Vous feuilletez rapidement le quotidien et constatez avec grande surprise un article traitant de hockey sur glace. Il y est plus ou moins question d'un tournoi ayant lieu ce soir dans une patinoire de la ville.

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Après avoir pris le soin de convertir vos réserves d'argent en dollars locaux et de vous déguiser afin de passer à peu près incognito, vous vous rendez à l'endroit indiqué dans le journal. Comme vous vous y attendiez, il n'y a pas foule aux abords de la patinoire. Lorsque vous demandez un billet, on vous refoule pourtant :

<<Désolé, monsieur, c'est une manifestation privée.

_ On ne peut pas y assister ? Cet article...

_ Seuls les parieurs ont le droit d'entrer.

_ Ce n'est pas grave, je vais parier.>>

Ils refusent poliment le billet que vous leur tendez.

<<La mise minimale est de mille dollars.>>

C'est beaucoup plus que ce que vous avez pris. Vous vous voyez contraint d'utiliser votre carte de crédit internationale. Et tant pis pour l'anonymat ! Par chance, il est fort peu probable qu'ils connaissent déjà votre nom, puisque même Bettman ne vous a contactés que par l'intermédiaire du nom de votre agence.

Toutes les équipes ont des noms bizarres. Vous vous décidez à miser, au hasard, sur la victoire finale des "Red John's Lumberjacks", tout en vous étonnant de la diversité des paris proposés (identité des marqueurs, minutes de pénalités infligées...), et faites votre entrée dans la patinoire. L'assistance est clairsemée, et on compte presque autant d'agents de sécurité que de spectateurs. A y regarder de plus près, vous vous rendez compte que ce sont pour la plupart des gardes privés chargés de protéger telle ou telle personne.

Les équipes, au nombre de quatre, font successivement leur entrée sur la glace afin d'être présentées, c'est pour vous l'occasion de remarquer qu'il y a très peu d'Asiatiques et que les joueurs semblent pour la plupart être des Nord-Américains. Le speaker mentionne à chaque fois le nom des propriétaires des équipes, apparemment situés dans le public. Ils ne se lèvent pas à l'annonce de leur nom, et tout vous laisse supposer qu'ils sont censés être connus de tous. Il y a néanmoins de nombreux parieurs extérieurs comme vous dans l'assistance, en plus des quatre propriétaires. Les matches se déroulent en seulement deux mi-temps de vingt minutes, les uns à la suite des autres. Vous vous assoupissez bien vite et vous croyez au premier abord que les joueurs sont de faible niveau. Tout bien considéré, certaines de leurs erreurs grossières ne semblent pas être involontaires et vous soupçonnez certains parieurs de s'être assuré le concours de certains joueurs. Vos soupçons semblent être partagés compte tenu des regards croisés dans le public, mais il semble que toutes les équipes soient touchées de manière équivalente et que la corruption soit assez généralisée.

Les "Red John's Lumberjacks" perdent tous leurs matches, mais de toute façon le montant du pari figurera sur votre note de frais. Le speaker annonce ensuite que les deux meilleures équipes vont disputer la finale, à l'issue de laquelle la Coupe Stanley sera remise au vainqueur. Vous sursautez, en espérant n'avoir pas trop attiré l'attention.

La coupe fait son apparition : pas de doutes, c'est la vraie. Elle est accompagnée d'un homme présenté comme le directeur des compétitions, un certain Monsieur Tong. Il était fait mention de lui dans l'article de journal : il était revenu fasciné d'un voyage aux Etats-Unis au cours duquel un de ses partenaires commerciaux l'avait invité à l'ultime manche de la coupe Stanley. Il avait alors décidé d'importer le hockey à Singapour, où il n'était joué que par quelques dizaines de passionnés, et de copier la NHL pour monter une compétition. Il voulait visiblement une copie un peu trop parfaite, puisqu'il n'avait pas hésité à voler la coupe. Il est vrai que ce Tong a, selon l'article, une réputation d'excentrique.

Vous attendez un moment propice pour agir, mais la vigilance des gardes n'est rompue à aucun moment, ni pendant le match, ni durant les célébrations. Puis la coupe est emmenée dans une petite pièce, afin qu'y soient gravés les noms des vainqueurs. Vous frémissez à l'idée de voir les noms de ces mercenaires Canadiens côtoyer ceux des légendes du hockey.

Vous en profitez pour vous emparer de la coupe.

Vous préférez attendre l'arrivée de la cavalerie.