France - Danemark (10 novembre 2002)

 

Match comptant pour l'Euro Hockey Challenge 2002/2003 (trophée Olivier-Lesieur 2002).

Mikael Lundström, le coach du Danemark, disposait quasiment de son équipe-type pour ce tournoi. Notamment de ses "Suédois" Peter Hirsch devant la cage, Jesper Duus, dieu vivant danois, et Jesper Damgaard à l'arrière. Les redoutables attaquants jouant aussi en Elitserien suédoise, Morten Green et Jens Nielsen, ainsi que les hommes en forme du moment, Ronny Larsen et Lasse Degn, étaient aussi présent. C'est peut-être ce qui explique la première place remportée par son équipe.

Une équipe au plus gros gabarit, mais moins rapide qu'à l'habitude, sachant utiliser les erreurs adverses comme Ronny Larsen, le deuxième meilleur marqueur du championnat danois. L'ailier ne prit aucun gant, profitant d'une glissade bleue pour tromper en face-à-face Fabrice Lhenry qui retrouvait son poste de titulaire (0-1 à 0'31). Les Français pouvaient réagir une minute plus tard en supériorité mais aucun lancer n'arrivait sur la cage adverse (3'22). Les espaces étaient bien cloisonnés par les coéquipiers de Christoffer Kjaergaard jusqu'à ce que François Rozenthal s'extirpe à la ligne bleue, bien trouvé par Benoît Paillet. Mais l'Amiénois ne parvenait pas à vaincre son duel avec Peter Hirsch (7'31). Après que les joueurs d'Heikki Leime eurent tué une infériorité sans qu'aucun tir ne soit cadré par les Danois (12'05), il ne se passait pas grand chose sur la glace où aucune équipe ne dominait vraiment.

Le deuxième tiers fut (trop) animé en pénalités. Pas moins de quatorze en tout ! A tel point que la table de marque était débordée, annulant les prisons en cours et restituant d'autres achevées. Dans l'histoire, les Danois ont joué dix bonnes secondes en plus avec un joueur de moins (35'41)... Si les Français résistaient bien en infériorité, hélas ils se montraient improductifs dans les jeux de puissances pourtant efficaces hier soir contre les Lettons. Heureusement, ce n'est pas sur cet imbroglio chronométrique de la mi-match que les Français ont obtenu l'égalisation. C'était avant, peu après une chance réelle de Laurent Gras détournée par le cerbère d'en face (23'44). A l'instar d'Arnaud Briand, la veille contre la Lettonie, ce fut un but plein de spontanéité. Benoît Paillet grattait un palet dans les patins danois et dans le haut de l'enclave, l'ailier décochait un lancer soudain qui trompait l'imperturbable Hirsch (1-1 à 24'23).

La dernière période a été mieux jouée. Les Français plus volontaires l'auront largement dominée mais les contres danois se sont montrés très dangereux. Fabrice Lhenry y a excellé devant Lars Molgaard (44'14) et Thor Dresler (56'00). Il y a joué les épouvantails face à Ronny Larsen, le buteur de la première minute, (51'35) et Jens Nielsen en breakaway (50'42). Sans oublier son panache anéantissant une autre occasion danoise (48ème). Coté Français, on citera le but logiquement refusé (43'37) et le breakaway de Laurent Gras (57'43).

Une prolongation de mort subite, la troisième en trois rencontres, allait se jouer. Une de perdue, une sans vainqueur, une... autre sans vainqueur malgré un coup d'éclat de Laurent Gras dans les cinq premières secondes.

L'équipe de France termine dernière de la poule sans avoir démérité. Le jeu est correct, ils n'ont jamais été dépassés. L'engagement est bon, le cur est là mais les Bleus commettent trop de fautes et sont encore trop irréguliers en supériorité pour maîtriser les adversaires de son niveau.

Sur un plan individuel, Laurent Gras, mis à part une "erreur fatale" contre l'Italie, a été le Français le plus en vue. Sur la même ligne, Brice Chauvel a été irréprochable, jusqu'à être buteur. Pour continuer dans les novices, Benoît Paillet a été dans les plus réguliers et les plus efficaces dans les deux sens de la patinoire. Arnaud Briand a beaucoup et bien travaillé, sur un trio qui a eu énormément de mal. Hormis ses quatre pénalités, Jonathan Zwikel a été la locomotive de l'équipe. François Rozenthal a été égal à lui-même sans bonus et Richard Aimonetto irrégulier. Les autres attaquants ont eu plus de difficultés. Derrière, Jean-François Bonnard, "le voltigeur", a été rassurant et efficace. Ce joueur est primordial. Mathieu Mille, son compère de ligne néophyte, a su se mettre au niveau de son bloc. Il est dommage que les bons rendements de Nicolas Pousset et d'Allan Carriou soient entachés d'un grand nombre de prisons alloués, respectivement quatre et cinq. Les autres défenseurs ont été moins en forme. Les gardiens, Fabrice Lhenry et Christophe Burnet, ont sauvé leur camp à plusieurs reprises. Ils ont fortement contribué soit par leur régularité, soit par leurs exploits aux trois matches (de soixante minutes) sans défaite des Bleus.

Compte-rendu signé Thierry Frechon

 

Interviews d'après-match

Laurent Gras, quelle analyse faites-vous de ces trois matches ?

Laurent Gras : Nous n'avons sans doute pas réussi le tournoi que l'on aurait pu faire. Les matches contre l'Italie et le Danemark sont des matches que l'on doit gagner. Nous sommes meilleurs qu'eux sur beaucoup de phases de jeu, nous devrions marquer contre ce type d'adversaires mais nous n'avons pas mis les palets qu'on devrait mettre au fond. C'est un peu dommage... Néanmoins, nous avons des bonnes périodes où nous jouons très bien, où nous dominons les équipes adverses, mais nous ne marquons pas. C'est notre problème. Nous ne marquons pas assez en période de domination et cela nous a coûté les matches.

Et en dehors des résultats bruts ?

Laurent Gras : Au niveau du jeu, dans l'ensemble, le tournoi est positif. Il y a beaucoup de jeunes à l'essai et sur l'ensemble du tournoi, il y a de bonnes choses à retenir.

Sur le plan individuel, vous avez été un des meilleurs Français, qu'en pensez-vous ?

Laurent Gras : Je ne sais pas si j'ai été un des meilleurs Français. Il me semble avoir fait un tournoi correct. Par contre ce soir, j'ai deux ou trois palets que je ne mets pas, c'est le coté négatif de ma prestation. Mais sur l'ensemble des matches, j'ai fais ce que l'on m'a demandé - et peut-être un peu plus - donc je suis assez content de moi.

Le fait de jouer avec Brice Chauvel et Richard Aimonetto, est-ce nouveau ?

Laurent Gras : Non, nous avons déjà joué ensemble, nous avons des petits automatismes. En plus Richard (Aimonetto), comme moi, a joué à Chamonix, nous nous connaissons depuis longtemps et le courant passe bien entre tous les trois. Nous avons bien assimilé le système de jeu de l'équipe nationale. Nous avons sans doute certaines facilités par rapport à aux lignes où il y a des nouveaux et des jeunes. Nous, nous n'avons pas ce problème sur la ligne. Nous avions déjà l'expérience du système et nous avons pu bien jouer tout de suite et toute la ligne a bien performé pendant tout le tournoi.

L'ambition de l'équipe de France, est-ce de monter dans le groupe A dès cette année ou former une équipe avec les jeunes qui sont ici pour les Jeux Olympiques ?

Laurent Gras : Nous n'avons pas eu de consignes précises nous disant que l'on visait la montée, mais depuis deux ans nous (les joueurs) nous la visons, c'est clair. Du coté des joueurs, il n'y a pas de souci, tout le monde est prêt et veut remonter. Beaucoup de joueurs ont connu les championnats du monde groupe A, qui sont totalement différents du groupe B, et tout le monde veut y retourner. Ce ne sera que bénéfique pour le hockey français, pour les joueurs en place et pour ceux qui arrivent. Il faut cette année que nous arrivions à remonter surtout que cette année il n'y a pas de leader dans notre poule. Ce sera une poule homogène avec l'Italie et c'est là qu'il faudra faire la différence. Mais sinon, au niveau des joueurs, il n'y a pas de souci et je pense qu'au niveau du staff, d'Heikki (Leime), des deux entraîneurs, c'est la même chose, ils ont le souhait de remonter, donc de ce coté-là il n'y a pas d'ambiguïté.

 

France - Danemark 1-1 a.p. (0-1, 1-0, 0-0, 0-0).

Le dimanche 10 novembre 2002 à 16h30 à la patinoire de Belfort. 1200 spectateurs.

Arbitres : M. Hoscheng assisté de MM. Barbez et Velay.

Pénalités : France 24' (2', 16', 4', 2') ; Danemark 16' (2', 12', 2', 0').

Tirs : France 24 (6, 5, 12, 1) ; Danemark 18 (6, 7, 3, 2).

Supériorités : France 0/5 (0%) ; Danemark 0/8 (0%).

Arrêts : Lhenry 17/18 (94%) ; Hirsch 23/24 (96%).

Évolution du score :

0-1 à 00'31" : Larsen assisté de D.Nielsen et Damgaard.

1-1 à 24'23" : Paillet.

 

France :

Gardien : Fabrice Lhenry (30 ans / 13 sélections)

Défenseurs : Jean-François Bonnard (31/7) - Mathieu Mille (21/0) ; Sébastien Dermigny (21/5) - Vincent Bachet (24/20) ; Allan Carriou (26/9) - Nicolas Pousset (23/10) ; Lilian Prunet (24/0) - Simon Bachelet (25/5).

Attaquants : Brice Chauvel (23/0) - Laurent Gras (26/29) - Richard Aimonetto (29/30) ; François Rozenthal (27/37) - Jonathan Zwikel (27/30) - Benoît Paillet (21/0) ; Guillaume Chassard (25/0) - Arnaud Briand (32/61) - Olivier Coqueux (29/0) ; Géraud Marechal (22/0) - Anthony Mortas (28/33) - Yven Sadoun (23/10).

Remplaçant : Christophe Burnet (21/0) (G). Absent : Maurice Rozenthal (27/45)

Danemark :

Gardien : Peter Hirsch (23/7).

Défenseurs : Jesper Duus (35/7) - Lars Oxholm (31/7) ; Daniel Nielsen (22/5) - Jesper Damgaard (27/12) ; Christian Schioldan (24/0) - Thomas Johnsen (23/17) ; Andreas Andreasen (26/12) - Kristoffer Frederiksen (23/4).

Attaquants : Nicolas Monberg (22/5) - Lasse Degn (25/12) - Mads True (30/12) ; Jens Nielsen (33/22) - Morten Green (21/8) - Ronny Larsen (31/17) ; Mike Grey (27/12) - Lars Molgaard (31/27) ; Thor Dresler (23/5) - Alexander Sundberg (21/3) - Christoffer Kjaergaard (22/0).

Remplaçant : Michael Madsen (G). Absent : Frans Nielsen (18/5).

 

 

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