États-Unis - Suisse (2 mai 1998)
Championnats du monde 1998, premier tour, groupe C.
Douche froide d'entrée
La Suisse dispute son premier Mondial A à domicile depuis 45 ans. Comme à l'époque, elle entre en scène dans un Hallenstadion de Zurich à guichets fermés, une salle chargée d'histoire et indéboulonnable même si le hockey sur glace a beaucoup changé entre-temps.
Si le match de 1953 n'avait connu aucune pénalité, celui-ci est radicalement différent. Après seulement 23 secondes de jeu, les Suisses se laissent entraîner dans une première échauffourée avec les Américains et ils la concluent... en infériorité numérique avec trois joueurs pénalisés contre deux ! La pénalité est tuée mais Martin Steinegger en prend une autre à la quatrième minute, pour retenir. Le capitaine Martin Rauch remporte le gain du palet dans un échange de cross-checks avec Miller derrière la cage et Franz Steffen tente alors une relance dans l'axe qui vise à envoyer Jeannin en contre-attaque, une initiative beaucoup trop présomptueuse... Bryan Smolinski intercepte cette passe en baissant son gant à proximité de la glace et ouvre aussitôt le score à mi-distance d'un frappé court en lucarne, côté mitaine (1-0).
Une double pénalité mineure contre un cinglage de Chris Drury pourrait niveler le score mais il n'en est rien. Quand on revient à cinq, les Américains repassent à l'attaque et il faut avoir recours à la vidéo pour confirmer que le gardien Reto Pavoni a arrêté le palet avant qu'il ne franchisse la ligne. Les avantages numériques se succèdent pour la Suisse avec des obstructions de Weinrich puis de Smolinski. Non seulement elle n'en profite pas mais elle encaisse un but ! Les attaquants Marcel Jenni et Gian-Marco Crameri se laissent tous deux aller derrière la ligne de but au moment où le gardien Garth Snow relance par la balustrade. En deux passes dans la bande, Darby Hendrickson déboule sur l'aile gauche et marque entre les bottes de Reto Pavoni (2-0). Les deux dernières minutes du tiers se passent à 5 contre 4 pour une Nati toujours impuissante.
Les États-Unis, eux, font preuve d'une efficacité insolente. Le second passage en prison de Steinegger est plus expéditif encore que le premier, il dure huit secondes. Smolinski perd pourtant l'engagement, mais travaille à la reconquête de la rondelle puis se détache facilement du marquage de son vis-à-vis Reto von Arx pour recevoir la passe en retrait de Battaglia et se présenter seul devant le but pour battre Pavoni. Smolinski se fait ensuite passeur sur le but de Tom Chorske (4-0)
Une minute plus tard, Kevin Miller et Misko Antisin se font expulser avec une nouvelle bagarre. Les Suisses, qui avaient eu les jambes coupées par le premier but, commencent à se réveiller. Ils débloquent enfin leur compteur en début de troisième période grâce à Martin Steinegger, mais cet effort est réduit à néant quand Pavoni encaisse un nouveau but - de Crowley - entre ses jambières (5-1). Les Helvètes concrétisent - enfin - leur neuvième supériorité numérique. Le défenseur Mathias Seger, monté dans l'enclave, prend le rebond du lancer de la pointe de son collègue Patrick Sutter (5-2). Parrish tire sur le poteau dans la foulée et on en reste là pour le score.
Les Suisses ont largement dominé au nombre de tirs, mais leurs attaquants ont été très décevants. C'est néanmoins surtout le gardien Reto Pavoni qui est pointé du doigt. Ralph Krueger, qui a mis au placard le numéro 1 depuis dix ans Renato Tosio (108 sélections), est interpellé mais répond qu'il est trop tôt pour remettre en cause ses choix. Le parterre de journalistes locaux est peu convaincu. Reto Pavoni jouait pour sa part son 85e match en équipe nationale aujourd'hui et avait donc déjà amplement eu l'occasion de faire, ou non, ses preuves.
Désignés joueurs du match : Bryan Smolinski
et Martin Steinegger
Étoiles du match Hockey Archives : *** Bryan Smolinski
/ ** Tom Chorske
/ * Mathias Seger
Marc Branchu
Commentaires d'après-match :
Jeff Jackson (entraîneur des États-Unis) : "Brian [Smolinski] doit être un des joueur-clés sur la glace pour nous. Il est, d'après les attentes et les expériences passées, la meilleure touche de buteur que nous ayons dans ce groupe. Nous devons nous appuyer sur lui. Il faudra qu'il joue aussi bien que ce soir pour que nous ayons du succès."
Ralph Krueger (entraîneur de la Suisse) : "Notre première moitié de match a été loin de correspondre à ce que nous voulions. La suite peut toutefois nous donner confiance. Ce qui est certain, c'est que ce match nous a réveillés et a montré qu'un résultat positif n'est pas envisageable si tout le monde n'est pas complètement dans la partie. Jamais je n'avais eu une impression aussi fausse avant un match ! Je sentais mes joueurs dans le coup, prêts à tout donner, la volonté était là. Et puis... Ils ont été victimes d'une sorte de blocage issu d'une situation de stress qu'ils n'ont pas su gérer."
États-Unis -
Suisse 5-2 (2-0, 2-0, 1-2)
Samedi 2 mai 1998 à 16h00 au Hallenstadion de Zurich. 10 500 spectateurs.
Arbitrage de František Rejthar
assisté de Pavel Halas
et Milan Mášik
Pénalités :
États-Unis 51' (14', 4'+5'+20', 8') ;
Suisse 45' (8', 8'+5'+20', 4').
Tirs cadrés :
États-Unis 21 (9, 8, 4) ;
Suisse 33 (6, 11, 16).
Tirs non cadrés :
États-Unis 15 (7, 5, 3) ;
Suisse 31 (6, 11, 14).
Évolution du score :
1-0 à 04'08" : Smolinski (sup. num.)
2-0 à 14'28" : Hendrickson assisté de Chorske (inf. num.)
3-0 à 22'45" : Smolinski assisté de Battaglia (sup. num.)
4-0 à 27'03" : Chorske assisté de Smolinski (sup. num.)
4-1 à 41'33" : Steinegger assisté de Von Arx
5-1 à 47'16" : Crowley assisté de C. Drury
5-2 à 49'39" : Seger assisté de Sutter (sup. num.)
États-Unis
Attaquants :
33 Bates Battaglia (+1, 4') - 20 Bryan Smolinski (+1, 6') - 17 Kevin Miller (5'+20')
22 Tom Chorske (A) - 7 Darby Hendrickson - 8 Donald Brashear (-1)
13 Ted Drury (2') - 45 Matt Cullen - 21 Mark Parrish
9 Chris Drury (+1, 6')
Défenseurs :
2 Eric Weinrich (C, +1, 4') - 11 Paul Stanton (+1)
19 Greg Brown (-1) - 38 Michael Crowley
6 Adam Burt (A, +1, 2') - 23 Chris Luongo (2')
Gardien :
30 Garth Snow
Remplaçant : 32 Tim Thomas (G).
Suisse
Attaquants :
9 Mattia Baldi - 32 Franz Steffen - 35 Sandy Jeannin (2')
30 Marcel Jenni (-1) - 17 Gian-Marco Crameri (-1, 2') - 13 Misko Antisin (-1, 5'+20')
8 Claudio Micheli - 24 Michel Zeiter - 19 Peter Jaks (A, 2')
11 Ivo Rüthemann (-1) - 15 Reto von Arx - 18 Martin Plüss (+1)
Défenseurs :
34 Martin Rauch (C, 2') - 5 Patrik Sutter (-1, 4')
7 Dino Kessler (A, -1, 2') - 27 Edgar Salis (-1)
2 Martin Steinegger (+1, 4') - 31 Mathias Seger (+1)
[Kessler] - 16 Mark Streit (-1, 2')
Gardien :
20 Reto Pavoni
Remplaçant : 40 David Aebischer (G).