Nice, stabilité sportive après l'instabilité politique

 

La saison 2025/26 aura été celle de toutes les émotions - positives et négatives - pour le hockey niçois. Sportivement, ce fut la meilleure de l'histoire du club. La sixième place de la saion régulière a été obtenue derrière cinq clubs aux budgets incomparablement supérieurs, et pas très loin derrière puisque quatre points seulement séparaient Nice de Marseille.

Les play-offs ont constitué un autre tour de force. Battus trois fois et blanchis deux fois de suite par Angers, les Aigles ont réussi à remporter deux victoires consécutives et à faire trembler les Ducs en menant longtemps 2-0 au match 6. Ils se sont certes inclinés, mais avec les honneurs. Le héros de ce quart de finale a été le gardien Alexis Shank, qui y a élevé son niveau après une saison régulière correcte. À ce poste qui a vu défiler tant de cerbères, la réussite du Canadien assure enfin un peu de stabilité, sachant que sa doublure restera connue avec Isaac Charpentier.

L'équipe niçoise a donc porté haut les nouvelles couleurs du club, mais l'avenir de celui-ci ne se jouait pas sur la glace. Pendant que les Aigles étaient au firmamement de leurs possibilités, les élections municipales déchiraient la ville et monopolisaient l'attention. Dès le lancement officiel de sa campagne, à sa première interview sur une chaîne nationale (le journal de France 2), l'opposant Éric Ciotti abordait le sujet des patinoires : il dénonçait aussi bien l'idée d'organiser le tournoi olympique de hockey masculin dans le stade de l'Allianz Riviera - projet qualifié de "ligne rouge" car obligeant les footballeurs de l'OGC Nice à un exil temporaire - que le projet jugé pharaonique de patinoire dans le quartier en aménagement de la plaine du Var.

Or, si les investisseurs canadiens Felipe Bastos et Étienne Boulay ont apporté 208 000 euros de capital il y a deux ans, ce n'est pas pour survivre en Magnus avec un petit budget dont ils doivent chaque année rapiécer les trous, à l'image de la toiture de la patinoire Jean-Bouin qui part en lambeaux. C'est parce qu'ils se voyaient déjà hériter de la "plus belle aréna de France", cette enceinte moderne de 5000 places située sur la plaine du Var dans laquelle ils se voyaient dominer la Ligue Magnus, voire rêver plus grand, d'ambitions européennes.

Les doux rêves ont vite tourné au cauchemar. Plus les semaines passaient, et plus il devenait évident que l'ancien Maire Christian Estrosi était en perte de vitesse. Le nouvel édile serait Éric Ciotti, son ancien allié (ou "ami" pour ceux qui utilisent ce terme galvaudé en politique) qui avait toute bâti sa stratégie politique de ralliement au Rassemblement National pour poursuivre son rêve à lui, qui le hante depuis vingt ans : enfiler l'écharpe de Maire de Nice.

Les promesses n'engagent que ceux qui les croient

Le soir du vote - et même le soir du premier tour tant le résultat était déjà évident - il fallait se rendre à l'évidence : la vitrine exceptionnelle qu'aurait été la présence des meilleurs hockeyeurs du monde à Nice avait volé en éclats. Dans les morceaux de cette vitrine brisée, certains voulaient encore entrevoir le reflet de cinq anneaux encore brillants. après tout, Ciotti - dont le président du comité de soutien n'était autre que le président de l'OGN Nice - s'était prononcé contre le projet tel quel, pas contre l'accueil des Jeux olympiques.

Selon le vieil adage politique, "les promesses n'engagent que ceux qui les croient". À un stade aussi avancé du projet, à moins de quatre ans de l'échéance, il n'y avait aucun plan B. Ou plutôt, les seuls plans B étaient les deux grandes métropoles de Paris et Lyon. Les solutions alternatives proposées sur Nice n'étaient pas en capacité d'accueillir le sport qui assure l'essentiel des recettes aux guichets des JO. Rappelons que la solution du stade était déjà un plan B, choisi car moins cher que de construire juste pour deux semaines une patinoire principale de 12 000 places - jauge minimale nécessaire pour être rentable car une partie des places est réservée aux délégations et aux sportifs. Le nouveau Maire maintenait quand même mordicus que, même si le tournoi de hockey masculin devait partir ailleurs, les autres sports de glace auraient tous lieu dans la capitale azuréenne.

Tous les connaisseurs des JO savaient que ce serait faux. Le CIO tient à regrouper les principaux sports de glace - patinage artistique et hockey sur glace - au même endroit, un lieu qui concentre les spectateurs et le village médias. Même avec les extrêmes difficultés qu'a eu Milan pour faire sortir de terre les deux patinoires de hockey, il n'y avait jamais eu de plan B. Quand Bolzano avait levé le doigt pour accueillir le hockey féminin, la ville avait essuyé un refus immédiat alors que sa patinoire était apte (on en avait parlé ici). Fin mai, le comité d'organisation confirmait le retrait des sports de glace de Nice, avant de les confier un mois plus tard à Lyon.

Colère feinte, propos et chiffres grandiloquents

Éric Ciotti faisait mine de s'offusquer, parlait de décision "honteuse, scandaleuse, politicienne" qui préférait "une ville d’extrême gauche à la ville de Nice pour sanctionner les Niçois". La réalité est que le Comité International Olympique se contrefiche de la politique française. Ses membres auraient même probablement préféré passer le mois de février 2030 au bord de la Côte d'Azur plutôt que d'essayer de se tenir chaud dans un bouchon lyonnais... Le CIO a défini ses critères depuis longtemps, en capacité d'accueil tant des spectateurs que des médias, pour la viabilité de la compétition. Ni Gap - dont le Maire ancien hockeyeur a fait des appels du pied au COJO pendant des mois - ni le projet revisité de Nice ne les remplissent.

Ignorante des réalités, la comédie politique vire parfois à la farce. Dans un discours aux étranges accents pour un tenant déclaré du libéralisme économique, Ciotti a même dénoncé une "manipulation" des "puissances de l'argent" (sic). Dans une grandiloquente bataille de chiffres, le Maire de Nice annonçait que l'abandon des JO ferait économiser 140 millions d'euros, pendant que le président de la région Renaud Muselier rétorquait que la perte des JO à cause de Ciotti coûterait au contraire entre 800 millions et 1 milliard de pertes de retombées économiques. Autant d'estimations aussi douteuses et grossières de part et d'autre... Ciotti allumait ensuite un contrefeu en demandant une commission d'enquête sur l'organisation des JO, à la suite d'un article de Mediapart - le même journal dont il avait pourtant dénoncé comme "ignoble" une investigation sur sa mère dénonçant une fraude de 500 000 euros à la Sécurité Sociale - évoquant des soupçons de conflit d'intérêts contre Muselier. Laissons là le petit théâtre politique et repassons au sport avant de revenir sur les conséquences concrètes pour le club...

À l'opposé de ce monde politique où l'on peut prétendre tout et son contraire, l'équipe de Nice se distingue par sa remarquable stabilité. Le staff restera exactement le même. Marc-André Lévesque ne pouvait pas réussir une meilleure première saison comme entraîneur-chef. Qu'ils aient inversé leurs rôles il y a un an n'a en rien entamé la très bonne entente avec Pascal Margerit, les deux hommes ont travaillé de concert. Comme quoi, loin du monde politique, on peut oeuvrer au bien commun au lieu de se battre pour un poste...

Derrière le banc se trouve aussi le manager Jean-François Dufour, lui aussi intégré au projet comme homme de confiance des Canadiens. Quant au "monde complètement différent" que constituent les gardiens selon le coach Lévesque, il reste confié à Michael Dupont, consultant canadien qui fait des retours directement en visio aux deux portiers, et échange aussi avec le staff pour la désignation du titulaire avant la chaque match. L'ancien gardien de Montpellier, Brest et Caen travaillera aussi de la même façon en parallèle avec les clubs de Briançon et Gap cette saison. Il viendra une semaine à Nice trois fois dans l'année.

Sur la glace aussi, on a rarement vu un effectif rester aussi stable à Nice. "En toute honnêteté, pas un mec ne voulait partir, confie Lévesque. On voulait garder l'ossature. Ce n'est pas facile de jouer à Nice vu les conditions. C'est important de garder un noyau de joueurs qui les connaissent."

Un nouveau défenseur étranger viré pour un graffiti douteux arrive...

S'il a changé de monde - en taille comme en vétusté des installations sportives - en passant de Marseille à Nice, Colin Morillon a démontré sa capacité d'adaptation. Il est décidément le complément idéal pour une première paire avec des défenseurs étrangers très différents. Son duo avec Samuel Régis a très bien fonctionné et est logiquement reconduit.

L'intégration à Nice s'était moins bien passée pour Valentin Coffy, qui a eu un moment sa chance mais l'a perdue en passant d'un bilan de 14 points et +1 à Chamonix à un bilan de 2 points et -16 à Nice. Il tentera de se relancer à Cergy, tout comme Yoan Salve dont la troisième saison niçoise a été individuellement la plus compliquée avec une fiche de zéro point et -17. C'est le chemin inverse que prend l'international junior Ewen Jribi-Chauvière, dont la vitesse et les indéniables qualités de jeu demandaient à être canalisées, tant en équipe de France U20 que chez les Jokers. Avec sa marge de progression, il peut concurrencer Jules Lefebvre, toujours présent et tirant lui aussi de la droite.

Dans la construction de l'équipe de la saison passée, c'est le Gapençais Louis Cirgues qui avait été la bonne surprise. Enfin épargné par le moindre pépin de santé, il avait même inscrit 7 buts, lui qui en avait inscrit 4 en quatre saisons de Ligue Magnus. Il ne faudra pas s'étonner si ses statistiques refluent. Il devrait reculer en troisième paire n'aura probablement plus l'opportunité de jouer aux côtés d'Adam Nobes, car on a recruté pour cela un nouvel étranger qui a l'avantage d'être droitier, John Druskinis.

John Druskinis est un joueur à haute énergie, mobile et capable de lancer des transitions rapides à travers la zone neutre. S'il est physique - et n'hésite pas à lâcher les gants - il n'a pas la réputation d'une extrême fiabilité défensive, et encore moins disciplinaire. C'est là qu'il nous faut expliquer pourquoi sa deuxième année universitaire est une saison blanche. En août 2023, la police d'Ann Arbor - la ville où se trouve le campus de l'université de Michigan - diffuse une vidéo de la caméra de surveillance du Jewish Resource Centre (JRC, centre de ressource juive) qui montre un jeune homme et une jeune femme dessinant des graffiti en plein jour - à 17h01 - sur le sol de l'allée qui y mène, au bord d'un trottoir très passant où marchent des dizaines d'autres étudiants désintéressés. La police déclare enquêter sur un incident séparé de graffiti raciste et homophobe survenu apparemment le même soir, mais sans faire nécessairement le lien.

Les deux coupables sont évidemment identifiés : Johnny Druskinis de l'équipe de hockey sur glace, et Megan Minturn, de l'équipe de lacrosse. Lui a dessiné un pénis en train d'éjaculer et écrit "fag" (pédé). Elle a tagué ses propres initiales (pour signer cette grande oeuvre d'art). Ils le font après qu'un membre du groupe a pris en photo le bâtiment clairement identifié du JRC. Celui-ci ne porte pas plainte parce que les deux étudiants ont demandé à participer à un dîner de shabbat où ils se sont excusés envers les 350 personnes présentes. Un mois plus tard, Michigan annonce que Druskinis est viré de l'équipe universitaire pour "violation des règles internes". Le hockeyeur - ivre lors de l'incident selon son avocat - portera ensuite plainte contre l'association "StopAntisemitism" pour diffamation et pour avoir nui à sa carrière en raison de six messages qui l'accusaient d'antisémitisme et avaient contribué à donner un grand écho médiatique à l'affaire. Plainte acceptée concernant un post X qui l'accusait d'avoir peint des croix gammées (c'est totalement faux), mais déboutée pour le reste car le soupçon d'antisémitisme était une opinion et une interprétation. Précision temporelle pas inutile avant de clore ce triste sujet : le renvoi de Druskinis a eu lieu une semaine avant les attaques terroristes du Hamas du 7 octobre, donc avant la guerre menée ensuite par Israël à Gaza, et avant que l'antisémitisme devienne un sujet d'actualité beaucoup plus brûlant, dans le Michigan et ailleurs.

Notons que les Aigles, en recrutant Druskinis, sont alignés avec le rabbin Mendy Klahr qui avait présidé au dîner de shabbat et déclaré au Michigan Daily : "Nous croyons dans les secondes chances. Nous n'annulons pas les gens [au sens de cancel]. La façon de réparer ça, ce n'est pas de dire Oh, poursuivons-les et détruisons leur vie ou quelque chose comme ça. C'est de leur montrer pourquoi c'est une erreur. Laissons-les grandir de cela. Laissons-les être de meilleures personnes." Amen (mot hébreu, hé oui).

... grâce à un JFL pas comme les autres en attaque !

Si l'on revient à la composition de l'équipe niçoise, comment les Aigles ont-ils pu recruter ce troisième étranger en défense avec Druskinis tout en gardant sept étrangers en attaque. Parce que, parmi ceux-ci, se cache un très grand nom de la Ligue Magnus. S'il est difficile d'attirer les meilleurs JFL (Joueurs Formés Localement) à Nice, en voici un beau. Rolands Vigners - qui a ce statut parce qu'il est arrivé en France à 18 ans - a été trois fois champion de France avec Rouen et deux fois meilleur buteur de la ligue lors de la saison Covid 2020/21 et surtout en 2023/24. Le Letton est devenu un joueur-culte en Normandie avec ses mains techniquement si habiles. Sa dernière saison a certes été difficile alors qu'il valait un point par match, mais cela s'explique largement par un contexte moral (départ au chevet de son père gravement malade en début de saison) et physique, avec des blessures.

Sitôt arrivé, le charismatique Vigners a été nommé capitaine, il succède dans ce rôle à Nicolas Ruel, qui a pourtant réussi une très bonne saison. Ruel a fini deuxième marqueur de l'équipe, et à 5 contre 5, il n'a même mis qu'un point de moins que le "top scorer" non conservé Jesper Larinmaa (mais ce dernier a fini à -14).

Parmi les deux centres suédois arrivés l'an passé, Henrik Rommel a fait bonne figure dans le rôle du principal créateur de jeu. Il n'a vraiment pas subi la concurrence de son compatriote Robin Johansson qui sera resté la déception du recrutement 2025. Cette année, Nice se disperse moins et ne recrute même plus ailleurs en Europe, où les coûts des joueurs sont plutôt à la hausse.

C'est dans les vieilles marmites qu'on fait les meilleures soupes. Certains reprocheront peut-être au manager général Tomasini de retourner sans cesse au même pot de Chambéry, le club de division 1 dont il s'était occupé, mais après tout, pourquoi changer une recette qui fonctionne ? La filière grenoblo-chambérienne avait fonctionné pour Régis et pour le jeune Français Hugo Nogaretto, dont la qualité de tir a surtout eu un impact en powerplay (où il a mis 6 de ses 10 buts) mais qui doit encore étendre sa palette de jeu et s'améliorer aux engagements (où il affiche à peine 40% de réussite). Nogaretto a été transféré définitivement à Nice tandis que Maxime Toukmatchev a été à son tour prêté par les Brûleurs de Loups.

La filière strictement chambérienne avait quant à elle fonctionné pour Nobes et aussi pour Nicholas Cherkowski. Moins pour Henry McKinney, c'est vrai, mais on pouvait craindre qu'un joueur moyen en D1 ait un impact offensif limité au niveau supérieur. Cette crainte semble écartée dans le cas de Fletcher Anderson, un joueur techniquement plus doué, qui sent bien le jeu et qui sait prendre sa chance, ce qui en fait le joueur-clé de l'efficace powerplay savoyard. Pour ce qui est de l'autre recrue de D1 Édouard Saint-Laurent, c'est un joueur d'intensité et de caractère. S'il avait été encore là en barrages de maintien, le HCMP - dont il était le meilleur marqueur - ne serait peut-être pas redescendu en D2.

Les deux dernières recrues sont deux frères arrivant tous deux de l'université McGill, mais aux profils différents et pas forcément destinés à jouer sur la même ligne. Mathieu Gagnon est le pur créateur de jeu sur la glace, vainqueur de la Coupe Memorial 2019 avec les Huskies de Rouyn-Noranda et des Universiades 2025. Alexandre Gagnon était le capitaine, rôle qu'il a obtenu cinq fois dans chacune de ses équipes depuis l'âge midget. C'est un peu la tête pensante en dehors de la glace, nommé meilleur étudiant-athlète des universités canadiennes en 2024.

Un seul attaquant français est arrivé, Lucas Colombin, avide de retrouver la glace depuis son départ de Chamonix début février par désaccord mutuel acté avec le club. D'où le besoin de disposer du JFL Vigners car Nice a perdu son "joueur de troisième ligne idéal". On parle ici de Jordan Mugnier, un joueur dont les statistiques prennent une autre valeur quand on considère qu'il ne joue presque jamais en avantage numérique (quand il y participait à Gap il avait fait sa moins bonne saison..). Sans tirer la couverture à lui, il dépasse les 20 points par saison, et a même été meilleur marqueur de l'équipe en play-offs. Cette saison son centre complice Teemu Loizeau devra faire sans lui. Idem pour Loïc Coulaud qui avait bien complété les deux hommes en fin de saison.

Voilà pour l'équipe. Et autour ? Ce Palais des sports Jean-Bouin vétuste, la pire enceinte de la ligue dont les compresseurs ne sont pas arrêtés l'été pour ne pas prendre le risque de les redémarrer. Combien de temps tiendra-t-il ? Peut-être plus que la patience des investisseurs canadiens... Eux n'attendront pas le bricolage, ils se sont donné deux ans pour que le projet de patinoire démarre concrètement, sinon ils replieront leurs gaules et laisseront le hockey pro mourir à Nice.

Le puck est donc dans le camp de la municipalité. La SOLIDEO (la Société de Livraison des Ouvrages Olympiques qui a été conservée et réorientée vers les JO d'hiver après Paris 2024) avait mené toutes les études, elle a dû résilier les marchés et indemniser les opérateurs économiques. La ville doit reprendre le crayon. Et maintenant, les élus ne disent plus que le projet ne se fera plus dans la plaine du Var, ni que tout se fera dans le palais des expositions (où était prévue la patinoire olympique de hockey féminin). L'adjoint aux sports Benoit Kensel a l'air plus prudent que son chef dans les annonces concrètes : il vaut mieux attendre d'étudier le sujet avant de parler.

Reprenons l'équation financière. Avec les "140", "150" ou "100" millions économisés dans la plaine du Var - selon les déclarations - le nouveau Maire disait qu'il réinvestirait dans un nouveau stade de rugby, un palais des sports et une nouvelle patinoire dans le palais des expositions (où était prévue la patinoire de hockey féminin des JO). Si les calculs étaient si simples, ce serait facile. Sauf que la Ville de Nice ne devait financer que 37 millions de ce budget, contre 127 millions à l'État et à la Région, qui ne vont évidemment plus s'engager de la sorte sans motif olympique, et après avoir été plantés. Et si vous vous posez la question, l'abandon du projet à l'intérieur de l'Allianz Arena ne rapporte absolument rien, car il était plus qu'autofinancé : les recettes prévues de billetterie représentaient le double des coûts d'aménagement et permettaient donc de dédommager le concessionnaire du stade et l'OGC Nice...

Restent, dans la part du projet olympique de Nice financées par les collectivités publiques, les 48 millions qui devaient être partagés entre Métropole et Département, selon une répartition non décidée avant les élections. En mai, le Conseil départemental avait voté une subvention de 40 millions d'euros pour sauver les JO à Nice. Cette manne tiendra-t-elle toujours pour un projet de patinoire ? Éric Ciotti détient en tout cas les clés de toutes ces bourses : ses proches dirigeaient déjà le département depuis longtemps, il est devenu président de la métropole. En élargissant aux contribuables de tout le 06 (s'ils veulent encore payer sans les JO...), cela fait donc 37+48 = 85 millions. Soit le coût exact du... stade de rugby de 12 000 places figurant dans le programme du candidat Ciotti. Sans palais des sports et sans patinoire.

Pour les deux clubs sportifs concernés, deux attitudes possibles. Les dirigeants du club de rugby qui vient de monter en Pro D2 - dont les actionnaires ont là aussi investi sous condition de nouveau stade - ont choisi la confrontation, bien du genre à foncer tête baissée au milieu de la ligne de trois-quarts pour forcer la ligne d'avantage. Les deux présidents (pro et association) ont démissionné en juillet après la non-validation de leur dossier en rejetant toute la faute sur la tribune VIP promise et non fournie par la Mairie. Quelques ultimatums plus tard, je vous la fais courte : le club de rugby n'est pas rétrogradé dans les limbes, il a même échappé aux points de pénalité ferme. La Mairie s'est engagée à construire la nouvelle tribune de 4000 places avec salons et loges sous deux ans, laquelle fera partie du grand stade... qui sera construit quand les rugbymen monteront en Top 14 et s'y maintiendront ! Autrement dit, aux alentours de la Saint-Glinglin, en tout cas sûrement pas dans la prochaine mandature municipale.

Les dirigeants du hockey sur glace, eux, ont choisi une stratégie d'évitement, sans doute plus adaptée à la situation. Se fâcher avec les élus serait suicidaire pour un sport encore confidentiel à Nice. Les journalistes peuvent poser dix fois ou cent fois la même question, la réponse du fin communicant Nicolas Tomasini est la même : le Maire a déclaré qu'il y aurait une nouvelle patinoire, on considère donc qu'il y en aura une. Il n'y a rien d'autre à faire de toute manière. Après tout, le Maire s'est engagé devant le conseil municipal, et à la télévision (BFM Côte d'Azur). Tout le monde l'a donc entendu.

Le projet de patinoire évoqué semble plutôt dimensionné à 3000-3500 places. Une jauge revue à la baisse par rapport au projet post-olympique, mais suffisante pour un club pro de haut niveau en France. La parole se matérialisera-t-elle ? Quand ? Où ? Comment ? Autant de questions dont le club attendent les réponses... Prochain rendez-vous en mairie le 14 septembre, la veille du début du championnat...

Marc Branchu

 

 

 

Effectif :

Gardiens

N°                      Naissance    cm  kg  Club formateur    Club & Chpt 2025/26  MJ   Min   Moy.     %
31 SHANK Alexis         10/02/2000  181  82        (Canadien)  Nice         FRA-1   44  2574   2,75   90,1%
61 CHARPENTIER Isaac    18/03/1999  180  73  Épinal            Nice         FRA-1    9   439   4,37   85,0%

Défenseurs

N°                      Naissance    cm  kg  Club formateur    Club & Chpt 2025/26  MJ   B   A Pts   +/-  Pén
 6 RÉGIS Samuel         12/07/2001  180  93        (Canadien)  Nice         FRA-1   49   6  21  27   +7   29'
 9 CIRGUES Louis        12/08/2001  183  85  Gap               Nice         FRA-1   49   7  10  17   -6   24'
19 LEFEBVRE Jules       22/04/1999  182  78  Rouen             Nice         FRA-1   41   1   7   8   -8   25'
53 JRIBI-CHAUVIÈRE Ewen 09/03/2007  180  82  La Roche          Cergy        FRA-1   18   1   3   4   -5   59'
                                                               Neuilly      FRA-2    6   0   0   0   +2    4'
77 DRUSKINIS John       10/04/2002  185  88       (Américain)  Lake Superior NCAA   34   3   8  11   -15  36'
82 MORILLON Colin       02/02/1997  181  73  Épinal            Nice         FRA-1   50   7  14  21   +9   26'
92 NOBES Adam           29/10/2000  193  86        (Canadien)  Nice         FRA-1   46   2  20  22   +2    6'

Attaquants

N°                      Naissance    cm  kg  Club formateur    Club & Chpt 2025/26  MJ   B   A Pts   +/-  Pén
 4 ST-LAURENT Édouard   04/04/2000  185  87        (Canadien)  HCMP         FRA-2   22  16  17  33   -1   33'
10 ROMMEL Henrik        21/06/1994  180  90         (Suédois)  Nice         FRA-1   45   9  24  33   -9   21'
22 TOUKMATCHEV Maxime   30/11/2005  172  74  Brest             Grenoble     FRA-1   21   0   2   2   +3    4'
                                                               Nice         FRA-1    2   0   0   0    0    0'
                                                               Chambéry     FRA-2   28   6  10  16    0    4'
                                                               Grenoble 2   FRA-3    1   0   1   1         0'
12 CHERKOWSKI Nicholas  05/10/2000  188  82        (Canadien)  Nice         FRA-1   44   9  16  25   -5    4'
16 ANDERSON Fletcher    14/03/2000  180  84        (Canadien)  Chambéry     FRA-2   28  18  25  43   +7   26'
22 RUEL Nicolas         15/09/1996  181  82  Villard           Nice         FRA-1   46  12  23  35    0   75'
23 COLOMBIN Lucas       23/04/2002  178  79  Chamonix          Chamonix     FRA-1   27   2   1   3   -20  66'
44 GAGNON Alexandre     02/02/1999  180  86        (Canadien)  McGill Univ. CAN-U   21   2   8  10         2'
55 GAGNON Mathieu       30/04/2001  180  86        (Canadien)  McGill Univ. CAN-U   30   5  16  21        24'
72 COULAUD Loïc         25/05/1997  174  76  Gap               Nice         FRA-1   47   5   9  14    0   61'
78 LOIZEAU Teemu        19/10/1999  190  89  Megève            Nice         FRA-1   50  14  14  28   +3   83'
91 VIGNERS Rolands      07/03/1991  188  88  JFL     (Letton)  Rouen        FRA-1   41   7  13  20   +13  10'
98 NOGARETTO Hugo       17/08/2005  174  80  Grenoble          Grenoble     FRA-1   10   0   0   0   -3    0'
                                                               Nice         FRA-1   49   9  11  20   -10   2'

Entraîneur : Marc-André Levesque (CAN, 36 ans), assisté de Pascal Margerit (55 ans) et Jean-François Dufour (50 ans).

Partis : Valentin Coffy (D, 1+1, Cergy), Yoan Salve (D, 0+0, Cergy), Jesper Larinmaa (A, 18+26), Jordan Mugnier (A, Angers, 14+15), Mathieu Desgagnés (A, 14+12, Manotick, LNAH), Robin Johansson (A, 4+11, Riessersee, ALL-3), Charles-Antoine Roy (A, 3+8), Henry McKinney (A, 2+5), Hugo Proux (A, 1+1).

 

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