Avril 2005

 

01/04 Allemagne : Mannheim se réveille

En début de saison, quand Mannheim se lançait la fleur au fusil à l'assaut d'un championnat dont il était le favori, prendre quarante tirs par match passait encore. Mais en play-offs, avec un nouvel entraîneur censé avoir resserré les boulons, c'est plus curieux... C'est pourtant le traitement auquel Cristobal Huet a eu droit lors du quart de finale contre Nuremberg, même si c'était souvent des tirs de loin. Son travail a été décisif, alors que son vis-à-vis tchèque Adam Svoboda a fortement déçu, au point qu'il a même été remplacé par le junior Lukas Lang sur un match. Cela fait cinq éliminations consécutives en quart de finale pour Nuremberg, et Benoît Laporte sait déjà le challenge qui l'attend l'an prochain. Greg Poss, qui peut se consacrer entièrement à l'équipe d'Allemagne dès maintenant, a parlé du "pire moment de sa carrière" au sujet de ces quarts de finale.

En demi-finale, Huet sera opposé à Ian Gordon qui reste sur deux blanchissages de suite. Mannheim devra en effet affronter le vainqueur de la saison régulière, le club rival Francfort, qui s'est qualifié sur un but très controversé : sur tir de la bleue de Dwayne Norris, le palet a heurté le masque du gardien Rousson, et ensuite Doug Weight l'a repris pour qualifier les Lions. L'arbitre a fait appel au juge vidéo, qui a validé le but car il ne pouvait pas faire autrement. Ses seules attributions concernent le franchissement de la ligne de but ou la présence d'un joueur dans la zone du gardien, c'était à l'arbitre d'arrêter le jeu quand Boris Rousson a reçu le palet dans le masque. Dommage pour le gardien canadien, qui avait réussi le tour de force de reprendre la place de titulaire à Jean-Sébastien Giguère, dont le recrutement l'avait vexé, mais qui a quitté la scène sur deux défaites 0-1 en prolongation.

L'autre action qui fait jaser en Allemagne, c'est la charge à la tête d'Erik Cole, le renfort NHL des Eisbären de Berlin, sur le défenseur letton Arvids Rekis (Augsbourg). La "meilleure mise en échec que j'ai vu en vingt ans de carrière", selon l'entraîneur berlinois Pierre Pagé... Les adeptes d'un hockey physique soutiennent que cette charge était parfaitement régulière et exemplaire, et qu'on devrait en voir plus souvent car c'est l'essence même du hockey. Les autres se demandent comment une charge supposée correcte peut envoyer un joueur à l'hôpital avec une commotion cérébrale et même une petite hémorragie interne. Pour ce geste dangereux, Cole avait été initialement privé de demi-finale, mais il ne manquera finalement que les trois premières manches, car sa sanction a été réduite en appel.

Les Eisbären seront opposés au vainqueur de la coupe Ingolstadt, qualifié à la septième manche dans la Kölnarena après une série à rebondissements. Le trio NHL Sturm-McDonald-Langenbrunner a enfin répondu aux attentes et le choix d'utiliser le lock-out a été payant. Hans Zach, qui avait choisi pour sa part de se passer de stars à Cologne, a conclu en déclarant que son équipe "était sur la bonne voie". Déclarations provocantes alors qu'il sait que la presse locale a déjà ouvert le débat sur son avenir. Des rumeurs de prise de pouvoir des vétérans canadiens idolâtrés de la première ligne, dont le passage aux commandes pourrait faire repartir à la hausse les abonnements, ont même surgi.

Enfin, le relégué de DEL sera Kassel. Outsider en début de saison avec un recrutement prometteur sur le papier, le club de la Hesse s'est incliné en sept manches dans le barrage de relégation. L'avenir est incertain, alors que les questions de l'investissement du propriétaire Simon Kimm et de la construction d'une nouvelle patinoire restent ouvertes. Néanmoins, un espoir de maintien demeure car l'avant-dernier Wolfsburg, qui disposait d'une dérogation valable une saison pour jouer en DEL dans sa petite patinoire, n'a toujours pas commencé les travaux pour en bâtir une neuve. Pour qu'il dispose d'une nouvelle dérogation, il faudrait que les trois quarts des clubs donnent leur aval. Or il s'est mis à dos ses concurrents ces derniers mois en faisant monter les prix pour recruter des internationaux allemands la saison prochaine, et certains pourraient se venger en cas de vote... Les résultats allemands.

01/04 Mulhouse impressionne

Émoussés par leurs efforts en demi-finale contre Grenoble, les Tourangeaux n'ont pu tenir qu'une période dans la première manche de la finale de la Ligue Magnus à Mulhouse. Ensuite, leur excellent gardien Roman Sopko a bien essayé de tenir le score provisoire de 2-2, mais la qualité offensive de la ligne canadienne Reinprecht-Day-Christie, entre autres, était trop forte (6-2). Abordant cette finale dans ce rôle d'outsider qui lui convient, Tours a néanmoins l'avantage de la glace et aura à cur de vendre chèrement sa peau face à l'armada mulhousienne dès lundi, devant son public et devant les caméras de Sport+, afin que cette finale en apothéose ne s'achève pas prématurément. Le week-end permettra aux Tourangeaux de reprendre leurs forces et leurs esprits, et on pourrait assister à un tout autre match.

Grenoble a pris une option sur la troisième place grâce à un but décisif de Josef Podlaha, qui prouve qu'il a de beaux restes dans ces play-offs après une saison plutôt transparente. Autre consolation iséroise, Villard-de-Lans est bien parti en Poule Nationale après un bon match nul ramené ce soir de Dijon (4-4). Une victoire au match retour en Vercors mardi assurerait définitivement la neuvième place aux Ours.

02/04 Dunkerque tient son maintien

Le maintien en Ligue Magnus, sur lequel les dirigeants du HGD s'interrogeaient en coulisses, les joueurs dunkerquois, eux, y ont toujours tenu. Il aura suffi pour cela de deux matches en poule de relégation pour l'obtenir (sauf défaites écrasantes au retour). Les Corsaires ont gagné 4-1 ce soir à Épinal, où l'ambiance est de plus en plus plombée et le spectacle de plus en lamentable, à l'instar de Daniel Goneau qui - pour changer - a été expulsé. Le contraste est saisissant entre des Vosgiens qui avaient cette année des joueurs de talent mais souvent très peu professionnels dans leur comportement et des Nordistes qui, avec des petits moyens, ont fait des miracles avec leur cur.

02/04 Division 1 : Caen s'approche du barrage

Clermontois et Spinaliens peuvent commencer à envisager un barrage de promotion/relégation face à Caen. Les Drakkars ont en effet fait la bonne affaire de la soirée en battant Courbevoie 3-1. Dans le même temps, Strasbourg a en effet encore perdu gros à Chamonix. Au troisième tiers-temps, Sevcik et Flinck avaient enfin ouvert le score pour que les Alsaciens mènent 2-0, mais le junior Veydarier et Granath ont ramené l'égalité. Avec ce match nul, l'Étoile Noire n'est même plus maîtresse de son destin pour la deuxième place. Même une victoire contre Caen la semaine prochaine est insuffisante, il faut en plus qu'elle espère une défaite normande à Lyon lors de la dernière journée. Le HCC ne doit toutefois pas croire que cette éventualité est impossible, car le LHC a renoué avec la victoire ce soir contre Montpellier (6-3).

03/04 Le ministère demande la scission de la FFSG

Alors que la FFSG est de nouveau secouée par une crise, puisque son président Norbert Tourne était menacé hier par une motion de défiance à l'origine de laquelle se trouve son prédécesseur Didier Gailhaguet (motion qui n'a recueilli que la moitié des voix et non la majorité des deux tiers), une nouvelle extérieure est venue éclipser ces dissensions internes. Le ministre des sports Jean-François Lamour a en effet demandé à Norbert Tourne de travailler à la création d'une fédération indépendante de hockey sur glace.

Il n'est donc plus question d'autonomie, ni des nouveaux statuts qui devaient être votés à la fin du mois dans une assemblée générale qui a été annulée, mais bien d'une indépendance pure et simple. Ce revirement du ministère, qui s'était toujours opposé à cette éventualité, peut surprendre. Il faut voir là l'influence de la fédération internationale (IIHF), qui a fixé un ultimatum (arrivant à échéance en juin prochain) à la France, l'Italie et l'Espagne pour créer une fédération indépendante sous peine de perdre leur droit de vote. René Fasel, président de l'IIHF, a en effet rencontré Jean-François Lamour à ce sujet et a même donné des garanties. Ce qui gênait le ministère dans la scission, c'était que des fédérations indépendantes risquaient de lui coûter plus cher. Or, la fédération internationale est prête à apporter sa contribution pour obtenir cette indépendance du hockey français, ce qui pourrait accélérer les choses. La procédure de divorce est déjà ouverte, il faut commencer à discuter du partage des biens (et surtout des dettes...).

03/04 Performance encourageante des Bleues

L'équipe de France a réalisé un bon championnat du monde... qui aurait même pu être encore meilleure Les Bleues ont en effet terminé à la quatrième place, devancées seulement à la différence de buts par la République Tchèque, une équipe qu'elles avaient failli battre d'entrée. Ce match, dont les deux gardiennes Orane Leenders et Petra Smardova ont été désignées meilleures joueuses, s'est joué sur les supériorités numériques, et en imitant leurs homologues masculins à la dernière qualification olympique, c'est-à-dire en prenant une pénalité pour un surnombre - contestable au vu de la vidéo - à trois minutes de la fin, les Françaises ont concédé le nul en toute fin de match (2-2). Ensuite, elles ont logiquement été battues par les deux favorites, le Japon (1-4) et la Suisse (2-7), non sans avoir mené au score 1-0 et 2-0 !

Tout restait donc à faire pour assurer le maintien. Les Françaises ont rempli leur contrat en battant les Lettonnes 6-4, en se détachant par un doublé en deuxième période de l'arrière grenobloise Virginie Bouetz, puis en écrasant les Danoises 7-1, avec deux hat-tricks de Bidaud et Bouché. Car c'est un autre signe encourageant de ce championnat du monde, les grandes anciennes, Gwenola Personne (meilleure joueuse contre le Japon), Laetitia Philippon (honorée contre la Suisse) et Christine Duchamp, ont commencé à transmettre le relais en cours de tournoi à une génération montante, symbolisée par Françoise Bidaud (19 ans, désignée contre la Lettonie) et par Anouck Bouché, la benjamine de l'équipe à seulement 16 ans, qui a été élue meilleure joueuse contre la République Tchèque. À l'issue de ce tournoi, ce sont les Suissesses, à domicile, qui remontent logiquement dans l'élite mondiale, alors que la Lettonie, qui a perdu son excellente gardienne sur blessure en cours de tournoi, est reléguée.

03/04 Slovaquie : revanche Slovan-Zvolen en finale

Malgré le retour de Suède de ses stars voyageuses Marian Hossa (qui a manqué plusieurs matches sur blessure) et Marian Gaborik, revenues aux côtés de Pavol Demitra mais aussi d'un Peter Fabu très bon dans ces play-offs, le Dukla Trencin a abandonné dès les demi-finales le titre qu'il avait conquis l'an dernier sur sa défense et son jeu collectif. Le Slovan Bratislava a profité de l'avantage de la glace et a prouvé hier dans la septième manche qu'il était tout simplement plus fort. Contraints de courir après le score de bout en bout, et pas récompensés par deux poteaux, les hommes de papa Hiadlovsky n'ont cependant jamais baissé les bras, et même à 6-2 à cinq minutes de la fin, ils ont sorti leur gardien pendant une supériorité numérique. Le diabolique Miroslav atan a alors marqué dans la cage vide pour signer son deuxième hat-trick dans cette demi-finale. Au lieu de gérer son avance, le Slovan Bratislava s'est lâché dans cette ultime manche, d'où le score final de 8-2. Il sera maintenant opposé en finale à Zvolen, pour prendre sa revanche de la demi-finale de l'an passé, marquée par de vives polémiques et par des prises à partie du corps arbitral.

04/04 Mulhouse champion

Après bien des péripéties entre-temps, le vainqueur de la Ligue Magnus est finalement le favori du début de saison, Mulhouse. Dans la deuxième manche de la finale, Fabrice Lhenry a confirmé son titre de meilleur gardien du championnat, un poste auquel beaucoup auraient vu son vis-à-vis Roman Sopko. Les deux arrêts importants de Lhenry au premier tiers ont été décisifs, puisqu'ils ont été suivis de l'ouverture du score de Maurice Rozenthal. Les erreurs tourangelles ont fait le reste. Dès le retour sur la glace, une mauvaise relance a abouti au deuxième but de Sopko. Et en troisième période, alors que les Diables noirs avaient été remarquables de discipline jusque là, Supuka et Stepan ont rejoint la prison, permettant à Jani Kiviharju d'ajouter le troisième but à cinq contre trois. Les scores de cette finale (6-2 et 3-0) sont sévères pour Tours, qui a déjà réalisé son exploit auparavant. Il n'y avait rien à faire, les plus forts et les plus complets ont gagné.

04/04 Dietrich offre le bronze à Grenoble

C'est finalement Grenoble qui s'est adjugé la troisième place du championnat de France en allant gagner la manche décisive à Rouen par 2 à 0. Cette "médaille de bronze" gardera surtout la patte de Cédric Dietrich, le jeune gardien issu d'Amnéville. Face au club où il avait passé ses années juniors et qui n'avait pas souhaité le conserver à l'époque, il disputait peut-être ce soir le match le plus important de sa jeune carrière, et il l'a terminé avec un blanchissage. Alors que les précédentes doublures grenobloises ont émigré ailleurs (avec succès en D1 pour ce qui est de Goetz et Agnel), Dietrich se pose ainsi en éventuel successeur dans les cages iséroises de Patrick Rolland, qui a annoncé sa retraite. Alors que la France se cherche une relève au poste de gardien, le Lorrain suit une progression des plus régulières.

08/04 Davos champion de Suisse

Après l'élimination de Lugano en quart de finale par Berne, le principal concurrent avait été écarté de la route de Davos, que plus personne n'a pu empêcher de remporter la LNA. Rapperswil a été balayé quatre manches à zéro au premier tour des play-offs, alors que Berne en demi-finale et Zurich en finale n'ont pu gagner qu'un seul match dans la série. Le HCD avait sans doute fait le plus dur en remportant le défi physique lancé par Berne au tour précédent. La finale qui s'est achevée hier n'a pas atteint le même niveau tactique, mais elle a été rythmée et spectaculaire pour les spectateurs. Elle s'est conclues par deux victoires grisonnes en prolongation, grâce à des buts de Reto von Arx et, hier soir, de Josef Marha, le centre défensif tchèque qui avait été promu en première ligne à la place de Rick Nash dans ces play-offs. Joe Thornton s'est ainsi retrouvé plus à l'aile, et il a été l'homme à tout faire dans la conquête du titre, en s'abstenant enfin d'alimenter la controverse, avec un jeu complet et exemplaire. Davos a été une des quelques équipes européennes à enregistrer une hausse significative de ses affluences grâce au recrutement de stars de NHL, et cette saison marquera elle aussi l'histoire du club. Il ne faut cependant pas oublier l'apport du jeune gardien suisse Jonas Hiller, la révélation de l'année, que personne n'attendait à un tel niveau.

09/04 Équipe-type des play-offs de Ligue Magnus

Encore une fois élu meilleur gardien du championnat bien qu'il n'ait pas fait sa meilleure saison et qu'il ait joué blessé à partir de janvier, Fabrice Lhenry a retrouvé son meilleur niveau en finale pour conclure par un blanchissage et par deux arrêts magiques à Tours. Mais il a aussi effectué plusieurs boulettes en demi-finale contre Rouen, et le plus régulier sur l'ensemble des play-offs a été Ramon Sopko, qui a tenu la baraque contre Grenoble et a été déterminant pour la qualification tourangelle.

La défense des Diables noirs n'a en effet pas toujours été à la hauteur dans ces play-offs, mais un élément majeur s'est démarqué, Philippe Roy. Vrai battant disposant d'un gros temps de glace, il apporte un plus offensivement par ses remontées de palet et ses relances, même s'il a été plus pénalisé et nerveux que d'habitude. À côté de lui, plaçons Jean-François Bonnard, qui a trouvé les mots pour se faire des "amis" à Tours, mais qui a été omniprésent dans ces play-offs en montrant l'exemple avec une motivation exemplaire. Derrière ces deux-là, on peut citer Anton Poznik, symbolique des reproches faits aux Diables noirs avec son jeu pas toujours propre, mais qui possède un gros slap et réalise des performances régulières, ou encore Jukka Hakkarainen, qui a assuré l'essentiel dans une défense mulhousienne réduite le plus souvent à quatre unités.

En attaque, la classe de Steven Reinprecht parle d'elle-même. Autre grand professionnel, y compris avec le public pour lequel il est allé lancer seul le tour d'honneur, Jani Kiviharju a été formidable dans ces play-offs en donnant un coup de main en défense lorsque les besoins de la cause l'exigeaient, et en s'acquittant de ce poste qui n'est pourtant pas fait pour lui. Le junior Pierre-Édouard Bellemare a été de l'avis général le meilleur Rouennais dans ces play-offs décevants, alors que les blessures de Broz et Paré ont obligé à l'aligner finalement au centre, la place qu'il occupe en espoirs. Sur une deuxième ligne, les buteurs Rob Millar, redevenu une machine à marquer, et Josef Podlaha, le nounours faux lent, s'imposent, avec comme centre l'impeccable Greg Day, la bonne surprise de la saison sur la première ligne mulhousienne.

Équipe-type des play-offs : Ramon Sopko (Tours) ; Jean-François Bonnard (Grenoble) - Philippe Roy (Tours) ; Steven Reinprecht (Mulhouse) - Pierre-Édouard Bellemare (Rouen) - Jani Kiviharju (Mulhouse).

Deuxième équipe-type des play-offs : Fabrice Lhenry (Mulhouse) ; Anton Poznik (Tours) - Jukka Hakkarainen (Mulhouse) ; Rob Millar (Tours) - Greg Day (Mulhouse) - Josef Podlaha (Grenoble).

09/04 Division 1 : Mont-Blanc monte en Magnus

En s'imposant 4-2 à Montpellier après avoir été mené de deux buts au premier tiers, le Mont-Blanc a définitivement assuré ce soir sa promotion en Ligue Magnus. La deuxième place de barragiste ne sera par contre attribué que la semaine prochaine, car Strasbourg s'est lâché contre Caen, dominé 8-3. Une nouvelle preuve du potentiel de l'Étoile Noire qui arrive peut-être un peu tard, car elle n'est plus maîtresse de son destin. Pour repasser devant les Normands, elle doit en effet non seulement gagner à Neuilly-sur-Marne samedi prochain, mais aussi espérer un faux-pas caennais chez la lanterne rouge de la poule finale, Lyon.

09/04 Division 2 : Annecy monte en division 1

C'est la soirée de tous les succès pour la Haute-Savoie qui voit deux de ses clubs monter d'un coup. Annecy a concrétisé sa solide saison de division 2 en battant Nantes 5-2 pour s'adjuger le titre et la promotion en D1. La défaite à domicile contre La Roche-sur-Yon (1-4) ne change donc rien pour Viry-Chatillon, qui aurait terminé deuxième de toute façon. Il n'empêche que ce premier revers à la maison de la saison n'est pas la meilleure façon de préparer le barrage contre le dernier de D1, adversaire qui ne sera connu que la semaine prochaine. Il faudra être plus efficace dans deux semaines que ce soir sur la cage de Jubien.

10/04 L'équipe de France pour Eindhoven

Pas de surprise à attendre de la sélection de l'équipe de France pour le Mondial de division I à Eindhoven. Le groupe des qualifications olympiques de Klagenfurt a été reconduit quasiment en intégralité. Malgré ses difficultés en club, Christophe Burnet a prouvé lors du match d'Asnières qu'il avait le niveau. Le seul changement, c'est l'intégration du Franco-Canadien nouvellement sélectionnable Julien Desrosiers en lieu et place de Sébastien Bordeleau, indisponible six semaines après s'être fracturé le pied avec Berne en demi-finale de LNA.

Gardiens : Cristobal Huet* (Mannheim, ALL), Christophe Burnet (Chamonix), Fabrice Lhenry (Mulhouse).

Défenseurs : Baptiste Amar (Grenoble), Simon Bachelet (Grenoble), Vincent Bachet (Amiens), Nicolas Besch (Rouen), Jean-François Bonnard (Grenoble), Nicolas Favarin (Grenoble), Guillaume Karrer (Amiens), Nicolas Pousset (Briançon).

Attaquants : Pierre-Édouard Bellemare (Rouen), Guillaume Besse (Rouen), Olivier Coqueux (Mulhouse), Xavier Daramy (Anglet), Julien Desrosiers (Briançon), David Dostal (Anglet), Laurent Gras (Amiens), Kévin Hecquefeuille (Grenoble), Laurent Meunier (Grenoble), François Rozenthal (Amiens), Maurice Rozenthal (Mulhouse), Jonathan Zwikel (Amiens).

* si disponible, c'est-à-dire non qualifié pour la finale de DEL (Francfort a égalisé à deux manches partout ce soir en gagnant 2-1 à Mannheim sur un but en prolongation de David Sulkovsky)

11/04 Pardubice enfin champion

Même s'il a déjà un palmarès long comme le bras, le champion de tout Jirí Dopita aime toujours autant gagner. Il a remporté son septième de champion tchèque, et cela avec un troisième club différent, Pardubice, qui a enfin mis un terme à son syndrome des play-offs. Dopita a été le principal protagoniste du début de la série finale. Sous la pression du forechecking de Zlin, il a raté son dégagement et entraîné l'ouverture du score de Martin Erat, mais il s'est vite rattrapé en réussissant à attirer deux défenseurs adverses derrière la cage pour ouvrir la voie à l'égalisation. Le gardien slovaque Igor Murin n'était pas dans un grand jour, laissant passer un slap de Michal Rozival et mordant à une feinte de tir de Petr Prucha qui libérait Ales Hemsky. Celui-ci inscrivait un doublé, et avec quatre buts encaissés en douze tirs, Murin cédait sa place à Altrichter. Le fait d'avoir une doublure capable du meilleur a profité à Zlín l'an dernier, mais ne fonctionne pas systématiquement. Titularisé en deuxième manche, Martin Altrichter n'a pas joué le rôle du sauveur providentiel cette fois, et Murin a retrouvé sa place au troisième match.

À Pardubice, la grande forme de la ligne Prucha-Koukal-Hemský s'est confirmée tout au long des play-offs. Alors que la révélation de la saison dernière Petr Prucha avait disparu en quatrième ligne après l'arrivée des "lock-outeux", il donne de nouveau de superbes aperçus de son talent et pourrait revenir dans les plans du sélectionneur pour les championnats du monde. Son club a l'intention d'en faire la star l'an prochain, les dirigeants déclarant que son départ en Russie ou aux New York Rangers (qui ne peut être forcé puisqu'il n'y a plus d'accord entre l'IIHF et la NHL) était hors de question. La ligne de Petr Koukal a amené les victoires numéros deux et trois, mais le quatrième succès hier soir a été tissé par des buts de Korhon, Rolinek et Hejduk. Le champion en titre Zlín a cédé sa couronne en quatre manches sèches, et Pardubice, avec son attaque ultra-talentueuse et moins de tensions dans les vestiaires qu'annoncé, a largement mérité de soulever le trophée.

Cela faisait quinze ans que Pardubice attendait ce titre, depuis l'époque où le héros local Dominik Hasek gardait les cages de son club formateur. Aujourd'hui, c'est un Slovaque qui se trouvait devant les filets, Jan Lasak. Où est passée la grande école tchèque des gardiens ? Pour la première fois, la République Tchèque pourrait aborder les Mondiaux avec moins de certitudes dans les cages que sa voisine slovaque (où Stana et Lasak sont en bonne forme).

11/04 Israël monte en division I mondiale

Reléguée de la division I mondiale où elle n'a passé qu'une saison, la Belgique n'a pas réussi à remonter aussitôt. Après deux petites victoires sur l'Islande et l'Espagne, elle a ensuite enchaîné trois défaites de rang, sans sa star Mike Pellegrims. Une page se tourne pour le hockey belge, à l'instar du Belgo-Strasbourgeois Maxime Schuchewytsch qui a annoncé sa retraite samedi au Wacken, et il faudra qu'une nouvelle génération prenne le relais. Le rapprochement avec le voisin néerlandais, qui était en mal de compétitions transfrontalières, devrait y aider.

Il y a un an, à l'issue d'une prestation pitoyable de démotivation et de manque d'envie, Israël n'évitait la relégation en division III mondiale qu'au terme d'un match nul laborieux face au Luxembourg. Un an plus tard, cette même équipe a réussi à sortir vainqueur du tournoi de Belgrade et à accéder à la division I mondiale, alors que la vieille vedette Sergueï Zak était blessée. Le leadership n'a donc plus été assumé par les habituels immigrés russes, mais par trois Israélo-Canadiens de Toronto, les frères Eizenman, qui ont inscrit plus de 70% des buts de leur équipe. L'aîné Alon Eizenman était retenu par son parcours en championnat de France avec Tours, et il n'a donc pas participé à la victoire capitale sur la Serbie-Monténégro, l'adversaire le plus redoutable. Mais sitôt la finale de Ligue Magnus terminée, Alon est parti rejoindre son équipe nationale pour les trois dernières rencontres, où il a inscrit trois buts et trois assistances. Le meilleur joueur de la compétition a toutefois été le plus jeune des frères, Oren Eizenman. Âgé tout juste de vingt ans, ce talent offensif reconnu évolue au plus haut niveau universitaire américain, mais il a connu une saison difficile en raison d'infections nasales et pulmonaires. Ses dix buts dans ce Mondial de division II ont largement rattrapé ces contretemps, puisqu'ils permettent au hockey israélien de réaliser la plus grosse performance de son histoire et attirent forcément l'attention.

En division II, la compétition est souvent très déséquilibrée entre les différentes équipes, et c'est pourquoi ce tournoi de Belgrade a été historique. L'écart était faible entre le premier et le dernier (l'Islande, malheureuse reléguée), d'où la subite montée d'Israël. Mais cela veut aussi dire que le promu en division I mondiale n'a jamais été aussi faible, et Israël, qui repose presque intégralement sur une fratrie, risque de souffrir au niveau supérieur l'an prochain.

11/04 Division 1 : Le Vésinet sauvé

Les derbys contre Le Vésinet n'ont jamais franchement réussi à Asnières, et cela s'est confirmé ce soir dans le match de la peur pour le maintien en division 1. Les Anges se sont nettement imposés 7 à 1, sauvant non seulement leur tête mais également celles d'Avignon et de Valence. Les Asniérois ont maintenant deux points de retard sur Amnéville et Valence, plus une différence de buts particulière défavorable par rapport à chacune de ces deux équipes prise séparément. Pourtant, il leur reste une petite chance d'éviter la dernière place ! Il faut pour cela qu'ils gagnent à Cergy samedi prochain, que Valence perde à Limoges et Amnéville à Avignon. On aurait alors une égalité à trois Asnières-Amnéville-Valence, dans laquelle les Mosellans seraient pénalisés par leurs deux défaites face aux Drômois et seraient envoyés en barrage. Dans le cas contraire, c'est Asnières qui serait lanterne rouge pour la seconde année consécutive.

12/04 Les Italiens face à la France

L'Italie, qui sera sans faire injure aux autres la principale adversaire de la France pour une probable "finale" lors des championnats du monde de division I d'Eindhoven la semaine prochaine, a communiqué sa sélection. Elle est quasiment au complet, hormis l'absence de Christian Timpone blessé. On y retrouvera en particulier les trois Italo-Canadiens de Milan (Busillo, Chitarroni et Felicetti), la vieille connaissance du championnat français Dino Grossi, ou encore Giorgio De Bettin, auteur d'une saison exceptionnelle à Cortina aux côtés du joueur de NHL Matt Cullen. La défense sera emmenée par l'excellent Armin Helfer, qui arrive à se hisser au niveau des étrangers dans l'équipe milanaise.

Gardiens : René Baur (Brunico), Gunther Hell (Bolzano), Jason Mark Muzzatti (Bolzano).

Défenseurs : Christian Borgatello (Dundee, GBR), Armin Helfer (Milan), Carlo Lorenzi (Alleghe), Justin Peca (Milan), Florian Ramoser (Bolzano), André Signoretti (Fassa), Michele Strazzabosco (Asiago).

Attaquants : Luca Ansoldi (Renon), Giuseppe Busillo (Milan), Mario Brian Chitarroni (Milan), Giorgio De Bettin (Cortina), Dino Felicetti (Milan), Nicola Fontanive (Alleghe), Dino Grossi (Brunico), Stefano Margoni (Fassa), Matteo Molteni (Milan), John Parco (Asiago), Roland Ramoser (Bolzano), Luca Rigoni (Asiago), Stefan Zisser (Bolzano).

12/04 Suède : Frölunda champion

La domination de Frölunda n'a pas fait un pli cette saison en Suède. Les play-offs n'ont fait que confirmer les résultats de la saison régulière. Son adversaire en finale, Färjestad, a tenté d'employer la tactique qui avait fonctionné jusqu'ici, par exemple en quarts face à MODO, c'est-à-dire jouer physique (terme incluant quelques gestes douteux, dont un de Peter Nordström, l'homme qui s'était illustré par sa charge sur Forsberg et qui s'est à nouveau fait exclure pour un coup de crosse vicieux visant les bijoux de famille de l'excellent arrière finlandais Sami Salo). Mais, quand le FBK a dépassé les bornes, le jeu de puissance de l'équipe de Göteborg a fait payer cash les pénalités concédées.

Il n'y avait rien à faire contre Frölunda qui a surclassé ses adversaires avec une défense à fort accent finlandais (quatre joueurs sur sept) et une attaque imparable. Il n'y a qu'hier où celle-ci est longtemps restés muets face à Martin Gerber, mais un but de Niklas Andersson a remporté la décision 1-0 en prolongation. Si les douze buts de Daniel Alfredsson ont établi un record, la force de l'attaque de Frölunda vient de sa profondeur. La quatrième ligne Kahnberg-Lundqvist-Tolsa, qui a vu son temps de jeu fortement diminuer en subissant le même sort que la plupart des espoirs cette saison en Elitserien, a ainsi démontré tout son talent lors de cette finale. Gardons le meilleur pour la fin avec les play-offs prodigieux réussis par le gardien Henrik Lundqvist, qui termine avec plus de 96% d'arrêts, dont quelques parades fantastiques, et le plein de confiance avant les championnats du monde. Les résultats suédois.

12/04 Russie : les hérétiques de Togliatti succombent au siège

L'actualité s'y prêtant, le Dynamo de Moscou a lui aussi effectué son chemin de croix, long et pénible, afin d'accomplir sa tâche, ramener le titre dans la capitale et surtout donner la leçon à "l'anti-hockey" du Lada Togliatti. Il lui a fallu oublier la souffrance et la lassitude pendant cette période de privations, en jeûne complet de tout hockey offensif. Bruno, quant à lui, a fait pénitence en regardant jusqu'au bout cette dernière manche de la finale russe, Lada Togliatti - Dynamo Moscou, afin de vous commenter cette vision rapprochée du néant qui confine à la transcendance. En messager de la parole divine, il propose même des mesures radicales pour mettre un terme aux interprétations farfelues des écritures tactiques et redonner un sens aux textes fondateurs tarasoviens du hockey russe... Sus aux hérétiques !

12/04 Clermont-Ferrand en grande difficulté

Longtemps, le spectre de la relégation a plané au-dessus d'Épinal, qui a vécu une incroyable déroute sportive malgré un recrutement offensif étoffé, et qui n'a plus gagné un match depuis quatre mois et demi... jusqu'à ce soir. Ensuite, c'est Dunkerque qui a suscité les inquiétudes du hockey français, par le biais des déclarations catastrophistes de ses dirigeants. Finalement, les hommes de Karl Dewolf ont brillamment obtenu leur maintien sur la glace, et les collectivités locales viennent d'affirmer leur volonté d'aider le club à durer en Ligue Magnus.

Aujourd'hui, c'est au chevet du patient Clermont-Ferrand qu'il faut se pencher. Outre une situation sportive délicate, le CAHC traverse de grosses difficultés financières, et seule la moitié des salaires de mars a été versée. Les joueurs sont restés solidaires vendredi en décidant de lutter jusqu'au bout pour assurer le maintien. Faute d'argent pour financer le déplacement, les Clermontois se sont rendus à Épinal à bord de trois minibus conduits par des bénévoles. Et ils se sont inclinés 6-3 dans les Vosges, une défaite qui assure le maintien des Dauphins et condamne les Sangliers Arvernes à un barrage contre le deuxième de division 1, Caen ou Strasbourg.

13/04 Mannheim en finale

Cristobal Huet ne pourra pas rejoindre l'équipe de France pour les championnats du monde d'Eindhoven. Il s'est en effet qualifié pour la finale de DEL avec Mannheim et ne pourra être disponible que lors des deux dernières rencontres décisives si la finale est pliée en trois manches sèches. Le gardien français a encore été excellent hier soir, et son blanchissage a été décisif pour éliminer Francfort, le champion en titre battu 2-0 chez lui.

Après deux manches gagnées par Mannheim (et arbitrées par Richard Schütz) puis deux manches gagnées par Francfort (et arbitrées par Wilhelm Schimm), la désignation de Schütz comme arbitre de l'ultime match avait été pointée du doigt par Rich Chernomaz, l'entraîneur de Francfort. Les deux parties souhaitaient un nouvel arbitre car le sujet avait été polémique tout au long de la série. Au quatrième match, par exemple, le but en prolongation de David Sulkovsky avait été inscrit à la suite d'une pénalité pour retard de jeu contre le défenseur Andy Delmore (M. Schimm n'avait cependant fait qu'appliquer le règlement, en l'occurrence la règle 554c, si décriée cette saison en Allemagne, qui prévoit une pénalité automatique dès lors qu'un joueur envoie le palet par-dessus le plexi). Le match décisif n'a pas dérogé à la règle, et les deux entraîneurs étaient unanimes pour condamner la performance des arbitres. À la fin de la série, Chernomaz a dû offrir une bouteille de vin rouge à son vis-à-vis Stéphane Richer, son collègue l'an dernier avec qui il avait parié sur la qualification.

En finale, Mannheim affrontera les Eisbären de Berlin, qui ont sorti Ingolstadt. Le vainqueur de la coupe a en effet été presque auto-sabordé par ses deux vedettes canadiennes Jamie McDonald et Cameron Mann, qui ont pris des suspensions au pire moment pour de mauvais gestes stupides. De plus, les jokers rajoutés juste avant la fin des transferts (Mike Harder, dont la maigre réputation - désormais périmée - se fondait sur son pic de performance coïncidant avec les play-offs gagnés l'an passé avec Francfort, et surtout les deux renforts de NHL Aaron Ward et Jamie Langenbrunner) ont beaucoup déçu. Enfin, dernière raison de la défaite d'Ingolstadt, Jimmy Waite (élu meilleur gardien de DEL cette saison devant... Huet) n'a pas retrouvé son niveau après son opération du genou début février. Pour les Berlinois, le dénouement s'est fait au quatrième match (4-2) avec un doublé d'Erik Cole, l'ouverture du score et le dernier but en cage vide. Or, c'est grâce à la réduction de sa suspension de six à quatre rencontres, décidée par une cour d'appel à la compétence controversée (à qui la DEL avait donné mandat depuis plusieurs années car c'était une instance indépendante), que Cole avait pu reprendre le jeu dès ce match-là.

14/04 Vienne traité comme un pape

À deux semaines et demie du début des championnats du monde à Vienne, le hockey y est déjà au centre de l'attention médiatique. Les Capitals ont en effet ramené le titre à Vienne pour la première fois depuis plus de quarante ans. Le président du club, Schmid, dirige aussi une des principales agences publicitaires autrichiennes, et il a donc bien assez de contacts pour couvrir avec les logos des sponsors le moindre espace disponible sur la glace, sur les maillots des joueurs ou sur les costumes des entraîneurs. Avec cet argent, le recrutement effectué à l'intersaison a été particulièrement ambitieux et a abouti à cette victoire.

La finale a été incroyable, puisque les six premières manches se sont soldées par des victoires à l'extérieur. L'engouement est allé grandissant à Vienne, et il fallait faire la queue pendant de nombreuses heures pour avoir des billets. Pour satisfaire tout le monde sachant qu'il n'y a que 4500 places, les dirigeants ont loué un mur d'écrans utilisé vendredi dernier à Rome pour l'enterrement du pape, et qui était sur le chemin du retour vers l'Allemagne au moment de faire ce détour de dernière minute par l'Autriche.

Dans le septième match, Vienne a réussi à vaincre le signe indien en devant la première équipe à gagner chez elle. Le tournant du match a eu lieu en début de deuxième période. Klagenfurt était alors nettement passé à l'attaque, mais a concédé deux breakaways en deux minutes, le premier de Chyzowski, qui a marqué, et le second de Latusa, accroché par derrière. L'attaquant slovène Ivo Jan, le meilleur joueur du championnat autrichien l'an dernier, a alors transformé le tir de pénalité. Après une pige non couronnée de succès à Ljubljana pour les play-offs slovènes, il avait été recruté juste pour ce dernier match afin de remplacer le centre canadien de la première ligne Bob Wren, blessé au match précédent.

16/04 Division 1 : Caen accède aux barrages

Caen n'a pas raté son rendez-vous en gagnant son dernier match de la saison à Lyon (4-1). Avant même que ce résultat soit définitif, l'accès aux barrages s'était de toute façon déjà ouvert, car Strasbourg avait perdu un peu avant 4-3 à Neuilly-sur-Marne (qui reprend au passage à Courbevoie la place de meilleur club francilien). Les Alsaciens, qui n'ont décidément pas su conserver leur régularité dans cette seconde phase, perdent même la troisième place, récupérée par Chamonix. Les lauréats de la division 1 sont donc Mont-Blanc, promu, et Caen, barragiste face au dernier de Ligue Magnus, Clermont-Ferrand.

Mais comment celui-ci se présentera-t-il ? Avec un déficit de 200 000 , le CAHC est proche de la cessation de paiement. Trois des étrangers (Dian, Kelley et Michaelson) sont déjà rentrés chez eux. L'équipe restante a encore du cur, elle l'a prouvé ce soir en remontant trois buts de retard pour battre Dunkerque 4-3 pour l'honneur. Elle veut défendre sa place dans l'élite sur la glace, mais que se passera-t-il en coulisses ?

Dans la poule de maintien, la victoire d'Asnières à Cergy (5-2), alliée à la résurrection de Zdenek Sikl très critiqué ces derniers temps, est venue trop tard. Car Amnéville a aussi gagné et a laissé les Castors à la dernière place. Les Asniérois auront sans doute des regrets après cette poule extrêmement serrée où ils ne terminent qu'à deux points du troisième (justement Cergy). Mais pour la seconde année consécutive, c'est sur eux que plane l'épée de Damoclès des barrages, où ils affronteront Viry-Chatillon.

Attention à ces barrages qui ont souvent révélé leur vérité propre, dans un contexte différent de la coupe de France par exemple. On a souvent tendance à parier a priori sur les équipes de la division inférieure, qui paraissent plus fortes, mais Strasbourg et Toulouse n'avaient pas réussi l'an passé à confirmer cette impression. Caen et Viry feront-ils mieux ? Ils doivent se méfier de l'exemple de Rennes, le favori de la D3 qui avait été surpris par Champigny et Belfort au tournoi final la semaine dernière. Alors que les Français Volants étaient moribonds en D2, ils ont écrasé les ambitieux Bretons 11-1 dès le match aller des barrages.

17/04 La Croatie remonte en division I mondiale

Après Israël, l'autre promu en division I mondiale est la Croatie. Cette montée-là est beaucoup plus attendue car il s'agit d'une équipe qui a déjà évolué à ce niveau et qui n'allait pas commettre deux fois la même erreur après s'être fait surprendre à la dernière journée par la Chine l'an passé. Emmenés par le prometteur junior Tomislav Grozaj (qui évolue au deuxième niveau tchèque à Prostejov), les Croates évoluaient cette fois à domicile, et n'ont pas failli devant 4500 spectateurs lors du match décisif hier contre la Corée du sud (5-2). La surprise de ce tournoi, c'est que les principaux challengers de la formation locale n'ont pas été les Asiatiques mais une équipe d'Australie en constant progrès. Celle-ci pratique un jeu physique qui a longtemps malmené les Croates, pendant que son gardien Matt Ezzy sauvait les meubles dans les infériorités numériques. Ce n'est qu'à la toute dernière seconde du match que la Croatie avait obtenu la victoire (3-2) sur un tir dévié qui a franchi la ligne juste avant la sirène... ou juste après selon les Australiens, qui ont eu le sentiment d'être victimes d'une injustice. Mais la polémique peut désenfler, car au bout du compte, même si on en était resté à un match nul, les Croates auraient quand même été classés premiers à la différence de buts.

19/04 Les Eisbären de Berlin champions d'Allemagne

Il y a quelques semaines, un chroniqueur avait écrit en plaisantant que, dans quelques années, on verrait les supporters de Mannheim ruminer contre leur équipe démotivée et regretter la saison du dernier titre en 2004/05, "le bon vieux temps où les joueurs mouillaient le maillot". Mais ils n'auront pas à être aussi versatiles que cette prédiction ironique le laissait entendre, car il n'y aura pas de victoire finale pour faire oublier les critiques émises tout au long de la saison. Contrairement à l'époque Bozon, où les Adler finissaient toujours par remporter le titre, leurs successeurs n'ont pas réussi à se transcender jusqu'au bout dans les play-offs. Ils sont arrivés jusqu'en finale, mais y ont été battus à plate couture par Berlin (5-3, 4-0 et 4-1). Et seuls quelques joueurs, à savoir Huet, Corbet, Jochen Hecht (le meilleur marqueur des play-offs qui aura entretenu l'illusion ce soir en ouvrant le score) et les espoirs allemands, échapperont au jugement cinglant des fidèles de Mannheim dégoûtés du manque de caractère de certaines stars. Car quand une équipe est dominée 55 tirs à 20 au premier match d'une finale, même le meilleur des gardiens ne peut plus rien.

Quinze fois vainqueurs du fameux "championnat à deux clubs" de l'ex-RDA quand ils s'appelaient encore Dynamo, les Eisbären de Berlin sont la première équipe de l'ex-Allemagne de l'est à remporter un titre national majeur. Un symbole important et un aboutissement pour un club qui avait échoué en play-offs les deux dernières années. Même la blessure du renfort Olaf Kölzig n'a pas perturbé les Berlinois, car le gardien allemand Oliver Jonas a enfin pris une nouvelle dimension en tenant le choc dans ces séries finales alors qu'on commençait à douter qu'il y arrive un jour. Le capitaine Steve Walker et le travailleur Denis Pederson ont été décisifs avec quatre buts chacun lors des trois manches de la finale.

L'autre grand gagnant du moment est Duisburg, le club entraîné par Didi Hegen qui a obtenu ce week-end sa promotion en DEL. Une bonne nouvelle pour Stéphane Robitaille, qui comme l'ex-Mulhousien John Wikström avait signé avec ce club un contrat valable pour les deux divisions il y a une dizaine de jours. Le meilleur défenseur de Rouen cette saison avait tenté là un pari bien pensé, puisque cette montée qu'il a sûrement suivie à distance lui permettra d'évoluer de nouveau en DEL la saison prochaine.

Kärpät champion de Finlande

L'ex-Rouennais Kari Jalonen a remporté son premier titre en tant qu'entraîneur en permettant au Kärpät Oulu de conserver son titre. Il avait pourtant contre lui, derrière le banc du Jokerit Helsinki, celui qui est surnommé "le roi Midas" car tout ce qu'il touche se transforme en or, Hannu Jortikka, six finales de championnat gagnées sur six. Grande gueule affirmée, Jortikka, qui avait perdu les deux premières manches, était moqueur après avoir gâché la fête dans le troisième match gagné à Oulu. Mais les célébrations du titre n'ont été que repoussées, et le Kärpät ne s'est pas soucié des provocations verbales. Il est allé à Helsinki remporter la victoire dont il avait besoin (2-0), grâce à la solidité de son gardien Niklas Bäckström et à deux buts signés Petr Tenkrat et Mika Pyörälä. Le bilan parfait de Hannu Jortikka en finale est donc écorné, au moment où il retournera au TPS Turku, le club avec lequel il avait remporté ses plus grands succès.

La SM-liiga finlandaise sera élargie à quatorze clubs l'an prochain avec l'inclusion du champion de Mestis, le KalPa Kuopio. L'éternelle lanterne rouge des Pelicans de Lahti sera donc conservée à bord après avoir sorti un pied du gouffre financier cette saison grâce à de nouveaux investisseurs.

25/04 Hockey Magazine

Le n73 de Hockey Magazine sera disponible mercredi 27 avril en kiosque

 

 

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