États-Unis - Slovaquie (3 septembre 1996)

 

Match comptant pour le groupe Amérique de la Coupe du monde 1996.

Cette dernière rencontre compte pour du beurre puisque les Américains sont déjà assurés de terminer premiers du groupe, et les Slovaques certains d'être derniers et éliminés. Mais ceux-ci se faisaient peu d'illusions et n'ont pas abandonné l'idée de réaliser un exploit, alors que les États-Unis ne peuvent que montrer leur hockey devant le public de New York, sachant qu'ils auront tout le temps de reposer ensuite en attendant la demi-finale pour laquelle ils sont maintenant qualifiés d'office.

Le match est marqué de bout en bout par la présence de la ligne Tkachuk-Modano-Guerin, qui est en soi un étonnant mélange des genres. En coulisses, Keith Tkachuk et Bill Guerin sont ceux qui mettent l'ambiance dans l'équipe américaine. Celle-ci rit encore de leur démonstration de natation synchronisée dans le jacuzzi, un peu plus tôt dans le tournoi à Philadelphie. Mais sur la glace, ce sont deux joueurs typiques des anciens temps de la NHL, quand les vedettes d'antan alliaient indéniables qualités de buteur et intimidation physique. Tkachuk s'est fait une bonne réputation dans les vestiaires américains en cassant le nez de l'universellement détesté Claude Lemieux contre le Canada. Encadré par ces deux ailiers aux yeux de tueur et aux mises en échec redoutées, Mike Modano fait figure d'intrus. Non pas par son gabarit, qui est tout aussi impressionnant, mais par son style, beaucoup plus technique.

Tkachuk est d'entrée le principal protagoniste de la rencontre. Après seulement 1'48" de jeu, il est pénalisé pour faire trébucher, ce qui permet à Peter Bondra d'ouvrir le score sur une combinaison en supériorité numérique. Avec un but par match, l'attaquant des Washington Capitals a parfaitement rempli son rôle dans cette coupe du monde. Mais il ne fallait pas énerver Tkachuk. Quand Bondra se retrouve à son tour en prison en compagnie de Baca, l'ailier de Phœnix savoure sa revanche et égalise d'une reprise dans l'enclave. Les Slovaques sont désormais quatre, et Doug Weight marque alors en angle fermé. Leurs deux pénalités consécutives ne pouvaient pas faire plus mal. John LeClair, qui avait lui aussi fait un tour dans la geôle un peu après Tkachuk, se rattrape également en marquant un but, en rôdeur devant la cage slovaque.

Le festival de Keith Tkachuk se poursuit en deuxième période avec deux nouveaux buts, sur un tir de haut de l'enclave et un rebond. Et il donne une assistance à Mike Modano qui se fend d'un doublé au dernier tiers-temps. Les Slovaques, qui avaient déjà pris neuf buts en match de préparation, ont droit au même tarif. Cette équipe des États-Unis ne leur réussit décidément pas, et le gardien Roman Mega était dépassé dans ce match. Son vis-à-vis Guy Hebert, qui n'avait été inclus dans l'effectif américain qu'en remplacement de John Vanbiesbrouck blessé à l'épaule, s'en est clairement mieux sorti.

Il y a finalement un seul Slovaque qui gardera un bon souvenir de ce match, c'est Slavomir Ilavsky, le discret attaquant de Košice (qui jouera quelques années plus tard au deuxième niveau français avec Tours). La Slovaquie, qui n'a qu'un nombre restreint de joueurs indiscutables et pas mal de seconds couteaux, a en effet joué ce tournoi avec quinze joueurs de champ fixes, en attribuant systématiquement les trois autres positions, deux en défense et une en attaque, à des joueurs différents. Le seul pigiste à profiter de son unique match pour ouvrir son compteur est Ilavsky, et il l'a fait de manière notable avec un but et une assistance. Par contre les leaders attendus de l'équipe, en particulier le trio de NHL Zednik-Demitra-Satan, ont semblé étonnamment peu impliqués défensivement, eux qui ont pourtant l'habitude de l'intimidation pratiquée par les Américains.

Étoiles du match : *** Keith Tkachuk (USA), ** John LeClair (USA), * Zigmund Palffy (SVK).

Compte-rendu signé Marc Branchu

 

Commentaires d'après-match

John LeClair (attaquant des États-Unis) : "Nous n'avions pas prévu de remporter trois victoires. Nous voulions juste nous qualifier pour le tour final. La chimie de l'équipe est en train se former. Je pense que tout réside dans l'approche. Le coach est arrivé avec un plan de jeu spécifique et une façon de transmettre à chacun. Il est sobre, mais il est direct. Il ne vous met jamais mal à l'aise et vous savez toujours où vous en êtes."

Peter Bondra (capitaine de la Slovaquie) : "Ils sont la meilleure équipe pour le moment. On peut le dire. Ils sont en pleine bourre. Ils jouent bien et ils sont durs défensivement."

Zigmund Palffy (attaquant de la Slovaquie) : "Je pense toujours que les Russes sont encore l'équipe à battre. Je placerais les Américains deuxièmes et les Canadiens troisièmes. La Russie a les meilleurs joueurs, les meilleurs patineurs."

 

États-Unis - Slovaquie 9-3 (3-1, 3-1, 3-1)

Mardi 3 septembre 1996 au Madison Square Garden de New York. 18200 spectateurs.

Arbitrage de Terry Gregson (CAN) assisté de Scott Driscoll (CAN) et Kevin Collins (USA).

Pénalités : États-Unis 18' (8', 4', 6'), Slovaquie 12' (4', 6', 2').

Tirs cadrés : États-Unis 39 (14, 12, 13), Slovaquie 31 (7, 12, 12).

Évolution du score :

0-1 à 02'15" : Bondra assisté de Palffy et Svehla (sup. num.)

1-1 à 05'50" : Tkachuk assisté de Hull et Housley (double sup. num.)

2-1 à 07'13" : Weight assisté de LeClair et Young (sup. num.)

3-1 à 13'34" : LeClair assisté d'Amonte et Leetch

4-1 à 30'16" : Tkachuk assisté de LeClair

5-1 à 32'37" : Schneider assisté de Deadmarsh et McEachern

5-2 à 36'09" : Ilavsky assisté de Plavucha

6-2 à 38'20" : Tkachuk assisté de Modano

7-2 à 44'29" : Otto assisté de K. Hatcher

8-2 à 46'16" : Modano assisté de Guerin et Tkachuk

9-2 à 52'44" : Modano assisté de Leetch

9-3 à 55'38" : Rybovic assisté de Plavucha et Ilavsky

 

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