Novembre 2005

 

01/11 Équipe-type d'octobre

Si Rouen et Amiens dominent la Ligue Magnus avant leur affrontement de ce soir, c'est aussi grâce à leurs défenses. Même si chez les Dragons cela se voit moins tant l'attaque est impressionnante, les arrières suivent le mouvement, d'où la sélection de leur meilleur élément Sami-Ville Salomaa dans l'équipe-type.

À Amiens, Frantisek Pulscak, bien que sans doute inférieur à Janik dans les tâches purement défensives, montre toute sa classe par ses sorties de zone propres. Ses relances arrivent directement dans la palette, il reste sobre en évitant le geste de trop, et cela ne l'empêche pas d'avoir claqué un but digne de Pazak sur un exploit personnel contre Chamonix.

Ces deux défenses protègent deux gardiens d'exception, Sopko et Mindjimba, qui comptent respectivement trois et quatre blanchissages en octobre. Alors qu'il paraissait tendu en début de saison et même pendant les matches amicaux, Antoine Mindjimba a gagné en calme depuis sa mise à l'écart interne de septembre et son comportement n'a plus été en discussion. Ses performances encore moins.

Le seul à s'être joué de Mindji en octobre, c'est Maurice Rozenthal, auteur de deux assistances de premier choix lors de la venue d'Amiens à Villard. L'ancien meilleur joueur français est une pépite à conserver précieusement, et qui est d'ailleurs ménagé à la moindre alerte physique avec un match manqué à chaque mois. Mais quand il est là, sa présence est très bénéfique aux Ours qui profitent de son aura et surtout de ses coups de génie pour continuer à tutoyer les hauteurs du classement. Les deux autres attaquants de l'équipe-type, Carl Mallette et Marc-André Thinel, se passent de commentaires. Ils sont au-dessus, tout simplement.

Équipe-type d'octobre : Antoine Mindjimba (Amiens) ; Sami-Ville Salomaa (Rouen) - Frantisek Pulscak (Amiens) ; Maurice Rozenthal (Villard-de-Lans) - Carl Mallette (Rouen) - Marc-André Thinel (Rouen).

01/11 Ligue Magnus : Grenoble au fond de la crevasse

Malgré ses difficultés actuelles, Grenoble pouvait au moins se retrancher derrière son invincibilité à domicile (et non son "invisibilité à domicile" comme son site internet officiel l'annonçait dans un lapsus prémonitoire). Ce n'est même plus le cas après la piteuse défaite 0-3 ce soir contre le Mont-Blanc. La crise est désormais profonde chez les Brûleurs de Loups, qui n'ont plus qu'un match pour se racheter avant la trêve, un très difficile déplacement à Briançon qui vient de gagner 6-3 à Morzine-Avoriaz.

Grenoble navigue déjà à dix points du leader Rouen, qui a encore conforté sa position en battant Amiens 4-2. Jusqu'ici brillante, la ligne canadienne, dépassée et souvent à la faute, n'a pas été à la hauteur du derby, même avant l'expulsion de Mallette. Mais les Dragons ont de la ressource et se sont imposés grâce à trois buts de leurs espoirs, plus un dernier de Kimmo Salminen au plus fort de la pression amiénoise en dernière période. Du coup, Villard-de-Lans, qui a ramené le nul 2-2 d'Anglet, reprend la deuxième place aux Gothiques grâce à sa victoire dans la confrontation entre les deux équipes.

Angers se rapproche aussi, malgré ses points faibles récurrents en défense et en homogénéité. Les Ducs suivent toujours la courbe de forme de leur première ligne, et comme le maître passeur Jonathan Bellemare a servi par deux fois le buteur désigné Guillaume Rodrigue, ils ont aujourd'hui gagné 2-0 à Caen, le fournisseur officiel de blanchissages aux équipes adverses. Le match entre Chamonix et Épinal a été reporté pour un problème de glace.

02/11 Coupe de France

Le tirage au sort des huitièmes de finale de la Coupe de France a eu lieu ce soir au siège de la FFSG lors de la réunion du comité de pilotage pour la séparation des deux entités fédérales. Dans cette compétition où pullulent les réserves (Amiens II, Mont-Blanc II et l'officieuse Le Havre) grâce à des règles complaisantes, la répartition géographique réservait peu de surprises au tirage. La Roche-sur-Yon ne pouvait que tomber sur un second cador de l'ouest, Angers, pour tenter de renouveler l'exploit en faisant mieux que son rival de D2 Tours. Chez les sudistes, le seul suspense était de savoir qui recevrait, et il sera intéressant de voir si Montpellier, qui a obtenu l'organisation, sera assez mûr pour faire tomber un premier club d'élite avec Anglet. On verra aussi lors du choc contre Briançon si Grenoble est bel et bien une équipe de coupe, à défaut d'en être une de championnat pour l'instant.

Le Havre 2% / Amiens 98%

Rouen 99% / Neuilly-sur-Marne 1%

La Roche-sur-Yon 3% / Angers 97%

Grenoble 60% / Briançon 40%

Montpellier 25% / Anglet 75%

Gap 55% / Mont-Blanc 45%

Amiens II 2% / Dijon 98%

Nice ou Villard-de-Lans 99% / Mont-Blanc II 1%

05/11 Ligue Magnus : rachat de Morzine-Avoriaz et Grenoble

Cette dernière journée avant la trêve internationale devait absolument être celle du rachat pour certaines équipes qui avaient offert récemment une prestation médiocre à leurs supporters. C'était vrai de Morzine-Avoriaz, qui s'est détaché dès le premier tiers-temps pour gagner 6-2 à Angers. Du coup, ce sont maintenant les Ducs qui doutent car leur jeu est peu convaincant ces derniers temps.

Mais la pression la plus importante était sur les épaules de Grenoble, qui ne pouvait pas se permettre de voir partir ses internationaux sur une situation aussi étouffante. Les hommes de Gérald Guennelon passaient un test de la dernière chance à Briançon, assurément un déplacement très difficile, mais on sait que c'est encore dans les gros matches que les Brûleurs de Loups s'en sortent le mieux. La preuve ce soir, où ils auraient pourtant pu craquer après avoir été rejoints à l'avant-dernière minute. Mais ils ont tenu le choc jusqu'à la dernière minute de la prolongation et ce but gagnant de Viktor Wallin.

La Ligue Magnus est loin d'être finie et l'état de forme des équipes peut varier. Voyez Dijon, qui a eu du mal à se mettre en route mais qui reste sur cinq victoires consécutives. La plus spectaculaire est certainement celle d'aujourd'hui, un 4-0 au Coliséum d'Amiens avec une réussite totale au deuxième tiers-temps ponctué par les quatre buts. Les résultats de cette douzième journée permettent donc à Rouen de s'échapper au classement avec quatre points d'avance, grâce à un nouveau succès 2-0 à Villard-de-Lans sur des buts de Pierre-Édouard Bellemare et de Salminen en cage vide.

Ce n'était pas la journée des équipes qui recevaient. Seul le Mont-Blanc (5-1 contre Épinal) et Anglet (6-3 contre Chamonix) ont gagné à domicile. Car Caen a franchi un nouveau cap en remportant son premier match de la saison à l'extérieur, ce qu'il n'avait même pas pu faire en Coupe. En plus, ce sont les recrues les plus critiquées qui se sont mises le mieux en valeur dans un match ponctué de bagarres à Gap. Damien Raux a inscrit les deux derniers buts normands du temps réglementaire, et Jiri Jelen celui de la victoire en prolongation.

05/11 Division 1 : Lyon très mal en point

Les équipes-surprises du début de saison en poule nord commencent à caler. Le Vésinet a explosé 9-2 à Amnéville, et Garges-lès-Gonesse s'est incliné 4-5 à domicile contre Asnières. Tout est donc relancé, et hormis Cergy, battu 2-7 par Dunkerque, tout le monde est encore dans la course à la qualification. Rien n'est donc perdu pour Courbevoie, qui a ramené un point bon point de Neuilly-sur-Marne (5-5) grâce à un hat-trick de Zdenko Sarnovsky.

La situation est encore plus tendue en poule sud. Et le dindon de la farce pourrait bien être Lyon, encore battu à domicile, cette fois par Annecy (2-4). Certes les Chevaliers du Lac sont une équipe très forte, et ils sont même leaders car Strasbourg (qui compte un match en moins contre... Lyon) a perdu 1-2 contre Avignon sur un tir de pénalité à cinq minutes de la fin, mais l'heure n'est plus aux excuses chez les Lyonnais. Leur situation au classement est critique, car même Valence, malgré ses trois points perdus sur tapis vert, leur est passé devant après sa victoire 3-1 à Viry dans un match de petit niveau. Mais les séries de victoires d'Avignon et de Valence ne remettent pas en cause que la qualification de Lyon. Limoges et Montpellier, qui se sont séparés sur un résultat nul 5-5, ne sont pas tranquilles non plus.

05/11 Division 2 : Retour sur terre pour Belfort et La Roche

La Roche-sur-Yon vient de concéder sa première défaite de la saison face à Bordeaux (3-7). Pour les Aigles qui étaient encore en train de planer sur le courant ascendant de leur exploit en coupe de France, l'atterrissage est brutal. Tours, facile vainqueur de Nantes 4-0, reste donc seul invaincu. Les Bordelais rejoignent ainsi l'ASGT et le Hogly dans le peloton des favoris, ce qui ne laisserait qu'une place en poule finale avec trois prétendants. Outre le NAHG, il s'agit du Havre, vainqueur 7-2 à Cholet, et de Toulouse-Blagnac, qui a défait Meudon 9-2.

Dans la poule est, c'est Reims qui a mis fin à la série de victoires de Belfort, une victoire 4-3 qui annonce encore de longs débats pour la qualif'.

10/11 Finlande : le Jokerit cherche à sortir de la crise

Le Jokerit Helsinki, après son début de saison catastrophique, s'est finalement résigné cette semaine à licencier son entraîneur Waltteri Immonen. Jusqu'ici, le club du milliardaire Harry Harkimo lui avait maintenu sa confiance car Immonen, ancien capitaine de l'équipe championne d'Europe, est un joueur de légende très apprécié des supporters. Mais ses premiers pas comme entraîneur se sont mal passés et il était désabusé, ne sachant plus quoi tenter pour secouer son équipe. Immonen reste dans l'organisation comme directeur sportif. Son successeur derrière le banc sera Curt Lindström, l'homme qui avait conduit la Finlande à son seul titre de championne de monde, mais dont la réputation a décliné depuis. Au printemps dernier, il a été impliqué dans une affaire d'évasion fiscale, mais il en est sorti blanchi quand il a été démontré qu'il n'avait pas de pouvoir décisionnaire dans la société dont il était seulement actionnaire.

Le principal point noir du Jokerit cette saison a été le poste de gardien, après que Tim Thomas l'a lâché pour Boston quelques jours avant le début du championnat. Pour se faire pardonner, l'Américain a recommandé Karl Goehring, mais celui-ci, malgré des performances en progrès après quelques mauvais buts à ses débuts, vient d'être licencié. Après Mikko Rämö, qui revient du Vityaz en Russie, le Jokerit vient d'engager Steve Passmore, qui a commencé la saison en AHL après avoir été second gardien de Mannheim l'an passé derrière Cristobal Huet.

Jusqu'ici, le Jokerit a eu très peu de succès avec ses joueurs nord-américains. Brett Harkins, qui avait joué dans l'autre club de la ville - le HIFK - il y a deux ans, n'a pas trouvé sa place et n'a pas convaincu le staff de le garder au-delà de son contrat de dix matches. Éric Beaudoin, remis d'une blessure au poignet la saison passée, avait marqué un point par match en commençant la saison en ligue britannique, mais n'a pas produit grand-chose à son arrivée, et il enchaînera avec un second essai au HPK. Contrairement aux deux autres, Justin Mapletoft avait un contrat ferme et pas juste un essai. Mais lui aussi a été jugé trop faible pour un renfort étranger. Cet attaquant défensif n'est pas ce dont le Jokerit avait besoin, et il retourne aux Islanders qui le renverront en AHL. Seul le robuste défenseur Brad Norton a été gardé.

Les renvois de Beaudoin et Mapletoft libèrent deux places de Nord-Américains sur les quatre autorisées, mais le Jokerit a peut-être déjà trouvé des renforts finlandais suffisants. Il fallait d'urgence un buteur, et Hannes Hyvönen est revenu de Suisse. Le retour de blessure de Marko Jantunen, qui a beaucoup manqué durant ces deux mois, pourrait aussi contribuer à sortir de la crise.

11/11 Atmosphère préolympique à Turin

L'un des principaux enjeux de la trêve internationale, c'est le tournoi préolympique de Turin (comptant pour l'Euro Challenge) où l'on teste les nouvelles patinoires. Et la grande nouvelle est que les tickets pour les trois matches de l'Italie ont été tous vendus avant même le début du tournoi. Certes, le Palasport n'est pas encore dans sa configuration olympique capable d'accueillir douze mille spectateurs, car les travaux ne sont pas encore entièrement finis. Mais qu'il ait pu être rempli même à mi-capacité (5900 places disponibles) est peut-être le signe que Turin est en train de s'éveiller au hockey, enfin, à quelques mois de l'échéance.

Moins encourageante, la prestation de l'équipe de France. Battue en fin de match par l'Autriche sur un but du naturalisé Jeremy Rebek (2-3), elle a surtout subi la première défaite de son histoire contre la Slovénie (3-6). Or, celle-ci alignait une équipe B car la plupart de ses titulaires étaient indisponibles (par exemple les Briançonnais Terglav et Milovanovic officiellement blessés alors qu'ils ont pourtant joué samedi soir en Magnus...). Cela prouve-t-il que des réservistes qui ont faim - comme les jeunes Français envoyés au Danemark début septembre - valent mieux que des titulaires blasés ? Pour qu'on n'en vienne pas à le croire, les Bleus devront se reprendre ce soir contre l'Italie et se montrer à la hauteur d'un match international joué devant six mille spectateurs.

Parallèlement à ce tournoi masculin, un tournoi féminin analogue se dispute à Turin. La promotion de celui-ci est encore plus rude, car le hockey féminin en Italie est tout aussi anonyme qu'en France, et il ne fait pas beaucoup plus pour communiquer. Dans ces conditions, les premiers matches joués devant quelques spectateurs perdus ne sachant rien des équipes alignées sur la glace avaient de quoi faire peur dans la perspective de la compétition olympique. Heureusement, les organisateurs se sont repris, et un record d'affluence pour un match de hockey féminin a même été battu pour Finlande-Canada (5986 personnes) grâce essentiellement à l'invitation de scolaires qui ont mis l'ambiance.

Ce tournoi mérite quelque exposition puisqu'il réunit les quatre meilleurs équipes féminines du monde... plus l'Italie et la France ! Ces deux derniers pays dispute deux confrontations entre eux en attendant que se termine la première phase du "tournoi des grandes", et elles joueront ensuite les matches de classement face au troisième et au quatrième du tournoi A. Conviées à ce plateau de rêve, les Bleues, devant 3700 spectateurs (une affluence qu'elles ne connaissent habituellement que dans leurs rêves) ont gagné leur premier match 3-1 contre les Transalpines. Deborah Israelewicz a été impliquée sur trois buts, le premier sur un mauvais rebond lâché par la gardienne italienne, le deuxième sur un palet volé à la bleue en infériorité, le troisième sur une combinaison avec Anne-Cécile Favarin. Si l'expérience a fait la différence au premier match, c'est l'homogénéité qui a été la clé du second. Avec six marqueuses différentes, les Françaises se sont imposées 6-3 sur une équipe d'Italie reposant trop sur sa première ligne. Elles joueront donc ce soir pour la troisième place du tournoi contre la Finlande, après que l'Italie aura affronté la Suède, dernière du tournoi principal, pour la cinquième place. La finale opposera comme toujours les Canadiennes et les Américaines.

12/11 Division 1 : Garges n'a pas digéré la coupe

Depuis le quasi-exploit en Coupe de France contre Amiens, poussé aux tirs au but, les Chiefs de Garges-lès-Gonesse n'y arrivent plus. Ils viennent de concéder leur troisième défaite de suite à domicile, qui plus est contre un adversaire direct, Le Vésinet (3-7 dont un quadruplé de Jean-François Lacasse). Les Anges se rapprochent du but, de même que Neuilly-sur-Marne a maintenant trouvé son rythme de croisière en battant Amnéville 4-1. Derrière, Courbevoie a écrasé Cergy 11-1 et Slavomir Ilavsky commence enfin à donner sa pleine mesure. Et même Asnières n'a pas totalement abdiqué en obtenant un match nul à Dunkerque (2-2), d'où personne n'avait ramené de point.

Dans le sud, Annecy est toujours leader après un succès 6-4 sur Viry-Châtillon. Strasbourg, en une victoire 4-1, a stoppé la belle série de Valence qui a perdu dans la semaine son meilleur joueur, Mathieu Curadeau, reparti au Canada. Dos au mur, Lyon a par contre été chercher un 5-5 à Montpellier grâce à des doublés de Lecompère et Masson. Ce match nul est-il une mauvaise affaire pour les deux équipes, alors que celui sur le même score entre Avignon et Limoges (3e et 4e) serait une bonne affaire ? L'avenir le dira.

12/11 Division 2 : Tours en impose

Le choc de la division 2 n'a pas souri à La Roche-sur-Yon, qui s'est heurté à la défense et au gardien de Tours pour s'incliner finalement 1-5. Les Vendéens devront se méfier de ne pas lâcher trop de points dès la première phase contre des adversaires directs, comme cela leur est souvent arrivé ces dernières années. Encore faut-il savoir qui seront ces adversaires. Car son vainqueur de samedi dernier, Bordeaux, n'est pas encore qualifié. Les Boxers ont perdu gros dans les dernières minutes au Havre. Alors qu'ils menaient au score, ils ont été battus 4-2 et perdraient l'avantage sur les Normands si les confrontations directes devaient les départager. Toulouse-Blagnac, vainqueur 5-3 à Cholet, conserve sa quatrième place. Nantes a perdu un point important à Meudon (4-4) mais n'est pas encore hors course car il reçoit quatre fois sur les six dernières journées.

La huitième journée de la poule sud avait la particularité de présenter les matches retour de la semaine précédente. Faux aux deux équipes franciliennes, Nice et Chambéry ont ainsi pu asseoir leur stock de points avec une nouvelle victoire. L'enjeu était encore plus grand pour Amiens II et Reims qui avait l'occasion de creuser l'écart sur un adversaire direct en le battant une seconde fois. La réserve picarde l'a fait contre l'ACBB (6-2), mais Reims a en revanche cédé à Belfort (5-3).

13/11 Des équipes de France juniors homogènes

En plus des tournois seniors masculins et féminins évoqués plus haut, la trêve internationale concerne aussi les juniors. Les moins de dix-huit ans viennent de terminer leur tournoi en Autriche avec un bilan qui aurait pu être parfait... s'ils ne s'étaient pas fait remonter trois buts dans le dernier tiers-temps de l'ultime match contre le pays organisateur. En égalisant à trente secondes de la fin, les Autrichiens, qui seront parmi les adversaires des Français au prochain Mondial en avril, ont remporté leur tournoi à la différence de buts. Point positif pour les tricolores, tout ce qui s'est passé avant cette dernière période, et les treize buts inscrits par onze joueurs différents. Les seuls à compter deux buts sont Erwan Agostini et le capitaine Julien Correia.

Cette homogénéité semble aussi être la qualité de l'équipe de France des moins de vingt ans, pourtant privée des Chamoniards. L'Autriche ne lui a pas posé de problème, puisqu'elle l'a écartée 6-2 après avoir mené 6-0. Elle a par contre été battue 4-2 par le Danemark, dont les deux tiers des buts ont été inscrits par une même ligne (Mikkel Bødker, Mads Christensen et Julian Jacobsen), et été tenue en échec 3-3 par l'Italie du super-talent Andreas Lutz, meilleur buteur de son équipe alors qu'il est défenseur. Les Français ne sont pas dans le même cas que ces nations et ne tiennent peut-être pas le nouveau Bozon. Par contre, ils ont une formation plus homogène et les buts viennent de partout, de Rouen (Sucré), d'Amiens (Geoffrey Paillet deux fois), de Grenoble (Sacha Treille assisté de Morant et Yohann Morant lui-même), d'Anglet (Thomas Decock) des expatriés (Quentin Pépy assisté de Teddy da Costa et Da Costa lui-même), mais aussi de Caen, avec un but de Jonathan Avenel et deux de Damien Fleury, dont un sur assistance de Jonathan Janil. La politique d'intégration des jeunes en seniors dans de plus en plus de clubs porte donc ses fruits, et les sélectionneurs auront la tâche plus difficile que les années précédentes.

15/11 Transferts de dernière limite

Le 15 novembre est la dernière limite pour recruter des joueurs dans les championnats français, et on a évidemment assisté à une recrudescence d'activité ces derniers jours. Une activité localisée : c'est la faute aux clubs de montagne, ces nouveaux venus dans l'élite qui essaient de se faire remarquer en engageant des mercenaires à tour de bras pendant que les clubs de plaine défendent leur tradition formatrice et leur stabilité... (pour ceux qui ressortiraient juste d'un coma d'un quart de siècle, on dirait que le monde du hockey a bien changé !).

Seul arrivant "de plaine", le défenseur estonien Lauri Lahesalu. La dernière expérience de ses compatriotes en France (Kozlov et Ivanov à Épinal) n'a pas vraiment fonctionné, mais on peut faire confiance à ce joueur qui a un bagage international plus important, acquis en Finlande et au Danemark. Surtout, il apporte enfin un peu de longueur de banc à la défense d'Angers qui en manque souvent cruellement.

Passons à la Haute-Savoie, où les mouvement sont tout de même limités. Quelques semaines après le retour à Las Vegas de son centre Matt Dzieduszycki, mal intégré, Morzine-Avoriaz a évidemment engagé un joueur ayant un background commun avec la plupart de ses futurs coéquipiers, donc venu de Suède, le Finlandais Arto Miettinen. Après avoir remercié Pasi Kangas il y a quelques semaines, le Mont-Blanc l'a remplacé par un autre Finlandais, le tout jeune Jani Pollari. Chamonix a pour sa part été lâché très tard, seulement deux joueurs avant la date limite des transferts, par son attaquant slovaque Pavol Fedor.

Mais c'est dans les Hautes-Alpes qu'on a beaucoup bougé. À Briançon, le Slovaque de 37 ans Miroslav Mosnar arrive pour pallier la blessure de Gary Levêque avec son inestimable expérience, et l'Américain Justin Kinnunen, avec sa polyvalence, vient apporter encore plus de solutions à Luciano Basile, qui dispose d'un effectif de plus en plus international. Le record des changements appartient néanmoins à Gap. Après avoir constaté que son style très rude ne convenait pas à l'arbitrage européen, Andrew Nahirniak est reparti, et pour renforcer la défense, les Rapaces ont donc engagé Tomas Mihalik, un Slovaque passé par Cergy il y a trois ans, et Oskar Jernström, un Suédois sans grandes références. En attaque, l'inefficace Stefan Sarka a été remplacé par Oscar Stenberg, qui a déjà joué un an en République Tchèque et vient d'errer pendant quelques semaines en Amérique du nord. De plus, un troisième Suédois arrive, Kristoffer Martin, qui est le troisième gardien étranger après Stanga et Van Poucke (avant le départ d'un des deux ?). On voit là que les Gapençais ne sont pas superstitieux puisque les deux clubs étrangers fréquentés jusqu'ici par Martin ont fini la saison en faillite (Berlin Capitals) ou relégués (Turin).

15/11 Fermeture à Pau, espoir à Athis-Mons...

Vendredi prochain, la patinoire de Pau Lescar devrait fermer ses portes parce qu'elle est... sous-utilisée ! Quand on connaît les batailles pour les heures de glace dans beaucoup de patinoires françaises, la situation a de quoi surprendre. Cette glace qui devait désenclaver Anglet était pourtant une des rares bonnes nouvelles de ces dernières années en ce qui concerne le parc des patinoires. Et ça ne va pas fort dans le sud-ouest du pays, avec Castres qui s'est retiré du championnat de D3.

Plus que jamais, le problème des patinoires devient crucial pour l'avenir du hockey. La fédération des sports de glace, qui aurait logiquement dû s'en occuper, ne l'a jamais fait. Ce sont donc les dirigeants du hockey qui ont appuyé les démarches pour que les projets de nouvelle patinoire pour Strasbourg et Le Vésinet soient financés à hauteur de 750 000  et 500 000  par le FNDS (Fonds National pour le Développement du Sport). Le dossier de rénovation de la patinoire de Wasquehal a par contre été recalé.

Une implication générale peut servir à sauver des causes mal engagées. Après Meudon l'an dernier, c'est le cas d'Athis-Paray qui a mobilisé le hockey francilien. Pétitions et manifestations s'étaient heurtées à un mur, mais une réunion sera organisé demain en présence des dirigeants de la fédération. Une victoire pour le comité de soutien piscine-patinoire d'Athis-Mons qui n'a pas ménagé ses efforts.

Autre patinoire incendiée qui renaîtra de ses cendres, avec Le Vésinet, celle de Valenciennes. Un beau projet a été réalisé par le même architecte qui a conçu la nouvelle patinoire de Boulogne-Billancourt il y a quelques années. Seul souci dans ce joli plan, le nombre de places, seulement 900 pour une ville où le hockey avait suscité une vraie passion avant que la gestion chaotique du club ne fiche tout par terre. Ces capacités trop faibles sont le gros point noir des patinoires construites actuellement, ce qui met la France à la traîne de ses voisins. On pourrait s'en rendre compte très rapidement à Strasbourg, où le millier de places "de base" risque vite d'être très insuffisant en cas de grand évènement...

18/11 La fédération s'implique à Athis-Mons

Les responsables de haut rang des sports de glace (Norbert Tourne président de la FFSG, Luc Tardif président de l'AEHF et la "guest-star" Philippe Candeloro) venus à Athis-Mons pour une réunion publique pour le sauvetage de la patinoire ont été impressionnés par ce qu'ils y ont découvert. Non pas un mouvement de résistance désespéré et désorganisé, mais une mobilisation active et permanente. Signe de cette activité, le campement installé sur le parking de la piscine-patinoire fermée depuis fin juin. Les "Anges Gardiens", comme ils s'appellent, se relaient jour et nuit dans les tentes, sous la férule d'Yves Lespérance.

La qualité de l'organisation a pu transparaître aussi dans la réunion de mercredi. Après le changement de salle de dernière minute imposé par le maire d'Athis la veille, le comité de soutien a pu affréter deux cars pour transporter les personnes arrivées en mairie. Le dossier a été décrit de manière pointue, et l'ancien directeur de la piscine-patinoire a fait un état des lieux très précis du bâtiment en pointant du doigt les insuffisances de l'interprétation qui est faite de l'avis de la commission de sécurité, prétexte à la fermeture.

Dans la mesure où cela pourrait aider à faire avancer le dossier, Luc Tardif a rendu publique son intention d'installer à Athis-Mons le siège de la future fédération indépendante de hockey. Cette nouvelle proposition éveillera-t-elle l'intérêt de la mairie, sourde jusqu'ici ?

19/11 Raté pour Grenoble

Grenoble ne pouvait pas plus mal commencer son troisième tour de Coupe Continentale. Onze secondes de jeu à peine, et déjà Tomaz Razingar ouvrait le score pour Jesenice. L'attaquant-vedette de l'équipe locale, qui compte une expérience à Pardubice en Extraliga tchèque, a été le bourreau des Grenoblois avec un triplé, pour une nette victoire finale 6-2. Les Brûleurs de Loups n'étaient pas encore éliminés, mais il leur fallait maintenant compter sur un faux-pas slovène et réaliser un double exploit contre les solides formations de Riga et Minsk. Avantage aux Lettons d'Arturs Irbe hier dans leur confrontation (2-1).

La première condition pouvait être remplie, Jesenice ayant montré ses limites contre Minsk (1-2 dont un but décisif de l'ex-Brestois Viktor Kastyuchonak). Les Grenoblois, au pied du mur contre Riga 2000, menaient au score à dix minutes de la fin, grâce au réveil des cadres expérimentés Yven Sadoun, Benoît Bachelet et Laurent Meunier. Mais, sous la forte pression balte, ils ont cédé dans les dix dernières minutes (3-4). Riga est en tête du groupe et disputera un match capital demain contre Jesenice. Pour préserver ses minces chances restantes, Minsk tentera de son côté de soigner sa différence de buts face à Grenoble, déjà éliminé.

19/11 Ligue Magnus : Dijon cartonne

La trêve allait-elle couper dans leur élan les équipes en forme des dernières semaines ? Oui pour Mont-Blanc, qui a perdu 4-1 à Chamonix, sa première défaite dans le derby depuis deux ans. Mais non pour Dijon, qui a aligné une sixième victoire consécutive en explosant Villard-de-Lans 8-1. Les Ducs sont désormais troisièmes de la Ligue Magnus et se présentent au mieux de leur forme à une semaine d'un déplacement forcément très attendu chez l'intouchable leader Rouen (tranquille vainqueur d'Anglet 4-1). Secoués ces derniers temps par les gueulantes de leur entraîneur Denis Perez, les Amiénois ont conservé leur deuxième place en gagnant 5-1 à Caen grâce au duo Pazak/Mortas.

Les dirigeants d'Épinal devraient mettre en place une formule spéciale à Poissompré pour les spectateurs désirant ne venir qu'après 22h15, juste pour assister à la désormais traditionnelle prolongation. On a encore eu le droit au temps supplémentaire ce soir contre Briançon, et c'est la toute dernière recrue Miroslav Mosnar qui y a marqué le but décisif pour les Diables Rouges. À Gap aussi, un joker s'est illustré, Oscar Sternberg avec deux buts. Mais cela n'a pas suffi face à une équipe de Morzine-Avoriaz renaissante, emmenée par un quadruplé de Tomas Lindgren (dont un but attribué alors qu'il ne l'a pas inscrit en réalité).

19/11 Division 1 : Strasbourg mate Annecy

Avec l'Étoile Noire, c'est tout ou rien. Dans un mauvais jour, les Strasbourgeois ne sont jamais à l'abri d'une rechute. Mais dans un bon jour, il n'y a rien à faire pour leurs adversaires. En tant que co-leader, Annecy était une victime toute désignée de la mise au point alsacienne. Et le pauvre gardien Cyril Bossier a quitté la glace dès la dixième minute avec déjà cinq buts dans la musette... Son successeur Nicolas Aubry a attendu que ça se passe, et Strasbourg, après avoir dominé 8-1 dès le premier tiers, a terminé la soirée à 12-1.

Après quatre matches nuls consécutifs, Montpellier a renoué avec la victoire en s'imposant 9-4 à Avignon, là aussi une victoire acquise très tôt. Les Vipers semblent enfin avoir trouvé la bonne formule, en partie grâce à leurs jokers Zdenek Sikl et Nicholai Chamizo, arrivés à la suite de bien des essais infructueux, qui ont marqué deux buts chacun. Montpellier reprend directement la troisième place, au bénéfice de la défaite à domicile de Limoges contre Valence (3-4). Les Lynx repassent ainsi devant Lyon, dont la qualification paraît compromise après un nul à Viry qui a mérité ce premier point de la saison.

Ce soir, les équipes fortes sur le papier ont enfin montré ce qu'elles valaient sur la glace. Ce qui est vrai pour Montpellier dans le sud l'est aussi dans le nord pour Courbevoie. Quand il se décide à patiner et à travailler à son niveau technique, le COC est taillé pour la poule finale, il l'a montré ce soir à Asnières (8-5).

19/11 Division 2 : un derby qui fera date

C'est un derby de la Garonne qui restera dans les mémoires à Bordeaux. Menés 0-3 à la mi-match par Toulouse-Blagnac, les Boxers ont renversé la situation jusqu'à la victoire, obtenue à quinze secondes seulement de la sirène. Une défaite dans de telles circonstances est toujours dure à digérer. Et pourtant le TBHC n'a pas le choix. Doublé par Le Havre pour la quatrième place (vainqueur 8-1 à Meudon), il se rend en Normandie samedi prochain pour un match capital. Ces deux équipes sont les plus concernées car Nantes paraît maintenant hors jeu après sa défaite 1-6 contre La Roche-sur-Yon, qui une fois n'est pas coutume a pu compter sur six buteurs différents.

À l'est, il y a aussi un perdant qui décroche un peu, c'est l'ACBB. Après la double confrontation contre Amiens II, les joueurs de Boulogne-Billancourt ont à nouveau nettement perdu face à un adversaire direct, Belfort (3-8).

21/11 République Tchèque : Liberec poursuit quand même son ascension

Les trêves internationales sont généralement le moment où les clubs russes chassent sur leur territoire favori, l'Extraliga tchèque. Un phénomène assez circonscrit cette fois-ci, car les montants réclamés par les clubs tchèques étaient jugés un peu élevés par leurs interlocuteurs... mais qui pourrait s'amplifier en décembre quand ce sera la dernière occasion pour les clubs d'obtenir une bonne contrepartie pour des joueurs bientôt en fin de contrat.

À la pause de novembre, il n'y a en fait eu qu'un départ fracassant, celui de Václav Novák, le deuxième meilleur marqueur du championnat tchèque, vers Omsk. Sans lui, on pensait que Liberec était condamné à rentrer dans le rang. Mais les "tigres blancs" ont fait tout le contraire. En battant Ceské Budejovice (2-1) et Litvínov (3-0) ce week-end, ils ont carrément pris la tête du championnat ! Ils mènent un quarté qui s'est détaché et qui comprend aussi le Slavia, Vítkovice et Zlín.

Mais que font les cadors habituels ? Modeste septième, le Sparta Prague a viré pendant la trêve son entraîneur Jakub Sindel et a mis à sa place Frantíek Výborný, l'actuel sélectionneur national de la Slovénie. Il va un peu mieux car il a obtenu hier soir la performance qu'il attendait tant, en gagnant 3-2 sur la glace de Vítkovice grâce à un doublé de Jan Marek.

Encore plus bas, on retrouve le champion en titre Pardubice, pas en position de se qualifier pour les play-offs à l'heure actuelle. Le gardien slovaque Jan Laák s'est en effet blessé, et en son absence, Pardubice a perdu sept matches sur onze. Initialement, il y avait pourtant un autre international dans l'effectif, Adam Svoboda, mais il était parti car il refusait d'être doublure. Aujourd'hui, il revient, car ça s'est mal passé pour lui au Lada Togliatti. D'une part, il y a perdu sa place de titulaire face au jeune Vassili Koshechkin, et d'autre part, il a été forcé de quitter le club russe mis dans la panade par le changement d'actionnaires de son sponsor. Les expériences étrangères de Svoboda (Nuremberg et Togliatti) n'ont pas vraiment été un succès, mais Pardubice est bien content de son retour aujourd'hui. Grâce à ses 33 arrêts sur 34 tirs dans son premier match face à Znojmo, les champions sortants ont renoué avec la victoire.

22/11 Frayeur pour Jirí Fischer

Le défenseur Jiri Fischer, membre de l'équipe tchèque championne du monde, a été victime d'un arrêt cardiaque hier soir à Detroit lors de la première période d'un match de NHL entre les Red Wings et Nashville. Coéquipiers et spectateurs étaient sous le choc en le voyant s'écrouler brutalement près du banc, sans aucun signe avant-coureur, puis être réanimé sur place par le médecin de l'équipe. Transporté à l'hôpital, Fischer est maintenant dans stable et son état ne semble plus inspirer d'inquiétude. Le match a finalement été arrêté, personne n'ayant le "cur" à le reprendre.

Il est néanmoins permis de s'interroger sur les risques encourus sciemment par ce joueur, alors que les médecins des Detroit Red Wings lui avaient diagnostiqué une hypertrophie cardiaque il y a trois ans déjà. Après deux semaines d'arrêt, il avait cependant été autorisé à continuer la compétition à l'issue d'un test d'effort concluant.

On ne peut que penser au sort du hockeyeur letton Sergejs Zoltoks, mort il y a tout juste un an à Minsk dans des circonstances similaires, ou à celui du footballeur camerounais Marc-Vivien Foe, dont le décès avait justement été imputé à une hypertrophie cardiaque. La sagesse dicte parfois de ne pas tenter le diable quand on se découvre une anomalie cardiaque incompatible avec le sport de haut niveau, comme cela avait été le cas de l'ex-international français Romain Carrara.

23/11 La Magnus s'accapare la Coupe

Si le tour précédent a été marqué par les plus grandes surprise de l'histoire de la coupe, les huitièmes de finale ont permis à la Ligue Magnus de rétablir sa suprématie. Cette fois, ses clubs s'adjugeront les huit places en quart de finale. Même les réserves n'ont pas troublé l'ordre établi. Dijon, qui a publiquement fait de la coupe un objectif, a quand même été mené au premier tiers-temps 0-1 avant de s'imposer 8-2. Les jeunes du Mont-Blanc n'ont pas tenu non plus contre Villard (7-0). Mais les équipes premières, elles, sont passées. Amiens a gagné 6-2 au Havre et le Mont-Blanc est allé battre chez lui un autre club de Magnus, Gap, avec un triplé de sa dernière recrue finlandaise Jani Pollari (5-1).

Même La Roche n'a pas pu rééditer son exploit, logiquement dominé par Angers 1-6. Et Montpellier, attendu face à Anglet, n'a pu y croire qu'un tiers-temps avant de s'incliner devant plus fort que lui (1-5). Étrangement, la victoire qui a mis le plus de temps à se dessiner est celle de Rouen, pourtant à domicile contre un club de division inférieure, qui a vu trois fois Neuilly-sur-Marne revenir au score avant de garder le meilleur (8-5). La première titularisation en match officiel s'est révélée un cadeau empoisonné pour Pierre Pochon devant l'exigent public de l'île Lacroix, qui ne lui a pas épargné des sifflets pour ses erreurs. Malgré la victoire des Dragons, l'essentiel au bout du compte, le jeune gardien a terminé en larmes, réconforté par le manager Guy Fournier.

Grenoble a encore connu une déconvenue supplémentaire en se faisant éliminer aux tirs au but à domicile par Briançon. Cédric Dietrich, qui a eu sa chance comme titulaire à Pôle Sud, était mal placé sur le dernier penalty, que Miroslav Mosnar a donc conclu d'un tir direct. Le débat sur les gardiens devient vif, et Guennelon a évoqué la possibilité d'intégrer des juniors compte tenu des difficultés des deux jeunes titulaires. Éliminé en Coupe Continentale puis en Coupe de France à dix jours d'intervalle, Grenoble n'a plus que le championnat, où il est déjà mal parti, pour sauver sa saison.

23/11 Allemagne : Regensburg en demi-finale de coupe

Pendant que les clubs d'élite ont repris la main en Coupe de France, une équipe de division inférieure s'est glissée pour la première fois en demi-finale de la Coupe d'Allemagne. Ce sont les Eisbären de Regensburg qui, après Francfort et Iserlohn, ont éliminé un troisième club de DEL de suite, leurs homonymes des Eisbären de Berlin, qui sont tout simplement les champions en titre. Cette victoire a pourtant été plus facile que les précédentes (6-1 !), car les hommes de Pierre Pagé sont venus sans quelques-uns de leurs meilleurs joueurs, laissés au repos. Cette tendance à dénigrer la coupe est-elle volontaire de la part des clubs possédés par le milliardaire américain Anschutz, principal instigateur en sous-main de la décision de fermer la DEL aux promotions et relégations ? Certains le pensent, car la coupe est la seule compétition où les équipes de division inférieure peuvent encore côtoyer les clubs de DEL, dont certains souhaitent sa suppression.

Tombeur de l'autre club d'Anschutz Hambourg au tour précédent, Munich n'a rien pu faire (0-4) face à Düsseldorf emmené par l'Américain Peter Ferraro et par le néo-international allemand Marian Bazany (ex-Strasbourg). Bietigheim-Bissingen, troisième club de deuxième Bundesliga en quart de finale, s'est lui aussi incliné contre Mannheim (1-2). Quant à l'unique rencontre entre clubs de DEL, elle aurait pu permettre à Augsbourg, mal en point en championnat avec onze défaites consécutives malgré le récent changement d'entraîneur (Paulin Bordeleau a succédé à Randy Edmonds), de s'offrir un bol d'air. Elle n'a fait au contraire que renforcer la crise, puisque les Souabes ont perdu sans gloire à domicile (0-1) devant Nuremberg, équipe menée par leur entraîneur de la saison dernière, Benoît Laporte. Une saison conclue à la septième place qui est bien loin aujourd'hui pour Augsbourg, dernier et menacé d'être l'ultime relégué de l'histoire de la DEL.

25/11 Équipe de France : le retour des anciens

Après le retour de Mindjimba qui a vraiment mis l'accent sur l'expérience dans les buts, la dernière sélection de l'équipe de France, pour le tournoi de Briançon à la mi-décembre, a rappelé un autre ancien, l'entraîneur-joueur de Villard-de-Lans Stéphane Barin. Les Ours sont à l'honneur puisqu'on retrouve sous le maillot bleu Luc Tardif junior, qui ne compte pour l'instant qu'une seule sélection puisqu'il s'est blessé lors du tournoi au Danemark début septembre.

L'éviction la plus spectaculaire est celle de Jean-François Bonnard, habituel titulaire indiscutable qui paie le début de saison raté de Grenoble, et de ses vétérans en particulier puisque ses trois collègues défenseurs des Brûleurs des Loups sont bien présents. Bonnard se contente d'une place sur la - longue - liste des remplaçants potentiels. Le terme "réservistes" sera plus approprié, car il y a là une deuxième sélection complète, sans doute dans l'optique du tournoi du Mont-Blanc (d'où la présence de Bordeleau et Treille qui seront libres pendant la trêve de Noël).

Il y a aussi un débutant en équipe de France dans la liste, la surprise du chef Antoine Lussier, qui était déjà apparu chez les Bleus en juniors et qui évolue en LNB suisse à Sierre.

Gardiens : Fabrice Lhenry (Esbjerg, DAN), Antoine Mindjimba (Amiens).

Défenseurs : Vincent Bachet (Amiens), Guillaume Karrer (Anglet), Baptiste Amar (Grenoble), Simon Bachelet (Grenoble), Nicolas Favarin (Grenoble), Nicolas Besch (Rouen), Stéphane Barin (Villard-de-Lans).

Attaquants : Maurice Rozenthal (Villard-de-Lans), Laurent Meunier (Grenoble), François Rozenthal (Amiens), Kévin Hecquefeuille (Grenoble), Jonathan Zwikel (Amiens), Julien Desrosiers (Rouen), Pierre-Édouard Bellemare (Rouen), Antoine Lussier (Sierre, SUI), Brice Chauvel (Amiens), Olivier Coqueux (Rouen), Laurent Gras (Amiens), Alexandre Goncalves (Villard-de-lans), Luc Tardif jr (Villard-de-Lans).

Remplaçants : Cédric Dietrich (G, Grenoble), Eddy Ferhi (G, Anglet), Arnaud Goetz (G, Mont-Blanc), Nicolas Pousset (D, Amiens), Benoît Quessandier (D, Williams Lake, CAN), Sébastien Rousselin (D, Dijon), Jean-François Bonnard (D, Grenoble), Simon Lacroix (D, Angers), Mathieu Mille (D, Morzine-Avoriaz), Lilian Prunet (D, Mont-Blanc), Julian Marcos (A, Amiens), Sébastien Bordeleau (A, Berne, SUI), Damien Raux (A, Caen), David Dostal (A, Esbjerg, DAN), Yorick Treille (A, Genève-Servette, SUI), Cyril Papa (A, Grenoble), Thibault Geffroy (A, Morzine-Avoriaz), Tristan Lemoine (A, Rouen), Alexandre Lefebvre (A, Rouen).

La réserve existe désormais et l'équipe de France est plus évolutive que les années précédentes. Elle le sera d'autant plus qu'il faudra bientôt compter avec les juniors, dont certains ont déjà joué avec les seniors en septembre. Cette fois, ils sont bien entendus sélectionnés dans leur catégorie, pour le Mondial de Bled (Slovénie) où ils retrouveront sur leur route l'Allemagne, sorte d'avant-goût du défi qui attendra leurs aînés à Amiens en avril. Ci-dessous la sélection junior.

Gardiens : Mickaël Gasnier* (West Island, CAN), Joffrey Pingrit (Amiens).

Défenseurs : Antonin Manavian* (Bathurst, CAN), Benjamin Dieude-Fauvel (Chamonix), Yvan Kerneis (Viry-Châtillon), Johann Morant (Grenoble), Jonathan Janil* (Caen), Kévin Igier* (Rouen), Pierre-Antoine Simonneau (Mont-Blanc), Teddy Trabichet* (Grenoble).

Attaquants : Benjamin Arnaud (Gap), Damien Fleury (Caen), Jonathan Avenel* (Caen), Édouard Dufournet (Rouen), Quentin Pépy* (Huddinge, SUE), Yvan Fontana (Rouen), Thomas Decock (Anglet), Teddy Da Costa (Sosnowiec, POL), Clément Masson (Chamonix), Geoffrey Paillet (Amiens), Sacha Treille* (Grenoble), Brian Henderson (Ottawa, CAN).

Remplaçants : Guillaume Richard* (G, Rouen / Le Havre), Maxime Claret-Tournier (D, Chamonix), Alexandre Sucré* (A, Rouen), Erwan Pain* (A, Chamonix), Kévin Maresca (A, Chamonix).

* joueurs de la génération 1987, encore juniors l'an prochain

26/11 Tirage au sort de la Coupe

En prélude au match de Ligue Magnus entre Amiens et Grenoble a eu le tirage au sort des quarts de finale de la Coupe de France. Celui-ci a été aménagé pour réduire les coûts de déplacement, le règlement prévoyant ainsi qu'un club ayant joué le tour précédent à l'extérieur recevrait forcément s'il devait affronter un club ayant joué à domicile. De plus, les clubs ont été répartis en deux zones géographiques. À l'ouest, le tirage a accouché d'un Amiens - Angers et d'un Anglet - Rouen, et à l'est, on retrouvera Villard-de-Lans - Briançon et Mont-Blanc - Dijon. Des affiches qui arriveront très vite, dans dix jours à peine.

Amiens 70% / Angers 30%

Anglet 20% / Rouen 80%

Villard-de-Lans 50% / Briançon 50%

Mont-Blanc 35% / Dijon 65%

26/11 Ligue Magnus : Thinel trop fort

Même nanti de ses huit victoires consécutives, Dijon n'a rien pu faire à l'île Lacroix où Rouen et surtout Marc-André-Thinel. Le lancer puissant du Canadien, auteur d'un quadruplé, aura eu raison des Ducs (6-2). L'avance des Normands se porte à six points car Amiens a fait les frais du réveil de Grenoble. Toujours aussi imprévisibles, les Brûleurs de Loups étaient menés 4-2 en début de troisième tiers-temps mais ils ont remporté la victoire 5-4 face à leurs rivaux picards grâce à Roger Jönsson et Jean-François Bonnard.

Briançon occupe maintenant la troisième position car Villard-de-Lans a concédé sa troisième défaite de suite. Il fallait s'attendre à ce que Morzine-Avoriaz, battu 0-5 à l'aller, cherche à prendre sa revanche. Les Pingouins y sont parvenus grâce à des doublés de Marc Billieras et même de Johan Forsander (5-2). Signe d'un retour sur les traces de la dernière saison ?

Si cette journée est marquée par l'échappée rouennaise, elle voit aussi un trou se creuser en bas de classement avec quatre équipes nettement décrochées. On retrouve dans le lot les trois promus, Chamonix, défait 8-3 à Briançon avec trois buts de l'ailier slovène Edo Terglav, le Mont-Blanc, battu 5-3 à Angers avec un triplé du centre canadien Jonathan Bellemare, et Caen, dont le gardien Robert Marton a concédé en même temps le but décisif de Karrer et une pénalité de match à six minutes de la fin à Anglet (4-2). Le quatrième larron est Gap, qui ne décolle toujours pas de la dernière place et dont la situation est plus inquiétante. Les Rapaces ont pourtant gagné la première période 2-0, mais ils ont encore perdu 2-5.

26/11 Division 1 : Courbevoie rechute

Depuis le début des matches retour, Courbevoie avait semblé jouer à son niveau et retrouver une place plus conforme à ses ambitions. Est-ce l'excès de confiance dont le COC est coutumier face à ses voisins ? En tout cas, il a été puni à domicile (4-7) par Le Vésinet, qui s'approche de plus en plus de la qualification. Courbevoie a perdu la précieuse quatrième place au profit d'Amnéville, qui a pourtant eu très peur. Les Mosellans ont été menés 5-3 à Cergy, tout près de sa première victoire, avant d'arracher un succès 6-5 à la dernière minute par Lubomir Baranok. Le Courbevoie-Amnéville de la dernière journée risque d'être décisif.

Puisque c'est la soirée des quadruplés, mentionnons celui de Kris Knoblauch pour Neuilly-sur-Marne contre Asnières (9-4). Dunkerque et Neuilly-sur-Marne sont maintenant mathématiquement qualifiés. Dans le sud, Strasbourg l'est aussi, après avoir dégoûté le nombreux public de Lyon (10-3). Cela ne saurait tarder pour Annecy (4-3 contre Limoges) et Montpellier (4-2 devant Annecy).

26/11 Division 2 : Ocelka, toujours plus

Pour ne pas laisser les quatre buts de Marc-André Thinel sans réponse, les buteurs de division 2 se devaient de réagir. Engagé depuis seulement une dizaine de jours à Nice, John Sarno a lui aussi inscrit quatre buts chez les Français Volants (10-3). Mais il s'est fait voler la vedette par un de ses coéquipiers de l'an dernier à La Roche-sur-Yon. Juraj Ocelka aime beaucoup affronter Meudon pour gonfler ses compteurs. À l'aller, il avait marqué quatre buts et deux assistances, et cette fois, il a lui-même mis six buts !

La dixième journée de D2 a aussi été celle de la première victoire du champion de D3 Champigny-sur-Marne. Une victoire éclatante sur l'ACBB (5-0) qui écarte définitivement Boulogne-Billancourt des prétendants à la qualification. Il ne reste plus qu'une équipe sans victoire en division 2, et c'est Cholet. Pourtant, dans leur match avancé joué hier contre Nantes, les Dogs auraient bien pu l'emporter, notamment sur un but refusé à cinq minutes de la fin pour un joueur dans la zone. Mais malgré leur grosse pression sur la fin, ils ont dû se contenter d'un nul à l'issue d'une rencontre houleuse (1-1).

À l'est, derrière le leader Nice, la lutte pour la poule finale est circonscrite entre quatre équipes pour trois places. Après la victoire de Belfort sur Amiens II (5-2) et le nul entre Chambéry et Reims (1-1), ces quatre équipes se tiennent en un point et sont plus au coude à coude que jamais. À l'ouest, les choses se décantent un peu plus. En baissant à nouveau pavillon chez sa bête noire Le Havre (6-4), Toulouse-Blagnac, pourtant candidat à la montée, est en mauvaise posture avec un déplacement à venir à Tours, dominateur à Bordeaux (5-1) et déjà mathématiquement qualifié.

28/11 Bozon ne reviendra pas

Les rumeurs du retour de Philippe Bozon au Genève-Servette ont été de plus en plus insistantes ces dernières semaines, et l'entraîneur Chris McSorley, dont l'équipe traverse une mauvaise passe, aurait grandement apprécié de retrouver son leader. Mais le Boz' a pris sa décision, il ne tentera pas le diable avec un nouveau retour à la compétition, il l'a expliqué lui-même dans les colonnes du Matin : "Je ne reviendrai pas au jeu. Même si j'ai retrouvé une bonne condition lors des entraînements, voilà deux jours que j'ai mal au dos. Mon travail avec le Mouvement juniors est passionnant, et il nécessite un investissement important. Je me connais... Si j'étais revenu avec la première équipe, je me serais impliqué à 100%, je me serais mis de la pression. Or il est difficile de concilier toutes ces activités si on veut les accomplir le plus sérieusement possible. L'envie était là. Mais la raison a pris le dessus sur l'envie."

29/11 Ligue Magnus : le peloton se resserre

On pouvait craindre le pire pour Caen, qui recevait Rouen devant les caméras de France 3 Normandie après avoir pris 11-0 à l'aller. Les Drakkars étaient en effet privés de leur gardien titulaire Robert Marton, ce qui promettait une longue soirée à sa doublure Jérôme Salley, qui était rentré à la mi-match à l'aller. Une très longue soirée, a-t-il dû se dire, quand les Dragons ont mené 3-0 après un peu plus de six minutes. Mais les jeunes Caennais se sont bien battus, avec la gnac qu'on leur connaît, à l'image de celle d'Arnaud Hascoët auteur d'un doublé, et le score final a été honorable. Les onze buts ont été mieux répartis qu'à l'île Lacroix (3-8).

Les Grenoblois ont remporté le derby isérois contre Villard-de-Lans (4-2) et se replace excellemment si l'on considère qu'ils ont deux matches en moins. Entre le quatrième Dijon (qui jouera son match demain contre Chamonix) et le dixième Grenoble), il n'y a que deux points d'écart ! Dans ces conditions, les crises peuvent se faire et se défaire... Dans ce paquet, il y a deux catégories d'équipes. D'un côté les irrégulières, à commencer par Morzine-Avoriaz, qui a fait une rechute ce soir. De nouveau léthargiques, les Pingouins ont regardé passer les contres d'Anglet (3-6). De l'autre, les régulières à leur manière, comme Épinal, qui avec son abonnement aux prolongations à domicile prend toujours au moins au point. Pas de but dans la mort subite du jour contre Amiens (2-2).

Il suffit donc d'une bonne série pour se détacher. C'est maintenant Briançon qui prend la deuxième place après avoir blanchi Angers 4-0. Et ce peloton très groupé n'est pas irrattrapable pour les équipes de derrière, c'est en tout cas ce dont le Mont-Blanc essaie de se convaincre après sa victoire 3-1 sur la lanterne rouge Gap avec un dernier but en cage vide.

30/11 Ligue Magnus : Dijon et Chamonix satisfaits

Dijon a comme prévu repris deux points d'avance sur le peloton, mais que ce fut difficile. Déjà accrochés à l'aller à Chamonix, les Ducs ont été menés 0-2 à domicile au premier tiers-temps avant de revenir à égalité. Les Chamois ont tenté un coup de poker en prolongation en sortant leur gardien pendant une supériorité numérique. C'est un peu le problème de ce temps supplémentaire où les équipes n'ont rien à perdre si elles n'affrontent pas un adversaire direct. Dijon a ainsi obtenu la victoire en cage vide, et Chamonix repart avec un bon point à l'extérieur, qui lui permet de virer devant Caen et de repasser au-dessus de la barre, en douzième position.

 

 

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