Marseille

 

Localisation : deuxième ville de France (860 000 habitants) et deuxième port de Méditerranée.

Nom du club : Marseille Hockey Club (Hockey Club Phocéen de 1969 à 2012, Massilia Hockey Club de 2012 à 2017).

Fondation du club : 1969.

Couleurs : bleu et blanc (rouge et blanc à l'origine, ci-contre Alain Ollivier avec le premier maillot).

Surnom : les Spartiates (les Gabians de 2009 à 2013).

Palmarès : néant

Après le succès des Jeux olympiques de Grenoble en 1968, Marseille voulut se doter, comme beaucoup d'autres villes, d'une patinoire. Trois entrepreneurs privés, parmi lesquels l'ingénieur frigoriste Monsieur Poirel, le financier Monsieur Tourbier et leur associé Monsieur Capel, profitèrent de la clôture de la Foire internationale de Marseille (foire d'automne) pour installer une piste provisoire de 56 mètres sur 26 dans le hall 8 du Parc des expositions, celui-ci ayant un accès direct avec l'extérieur, par la rue Raymond-Teisseire. Mais cette patinoire était entièrement démontée à partir du mois d'avril pour laisser la place au printemps et en été aux divers salons organisés dans ce parc des Expositions, le parc Chanot situé juste derrière ce temple du sport marseillais qu'est le Stade Vélodrome.

Dans cette première patinoire démontable, la glace était de qualité très médiocre car elle était produite par des tuyaux réfrigérants posés sur du sable. Il n'y avait pas de douches dans les vestiaires, situés sous ces gradins formés de planches en bois. Dans ce décor pour le moins "spartiate", c'est un clown venu de la revue Holiday on ice, Alain Legal, qui animait les séances et refaisait la glace avec la surfaceuse.

Edmond Garrigou, directeur des ressources humaines des Moteurs Baudouin et président du Ski Club Phocéen qui comptait déjà quatre disciplines, décida de créer et d'accueillir au sein de son grand club omnisports un club de hockey sur glace. Il prit donc le nom de Hockey Club Phocéen aux côtés du ski, du yachting, du tennis, etc. Ce président qui avait une bonne connaissance des clubs sportifs savait s'entourer et se fit assister par Jean David (trésorier - en photo ci-contre dans le premier vestiaire) et Robert Gaudence (secrétaire). Roger Graveron, ancien joueur de l'ACBB venu pour des raisons professionnelles puisqu'il était ingénieur naval, fut le premier entraîneur du club.

Robert Choffat et Georges Allard de Gap vinrent à sa rescousse pour étoffer les entraînements, et devant la demande croissante d'adhésions à ce club, ils firent une demande au consulat du Canada qui envoya Robert Walker comme entraîneur de l'équipe "première" composée de : Daniel Gouteix et Robert Gaudence (gardiens), Alain et Daniel Roche, Alain et Michel Ollivier, Jean-Marc Marin, Michel Martin, Bernard Frilet, Robert Couturier, Gérard et Jean-Charles Rivoire, Denis Albertini, Jean-Louis Campodonico, Patrick Rège, Patrick Rotily, Pascal Foulon, Christian Isaac, Patrick Orioli, Hervé Petit, Yves Scotto, Jean-Lou Carpena, Robert Abeille, Jean David, puis Simon Impérato et son frère Gérard, les jumeaux Gilbert et Jean-Luc Fleurot, et quelques renforts amenés par Patrick Roy, un Canadien qui vint remplacer Robert Walker lorsque celui-ci fut nommé ailleurs par son consulat, des étudiants canadiens d'Aix comme Rivard ou Hébert.

Le club peut remercier chaleureusement Jean-Pierre Kratz, journaliste au Méridional qui était le seul à écrire des articles sur le hockey sur glace et à faire des photos des équipes ; et deux joueurs qui se sont fait remarquer par Pete Laliberté : Patrick Rège et Simon Impérato, conviés à des stages nationaux dans leurs catégories respectives. Plusieurs joueurs ont aussi fait des stages d'entraîneurs : Pascal Foulon et le transfuge de Nice Gérard Autié ont ainsi été diplomés la même année que Jean-Charles Repetti (Nice) par Pete Laliberté. Robert Gaudence a lui suivi un stage d'entraînement spécifique des gardiens.

Un personnage récurrent dans l'histoire de ce club n'a jamais perdu sa passion pour le hockey : arrivée au club en mars 1969, Christine Ferrari s'est entraînée avec les garçons ; cette future infirmière n'allait jamais quitter le monde du hockey puisque, dans la traversée du désert qui suivra, elle épousera un arbitre, puis se licenciera à la LNAF dont elle fut un temps la secrétaire du président Catelin, préparant à ses côtés les stages nationaux des arbitres, et en étant notamment responsable des directeurs de jeu pendant le Mondial 1985 dans le Mont-Blanc au cours duquel la France fut promue dans le groupe B. En 1994, elle est revenue au club de Marseille, comme dirigeante, "secrétaire" d'un club qui n'en était pas vraiment un, et depuis l'ouverture du POMGE, elle supporte la nouvelle équipe des Spartiates avec les Dark Spartans dont elle est la "tatie".

Errance sur des glaces réduites

En 1974, la patinoire de la rue Raymond-Teisseire fut définitivement démontée, mais la ferveur des patineurs et des hockeyeurs marseillais ne faiblit pas. Ils se mobilisèrent pour trouver rapidement un autre point de chute, mais le Maire Gaston Deferre n'était pas très enthousiaste. À l'automne 1975, il finalement autorisa l'ouverture d'une nouvelle patinoire dans l'ancien entrepôt de la fabrique de dattes Micasar sur le chemin du Rouet, mais les lieux étaient si exigus que la piste ne mesurait que 40 mètres sur 20, ce qui obligea le HCP à disputer tous ses matches à l'extérieur en championnat de deuxième série (future division 3), le hockey mineur bénéficiant d'une dérogation par la FFSG. C'est à cette époque que Jean-Claude Reymond (secrétaire) assura la continuité du club, un poste qui lui causa bien des soucis. Cette patinoire ferma à son tour ses portes en 1984, mais Messieurs Garrigou et Reymond décidèrent de ne pas fermer le club, simplement de le mettre "en sommeil" en attendant des jours meilleurs, et ils ont continué à demander des subventions au niveau local et fédéral. C'est à ce moment-là que les plus acharnés des hockeyeurs furent contraints de s'exiler dans les clubs voisins, certains partirent à Nîmes (Imperato, Albertini, Rège, Rotilly et les frères Olivier), d'autres à Avignon (Pascal Foulon et Christian Isaac), et les autres firent leur vie professionnelle ou étudiante.

En 1993, enfin, une nouvelle patinoire, toujours dans le même quartier que les deux précédentes, ouvrit ses portes avenue Jules-Cantini, mais elle mesurait 46 mètres sur 26 (il faut croire que personne à Marseille n'avait lu le règlement ou que l'on s'en fichait royalement) et l'histoire se répéta avec une dalle en sable et des tuyaux réfrigérants posés dessus... Le club se "réveilla" donc, et redémarra grâce aux réserves des subventions gardées précieusement, avec l'aide de Gérard Autié comme entraîneur des séniors et de l'école de hockey, et de Manu Mayet pour les minimes.

C'est ainsi que dès le mois de septembre 1994, le club put aligner une équipe en division 3 composée de Pierre-Yves Milleret (gardien), Christian Isaac, Jean-Michel Moreau, Frédéric Mortelec, Guy Taso, David Fruttero, William Asseraf, Jean-Philippe Tremouille, Philippe Fouque, Jerôme Caqueux, Laurent Claude, Ahmed Ouali et Laurent Dave. Quelques anciens arrivèrent ensuite pour prêter main forte à cette équipe comme Alain Ollivier ou Gérard Autié.

Malheureusement, la patinoire s'avéra assez vite peu rentable, et surtout difficile à maintenir dans un état acceptable, techniquement parlant. Son exploitant ferma donc définitivement ses portes deux ans à peine après son ouverture. Le club se remit donc "en sommeil" sans se douter que cette nouvelle traversée du désert allait durer cette fois quatorze ans !

Aix et Aubagne, éphémères alternatives

Mais les hommes d'affaires Richard Baillian et Jean-Pierre Garabédian savaient qu'une patinoire était viable dans la région, et ils lancèrent des appels tous azimuts. Aix répondit, mais une fois encore, le local, bien placé, près de la quincaillerie aixoise, accessible facilement par l'autoroute, avait un gros défaut, la piste n'était toujours pas réglementaire. Qu'à cela ne tienne, on allait faire avec, Gérard Autié continuait à entraîner une équipe faite de bric et de broc, des Marseillais, des néophytes aixois, des étudiants qui venaient voir s'ils pouvaient jouer, mais la FFSG avait donné une autorisation pour la saison. Mais le président d'Aix n'était pas content : il voulait une équipe qui fasse bonne figure, donc il sortit de sa poche des grands moyens et acheta des joueurs pour monter en D2, ce qu'il fit ! Beaucoup de joueurs marseillais qui avaient commencé adultes n'avaient plus leur place dans cette ambition et formèrent donc une équipe loisirs-vétérans qui, elle, était très forte dans sa catégorie...

Les choses ont changé au Hockey Club Phocéen pendant ce temps. Edmond Garrigou a pris sa retraite en 1997 et, faute de candidats, Christian Isaac fut élu à sa place. Jean-Michel Moreau fut trésorier et Christine Ferrari secrétaire, mais ce club, qui ne comptait qu'une équipe sénior et n'avait pas d'entraînements, jouait les utilités en D3 dans le championnat du sud, terminant avec zéro point en 1997 puis en 1998.

En 1998, la mairie communiste d'Aubagne s'empara du créneau dont visiblement personne ne voulait. Elle permit d'installer dans la zone des Paluds une vraie patinoire avec une piste de 56 x 26, des gradins et - comble de bonheur - des vestiaires, des douches, même un bar avec de quoi grignoter ; le bonheur était dans le sud ! Les hockeyeurs d'Aix, en D2 sans patinoire aux normes, envisagèrent un temps de s'y installer, mais cette équipe disparut car Aubagne avait son propre projet de hockey. Gérard Autié y créa en effet le "Hockey Club Provence". Comme il était plus dans la partie technique, il se fit aider par Christian Isaac qui était très à l'aise dans les arcanes bureaucratiques et les finesses des paperasseries administratives. Cette patinoire d'Aubagne devint le rendez-vous privilégié de tous les amateurs de glisse de la région, et ce jusqu'à sa fermeture en 2013.

Le POMGE, une autre dimension

Le Hockey Club Phocéen, quant à lui, se mit à nouveau en hibernation, Aubagne regroupant les joueurs d'Aix, Marseille et Aubagne sous sa bannière. Seuls les loisirs continuaient leur activité, en ayant perdu au passage Jean-Michel Moreau et Christine Ferrari pour des raisons internes au club. Le HCP ne sortit de son sommeil, sous le nom de Gabians (mouettes en marseillais), qu'avec l'ouverture fin 2009 du POMGE, le Palais Omnisports Marseille Grand Est. En termes d'infrastructure, Marseille était en effet passé du trop petit au très grand, une gigantesque enceinte comprenant une patinoire sportive avec 4900 places en tribunes (soit la plus grande patinoire fixe de France), une seconde piste ludique et un skate-park.

En 2010, Christian Isaac démarra dans le POMGE avec une équipe en D4 ; il eut des bons résultats, engagea l'ancien gardien dijonnais Thibault Sainte-Croix, et l'année suivante, il demanda à Dimitri Bochatay de venir entraîner ses joueurs puisque la fédération l'avait admise en D3. Marseille accueillit pour la première fois l'équipe nationale lors d'un France-Italie.

La saison 2011-2012 s'ouvrit avec la venue de Gap qui - pendant les travaux de sa patinoire - jouait tous ses matches de Magnus à domicile au POMGE, ce qui incita le public à faire connaissance avec le hockey de haut niveau d'un côté et le palais d'un autre côté. Cette année-là, avec nombre de juniors gapençais en prêt, le HCP ne dépassa pas les quarts de finale. Christian Isaac avait fait venir des équipes étrangères pour des tournois auxquels il n'y avait que 10 spectateurs, et à la fin de la saison, il se retrouva débiteur de 100 000 €. Ne pouvant honorer les factures de ses créanciers (glace, transports, salaires, frais d'arbitrage etc.), il déclara son club en faillite le 2 avril 2012.

Mais comme la nature a horreur du vide, le "Massilia Hockey club" vit le jour en avril 2012. La direction du club de hockey fut assurée par trois présidents intérimaires successifs qui se dévouèrent, non seulement pour expédier les affaires courantes, mais surtout pour mettre en place dans la foulée une nouvelle structure plus professionnelle. C'est ainsi que Christophe Lubes resta trois mois à son poste (d'avril à juin), suivi de Mathieu Mahé (de juin à septembre) et enfin d'Arnaud Belfy jusqu'à la fin du mois de novembre. La mairie de Marseille avait beaucoup investi dans ce palais (plus de 50 millions d'euros) et était décidée à ne pas en faire n'importe quoi ; elle convoqua une assemblée générale au cours de laquelle Sébastien Brun (policier et secrétaire régional du syndicat Alternative-Police CFDT) fut élu président. L'équipe composée d'un effectif hétéroclite de Gabians et de Hiboux (le surnom du club d'Aubagne) mais les soucis se poursuivirent avec Dimitri Bochatay et le club se trouva sans entraîneur à la fin de la saison.

Renforts de prestige pour les Spartiates

En 2013 on vit apparaître le premier spartiate. Avec un logo pareil, le club montrait enfin ses ambitions : quelques joueurs de Toulon venus renforcer l'effectif, ainsi qu'un Tchèque (Roman Novotny) de Nantes, et le club se retrouva en tête à la fin de sa saison régulière ! Mais il ne passa pas en playoff. En 2014, un vrai coup de théâtre qui se produisit dans l'enceinte marseillaise : l'ancien international Luc Tardif junior, qui avait joué dans de grands clubs et aussi à l'étranger, arrivait dans la ville. Il tombait bien, et on lui confia volontiers le poste de joueur, entraîneur et manager général du club. C'était un nouveau challenge pour ce trentenaire qui aspirait à une nouvelle aventure et à un programme plus calme que celui réclamé par la Magnus. Pierre Bennett vint finir ses études dans la ville du sud enfin Morgan Pagni - de retour du Canada - et Thomas Lebailly vinrent compléter l'effectif.

2015 fut une année marquante, et pas uniquement par l'organisation de la finale de Coupe de France au POMGE. Faisant taire toutes les mauvaises langues, supporters du MHC furent au comble du bonheur, puisque les Dark spartans, présidés par Fred Koessler, virent leur équipe se qualifier pour le carré final et y prendre une place de vice-champion de France de division 3 synonyme de montée en D2. Mais la suivante fut un dur apprentissage et l'équipe dut passer par la poule de maintien. Enfin, l'essentiel fut fait, et tous les espoirs étaient permis à l'aube de la saison 2016-17.

Pour cette saison, on renouvela quelques cadres, comme Alain Anglés (président) et surtout, le travail effectué auprès des sponsors porta ses fruits. Des mécènes apparurent non par magie, mais par un bon travail de communication, et nous pensons à un bon travail de Jonathan Zwikel (demi-frère de Luc Tardif junior), nouveau venu dans la région mais pas dans le hockey. Le club, maintenant sur des bons rails, pouvait se consacrer à sa saison sportive, et se retrouver en quart de finale, éliminé par l'équipe du Mont-Blanc qui devait monter en D1. Aucun déshonneur, donc.

La structuration du club connut un nouveau tournant lors de l'assemblée générale du 8 décembre 2017. Une structure professionnelle (Marseille Hockey Club) était créée sous la nouvelle présidence de Jonathan Zwikel, et signait une convention avec le Marseille Hockey Club Amateur (MHCA) désormais présidé par Gilles Gonnard. L'équipe engagée figurait parmi les favorites de la division 2, mais elle échoua de nouveau en quart de finale. Cependant, une place s'était ouverte en division supérieure, par ricochet de la faillite d'Épinal en Ligue Magnus, et les Marseillais étaient le seul club à s'être porté candidat pour un repêchage. Ils découvraient donc la division 1, le second niveau national, pour la première fois.

Christine Ferrari (avec Robert Gaudence, Jean David, Pascal Foulon, Gérard Autié)

 

 

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