Mars 2005

 

02/03 Södertälje ultime qualifié

À quatre journées de la fin de l'Elitserien suédoise, quatre équipes étaient à égalité de points pour deux places. La lutte a été intense, et le HV 71 Jönköping, qui avait le calendrier le plus difficile, n'y a pas résisté, terminant par quatre défaites. C'est la première fois depuis l'AIK en 1985 (mais les play-offs ne concernaient alors que quatre équipes) qu'un tenant du titre ne parvient pas à se qualifier. De cette saison noire de l'ex-champion de Suède, il n'y aura rien à sauver, même pas les rentrées financières qu'auraient rapporté les play-offs. Malgré son tonitruant début de saison, le promu Mora a lui aussi cédé. Il avait perdu pied avant même que le talentueux Marian Hossa, de passage pendant trois mois pour jouer avec son frère, ne reparte en Slovaquie.

Luleå, qui n'a pas manqué les play-offs depuis 1988, s'était qualifié dès l'avant-dernière journée, emmené par l'international autrichien Thomas Koch qui, sur la lancée de sa bonne performance personnelle aux qualifications olympiques, a inscrit ensuite quatre buts en autant de matches. Et hier soir, Södertälje devait aller chercher un point à Luleå pour accrocher l'ultime place qualificative et empêcher le retour de Mora. Ce ne fut pas chose facile, car le SSK a compté deux buts de retard à dix minutes de la fin, mais Kyle Calder et Jörgen Bemström l'ont fait revenir à hauteur in extremis. La défaite lors de la prolongation n'avait ensuite plus d'importance.

Vainqueur de la saison régulière avec quinze points d'avance, Frölunda possède à la fois la meilleure attaque, avec du danger sur ses quatre lignes, la meilleure défense, et le meilleur gardien, le jeune Henrik Lundqvist, qui a devancé Norrena, Gerber, Kiprusoff et Théodore dans toutes les statistiques. Le club de Göteborg a aussi battu le nouveau record d'affluence pour un match de championnat avec 11 677 spectateurs pour sa dernière sortie à domicile, jouée à guichets fermés. En plus, son principal concurrent Linköping a perdu deux joueurs, Kristian Huselius et Henrik Tallinder, dans le scandale de la nuit d'hôtel du mois dernier (les trois hockeyeurs incriminés ont depuis trouvé refuge en LNA suisse pour finir leur saison, la fédération suédoise leur ayant accordé une autorisation spéciale pour changer de club après la clôture des transferts).

Il faudra se méfier aussi de Timrå, qui compte dans ses rangs le meilleur compteur du championnat, Henrik Zetterberg, qui a doublé in extremis Huselius qui a une bien meilleure moyenne de points mais dont le couronnement comme roi des marqueurs aurait laissé un goût amer. Quid de MODO dans tout cela ? Vu les prestations piteuses de nombre de stars, on attend plus que jamais le retour de blessure de l'idole Peter Forsberg. Celui-ci se fera au plus tôt en demi-finale, mais encore faudrait-il que MODO s'y qualifie. Car il faudra d'abord passer sur le corps de la défense de Färjestad, un béton qui a fait ses preuves et qui est renforcé cette année de l'impressionnant Zdeno Chara. Bon courage...

02/03 Les sanctions contre Briançon

Les propos de Luc Tardif dans L'Équipe relevaient déjà la gravité des évènements de lundi, inédits par leur ampleur. Le hockey français se pensait à l'abri de voir une de ses glaces jonchées à ce point d'objets lancés par des supporters alimentant entre eux leur furie collective... avec la caution implicite de l'équipe qu'ils sont censés soutenir. Car, selon le président de l'AEHF, "l'irresponsabilité du banc de Briançon n'a fait qu'ajouter de l'huile sur le feu". Le comportement des joueurs ne pouvait pas rester impuni, et la commission de discipline restreinte a sévi. On pouvait s'étonner à la vue de la vidéo que l'international Nicolas Pousset par exemple n'écope que d'une méconduite de match, et effectivement, il a en fin de compte été sanctionné de trois matches ferme et un avec sursis. Les méconduites de Filip et Orsolini ont aussi été re-qualifiées en pénalités de match, assorties de deux matches ferme et un avec sursis.

Mais les cas les plus épineux concernent l'entraîneur Luciano Basile ainsi que Yannick Maillot, coupable d'un cross-check sur un juge de ligne. Compte tenu de la gravité des sanctions potentielles, il faudra une commission de discipline plénière pour les distribuer. Elle sera donc convoquée spécialement vendredi 11 mars, le jour de début des play-offs, afin que tout soit décidé à temps avant ceux-ci. D'ores et déjà, Briançon jouera la première manche du quart de finale contre Mulhouse sans Filip, Orsolini et Pousset, et très certainement sans son coach sur le banc. Le club haut-alpin s'est donc puni lui-même de son accès de folie, tout cela pour n'avoir pas su accepter la défaite. Le résultat était certes dur à avaler pour une équipe qui a dominé le match, mais le meilleur ne gagne pas toujours, et l'arbitre, dont les décisions sont justifiées par les images du match, n'a rien à voir là-dedans.

03/03 Caloun - presque - mieux que Jágr

En début de saison, Jaromír Jágr avait survolé l'Extraliga tchèque avant de partir pour la Superliga russe, et on se disait que sa moyenne de points par match (1,65) resterait inatteignable. Erreur ! Jan Caloun, revenu pour sa part de Russie après une expérience qui a tourné court, a réussi à faire tourner son compteur à un rythme plus élevé, et pendant plus longtemps. Ce n'est qu'à la dernière journée, parce qu'il a marqué "seulement" un but, qu'il est repassé un peu derrière Jagr (1,63). Avec 26 buts, soit plus d'un par match, Caloun est le deuxième buteur le plus prolifique de l'Extraliga derrière Jaroslav Balastik, bien qu'il n'ait joué qu'une demi-saison !

Caloun a toujours maintenu une moyenne d'un point par match partout où il est passé (même en NHL où il a pourtant à peine eu sa chance), mais même lorsqu'il avait été élu meilleur joueur de la SM-liiga finlandaise, il n'avait jamais garni les filets adverses à ce point. Résultat, son club de Litvínov, que l'on croyait perdue après les blessures du duo vedette Reichel-Rucinský, a réussi à se qualifier pour les play-offs, devançant Plzen à la différence de buts.

Litvínov retrouvera en quart de finale le tenant du titre Zlín. Le champion a en effet confirmé que son couronnement de l'an dernier ne devait rien au hasard, puisqu'il a remporté la saison régulière pour la première fois de son histoire. Mais Zlín devra tout de même se méfier de la bande à Caloun, s'il ne veut pas connaître le même sort que Pardubice l'an passé, qui avait été sorti par le huitième (Plzen) après avoir dominé le championnat.

04/03 Un international roumain suspendu à vie

Chaque année, le hockey roumain est marqué par son lot de scandales, victime du tempérament passionnel et des excès de certains de ses acteurs ou suiveurs. Les play-offs en cours n'ont pas échappé à la règle, et la finale traditionnelle entre le Steaua et Miercurea-Ciuc, qui a été poussé pour la première fois jusqu'à une ultime manche décisive, a été occultée par la suspension à vie de Bogdan Dima. Cet international de vingt-huit ans du Dinamo Bucarest avait frappé un arbitre à plusieurs reprises la semaine dernière. Pour aggraver son cas, il y a un mois, il s'était déjà signalé en attaquant des supporters dans les tribunes...

05/03 Gap va chercher son maintien

Scénario prévu pour la dernière journée de Ligue Magnus. Les quarts de finale donneront bien lieu à un tableau "de rêve", avec le "clásico" Rouen-Amiens, le derby Tours-Angers, la revanche Grenoble-Morzine-Avoriaz et le choc Mulhouse-Briançon. Les regards étaient braqués ce soir vers le Coliséum, qui a connu quelques minutes de frayeur après l'ouverture du score angevine, mais les Gothiques ont gagné 6-2 avec un doublé de Laurent Gras. La dernière victoire d'Anglet, sur un but en prolongation de l'exemplaire Michal Garbocz, n'aura donc servi à rien... en tout cas pour les locaux.

Car les visiteurs de Gap, en allant arracher un point sur la côte basque, ont tout simplement assuré leur maintien en Ligue Magnus. Ils devancent en effet Clermont-Ferrand, laminé 9-1 à Mulhouse, à la différence de buts générale (-55 contre -62) puisque les deux équipes étaient dos à dos aux confrontations particulières (4-2 et 1-3). Clermont retrouvera en poule de relégation Dunkerque, qui a pu y croire pendant vingt minutes à Briançon avant que les Diables Rouges ne mettent huit buts (dont trois de Desrosiers et deux de Terglav, même en l'absence de Filip et Rycroft), et Épinal, qui a au moins effectué une prestation digne pour sa dernière sortie à Rouen (6-3).

Maintenant, place aux play-offs, l'heure de vérité. Cette semaine a vu arriver les deux derniers jokers médicaux, arrivés droit de Brunico en Italie. Il s'agit du rude défenseur au gros gabarit Jani Virtanen, qui remplacera Miikka Ruokonen dans les rangs de Mulhouse, et de l'attaquant canadien à fort potentiel offensif Dominic Forget, qui substituera le capitaine grenoblois Benoît Bachelet.

05/03 Mont-Blanc sait voyager

Mont-Blanc devait se déplacer trois fois chez ses principaux concurrents lors des matches retour ; le premier de ces voyages, à Caen, constituait donc un test. Et il a été réussi puisque les Avalanches ont pris leur revanche (3-2) sur leur défaite de l'aller, face à une équipe normande privée à la mi-match de son entraîneur Rodolphe Garnier expulsé pour un tampon sur Gachet. Ils reviennent ainsi à égalité de points avec le leader Caen et avec Strasbourg, vainqueur de 6-3 de Lyon. En plus, l'ennemi juré Chamonix a été victime d'une équipe de Courbevoie qui a appris à gagner (2-1). Le Chamonix-Caen de la semaine prochaine, avancé à vendredi, sera capital, car le perdant prendra une mauvaise pente. Et Strasbourg n'aura pas un déplacement facile à Montpellier, qui vient de passer un savon (11-0) à Neuilly-sur-Marne, dont le gardien Roman Svaty a pris une méconduite de match après avoir pris trois buts en moins d'un quart d'heure.

06/03 Suisse : Bozon, la der de der

Cette fois, c'est la fin. Il n'y aura plus de rappel, plus de bis. Hier soir à la patinoire des Vernets, Philippe Bozon, le meilleur hockeyeur français de tous les temps, a pris sa retraite définitive. À 38 ans, il a disputé une dernière saison "bonus", presque au jour le jour, et a pourtant terminé meilleur marqueur de son équipe, ajoutant encore un but et deux assistances au cours des quarts de finale. Cette performance étonnante traduit tout de même aussi la faiblesse offensive de Genève-Servette. L'entraîneur Chris McSorley, confiant dans son système défensif, a misé sur des attaquants étrangers, mais les Aigles n'ont jamais réussi à marquer plus de deux buts en un match. Pas aidés par les blessures à l'entraînement des renforts de NHL Sanderson et Aubin, les Genevois ont été éliminés en quatre manches sèches par Zoug, qui ne les avait pas battus une seule fois en saison régulière. Une fin qui laisse évidemment un goût de trop peu pour Boz', très ému hier soir au micro de la télévision suisse pour ses adieux.

Davos s'est également qualifié pour les demi-finales de LNA en quatre manches. Malgré le renfort de Kristian Huselius, suivi en Suisse par trois équipes de télévision suédoises après les évènements que l'on sait, Rapperswil n'a pas fait le poids, impuissant à l'extérieur et battu deux fois à domicile sur des buts en prolongation de Niklas Hagman et Michel Riesen.

Mais la sensation est que le favori Lugano est au bord de l'élimination. Le champion en titre Berne, échoué en huitième position, était bien l'adversaire-piège par excellence. Il a gagné deux fois à la Resega, où les hommes de Larry Huras n'avaient perdu qu'une seule fois cette saison, et ils ont confirmé hier soir à domicile pour mener trois victoires à une. En plus, le défenseur finlandais Petteri Nummelin, qui avait beaucoup manqué lors du premier match de la série, souffre d'un hématome à la hanche après une faute non sifflée de Sébastien Bordeleau et est de nouveau incertain.

08/03 Suisse : Lugano éliminé

Larry Huras avait pourtant tenté de jouer au plus fin. Comme au deuxième match, où il avait annoncé la titularisation de Ronnie Rüeger sur la feuille de match avant de placer David Aebischer dans les cages, il a cette fois fait croire qu'Aebischer jouerait pour mieux donner sa confiance à Rüeger, qui n'avait plus joué depuis trois semaines après avoir longtemps été le n1. Mais cette stratégie n'a pas fonctionné. Lugano a mené la rencontre de deux buts, mais un doublé de Christian Dubé en fin de deuxième tiers-temps a remis les équipes à égalité à 4-4. Et en prolongation, Philippe Furrer a marqué le but du troisième succès bernois à la Resega, qui n'avait plus rien d'une forteresse inexpugnable. Cela faisait sept ans que Lugano n'avait pas été éliminé dès les quarts de finale. Huras : "J'assume toutes les responsabilités de cette défaite. Je félicite néanmoins mon équipe pour son engagement et son cur. Nous avons lutté jusqu'à la fin mais en sport il doit y avoir un perdant. Cette fois, malheureusement, c'est tombé sur nous."

Où s'arrêtera le champion en titre Berne ? Après Lugano, l'autre favori se présente face à lui, le Davos des Nash, Thornton & co. L'autre demi-finale opposera Zoug aux ZSC Lions, qui n'ont eu aucun mal à se débarrasser d'Ambrì-Piotta hier soir. Jan Alston a réussi son neuvième hat-trick, son cinquième contre Ambrì qui lui réussit si bien. Il y aura donc quatre clubs de Suisse alémanique en demi-finales. Cela ne s'était jamais vu en LNA depuis l'introduction des play-offs il y a près de vingt ans !

09/03 Équipe-type de février-mars

La dernière équipe-type de la saison régulière fait la part belle aux buteurs et accueille en son sein les deux joueurs qui ont dépassé la barre du but par match. Kimmo Salminen, qui a étalé toute sa classe au All-Star Game et en finale de Coupe de France, est aussi très régulier en championnat. Quant à Julien Desrosiers, il a carrément terminé le championnat par trois hat-tricks successifs contre Clermont, Épinal et Dunkerque. Mais il marque aussi dans les matches plus difficiles, avec un doublé juste avant Morzine. Avec onze buts en quatre rencontres, le Franco-Canadien est incontournable dans cette équipe-type, et il frappe à la porte de l'équipe de France pour laquelle il est sélectionnable. Pour compléter ce trio majeur, qui d'autre que Steven Reinprecht, qui a lui aussi profité de la déroute spinalienne pour s'imposer comme le meilleur marqueur de la Ligue Magnus, et qui est de toute manière l'incontestable meilleur joueur du championnat.

Dans le domaine défensif, deux équipes se détachent du lot en cette fin de championnat, il s'agit de Rouen et Tours. Il est donc logique de les voir constituer l'ossature de la formation sélectionnée. L'arrière canadien Stéphane Robitaille a été le moteur du RHE, toujours présent. À Tours, c'est Philippe Roy qui s'est distingué. Assez rugueux mais toujours efficace, il a aussi été déterminant dans le dernier gros match de la saison régulière, avec son doublé contre Grenoble. Quant au gardien Ramón Sopko, il s'est imposé comme le meilleur de la Ligue Magnus à son poste. Il a été décisif à Amiens et très concentré dans les matches importants.

Si l'on fait le bilan de la saison régulière, Steven Reinprecht mène la danse avec trois présences dans l'équipe-type, alors qu'Amar, Robitaille, Immonen et Forsander en sont à deux, ce qui permet de constater que la concurrence a peut-être été plus rude en défense.

Amar, Meunier et Loïc Sadoun ont été les seuls joueurs français, signe d'un recrutement étranger de qualité supérieure, mais aussi du déclin du champion en titre Amiens qui a rejailli sur son duo vedette Zwikel-Rozenthal. Même si Laurent Gras a réalisé d'excellentes performances en février, il a été devancé par le buteur Desrosiers, qui avait été plus régulier sur l'ensemble de la saison. La saison passée, il y avait eu cinq Français sur six - dont quatre Amiénois - dans l'équipe-type des play-offs. Un tel scénario est-il possible cette année ? Ce serait une surprise, mais tout reste à faire. Car les joueurs marquants sont ceux qui s'illustreront dans la conquête du titre...

Équipe-type de février-mars 2005 : Ramón Sopko (Tours) ; Stéphane Robitaille (Rouen) - Philippe Roy (Tours) ; Kimmo Salminen (Rouen) - Julien Desrosiers (Briançon) - Steven Reinprecht (Mulhouse).

10/03 Finlande : Kärpät termine la saison régulière en tête

La saison régulière de SM-liiga s'est finalement achevée avec une avance assez nette du champion en titre Kärpät. En effet, le Jokerit Helsinki a connu un gigantesque creux de forme depuis un mois, parce que ses buteurs n'arrivent tout simplement plus à marquer. Le gardien américain aux quinze blanchissages, Tim Thomas, ne peut plus tout faire, et certains se demandent s'il n'est pas en train de se cramer à force de jouer toutes les rencontres. La dernière fois que sa doublure Pasi Häkkinen avait été titularisée, le Jokerit avait été battu à domicile par les Pelicans, les derniers du championnat, et l'entraîneur Hannu Jortikka avait été cinglant après le match en déclarant que le gardien finlandais ne pourrait plus se plaindre de son temps de jeu. La confiance de la doublure est donc nulle, et tout repose sur Thomas. L'autre problème du Jokerit pourrait être sa réticence au jeu physique pratiqué en play-offs.

C'est justement cet aspect des choses qui fait de l'autre club de Helsinki, le HIFK, un grand outsider. Car il n'a pas que des buteurs comme Kimmo Kuhta (déjà annoncé à Berne la saison prochaine par la presse suisse), des défenseurs de talent comme Marek Zidlicky, des organisateurs comme Olli Jokinen ou Timo Pärssinen et un solide gardien en la personne de Tomas Vokoun. Il a aussi de vraies teignes comme Jarkko Ruutu et Jere Karalahti, et cet atout pourrait s'avérer également capital.

Car les play-offs sont un sujet à part, le HPK Hämeenlinna est bien placé pour le savoir. Emmené par l'épatant Jukka Vuotilainen, il a tout pour plaire et est complet dans tous les compartiments du jeu, mais a l'habitude de toujours échouer pour l'accession en finale. En plus, il aura un adversaire délicat dès les quarts de finale avec le TPS Turku de Saku Koivu. Mais la différence se fera peut-être sur les gardiens, auquel cas l'expérience de Mika Noronen chez le HPK prendrait le meilleur sur la jeunesse de Teemu Lassila chez le TPS.

11/03 Suède : Forsberg pris pour cible pour son retour

Surprise hier soir à Karlstad. Il était annoncé toujours blessé au poignet, il n'apparaissait pas dans la composition donnée aux médias, et pourtant, Peter Forsberg était bel et bien présent sur la glace pour aider son équipe de MODO mal en point dans son quart de finale où elle était menée deux manches à une par Färjestad. Mais dans cette série qui avait commencée sur des bases peu saines (huit joueurs renvoyés au vestiaire au premier match - le retour des joueurs de NHL a aussi provoqué une augmentation des altercations en Elitserien), le pire se produisit. Certains joueurs du FBK se mirent à viser le convalescent Forsberg, et finalement Peter Nordström arriva à ses fins. Un violent cross-checking envoya à terre Forsberg, qui souffre d'une commotion cérébrale.

Les play-offs sont finis pour Forsberg, et sans doute bientôt pour MODO (battu 5-4 sur un but de Radek Hamr à l'avant-dernière minute). Sa participation aux championnats du monde est largement remise en question. Celle de Peter Nordström aussi, qui pouvait être candidat à la sélection du fait de son jeu physique, mais dont la réputation paraît définitivement entachée par un tel geste, qui lui a bien sûr valu un renvoi aux vestiaires. Kent Forsberg, père de Peter et entraîneur de MODO, était pessimiste sur la suite de la carrière de son fils à l'issue de la rencontre : "Il a eu sa dose de commotions cérébrales. Je crois que ça suffit maintenant... La première chose qu'a fait Peter Nordström dans le match, c'est un cinglage sur le bras de Peter. Je pense que ses intentions étaient claires."

Le premier qualifié pour les play-offs est Frölunda qui, à des années-lumière du hockey fermé et parfois douteux de Färjestad, a écrasé Luleå avec des scores impressionnants (7-3, 3-1, 5-0, 8-1). Daniel Alfredsson s'est déchaîné avec cinq buts sur les deux dernières rencontres.

La surprise vient de Djurgården, qui mène trois manches à une face à Timrå. Alors que le hockey attire de plus en plus de spectateurs année après année ailleurs dans le pays, l'intérêt décroît au contraire dans la capitale Stockholm, notamment cette saison parce que le DIF est rentré dans le rang. Il suffit peut-être d'une bonne performance pour raviver la flamme. Dans cette série très défensive, José Théodore s'en sort pour l'instant mieux que Miikka Kiprusoff et est en passe de remporter le duel de gardiens.

Enfin, la série entre Linköping et Södertälje est partie pour durer. Les deux équipes sont à deux victoires partout et leurs deux dernières confrontations ne se sont décidées qu'en prolongation. Hier soir, il a fallu vingt-deux minutes de temps supplémentaire pour que Kyle Calder donne l'avantage à Södertälje.

11/03 Ligue Magnus : Amiens "berne" Rouen

C'est peut-être la performance de Berne qui a inspiré les Amiénois. Le champion en suisse en titre qui a raté sa saison, s'est classé huitième et a affronté et battu en quarts le favori Lugano, entraîné par Larry Huras. Les Gothiques rêvent de faire pareil face à un ancien club de Huras, Rouen. Les Dragons auraient dû se méfier des similitudes : comme Lugano, ils n'avaient perdu qu'une seule fois à domicile de la saison, et c'était contre le neuvième, l'équipe qui avait raté de peu les play-offs (Anglet dans un cas et Kloten dans l'autre). Les Rouennais étaient donc confiants pour le premier match à l'île Lacroix, d'autant qu'ils restaient sur cinq victoires de rang face à leurs grands rivaux, mais ils ont été battus à domicile à l'issue des tirs au but. Mindjimba a arrêté toutes les tentatives normandes alors que Zwikel et Mortas ont transformé les leurs.

Le premier du championnat est le seul à s'être incliné à domicile, même si les autres résultats indiquent que les séries pourraient être longues. Tours, qui est depuis son retour en élite la bête noire d'Angers, a pu également remarquer que ces bilans positifs ne valent plus rien quand les play-offs arrivent. Il a fallu un but en prolongation d'Éric Perricone pour que les "boys de Millette" viennent à bout des Ducs, privés de leur gardien Julien Figved pour une déchirure à la cuisse. Les Tourangeaux ont quant à eux perdu Frantisek Pulscak sur blessure, et ils sont allés chercher un autre défenseur slovaque du côté d'Anglet, où deux d'entre eux ont été écartés avant même la Poule Nationale par mesure d'économie. La visite médicale de Daniel Sedlak n'a pas été concluante, car son genou est usé, et on s'est donc rabattu sur Lubomir Duda.

L'apport d'un joker médical, Grenoble a pu le quantifier face à Morzine-Avoriaz (4-2). La recrue très attendue Dominic Forget n'a pas manqué ses débuts en France avec deux buts doublé dans la dernière période dont un dans les ultimes secondes. C'est à Mulhouse que l'écart a été le plus important (5-1), mais on pouvait s'attendre à ce que Briançon connaisse des difficultés initiales. Les Diables Rouges seront un adversaire de plus en plus coriace au fur et à mesure qu'ils récupèreront leurs suspendus. Pour les dernières sanctions décidées juste avant les play-offs, Yannick Maillot a écopé de six matches fermes et l'entraîneur Luciano Basile de deux.

12/03 Ligue Magnus : le trublion Morzine-Avoriaz

Quand on commence les play-offs par deux manches à domicile, l'alternative est nette. Soit on remporte deux victoires et on peut aborder les déplacements suivants avec une bonne dose de confiance, soit on concède une manche et on n'est plus en position de force. Deux clubs, Mulhouse et Tours, sont dans le premier cas. Décevants hier, les Diables Noirs ont haussé le rythme ce soir pour défaire Angers 6-2. Quant aux Alsaciens, ils n'ont pas été inquiété par le retour des Briançonnais suspendus et se sont quand même imposés 7-2. Il faut voir si les battus du jour sauront changer la partition à domicile.

Et puis, il y a les favoris qui ont commis un faux-pas à domicile. C'était le cas des Rouennais hier, et ils se sont repris ce soir. Mais même en menant 3-0 à la mi-match, ils sont restés sous le menace constante des Gothiques, et n'ont fait le trou que sur un doublé de Kimmo Salminen dans les dernières minutes. Les deux matches au Coliséum promettent du grand spectacle. Ceux au Parc des Sports de Morzine aussi. Car les Pingouins ont réussi à s'imposer ce soir (3-1) à Pôle sud, où ils avaient déjà gagné en saison régulière. Les promus jouent parfaitement leur rôle de trublion dans ces play-offs qui sont loin d'être finis.

12/03 Mont-Blanc prend la tête

Les retrouvailles entre Daniel Bourdages et Pascal Ryser, revanches de l'époque des derbys Strasbourg/Mulhouse, n'ont toujours pas été favorables à l'entraîneur strasbourgeois. Montpellier avait déjà donné du fil à retordre à l'Étoile Noire à l'aller, et a confirmé à domicile (2-1). Rappelons que Caen et Mont-Blanc doivent encore se rendre à Végapolis. La victoire obtenue là-bas par Chamonix à la première journée est donc une performance qui comptera. Et justement, Chamonix est revenu pleinement dans la course en battant Caen hier soir (4-2) avec un doublé de Tobias Granath. Mais le nouveau leader est le Mont-Blanc, qui a profité de la réception de Lyon pour prendre la première place. C'est ensuite que ça se complique pour les Avalanches qui vont devoir enchaînés deux déplacements à Strasbourg et à Chamonix. Mais cette D1 réserve de toute façon des incertitudes et des pièges chaque semaine. La belle série de Courbevoie s'est ainsi arrêtée à Neuilly-sur-Marne, qui s'est imposé 5-3 grâce à un doublé de Jérôme Veret.

12/03 Le trou est fait en division 2

À trois journées de la fin de la division 2, le trou est déjà fait entre les deux premières places et les autres. Viry-Chatillon a bien négocié un enchaînement de déplacements ardus en gagnant à Nantes sur un but marqué en double supériorité numérique à l'avant-dernière minute, une semaine après avoir arraché le nul à Cholet sur un but de Romain Danton à quatre minutes de la fin. Et Annecy, après n'avoir pris qu'un point en deux rencontres, s'est repris en allant écraser chez elle une équipe de Cholet qui jouait pourtant sa dernière carte. Par conséquent, il ne reste plus qu'à savoir qui d'Annecy ou de Viry sera champion, et qui sera barragiste. Les deux clubs sont à égalité de points, sachant que les Chevaliers du Lac ont l'avantage aux confrontations particulières.

Les jeux sont presque faits également pour le maintien. Après le désastre subi il y a deux semaines à Toulon (29-2), une humiliation pour un club qui a connu des moments de prestige dans son histoire, les Français Volants se dirigent tout droit vers le barrage de relégation face au deuxième de D3. Seul une victoire à Reims la semaine prochaine, ce qui constituerait un exploit, peut encore les sauver.

13/03 République Tchèque : le Sparta Prague éliminé

Le Sparta Prague, un des favoris de l'Extraliga tchèque, a été éliminé dès les quarts de finale par Vítkovice. Une nouvelle qui a dû faire pas mal de malheureux mais aussi beaucoup d'heureux. S'il est un des clubs tchèques qui compte le plus de supporters, le Sparta est aussi un des plus détestés, surtout chez les équipes de province dont les meilleurs joueurs sont régulièrement récupérés par le riche club de la capitale. Le Sparta Prague a conforté cette année cette image arrogante, avec sa collection de stars offensives où il n'y avait personne pour faire le sale boulot. Il regorgeait de talent en attaque (Vyborny, Hlavac, Ton, Nedved, Chabada, Marek...), mais l'entraîneur moustachu Slavomir Lener ne savait plus quoi faire avec eux. Il a tout essayé, au point que Petr Nedved s'est même retrouvé un temps à l'arrière durant ces play-offs. Viré de son poste de sélectionneur national tchèque l'été dernier, Lener a les oreilles qui sifflent. Tout le monde rappelle en effet qu'il n'a toujours rien gagné comme entraîneur, et ce n'est pas faute d'avoir eu de bonnes places.

La série avait d'emblée mal commencé pour le Sparta, puisque son gardien de vingt ans Tomas Pöpperle avait concédé trois buts dans la première période du premier match. L'espoir tchèque avait alors été remplacé par le vieux Petr Briza - qui a le double de son âge - et il n'a rejoué que deux minutes hier soir, durant lesquelles il a trouvé le moyen de se prendre un but. Si les gardiens ont failli, la défense aussi. Les Pragois ont été la caricature de l'équipe offensive incapable de travailler défensivement et physiquement. Les prédictions optimistes de certaines des vedettes du Sparta ne se sont pas réalisées, Vítkovice n'a pas fini par craquer physiquement. Hier soir, les Moraves sont venus de nouveau gagner à Prague. Ils ont pris rapidement le match à leur compte avec deux buts de l'international slovaque Juraj tefanka dans les dix premières minutes, et ils ont ainsi clos la série quatre manches à une.

Le grand perdant de ce quart de finale, c'est Martin Havlat. L'attaquant des Ottawa Senators avait commencé le lock-out à Znojmo, avant de rejoindre le Dynamo Moscou. Mais même en Russie, ses exigences avaient été jugées exagérées, et il avait finalement claqué la porte du club moscovite avant de retrouver une place au Sparta. Aujourd'hui, le Dynamo doit se dire bon débarras au vu des prestations de la star tchèque en play-offs d'Extraliga. Son principal fait d'armes, c'est d'avoir pris une pénalité stupide à cinq minutes de la fin de la quatrième manche pour avoir shooté avec le patin dans une crosse perdue par un adversaire. Sur le jeu de puissance, Vaclav Varada s'est jeté sur le palet pour empêcher le Sparta de se dégager et a marqué avec hargne pour porter le score à 3-1, un écart rédhibitoire qu'un dernier but de Jan Hlavac, servi par une magnifique passe de Vyborny, n'a pas suffi à combler. Mieux que cette action symbolique, les statistiques quantifient l'apport de Havlat dans ces cinq rencontres de play-offs : 0 point, une fiche affolante de -8 et vingt minutes de pénalité...

14/03 Deux Françaises championnes de Suisse

La semaine dernière, Philippe Bozon a tiré sa révérence avec un petit regret, celui de ne jamais avoir pu être champion de Suisse, un titre qu'un seul tricolore - Cristobal Huet - a accroché à son palmarès. Ce week-end, deux Françaises ont elle aussi été sacrées en terre helvétique. Les Grenobloises Noëlle Roy et Anne-Cécile Favarin, formées respectivement à Valence et à Villard-de-Lans, ont remporté le championnat de Suisse féminin avec Zoug. Leur équipe tient avant tout sa force dans ses nombreuses internationales helvétiques, mais Roy a apporté sa contribution en inscrivant deux buts en finale contre Lugano (6-3). Les deux femmes rejoignent dans l'histoire la première Française à avoir remporté un titre national à l'étranger, la pionnière du hockey féminin Angela Lazziero, championne d'Allemagne en 1995 avec Esslingen.

15/03 Allemagne : Augsbourg et Hambourg derniers qualifiés

Quatre journées avant la fin de la saison régulière, Hambourg avait licencié son entraîneur Dave King, pourtant un des noms les plus célèbres mondialement à officier sur les bancs de DEL. Le départ de l'ancien sélectionneur national du Canada a été salué comme une libération par certains joueurs, comme Brad Purdie, qui ont déclaré avoir retrouvé le goût du hockey. Le choc psychologique n'a pourtant fonctionné immédiatement. Mike Schmidt, l'ex-adjoint de King, a commencé son mandat par deux défaites. Les Freezers se retrouvaient en danger d'être éliminés des play-offs, alors que leur qualification paraissait quasiment acquise quelques semaines plus tôt. Un dernier week-end à cinq points leur assure toutefois un quart de finale, où leur gardien Jean-Sébastien Giguère, actuellement blessé aux adducteurs, aura fort à faire face à l'attaque de Francfort.

Le sort de Dave King aurait pu aussi devenir celui de Benoît Laporte. L'entraîneur le plus convoité du championnat en décembre était presque devenu un paria deux mois plus tard. Après sa signature à Nuremberg pour l'an prochain, son équipe actuelle Augsbourg a accumulé les défaites et a dilapidé l'avance acquise grâce à son bon début de saison. Malgré tout, le club souabe a réussi dans un ultime effort à revenir parmi les qualifiés, en terminant la saison pas six victoires de rang. Augsbourg, qui ne se qualifiait habituellement qu'en huitième position, a même réussi à finir septième, sa meilleure performance depuis trente ans. Quoi qu'il arrive en play-offs, où la série face aux Eisbéren de Berlin ne sera que du bonus, Benoît Laporte aura donc laissé un bilan positif de son passage.

Le grand choc des quarts de finale opposera la meilleure défense du championnat Cologne au vainqueur de la coupe Ingolstadt. Et pour Mannheim, c'est maintenant ou jamais. La saison régulière, terminée avec un bilan à peine au-dessus de la moyenne, a été pénible. Elle s'est achevée par cinq défaites d'affilée, la dernière chez le rival Francfort dans un match où Cristobal Huet a été remplacé à la mi-match par Steve Passmore après avoir pris quatre buts. Le gardien français risque peut-être de perdre sa place de titulaire pour les play-offs face à la jeune et talentueuse équipe de Nuremberg, contre laquelle les Adler devront se réveiller.

Les deux clubs qui ont raté de peu la qualification, les deux voisins rhénans Krefeld et Düsseldorf, se sont déjà séparés de leurs entraîneurs respectifs (Butch Goring - qui voulait un engagement dans la durée et pas un contrat d'un an - et Bob Leslie).

Dans la lutte pour le maintien, le promu Wolfsburg a perdu en deux mois les 17 points de marge qu'il avait sur Hanovre, l'équipe en forme du moment qui est repassée devant en gagnant son dernier match à Ingolstadt (qui a ainsi perdu l'avantage de la glace en play-offs). Wolfsburg, qui attend en vain que sa nouvelle patinoire indispensable pour son avenir en DEL commence à être construite, devra en plus disputer le barrage de relégation de Kassel avec un nouvel entraîneur, car Stefan Mikes, contesté dans l'équipe, a été limogé.

15/03 Ligue Magnus : à demain tout le monde

Cela ne s'est pas souvent vu dans le hockey français, aucun quart de finale n'a été plié en trois manches sèches. Voilà une nouvelle preuve que cette Ligue Magnus a resserré les forces en présence. Les équipes qui ont perdu deux fois à l'extérieur ont su se reprendre sur leur glace. Briançon a rappelé qu'il était un adversaire autrement plus redoutable à domicile et a battu Mulhouse 4-3 grâce à un doublé de Martin Filip. Quant aux Angevins, il sont allés jusqu'à la séance de tirs au but pour enfin faire mordre la poussière à leur diabolique bête noire, Tours. Leur second gardien Frédéric Gilbert, remplaçant Figved blessé, a su prendre le meilleur dans cet exercice sur l'excellent Sopko.

Quant aux deux favoris qui avaient concédé une manche chez eux, ils se sont rattrapé à l'extérieur, après avoir tous deux été menés au score. Rouen a longtemps buté sur un Mindjimba en grande forme, mais Arnaud Briand a finalement inscrit le but de la victoire (2-1) en prolongation. Grenoble s'est fait encore plus peur puisque les hommes de Gérald Guennelon étaient menés 3-1 au deuxième tiers-temps. Mais ils ont renversé la vapeur grâce à celui qu'on n'attendait plus, le vieux Josef Podlaha, qui a marqué le but de l'égalisation et surtout celui de la victoire, au bout de la prolongation. Toutes les séries sont maintenant au pointage de deux manches à une en faveur de l'équipe la mieux classée, mais demain les outsiders pourront égaliser devant leur public... ou terminer leur saison prématurément.

16/03 Russie : petits jeux avant les play-offs

Comme d'habitude, la fin de la saison régulière russe a été marquée par des débats pour savoir si certaines équipes ne faisaient pas exprès de laisser filer quelques points pour choisir leur adversaire en play-offs. La "grande" question consistait ainsi à savoir si c'était plus Kazan qui cherchait à éviter à tout prix sa bête noire Omsk, ou si c'était plus Omsk qui ne voulait pas avoir la collection de stars de Kazan sur sa route... Que ces intentions soient fondées ou purement inventées par la presse, elles ont été couronnées de succès. Quatrième, Kazan tombe sur le Lokomotiv Yaroslavl, où Alekseï Yashin a vite retrouvé la forme. Sixième, l'Avangard Omsk devra quant à lui disputer dès les quarts de finale la revanche de la dernière finale, un choc explosif entre les deux meilleures attaques du championnat qui l'opposera au Metallurg Magnitogorsk.

Les "métallurgistes" peuvent compter sur ce qui est peut-être le meilleur duo offensif de la Superliga, avec Petr Sýkora et Alekseï Kaïgorodov (le troisième homme Patrik Elia a dû arrêter sa saison à cause d'une hépatite A). Mais l'Avangard compte quant à lui sur la troïka la plus productive depuis plusieurs saisons, Zatonsky-Prokopiev-Sushinsky. Car, après quelques matches manqués sur blessure et un retour en forme poussif, Maksim Sushinsky a fini fort et a conservé son titre de meilleur marqueur du championnat russe, même si un de ses coéquipiers, un certain Jaromír Jágr, le devance à la moyenne de points inscrits par match.

À côté de telles affiches, les autres quarts de finale pourraient paraître fades et déséquilibrés. Pas forcément. Le Neftekhimik Nijnekamsk, qui a accroché la huitième place après avoir pourtant été forcé à la dernière période des transferts de céder deux de ses meilleurs joueurs à Kazan pour la "cause nationale" que constitue le titre de champion de Russie cette année pour le Tatarstan, n'a rien à perdre face au Dynamo Moscou. Et en plus, l'entraîneur des leaders, Vladimir Krikunov, a lancé le duel contre son ancien club par ses déclarations du jour : "Nous avons eu du mal contre le Neftekhimik en saison régulière parce que nos deux équipes pratiquent un seul et même hockey, elles jouent de la même manière (sous-entendu : "c'est moi qui ai fait cette équipe", ça fera plaisir à son successeur Vsevolod Elfimov...). En quittant Nijnekamsk l'an dernier, j'avais promis que je n'emmènerais aucun joueur à Moscou avec moi. J'ai tenu parole. Mais la saison prochaine, nombre de joueurs du Neftekhimik renforceront le Dynamo. Je ne citerai qu'un nom pour l'instant - je suis très intéressé par les services de Mikhaïl Grabovsky, 20 ans et meilleur marqueur de Nijnekamsk."

Un grand classique, en somme... C'est dans les vieilles marmites qu'on fait les meilleures soupes : draguer la vedette de l'équipe adverse, c'est toujours du meilleur effet avant une série. Avec ce genre de propos, pas de doute, les play-offs sont bel et bien lancés...

16/03 Ligue Magnus : Pépé ne veut pas de la retraite

Les papys font de la résistance. Dans le quart de finale qui déterminera qui d'Arnaud Briand ou de Denis Perez raccrochera le premier les patins, les deux anciens internationaux sont fermement décidés à retarder l'échéance. Hier, c'est le Saint-Pierrais qui a marqué le but décisif en prolongation en trouvant la lucarne de la bleue. Aujourd'hui, c'est "Pépé" qui a mis Amiens sur orbite en inscrivant les deux premiers buts de son équipe, victorieuse 4-3. Il y aura donc un cinquième match à Rouen, pour un dernier duel dantesque qui forgera encore un peu plus la légende des confrontations entre ces deux clubs.

L'île Lacroix sera d'autant plus au cur de l'attention samedi que ce sera le seul match décisif. Par rapport à leurs glorieux anciens, les jeunes ont en effet opté pour la réduction du temps de travail, puisque les autres quarts de finale sont terminés. C'est Grenoble qui a le plus souffert à Morzine, en gagnant 5-3 avec un dernier but en cage vide. Mulhouse s'est nettement détaché à Briançon (dont le capitaine Éric Blais a aussi annoncé sa retraite) et peut déjà se préparer à affronter le vainqueur fatigué du marathon picardo-normand. Et pour les Angevins, il n'y avait rien à faire contre Tours et surtout contre un Rob Millar en état de grâce, auteur d'un quintuplé (!), une performance exceptionnelle dans un match de play-offs.

16/03 Suède : Frölunda seul au monde ?

Frölunda a pu suivre confortablement la fin des quarts de finale de l'Elitserien, qui l'ont débarrassé de ses deux poursuivants au classement, Linköping et Timrå. C'était une demi-surprise pour Linköping, privé de son moteur offensif Kristian Huselius. Sans son appui, Mike Knuble, pourtant meilleur buteur de la saison régulière ex-æquo avec Weinhandl, n'a pas inscrit un seul but (Weinhandl non plus, du reste). C'est le gardien slovaque de Södertälje, Rastislav Stana, qui a été décisif dans l'élimination de Linköping, dont les portiers Fernandez et Antila n'ont pas convaincu.

Pour Timrå, les buts de Henrik Zetterberg n'ont pas suffi. Hier soir dans la septième manche, il a pourtant inscrit un doublé en onze minutes, mais Djurgården est remonté pour gagner 3-2. Quatre fois dans la série Zetterberg a ouvert le score, et trois fois sur quatre Timrå a quand même perdu.

C'est maintenant Färjestad qui est considéré comme le principal adversaire de Frölunda pour une éventuelle finale. Ce qui nous amène aux suites de "l'affaire Forsberg"... Le surlendemain du match polémique, MODO se rendait de nouveau à Karlstad, avec le dos au mur. Le match commençait de la meilleure des façons avec un but de l'international danois Jesper Damgaard à la première minute de jeu. Mais c'est surtout l'attitude de Dan Hinote, le meilleur ami de Forsberg qui l'avait fait venir de Colorado, qui était suivie. Il avait l'intention de venger "Foppa" en mettant lui aussi hors circuit la star de l'équipe adverse. Et il l'a fait de manière un peu moins honteuse, non pas en cherchant la blessure, mais en provoquant une bagarre pour le faire suspendre. Il a accompli sa mission-suicide en moins de neuf minutes, à savoir "titiller" le géant slovaque de plus de deux mètres Zdeno Chara. Les deux hommes se sont retrouvés aux vestiaires, et suspendus pour le match suivant, mais Hinote est bien sûr moins important pour MODO que Chara pour Färjestad.

Tout allait donc pour le mieux pour le club d'Örnsköldsvik, revenu à trois manches à deux. Il pouvait égaliser à domicile, d'autant que MODO avait perdu à la fois sa tour défensive (Chara) et un pilier offensif, Peter Nordström, suspendu pour deux rencontres après son cross-checking sur Peter Forsberg. En plus, celui-ci, dont la commotion cérébrale n'était finalement pas si grave, annonçait son retour au jeu... avant de se rétracter le lendemain car les médecins ne lui donnaient pas le feu vert. La belle soirée de MODO tournait finalement au vinaigre. Mené 2-0 avant la dernière période, Färjestad marquait trois buts en trois minutes à Tommy Salo. Pour le gardien suédois, héros des JO de Lillehammer et tête de turc de ceux de Salt Lake City, cette défaite éliminatoire annonçait également la retraite. Quant à Forsberg, déçu de la tournure des évènements, il a pris un peu de recul avant de décider s'il participerait ou non aux championnats du monde.

16/03 République Tchèque : le Slavia rejoint la charrette

Play-offs palpitants en Extraliga tchèque. Après la tonitruante élimination du Sparta Prague, dont l'entraîneur Slavomir Lener vient sans surprise d'être viré, l'autre co-favori Zlín n'a pas connu le même sort. La recette était simple pour se défaire de Litvínov, il fallait surveiller le buteur déchaîné Jan Caloun et l'empêcher de marquer. La mission a été accomplie et la qualification acquise. Par contre, les deux autres quarts de finale n'ont connu leur dénouement qu'à la dernière manche.

Un septième match à domicile, cela réveillait pourtant de mauvais souvenirs à Pardubice, qui a perdu une finale et un quart de finale comme ça ces deux dernières saisons. Alors qu'il menait trois manches à une contre Kladno, il s'était fait rejoindre par le club de l'éternel duo Patera-Prochazka, et on le voyait déjà se faire à nouveau éliminer d'entrée. Un peu comme au Sparta, il y a beaucoup de talent offensif à Pardubice, trop peut-être pour l'équilibre d'une équipe. Mais les joueurs mettent tout de même plus de cur à l'ouvrage qu'au Sparta, et ils l'ont prouvé en gérant la pression de cette manche décisive. Quand Milan Hejduk inscrit deux buts dans un match, on veut bien lui faire grâce de son travail défensif négligé... et c'est exactement ce qu'il a fait hier soir pour qualifier Pardubice.

Par contre, le Slavia Prague a vécu une véritable humiliation devant les 14729 spectateurs de la Sazka Arena. Il commençait pourtant à s'y sentir bien et avait gagné toutes ses manches à domicile dans ces play-offs. Mais hier, ses deux gardiens Petr Franek et Zdenek Smid ont encaissé cinq buts en l'espace de 21 minutes. Décidément, l'entraîneur - et sélectionneur national - Vladimír Ruzicka n'a pas résolu ses problèmes de gardien depuis qu'il a eu l'idée saugrenue de faire partir Roman Málek... Dans les cages d'en face, Milan Hnilicka, qui a écuré tous les attaquants locaux, pouvait jubiler. Pendant trois années d'affilée, les deux clubs de Prague s'étaient affrontés en demi-finale. Cette fois, ni l'un ni l'autre n'ont réussi à se qualifier.

19/03 Ligue Magnus : Rouen passe et rend hommage à Denis Perez

Le cinquième match des quarts de finale de Ligue Magnus entre Rouen et Amiens a été une soirée parfaitement réussie à l'île Lacroix. Les supporters des Dragons ont pu repartir avec le sourire, car leurs protégés ont quand même montré leur supériorité malgré le bel orgueil picard dans ces play-offs. Les juniors, avec trois buts de Pierre-Édouard Bellemare et deux d'Alexandre Lefebvre, ont été déterminants dans le succès. Et Denis Perez, un des symboles des "années Dragons", a été acclamé pour ses adieux par la grande majorité des spectateurs normands. Six fois champion de France, une fois champion d'Allemagne, et bien sûr cinq fois participant aux Jeux olympiques, un des joueurs les plus emblématiques du hockey français a tiré sa révérence ce soir.

Commencée depuis la semaine dernière, la Poule Nationale est assez peu suivie et remplit simplement son office de bouche-trou pour ne pas laisser des clubs si tôt désuvrés. Elle est néanmoins utile à deux équipes, Villard-de-Lans pour démontrer son potentiel, qui n'avait pu être exprimé en début de saison en raison des blessures, et Dijon pour se prendre pour une attaque flamboyante, avec vingt buts en deux journées (dont un 10-9 ce soir à Anglet), elle qui avait été si inefficace en saison régulière... Les affaires sont plus sérieuses dans la poule de maintien, qui déterminera l'équipe qui jouera le barrage de relégation. Tout repart à zéro, et Épinal l'a bien compris en mettant fin à sa série de dix défaites d'affilée. Guillaume Chassard, le joueur le plus exemplaire durant ces derniers mois souvent difficiles, a inscrit un doublé important pour ramener un point de Clermont-Ferrand (2-2).

19/03 Strasbourg s'enfonce

Strasbourg, qui apparaissait comme le favori de la division 1 il y a quelques semaines, n'en finit plus de s'enfoncer. L'Étoile Noire a concédé une seconde défaite d'affilée, la première à domicile, qui plus est face à un concurrent direct, le Mont-Blanc. Les Alsaciens avaient pourtant mené 2-0 avant de s'écrouler au deuxième tiers-temps. Le derby haut-savoyard de la semaine prochaine n'en devient que plus important, car le Mont-Blanc pourrait faire un très grand pas vers la montée s'il gagnait à Chamonix (qui ne s'est pas raté à Lyon, où le licenciement de Roger Dubé ne semble pas devoir changer les résultats d'une équipe qui paraît de toute façon limitée). Mais il faut faire attention à Caen, qui conserve de hautes ambitions. Le recrutement de Radek Hovora (Angers) comme joker médical en remplacement de Määttä le montre, et le Slovaque a fait bonne impression pour ses débuts contre Neuilly-sur-Marne (8-2).

En poule de maintien, un match à ne pas manquer opposera la semaine prochaine les deux derniers, Amnéville et Asnières. Très mal partis (tout comme Cergy lui aussi en pleine remontée), les Castors ont pris sept points sur dix depuis un mois et ont rejoint au classement le club lorrain en chute libre qui n'a inscrit qu'un point dans le même laps de temps.

21/03 Russie : Heatley sauve Kazan

Le Tatarstan était très inquiet ce soir. Après avoir perdu deux fois à domicile, la collection de stars mondiales d'Ak Bars Kazan était en passe d'être éliminée et de gâcher les célébrations du millénaire malgré le budget virtuellement illimité alloué au recrutement. Le match de ce soir à Yaroslavl a été éreintant pour les nerfs, car aucune équipe n'est parvenue à marquer. Preuve que les spécialistes canadiens font la loi dans les cages en Superliga, les deux gardiens Marc Lamothe et Fred Brathwaite (titularisé à la place de Khabibulin) n'ont rien laissé passer jusqu'à la fatidique séance de tirs au but.

Yashin et Antropov transformaient les deux premières tentatives locales, les talentueux Kovalchuk et Kovalev manquaient les leurs, et les autorités tatares frisaient déjà l'apoplexie. Et puis, miracle, une remontée in extremis d'Alekseï Morozov et Vyacheslav Kozlov permettait à Kazan de prolonger la série. Cinq nouveaux tireurs échouaient de chaque côté, et on en venait au onzième tir au but. Yashin échouait sur Brathwaite, puis Dany Heatley s'élançait enfin pour le but de la victoire. Les play-offs russes sont loin d'être terminés, car seul le Dynamo s'est qualifié en trois manches. Ailleurs, on retient son souffle...

22/03 Ligue Magnus : Tours donne une leçon de discipline à Grenoble

Qui aurait dit que c'est en prison que Grenoble perdrait son match à Tours ce soir ? Que Gérald Guennelon serait obligé d'appeler un temps mort après seulement seize minutes de jeu ? Par deux fois au premier tiers, les Brûleurs de Loups se sont retrouvé à trois contre cinq, par deux fois ils ont encaissé un but. Les Tourangeaux ont connu la même situation pendant une quarantaine de secondes, sans dommage. Et la différence était faite, en seulement vingt minutes. Bien sûr, les Diables noirs n'ont pas totalement chassé leurs mauvais démons, Poznik n'a pas s'empêcher de prendre ses 2'+10' pour une charge dans le dos, mais tout cela n'avait plus d'importance car la victoire était acquise. Tours avait beaucoup déçu en quart de finale l'an passé contre Grenoble, mais cette fois la bande à Millette, outsider du carré final, est fin prête pour les play-offs.

Quant au grand choc entre les grands favoris du début de saison, Rouen et Mulhouse, il a commencé fort. Deux fois les Nord-Américains Christie et Day ont donné l'avantage aux Scorpions, deux fois le capitaine-symbole Guillaume Besse a égalisé, la dernière à cinq minutes de la fin. Au mental, les Dragons sont allés chercher la première manche, au bout du suspense et des tirs au but. Mais cette demi-finale constellée d'étoiles n'en est qu'à son début.

23/03 Russie : Kazan éliminé sans gloire

Après le Real MODO en Suède et le Real Sparta en République Tchèque, la troisième collection de stars du hockey européen, Ak Bars Kazan, s'est fait elle aussi sortir en quart de finale. Elle était pourtant bien plus riche, bien plus étoffée, bien plus impressionnante que ses consurs. Mais le mieux peut parfois être l'ennemi du bien... La victoire ne s'achète pas si facilement, et même une poignée de millions ne suffisent pas à donner un cadeau d'anniversaire décent.

Ce titre qui s'est refusé à Kazan promet maintenant d'être âprement disputé entre le Dynamo Moscou, le Lada Togliatti, le Lokomotiv Yaroslavl et... un quatrième larron. Car la revanche de la finale de l'année passée entre Magnitogorsk et Omsk a tout du remake parfait. Après avoir perdu les deux premières manches, l'Avangard Omsk a remporté les deux suivantes, comme il y a un an. Le duo formé par Maksim Sushinsky et Jaromir Jagr, qui a été assemblé par un coup de pouce du destin (Prokopiev s'est fait soigner par le kiné au premier match, et Jagr a pris "temporairement" sa place sur le premier bloc, pour ne plus la lâcher), est déterminant dans ce retour. Trois fois dans les play-offs russes une équipe a réussi à retourner une situation compromise après deux défaites. Et deux fois sur trois, c'est déjà l'Avangard qui avait réussi cette performance... La réitèrera-t-il dans l'Oural vendredi ?

23/03 Ligue Magnus : Tours donne une leçon de discipline à Grenoble

Tours-Grenoble, c'est un duel de coaches et un duel de gardiens. Ramon Sopko avait été le héros du premier match, Patrick Rolland savait qu'il devait réagir et l'a fait brillamment en obtenant un blanchissage. L'unique but de la partie, signé Nicolas Antonoff, a donc suffi pour la victoire iséroise. Plus patients, plus disciplinés, les hommes de Gérald Guennelon ont parfaitement réagi tactiquement à leur échec de la veille. Mais à domicile, avec la pression de leur public et l'obligation de faire le jeu, ne risquent-ils pas de se faire piéger par le jeu de contre concocté par le malin Bob Millette ?

Rouen-Mulhouse, c'est un duel de stars. Toutes n'avaient pas été au rendez-vous du côté rouennais au premier match, mais il en avait suffi d'une, Kimmo Salminen, décisif aux tirs au but où il a transformé ses deux tentatives, répétant sa performance de la finale de coupe. Le meilleur joueur du championnat Steven Reinprecht ne pouvait pas rester dans l'ombre et permettre qu'un autre lui vole la vedette. Avec un hat-trick ce soir, le joueur des Calgary Flames a été le grand artisan de la victoire mulhousienne. Il y a donc une manche partout dans chacune des séries, et ces demi-finales sont à la hauteur des attentes. Vendredi et samedi, c'est en Alsace et dans le Dauphiné qu'elles se poursuivront.

25/03 Suisse : Lausanne implose

Le barrage de maintien de LNA suisse entre Lausanne et Fribourg-Gottéron s'est déroulé dans un climat détestable. Dès le premier match, Éric Landry, pilier offensif du LHC depuis le départ de Martin Saint-Louis, avait eu le nez et la pommette fracturés contre le plexi après une charge dans le dos de Jeff Shantz, pigiste de Langnau recruté juste pour le barrage de maintien. Or, le staff fribourgeois aurait prévu de rudoyer Landry d'après les déclarations parues dans la presse. Déclarations dont l'entraîneur lausannois Bill Stewart s'était d'ailleurs servi pour placer des affichettes dans le vestiaire des arbitres afin de les prévenir du comportement de l'équipe adverse...

Le LHC a donc déposé des plaintes à la ligue contre Fribourg pour "tentative d'instigation à injures, lésions corporelles, subsidiairement voies de fait et à tout le moins comportement antisportif", et a même menacé de boycotter les rencontres suivantes. Le communiqué de presse scandalisé du club lausannois était accompagné d'une photo saisissante du visage balafré de Landry... photo d'autant plus impressionnante qu'elle avait été truquée ! La presse, qui disposait d'autres clichés, révéla que la cicatrice avait été volontairement agrandie et que des points de suture avaient été rajoutés pour que l'image soit encore plus frappante. Et le bâton a basculé de l'autre côté... Maintenant, c'est Lausanne - débouté de ses plaintes précédentes - qui est poursuivi pour avoir manipulé la photo (le club dément et affirme que le photographe de l'agence Keystone la lui a transmis déjà retouchée). Et Bill Stewart va devoir s'expliquer de sa tentative d'influence sur le corps arbitral.

On ne cherchera même pas à savoir qui s'est le plus mal comporté dans cette lamentable série, où tout le hockey romand s'est ridiculisé. Ce qui est sûr, c'est que sur la glace, Lausanne n'a pas fait le poids, incapable de conserver un avantage, dominé en jeu de puissance. La crise n'en finit plus, les supporters sont à bout (la Section ouest a déployé une banderole "Allez vous faire foutre" qui se passe de commentaires), et le LHC est en péril avant le barrage de promotion/relégation qui l'opposera à une équipe de Bâle qui a écrasé la LNB.

Ah, au fait, un petit détail en passant. Davos et Zurich se sont qualifiés pour la finale de LNA. Malgré les nouveaux efforts méritoires de Joe Thornton, qui s'est de nouveau fait remarquer par une expulsion pour un coup de crosse sur le gardien bernois Marco Bührer, ces demi-finales sont restées dans l'ombre du play-out sur le plan de la polémique...

25/03 Ligue Magnus : Rouen prend l'eau

Les trajectoires des deux demi-finales de Ligue Magnus s'écartent nettement. Pour Grenoble-Tours (2-0), le jeu est défensif et fermé, alors que pour Mulhouse-Rouen (8-4), les gardiens ne sont pas à la fête.

Dans le premier cas, on assiste à un duel typique de play-offs, où la différence se fait sur les jeux de puissance. Cela avait été au désavantage des Brûleurs de Loups au premier match, cela a été à leur avantage ce soir où ils ont profité de deux des trois premières pénalités tourangelles. Ces buts de Roger Jönsson et Baptiste Amar n'ont jamais été rattrapés, même si M. Bergamelli a distribué pas mal de prisons de part et d'autre. Patrick Rolland s'est mis au diapason de Sopko et a enregistré son deuxième blanchissage d'affilée.

À l'Illberg, au contraire, la soirée a immédiatement été placée sur des bases un peu folles. Hakkarainen a envoyé un slap sur le poteau après seulement vingt-deux secondes de jeu, et c'était la première preuve qu'il ne faisait pas bon se trouver dans les cages lors de ce match. La responsabilité de Lhenry est engagée sur deux buts rouennais, et c'est pire encore pour le gardien canadien du RHE Éric Raymond, qui n'a été bon ce soir qu'à aller chercher des noises à son ex-coéquipier Maurice Rozenthal. C'est toute la défense des Dragons qui a complètement craqué, alors que l'attaque, déjà amputée de Broz blessé, a perdu un autre de ses centres avec Jean-Philippe Paré, sorti en fin de premier tiers après une charge avec le genou de Virtanen (qui a écopé d'une méconduite de match). Du coup, après Fontana, un autre junior qui n'a presque pas connu la Magnus de la saison, Dubillot, a directement été lancé dans le grand bain des play-offs.

Rouen a décidément des réserves, mais face à l'armada mulhousienne, ces absences cumulés sont quand même un handicap trop important. Car le HCM ne repose pas que sur sa seule ligne canadienne, comme certains ont pu le penser ces derniers temps. Certes Reinprecht & co ont donné le "la" en début de match, mais les autres lignes ont suivi et tout le monde a contribué à la victoire. On semble donc se diriger vers une finale prometteuse entre la puissance de feu offensive de Mulhouse et le système défensif de Grenoble... mais attention à ne pas enterrer Rouen et Tours trop vite !

26/03 Ligue Magnus : Mulhouse en finale

Doucet parti, Broz blessé, Besse vite expulsé, l'ultime star offensive rouennaise, Kimmo Salminen, aura tout tenté ce soir à l'Illberg. Par deux fois, il a donné l'avantage aux Dragons, mais Mulhouse est revenu à chaque fois au score, par Milos Palovcik dans les dernières secondes de la pénalité majeure de Besse, et par Steve Michou. Ce ne sont pas les joueurs les plus attendus qui ont marqué chez les Scorpions, pas ceux non plus dont la saison avait été la meilleure. C'est la force du HCM en ce moment de découvrir l'étendue de ses ressources. C'est finalement un ex-Rouennais, Lilian Prunet, qui a inscrit le but décisif (3-2). Dans une ambiance de feu, Mulhouse s'est donc qualifié pour la première finale de son histoire.

Grenoble avait tout pour l'y rejoindre. Josef Podlaha a donné deux fois l'avantage aux Brûleurs de Loups qui avaient la maîtrise de la rencontre, mais le but égalisateur de Poznik dans le trafic à quelques minutes de la fin a changé la donne. Tours avait la confiance et l'abnégation de son côté en prolongation, et c'est Patrick Rolland qui a fini par craquer, sur un tir pourtant anodin de Jonathan Roy qu'il n'a pu que freiner (2-3). Il faudra donc se rendre mardi dans la patinoire tourangelle, où les visiteurs sont toujours sous haute pression. Sang-froid sera requis de la part des joueurs et des arbitres pour ce cinquième match où les faveurs des pronostics n'iront plus forcément aux Grenoblois. Ceux-ci ont-ils laissé passer leur chance ce soir ? Le sport tourangeau peut en tout cas rêver à une nouvelle finale après la qualification de ses volleyeurs pour celle de la Ligue des Champions demain soir à Salonique.

26/03 Division 1 : Mont-Blanc y est presque

En allant gagner le quatrième derby sur quatre, avec des buts de Sangiorgio, Fleutot et Subit, le Mont-Blanc n'a pas seulement affirmé sa domination sur Chamonix, il a surtout fait un grand pas vers la division 1, puisqu'il a battu ses trois adversaires principaux à l'extérieur. Sachant qu'on le voit mal se laisser piéger sur sa glace par Neuilly et Courbevoie, il lui reste un déplacement dangereux, dans deux semaines à Montpellier. Mais même en cas de défaite, une seule équipe peut encore lui passer devant, et il s'agit de Caen. En allant s'imposer 4-0 à Végapolis grâce à un doublé du défenseur Alexis Gomane, les Drakkars ont réalisé un nouveau joli coup. Ils ont repris la deuxième place, qui se jouera sans doute à Strasbourg dans deux semaines... si l'Étoile Noire n'est pas déjà mise hors-jeu d'ici là par son voyage de samedi prochain à Chamonix.

Quant à l'autre place de barragiste, celle pour éviter la descente en D2, Amnéville y glisse tout droit après sa défaite à domicile contre Asnières, qui était à égalité de points avec les Mosellans à la dernière place et se donne de l'air.

28/03 Finlande : le HIFK Helsinki et le TPS Turku éliminés

Les deux clubs de Tampere n'ont pas pu faire grand-chose pour empêcher les deux premiers de la saison régulière - Kärpät Oulu et Jokerit Helsinki - de se qualifier pour les demi-finales de la SM-liiga finlandaise. Le troisième au classement, le HPK Hämeenlinna, s'est lui aussi qualifié hier soir. Le TPS Turku paraissait capable de lui résister grâce au retour en forme d'un Saku Koivu enfin à son niveau, mais son attaque n'a pas pu venir à bout du gardien Mika Noronen dans le sixième match, perdu à domicile (0-3).

Mais la surprise de ces quarts de finale finlandais est venue de la série HIFK-Lukko. Au vu de son effectif impressionnant, le HIFK Helsinki pouvait en effet prétendre à un statut de favori. Il s'est pourtant incliné à domicile dès le premier match, sur un but de Shayne Toporowski après vingt-quatre minutes de prolongation. Cette défaite a été fatale à l'entraîneur Hannu Aravirta, viré dès le lendemain ! Une décision étonnante au beau milieu des play-offs, mais il paraît que celui qui a été pendant cinq ans l'entraîneur de l'équipe nationale de Finlande n'avait plus d'autorité sur ses joueurs... Son successeur Pentti Matikainen n'a pas fait mieux, et il s'est discrédité en usant d'arguments douteux. Car entre deux équipes au style physique, la série a été très tendue. Jarkko Ruutu, égal à lui-même, a pris deux matches de suspension pour une charge par derrière sur Toni Porkka. Et lors de la quatrième manche, une bagarre a éclaté à un engagement alors que Martikainen (qui a "zappé" la conférence de presse d'après-match où il aurait dû s'expliquer) avait mis sur la glace son quatrième bloc face à la première ligne de Lukko Rauma... Le HIFK Helsinki a pris une amende de 8000  pour son comportement dans ce match, et s'est fait définitivement sortir dès le suivant. Grosse performance que cette qualification en demi-finale pour Lukko, emmené par deux joueurs, le gardien Dwayne Roloson et l'attaquant Pasi Saarela.

Après MODO, le Sparta, Kazan, la quatrième armada bâtie pendant le lock-out s'est donc inclinée à son tour en quart de finale, comme si chaque grand championnat délivrait les mêmes enseignements. L'avenir paraît bien sombre pour le HIFK. Les piliers de l'équipe (Pärssinen, Kuhta et Söderholm) vont quitter le club, succombant notamment à l'attrait des francs suisses. Quant aux joueurs recrutés pendant le lock-out (Vokoun, Zidlicky, Lydman, Pirjetä, Jokinen et Ruutu), ils ont coûté cher pour un bien faible résultat...

28/03 Suède : finale Frölunda - Färjestad

La demi-finale de l'Elitserien suédoise entre Frölunda et Djurgården a donné lieu à un magnifique affrontement entre deux grands gardiens, Henrik Lundqvist et José Théodore. Mais l'avantage est finalement revenu au Suédois qui a emmené l'équipe de Göteborg en finale. Le DIF a échoué de peu à chaque fois et a reçu le coup de grâce lors du troisième match au Globen. Le score était de 0-0 jusqu'à ce que, dans les vingt dernières secondes, le renfort venu pour le lock-out Dan Boyle fasse une affreuse mauvaise passe, immédiatement exploitée par Magnus Kahnberg pour inscrire le but vainqueur. Les mines étaient déconfites sur le banc de Djurgården, qui était alors mené trois manches à zéro avec deux rencontres à suivre à l'extérieur. Il a réussi à en remporter une pour sauver l'honneur, mais pas deux.

La semaine écoulée a aussi été marquée par l'élection de "l'espoir de l'année", et le résultat a fait rire tout le monde, puisque l'heureux élu, Oscar Steen, n'a joué que huit matches de saison régulière ! En effet, les jeunes Suédois ont très peu vu la glace cette saison en raison de l'afflux de joueurs libérés par le lock-out... Steen a quand même justifié sa nomination puisque c'est lui qui a inscrit le but décisif qui a qualifié Färjestad en play-offs. Il faut dire qu'au niveau des recrues NHL, il y en a déjà une de moins. Le FBK vient en effet de se séparer de Mike Johnson, qui était resté un an et demi sans jouer à cause d'une blessure au genou et n'a pas retrouvé aujourd'hui un niveau suffisant, comme le club en avait fait le pari.

On aura donc droit à la finale attendue entre Frölunda et Färjestad. On y retrouvera quelques "matches dans le match", par exemple entre les deux attaquants suisses du championnat suédois, Martin Plüss, surprenant en saison régulière, et Marcel Jenni, qui, après une saison décevante et entrecoupée d'une blessure, est le meilleur marqueur des play-offs. Un autre duel s'annonce, puisque Daniel Alfredsson (Frölunda) a déjà chambré dans la presse son ami et ex-coéquipier des Ottawa Senators, le géant slovaque Zdeno Chara, en le traitant de couard. Bonne finale...

29/03 Ligue Magnus : Tours en finale

Au-delà de la simple provoc' de circonstance "pour le fun" par médias interposés, les Grenoblois étaient peut-être un peu trop persuadés au fond d'eux-mêmes que leur supériorité intrinsèque leur garantirait leur qualification en finale. Les trains qui vous passent sous le nez ne se rattrapent pas, et même si les Brûleurs de Loups avaient dominé l'essentiel de la série, il n'empêche qu'il y avait deux victoires partout avant une cinquième manche qui se jouait dans une patinoire acquise à la cause tourangelle. Chez eux, les Diables Noirs de cette saison savent s'arracher dans les matches importants, et ils l'ont encore prouvé en play-offs.

La première période était trompeuse, avec une équipe de Grenoble qui faisait le jeu et finissait par ouvrir le score par Roger Jönsson Mais après la mi-match, Jan Simko égalisait, puis les Diables Noirs marquaient deux buts à quarante secondes d'intervalle. On pouvait penser les Isérois assommés, mais Jean-François Bonnard se montrait à la hauteur de la pression qu'il s'était mis par ses provocations verbales en réduisant le score aussitôt, et rien n'était joué à l'aube du dernier tiers-temps. Sauf que les minutes passaient à l'avantage de Tours, avec un but de Bohunicky après un rebond chanceux, puis le coup de grâce, en infériorité numérique, de Jonathan Roy (5-2). Dès lors, c'en était fini des hommes de Guennelon. La petite troupe de Millette a fait corps pour défendre sa réputation et châtier ceux qui ont été perçus comme ses détracteurs. Voilà le petit commando à l'assaut de l'artillerie mulhousienne pour la finale 2005 de la Ligue Magnus.

30/03 Le sélectionne russe Bilyaletdinov démissionne

Le poste de sélectionneur russe est décidément la place plus précaire sur le marché de l'emploi du hockey international. En cinq ans, sept entraîneurs auront été consommés dans l'espoir de rendre à la Russie sa gloire passée. Zinetula Bilyaletdinov a fait savoir ce matin qu'il démissionnait, ou plutôt qu'il n'avait jamais été question qu'il continue à ce poste, puisque pour lui sa mission n'avait concerné que la coupe du monde. Il est vrai qu'entre-temps, il avait été embauché par Ak Bars Kazan pour amener une collection de stars au titre de champion, et que la sélection avait été confiée par Yurzinov, en attendant de clarifier la situation. Maintenant, ça a le mérite d'être clair. C'est Yurzinov l'entraîneur, et personne d'autre.

Il y en a un à qui cela fera plaisir, c'est Ilya Kovalchuk. La semaine dernière, il avait déclaré qu'il n'irait pas aux championnats du monde si Bilyaletdinov était aux commandes de la sélection, frustré que celui-ci le fasse jouer aussi peu à Kazan et le laisse sur le banc pendant les jeux de puissance. Hier, il s'est partiellement excusé, en regrettant d'avoir été un peu vif à chaud après l'élimination d'Ak Bars. Il a dit qu'il avait réfléchi entre-temps (!) et qu'il avait compris désormais que, dans un effectif aussi étoffé que celui de Kazan avec quatre lignes de haut niveau, il était difficile de satisfaire chacune des stars habituées à jouer plus de vingt minutes par match en NHL. Néanmoins, il maintenait son veto à toute collaboration future avec Bilyaletdinov... Avec le départ de celui-ci, cet empêchement est levé. Mais Kovalchuk, qui avait déjà contribué à faire sauter Viktor Tikhonov l'an dernier, est en train de filer un mauvais coton. À son jeune âge, celui en qui la Russie voyait le symbole d'une nouvelle génération moins égoïste que celle des premières années post-soviétiques est déjà en train de se transformer en éternel insatisfait qui fait des manières. Une fois, ça passe (surtout quand la cible s'appelait Tikhonov, vestige des années de plomb), deux fois, et une réputation d'ingérable est en train de naître...

 

 

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