Metallurg Magnitogorsk - Avangard Omsk (4 avril 2004)

 

Finale de la Superliga russe, première manche.

Le joueur décisif de ce premier match de la finale du championnat de Russie a été, comme on pouvait s'y attendre, Sokolov... mais pas celui qui était prévu. En effet, le gardien Maksim Sokolov, qui n'a encaissé que deux buts lors des six dernières rencontres de play-offs, en a pris quatre ce soir. Deux d'entre eux ont été inscrits par son homonyme Andreï Sokolov, un obscur défenseur de Magnitogorsk pas habitué à être en haut de l'affiche...

Pas tout à fait si obscur, en vérité, ce sans-grade, puisqu'il faisait partie de l'équipe du Kazakhstan qui avait atteint à la surprise générale les quarts de finale des Jeux Olympiques de Nagano en 1998. Andreï Sokolov a depuis longtemps pris un passeport russe pour pouvoir jouer au Metallurg Magnitogorsk quels que soient les aléas des règlements sur les étrangers. Il a connu de nombreuses blessures, notamment cette saison, et a souvent joué bandé de partout. C'est un fidèle parmi les fidèles du club, qui a l'intention de rester dans l'Oural après la fin de sa carrière. Il a participé à la période dorée de Magnitogorsk (sous l'ère Belousov, aujourd'hui entraîneur d'Omsk), où il se distinguait par la qualité de sa première passe, dans la grande tradition soviétique. Ses relances permettaient souvent d'envoyer Aleksandr Koreshkov directement en breakaway, mais aujourd'hui ce sont ses qualités de buteur, plus que de passeur, qui ont été mises en avant.

En tout cas, cette finale qui a eu un héros inattendu a commencé avec d'excellentes inattentions de part et d'autre. S'il est vrai que le jeu du vainqueur est souvent pris en exemple et copié la saison suivante au point d'influencer le style d'un championnat, alors c'est de très bon augure pour la Superliga de retrouver en finale les deux formations les plus offensives du pays est une indication très favorable. Les équipes sont allées de l'avant, elles ont cherché à construire leur jeu et non à détruire celui de l'adversaire. La finesse a éclipsé la rudesse, et les cinq buts valent tous le coup d'il. Comme quoi le haut niveau et la victoire ne sont pas incompatibles avec le plaisir esthétique du spectateur.

Mais si Omsk a souvent imprimé son rythme et sa volonté à la rencontre, les meilleures occasions ont été en faveur de "Magnitka". Le Metallurg a été plus collectif et il a parfaitement suivi le plan de jeu de son entraîneur. Les deux lignes de rêve de l'Avangard, la russe et la tchèque, n'ont pas réussi à peser sur le match. La ligne des frères Koreshkov a notamment pris le dessus sur le premier bloc d'Omsk, celui de Prokopiev.

 

Commentaires d'après-match

Andreï Sokolov (défenseur de Magnitogorsk) : "La dernière fois que j'avais réussi un doublé, c'était en EHL contre MoDo, en janvier 2000. Franchement, même moi je ne m'attendais pas une chose pareille ! Deux buts dans une finale ! Sur le premier but, je ne cherchais pas tant à marquer mais plutôt à faire une passe pour la déviation de Vaic. Mais le palet a ricoché sur le patin d'un défenseur d'Omsk et s'est retrouvé dans les filets. Sur le deuxième but, j'ai visé la cage, j'avais vu qu'un partenaire faisait écran sur le gardien. Je pense que c'est notre discipline de jeu qui a fait la différence. Nous nous sommes créé plus d'occasions et nous ne leur avons rien cédé."

Valeri Belousov (entraîneur d'Omsk) : "Nous avons perdu car notre adversaire nous était supérieur dans le mouvement. Mais dans une finale il faut oublier le résultat le plus vite possible. C'est ce que j'ai dit aux joueurs dans les vestiaires, nous préparons le match de demain. J'ai toujours dit qu'il ne fallait pas porter la faute sur les gardiens. Maksim a supporté une énorme charge au cours de la saison régulière, il nous a sauvé à plusieurs reprises. Et pendant les play-offs, ses services rendus ont été incalculables. Aujourd'hui, il a fait un match moyen, mais c'est un gardien expérimenté et il saura revenir."

 

Metallurg Magnitogorsk - Avangard Omsk 4-1 (2-1, 1-0, 1-0)

Dimanche 4 avril 2004 au palais des sports de glace Ivan-Romazan. 4100 spectateurs.

Pénalités : Magnitogorsk 4' (2', 0', 2'), Omsk 8' (2', 2', 4').

Tirs : Magnitogorsk 36 (13, 10, 13), Omsk 23 (7, 6, 10).

Évolution du score :

0-1 à 01'57" : Khatseï assisté de Baranov et Ryabykin

1-1 à 09'24" : A. Sokolov assisté de Kudermetov et Vaic

2-1 à 15'20" : A. Sokolov assisté de Kudermetov et Klimentiev (sup. num.)

3-1 à 28'04" : Gusmanov assisté de Davydov et E. Koreshkov

4-1 à 49'23" : Arekaïev assisté de Pestunov et Tertyshny

 

Metallurg Magnitogorsk

Gardien : Norm Maracle (7,5).

Défenseurs : Sergueï Klimentiev (6,5) - Andreï Sokolov (7,5) ; Nikolaï Ignatov (6) - Oleg Davydov (6,5) ; Evgueni Varlamov (5) - Vitali Atyushov (5,5) ; Martin Cech (6).

Attaquants : Valeri Karpov (6,5) - Lubomír Vaic (6,5) - Eduard Kudermetov (7) ; Ravil Gusmanov (7) - Evgueni Koreshkov (6,5) - Aleksandr Koreshkov (6) ; Sergueï Arekaïev (6,5) - Dmitri Pestunov (6,5) - Aleksei Tertyshny (6) ; Sergueï Ossipov (5,5) - Aleksei Kaïgorodov (5) - Evgueni Gladskikh (5,5).

Gardien remplaçant : Igor Karpenko. Absents : Andrej Nedorost (étranger surnuméraire), Evgueni Malkin (blessé).

Avangard Omsk

Gardien : Maksim Sokolov (5,5).

Défenseurs : Dmitri Ryabykin (5,5) - Yuri Panov (5) ; Igor Nikitin (5) - Oleg Tverdovsky (5,5) ; Oleg Orekhovsky (6,5) - Vladimir Antipin (6).

Attaquants : Dmitri Zatonsky (4,5) - Aleksandr Prokopiev (5) - Maksim Sushinsky (4,5) ; Tomá Vlasák (5,5) - Pavel Patera (5) - Jaroslav Bednar (5,5) ; Dmitri Subbotin (6) - Anton Kurianov (5,5) - Sergueï Krivokrasov (6) ; Vitali Semenchenko (5,5) - Evgueni Khatseï (6,5) - Konstantin Baranov (6).

Gardien remplaçant : Alekseï Kuznetsov.

NB : Les notes entre parenthèses (sur 10) sont celles attribuées par le quotidien russe Sport-Express.

 

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