d’un an en Pologne. Il est mobile pour son grand gabarit (194 cm) et intelligent dans son positionnement et sa gestion du palet.
Coté tricolore, le staff a enrôlé deux jeunes joueurs. Passé par Marseille et Gap puis deux saisons complètes à Nice (104 matches, 27 pts), Lucas Villain débarque à Briançon à 24 ans. À ses côtés, Mathis Despatie vivra sa première saison complète en Ligue Magnus. Ce Franco-Canadien est revenu en France au centre de formation de Grenoble en 2020. Champion de France élite U20 en 2022 et 2023, il a connu ses premières apparitions en pro en Ligue Magnus (et en CHL sur la glace de Frölunda) avant de se développer en D2 avec Vaujany, et surtout en D1 avec Chambéry sous les ordres de Bergeron.
Malgré un contingent très jeune et réduit à son strict minimum, Pierre Bergeron met l’accent sur « une défense très mobile, très rapide avec des joueurs capables de bouger le palet très rapidement donc ça va aider en partant de façon offensive. La production de points de nos attaquants devrait s’améliorer juste avec la qualité de nos défenseurs en termes de rapidité, d’exécution et de porter l’offensive sur leurs épaules. »
Une attaque homogène
Malgré là aussi du mieux, l’attaque briançonnaise est restée peu productive avec 110 buts marqués en 44 matches derrière Chamonix (111), Marseille (114), Anglet (116) ou Gap (118), l’avant-dernier power-play avec 18,1% de réussite et 7,8% d’efficacité aux tirs.
Entre volonté de se séparer des éléments n’ayant pas donné satisfaction pour les uns et opportunités de carrière pour les autres, l’offensive a subi de nombreux mouvements.
Dans un premier temps, le club s’est tout d’abord débarrassé des joueurs étrangers n’ayant pas répondu aux attentes et/ou n’entrant pas dans les plans du nouveau staff. Quatrième pointeur du club, Balint Horvath suit son compatriote et coach hongrois à Gap au terme d’une saison bien débutée mais progressivement en déclin. Arrivé en octobre pour pallier la blessure de Lucas Bonnardel (photo de droite), Eetu Mäki a compilé 16 pts en 34 matches et repart en Finlande. Débarqué de Cholet en décembre, le Letton Eriks Zohovs n’a pas vraiment convaincu malgré 11 pts en 21 matches.
Malgré une volonté de conserver ses meilleurs éléments, Briançon n’a pu les retenir sportivement et/ou financièrement. Meilleur pointeur et auteur d’une grosse seconde moitié de saison, le Suédois Nils Carnbäck rejoint Chamonix où il retrouvera son compatriote Åkerman. Robin Colomban souhaitait initialement repartir à l’étranger, mais les opportunités se sont refermées pour le Briançonnais qui a vécu ses premiers Championnats du monde avec l’équipe de France. Il rebondit à Rouen pour poursuivre sa progression. Enfin, et au terme d’une saison où la greffe n’aura finalement pas pris, entre grave blessure, décès de son père et allers-retours quotidiens Champsaur – Briançon, Dimitri Thillet (11 pts en 28 matches) retourne logiquement à Gap un an après son retour dans son club formateur.
Le club s’est également séparé d’une partie de son fond de banc. Le jeune Alexis Hermant malgré 6 buts, rejoint Clermont en D2. Le staff n’a pas reconduit le jeune Briançonnais Thomas Raby au terme d’une polémique printanière ayant défrayée la chronique, le joueur ayant accusé publiquement le club sur les réseaux sociaux de ne pas être officiellement au courant de son départ.
Briançon a au moins réussi à conserver un de ses cinq meilleurs pointeurs en la personne de Sean Richards (photo de gauche ci-dessous), qui a bouclé sa première saison à 30 pts. Le club a également prolongé ses joueurs locaux. Avec 18 pts dont 9 buts, Gaëtan Villiot poursuit son ascension en réalisant sa meilleure saison. Malgré une saison entachée par une grave blessure, Lucas Bonnardel reste une valeur sûre briançonnaise.
Après les départs de cadres français, le club revient à un schéma plus classique avec une majorité d’étrangers désignés pour les premiers blocs. Le seul Français a priori susceptible d’intégrer l’une des premières lignes est Norbert Abramov. Profitant du souhait de sa compagne de se rapprocher de sa famille briançonnaise, l’expérimenté Français de 32 ans revient chez les Diables où il avait évolué entre 2014 et 2016. Il vient de réaliser sa meilleure saison comptable avec 29 pts en 42 matches chez les Aigles de Nice.
Briançon s’est inscrit dans sa philosophie énoncée depuis l’été dernier : pas de gros CV mais des jeunes étrangers à fort potentiel et pas forcément connus. Le staff a tout d’abord recruté deux jeunes Suédois, associés en première ligne avec Abramov lors des matches de préparation. Avec un gabarit rappelant Carnbäck, William Persson a été international suédois U16 et U17 et a la SHL et la CHL à 19 ans avec la prestigieuse équipe de Skellefteå. Ne s'imposant pas en Suède, il a fait parler sa vitesse, son bon tir et sa vision du jeu en tournant à un point par match en NAHL puis en passant deux saisons – la première quasi-blanche sur blessure – en AlpsHL avec les équipes-réserves (depuis lors supprimées pour raisons budgétaires) de clubs autrichiens.
Son compatriote Fredrik Strömgren s’apprête à vivre sa première expérience hors de son pays natal à 25 ans. Après un bilan prolifique de 115 pts en 171 matches et 4 saisons au niveau inférieur à Nybro, il a passé deux saisons à Östersund IK en Allsvenkan (deuxième division) pour un bilan de 21 pts en 99 matches confirmant son profil de centre défensif. Mais ce qui est intéressant chez lui, c’est son efficacité aux mises au jeu : 53,9% en quatre ans à Nybro et encore 51,5% avec Östersund face à une adversité plus relevée. C’est une composante importante du jeu où Briançon a souvent souffert.
En plus de la prolongation de Sean Richards, le staff a enrôlé deux Canadiens supplémentaires. Né et formé à William Lake comme son gardien qui est un collègue d’enfance, Chase Dubois a remporté un championnat national des communautés aborigènes avec la sélection provinciale de Colombie-Britannique à 18 ans. Il a ensuite marqué quasiment un point par match en BCHL, puis 47 points (dont 22 buts) en 90 parties de NCAA pour les Nanooks d’Alaska-Fairbanks. À 26 ans, il s’apprête à vivre sa première expérience outre-Atlantique. Après des titres de meilleur marqueur dans la ligue de hockey collégial et dans la ligue junior A de l’Alberta, puis un cursus à l'Université du Vermont (32 points en 112 matches), William Lemay a déjà goûté au hockey professionnel. Sa fin de saison réussie à Trois-Rivières en ECHL (8 points en 14 matchs) après sa dernière année universitaire lui a offert une prolongation pour une autre saison avec l'équipe trifluvienne. Écarté à Noël, le jeune Canadien s’est relancé en rejoignant le second échelon d'Italie où il a réalisé le doublé coupe-championnat avec Pergine en finissant meilleur marqueur des play-offs. Lui aussi a une filiation olympique : sa mère Caroline Maheux a participé aux JO de Calgary en patinage de vitesse.
Des joueurs de devoir sont restés fidèles au club avec les prolongations des trentenaires Valère Vrielynck (photo de droite) et Quentin Fauchon. Présent de 2019, ce dernier a connu toutes les campagnes en Magnus depuis sa remontée. Pour compléter le bottom-6, Briançon a enrôlé plusieurs tricolores. Joran Reynaud suit son coach et fait son retour en Ligue Magnus, deux ans après son départ de Rouen. Parti à Chambéry pour ses études, il a réalisé une grosse dernière saison où il fut nommé capitaine des Éléphants. Initialement non-prolongé sur fond d’escapade estivale en Australie (et sa non garantie d’être de retour à temps pour le début du camp d’été), l’énergique Benjamin Berard a finalement réintégré l’équipe fin août.
Enfin, deux jeunes apporteront de la profondeur de banc. Formé en partie à Briançon, Logan Gutierrez, le petit frère du capitaine gapençais Romain, retrouve le groupe professionnel trois ans plus tard (1 apparition lors de la saison Covid 2020-2021) après avoir parfait sa formation à Gap en junior puis s’être aguerri à Amnéville (D2) pendant deux saisons. Pur produit briançonnais, et après deux saisons pleines en D3 avec la réserve, Yonis Penet réintègre lui aussi le groupe pro à 19 ans après de premières apparitions lors des saisons 2021-2022 et 2022-2023.
Pierre Bergeron présente son attaque comme homogène : « Offensivement on a vraiment un bon mix. Si on regarde sur nos quatre blocs, on a vraiment des joueurs qui sont très responsables : Strömgren, Lucas Bonnardel, Joran Reynaud sont des gars qui sont très bons offensivement mais encore meilleurs défensivement. Avec Vrielynck et Fauchon, on a notre leadership avec beaucoup de stabilité. Ce sont des gars avec du métier qui sont habitués à la Ligue Magnus et ça va aider à supporter les joueurs qui vont être à leur première expérience. Persson, Dubois, Lemay sont des gars qui vont avoir besoin de sport, sauf qu’à la fin ils ont tous des qualités offensives et sont capables de jouer dans le niveau haut de la Ligue Magnus. Maintenant c’est à voir comment on peut les faire exploser offensivement. Quand les qualités sont là, il suffit juste de travailler et les résultats seront là ».
Pour illustrer cette homogénéité, Briançon a adopté une mesure peu commune : les capitaines seront différents à domicile (Norbert Abramov assisté de Fauchon et Bonnardel) et à l’extérieur (Dmitri Vozovik assisté de Vrielynck et Strömgren).
Fabrice Dufour (photos Anthony Mangeard)
Effectif :
Gardiens
N° NOM Prénom Naissance cm kg Club formateur Club & Chpt 2023/24 MJ Min Moy. %
33 OUTHOUSE Griffen 13/03/1998 183 83 (Canadien) N. Brunswick CAN-U 14 840 1,21 93,9%
37 THIRION Mathis 23/09/2004 183 72 Rouen Bordeaux FRA-1 0
Rock Springs NCDC 17 914 3,81 90,6%
Défenseurs
N° NOM Prénom Naissance cm kg Club formateur Club & Chpt 2023/24 MJ B A Pts +/- Pén 18 VILLAIN Lucas 07/09/2000 176 68 Rouen Nice FRA-1 49 1 8 9 -17 25' 21 VOZOVIK Dmitri 27/12/1996 181 78 (Russe) HC Como ITA-2 34 11 33 44 29' 26 CHAUSSERIE Aurélien 08/12/1999 175 80 Bordeaux Briançon FRA-1 41 1 7 8 -16 12' 67 DESPATIE Mathis 01/02/2003 181 76 (Fra./Canadien) Chambéry FRA-2 39 4 8 12 +3 32' 76 LÉTOURNEAU Wayne 09/07/1998 183 82 (Canadien) Riv.-du-Loup LNAH 51 6 28 34 +5 37' MacEACHERN Conor 12/08/1998 194 93 (Canadien) Sanok/Jastrz. POL-1 52 6 13 19 52'
Attaquants
N° NOM Prénom Naissance cm kg Club formateur Club & Chpt 2023/24 MJ B A Pts +/- Pén
4 VRIELYNCK Valère 21/12/1987 180 92 Reims Briançon FRA-1 50 3 7 10 -17 16'
10 LEMAY William 28/12/1998 178 84 (Canadien) 3-Rivières ECHL 14 1 1 2 -4 2'
Pergine ITA-2 22 20 21 41 14'
14 FAUCHON Quentin 28/05/1993 185 85 Viry Briançon FRA-1 34 3 6 9 -23 8'
16 DUBOIS Chase 12/03/1998 174 79 (Canadien) U. Alaska-F. NCAA 30 6 7 13 +7 19'
40 BONNARDEL Lucas 27/04/1997 186 76 Briançon Briançon FRA-1 28 4 8 12 -11 10'
41 BÉRARD Benjamin 24/03/1999 178 80 Grenoble Briançon FRA-1 41 6 12 18 -9 44'
47 REYNAUD Joran 08/05/1997 178 76 Deuil Chambéry FRA-2 39 13 22 37 +5 47'
54 PERSSON William 03/03/2001 186 93 (Suédois) Linz 2 AUT-2 32 17 11 28 -13 18'
71 GUTIERREZ Logan 17/06/2002 177 80 Rouen Amnéville FRA-3 20 6 11 17 18'
73 RICHARDS Sean 15/12/1998 180 84 (Canadien) Briançon FRA-1 50 14 20 34 -14 112'
77 VILLIOT Gaëtan 04/09/1999 170 72 Briançon Briançon FRA-1 50 12 10 22 -7 16'
88 PENET Yonis 28/07/2004 181 84 Briançon Briançon 2 FRA-4 21 11 18 29 12'
91 STRÖMGREN Fredrik 06/08/1998 181 81 (Suédois) Östersund SUE-2 54 4 9 13 +2 8'
97 ABRAMOV Norbert 09/01/1993 185 79 Cergy Nice FRA-1 47 15 17 32 -10 20'
Entraîneur : Pierre Bergeron (CAN, 37 ans).
Partis : Márton Vas (entraîneur, Gap), Csaba Székély (entraîneur de gardiens, Rouen), Jan Broz (G, 44 MJ à 90,4%, Trebic, TCH-2), Elliot Lévêque (G, 8 MJ à 86,0%, Angers), Jani Kluuskeri (D, 15+8, Dab Dunaújváros, HON), Jesper Åkerman (D, 3+16, Chamonix, FRA), Milan Horváth (D, 4+13, JoKP Joensuu, FIN-2), Arnaud Lazzaroni (D, 0+8, Valence, FRA-3), Hugo Deberge (D, 2+7, Dunkerque, FRA-2), Jules Gallet (D, 1+3), Robin Colomban (A, 10+27, Rouen, FRA), Nils Carnbäck (A, 10+25, Chamonix), Bálint Horváth (A, 9+20, Gap), Eetu Mäki (A, 11+10, Hermes Kokkola, FIN-2), Dimitri Thillet (A, 8+7, Gap), Eriks Zohovs (A, 3+9, Dab Dunaújváros, HON), Alexis Hermant (A, 6+2, Clermont, FRA-3), Bastien Colomban (A, 2+2, arrêt), Thomas Raby (A, 1+1, Châlons en Champagne, FRA-3).
Revoir la présentation 2023/24