Canada - Russie (le 29 décembre 2001)

 

Match comptant pour le championnat du monde junior 2001/2002.

Enfin du monde dans la patinoire glaciale de Hradec Králové pour ce match au sommet entre les favoris de la compétition et une équipe bien lotie en talents, mais encore en rôdage. Les Russes ont deux avantages numériques successifs en début de match, mais encaissent un but ridicule : pendant un changement de ligne embrouillé, Steve Ott surgit pour intercepter le palet dans la zone russe, et conclure l'action à deux face au gardien n'est plus qu'une formalité pour Jarret Stoll. Pendant la fin de la pénalité, l'enclave canadienne se transforme en champ de bataille sans que les Russes parviennent à s'en dépatouiller. Après la première des nombreuses pauses publicitaires (trois par période) imposées par la télévision canadienne TSN pour les matches des joueurs à la feuille d'érable, Taratukhin manque l'immanquable : libéré au poteau gauche par une passe de Grigorenko, il croise trop sa reprise au ras de la glace. À une bonne parade de Leclaire sur un tir de Troubatchev succède un jeu de puissance canadien (crosse haute de Svitov) où Cammalleri et Aulin se montrent particulièrement imprécis à l'heure de conclure les actions de leur tandem fonctionnant par ailleurs à la perfection. Mais une rudesse de Grigorenko offre une nouvelle supériorité au cours de laquelle Weiss reprend une passe de la gauche de Spezza et loge la rondelle entre les jambières de Medvedev. Le Canada quitte ainsi la glace avec un avantage logique de deux buts, acquis grâce à un bon jeu de passes en attaque et à une pression défensive qui a étouffé les attaquants russes.

La Russie parvient à revenir à 1-2 en double supériorité dès le retour sur la glace, grâce à Knyazev. Les pénalités coûtent cher aux Canadiens, mais une fois revenus à égalité numérique, ils lancent une rapide contre-attaque qui aboutit à un but refusé pour cause de pénétration dans la zone du gardien. Après 27 minutes de jeu, le jeu de puissance canadien fait encore mouche : après avoir arrêté un premier tir de Schultz, Medvedev effleure le palet sur un rebond de Cammalleri, mais son geste désespéré de la crosse pour empêcher ensuite le palet de glisser lentement vers la ligne de but est mal coordonné. Les Russes contestent ce but, réclamant une faute canadienne. On atteint exactement la moitié du match quand, alors que le palet contré finit sa course dans les tribunes, récupéré par un spectateur, Svitov est étendu sur la glace hors de l'action. Après une discussion avec son assistant, l'arbitre trouve le coupable et siffle deux minutes contre Ott pour une charge incorrecte. À la trente-troisième minute, on savoure un petit festival de Cammalleri : à sa ligne bleue, il prend le palet à un Perezhogin indolent qui semblait le contempler fasciné sans se décider à le jouer, contourne un premier Russe, en dribble un deuxième en zone offensive mais échoue face à un Medvedev, qui remporte un nouveau duel devant Ott. Le roseau russe plie mais ne rompt pas, même quand les Canadiens évoluent avec deux hommes de plus. Quelques secondes après la sortie de prison du premier Russe, Medvedev fait un superbe arrêt de la mitaine devant Spezza. Il reste moins de quatre minutes quand Svitov s'effondre à nouveau, atteint au visage (involontairement semble-t-il) par la crosse d'Upshall, pénalisé deux minutes pour crosse haute. Une minute plus tard, Ott le rejoint en prison pour une obstruction : le 5 contre 3 russe est plus efficace que son homologue nord-américain précédemment, et Polushin réduit le score à 2-3.

A la reprise, les Canadiens sont moins tranchants, alors que les Russes sont en pleine confiance. C'est alors au tour du gardien québécois Pascal Leclaire d'être sollicité, par Suglobov en infériorité, puis par Soin. Mais deux pénalités coup sur coup (obstruction de Nepraiev et faire trébucher de Sapozhnikov) permettent aux Canadiens, pendant deux minutes en double supériorité, de tuer le match. Tyutin sauve une première fois le palet sur la ligne, mais Aulin marque dans la mêlée. La deuxième prison vient de se terminer quand le palet fait son chemin dans la confusion entre la jambière gauche de Medvedev et le poteau. À 5-2, c'en est fini des Russes, qui voient pour couronner le tout Taratukhin expulsé pour une charge dans le dos d'Upshall. Malgré un slap de Colaicovo sur le montant, les Canadiens ne profitent pas de leurs cinq minutes d'avantage. En début d'un dernier poteau de Steve Ott, le score reste donc inchangé. Très convaincants dans le premier tiers-temps, les Canadiens l'ont ensuite été un peu moins mais ont conservé leur avance jusqu'au bout dans un match tendu qui conforte leur statut de favori. Ils s'appuient sur un bon forechecking et sur une agressivité parfois limite, notamment les fautes hors du jeu de Steve Ott, réputé pour être un habitué.

Compte-rendu signé Marc Branchu

 

Commentaires d'après-match :

Stan Butler (entraîneur du Canada) : "Il ne faut pas croire que nous n'avons plus d'adversaires, la Finlande, la Suisse, la Russie ont de bonnes équipes, les Tchèques que j'ai vus jouer hier aussi. Le quart de finale est le piège par excellence."

Jared Aulin (élu meilleur joueur du Canada) : "Les deux formations étaient nerveuses et c'est pourquoi le match a été si rugueux."

Vladimir Plyuschev (entraîneur de la Russie) : "Notre équipe a joué 36 minutes en inférorité avant-hier. Nous étions sous le choc et nous ne nous en sommes toujours pas remis. Les Canadiens étaient meilleurs que nous dans tous les domaines, notamment les crachats sur l'adversaire. Il y a malheureusement eu beaucoup trop de provocations."

Aleksandr Svitov (élu meilleur joueur de la Russie) : "Le Canada a encore montré qu'il était le favori, on savait que c'était une très bonne équipe. On a pris trop de pénalités et les infériorités ont usé nos forces."

Anton Voltchenkov (défenseur de la Russie) : "Sur le premier but, ce fut bien sûr une grosse erreur de nos défenseurs Tyutin et Knyazev d'avoir regagné le banc sans prêter attention à Stoll. [...] Face au Canada, il fallait nous attendre à un jeu malsain. Notre plus gros problème aujourd'hui a été les pénalités. Nous devrons changer cela demain afin de gagner à nouveau."

 

Canada - Russie 5-2 (2-0, 1-2, 2-0)

Le 29 décembre 2001 à 15h30 à Hradec Králové. 4600 spectateurs.

Arbitres : Martin Homola (TCH) assisté de Milos Badal (TCH) et Valeri Gotsoulia (BLR).

Pénalités : Canada 24' (6', 14', 4'), Russie 45' (4', 8', 8'+5'+20').

Tirs : Canada 26 (5, 11, 10), Russie 28 (9, 11, 8).

Évolution du score :

1-0 à 04'09" : Stoll assisté d'Ott (inf. num.).

2-0 à 14'04" : Weiss assisté de Spezza et Kobasew.

2-1 à 20'50" : Knyazev assisté de Tchistov (double sup.num.).

3-1 à 27'11" : Cammalleri assisté de Boyes (sup. num.).

3-2 à 38'19" : Polushin assisté de Frolov (double sup.num.).

4-2 à 48'09" : Aulin assisté de Hamhuis(double sup.num.).

5-2 à 49'37" : Kobasew.

 

Canada

Gardien : Pascal Leclaire.

Défenseurs : Mark Popovic - Nick Schultz ; Jay Bouwmeester - Dan Hamhuis ; Jay Harrison - Carlo Colaicovo ; Nathan Paetsch.

Attaquants : Mike Cammalleri - Brad Boyes - Jared Aulin ; Scottie Upshall - Jason Spezza - Chuck Kobasew ; Garth Murray - Stephen Weiss - Rick Nash ; Steve Ott - Brian Sutherby - Jarret Stoll ; Jay McClement.

Russie

Gardien : Andreï Medvedev.

Défenseurs : Fedor Tyutin - Igor Knyazev ; Maksim Kondratiev - Vladimir Korsunov ; Anton Volchenkov - Denis Grebeshkov ; Vladimir Sapozhnikov - Andreï Zabolotnev.

Attaquants : Stanislav Tchistov - Aleksandr Svitov - Youri Troubatchev ; Igor Grigorenko - Andreï Taratukhin - Aleksandr Perezhogin ; Aleksandr Frolov - Ivan Nepraiev - Aleksandr Polushin ; Aleksandr Suglobov - Sergueï Soïn - Rouslan Zainoulline.

 

 

Retour aux Championnats du monde juniors