Grenoble - Rouen (5 février 2005)
Match comptant pour la première journée de la poule finale du championnat de France cadets élite.
C'est avec une affiche de gala que débutent les phase finale du championnat cadets : Grenoble et Rouen ont en effet survolé la première phase dans leur secteur respectif au point de faire carton plein sur l'ensemble des matches qu'ils ont disputés. C'est donc avec une certaine impatience que les uns et les autres attendaient ce premier affrontement nord-sud qui devait permettre d'y voir un peu plus clair dans la hiérarchie hexagonale.
Et ce sont les jeunes Brûleurs de Loups qui attaquaient le match le plus fort : on jouait depuis moins de trois minutes lorsque Mathieu Leblond décalait Clément Boguet qui ouvrait le score (1-0, 02'57"). Un début idéal pour les joueurs de Fabrice Texier qui pouvaient accroître leur avance sur une double supériorité numérique rouennaise concédée par la paire défensive rouennaise Manavian-Igier. Mais Grenoble cafouillait son hockey en supériorité et ne parvenait guère à inquiéter le portier normand Guillaume Richard. Au contraire Agostini parvenait même à s'échapper tout seul en break, mais il butait sur Lucas Normandon. Les pénalités ses succédaient sans qu'aucune des deux équipes ne parviennent à en tirer profit. En fin de tiers, Rouen se trouvait à son tour en double supériorité numérique. Mais pas plus que leurs hôtes plus tôt dans le tiers, ils ne parvenaient à faire la décision. Ils se voyaient même refuser un but à cause de la présence d'un joueur rouennais dans le slot.
Si la première période avait été plutôt équilibrée, la deuxième vit les "Nordistes" prendre le pas sur les "Sudistes". Rouen, désireux de revenir au score, exerçait une très grosse pression sur les cages de Normandon qui s'en tirait à merveille. Mais à force de vouloir trop bien faire, les Dragons, dont la supériorité physique était manifeste, commettaient des fautes qui les conduisaient régulièrement sur le banc des pénalités. Les joueurs d'André Svitac se montraient en effet coupables d'une indiscipline flagrante sanctionnée durement par M. Emerit (10' de méconduite à Bourgaut au premier tiers et à Igier au deuxième). Du coup, les Grenoblois, qui s'étaient arc-boutés autour de leur gardien pendant les dix premières minutes du tiers, continuaient de croire en leur bonne étoile avec ce petit but d'avance. Ils procédaient essentiellement par contres à défaut de pouvoir profiter des situations d'avantage numérique. Un nouveau but refusé à Rouen - toujours à cause de la présence d'un joueur dans la zone du gardien - agaçait profondément les Dragons et faisait monter la tension du match d'un cran. Mais à force de s'énerver, les Dragons perdaient de leur lucidité et il ne s'en fallait d'un rien pour que le duo Leblond-Treille ne creuse l'écart sur un contre en infériorité à la fin du tiers.
Les Rouennais reprenaient sur le même tempo au troisième tiers et après avoir gâché plusieurs occasions en supériorité numériques ils trouvaient cette fois la faille dans cet exercice grâce à Édouard Dufournet qui échappait à la vigilance de la défense de Grenoble et trompait Normandon de près (1-1, 45'58"). Le CHAR ne voulait pas s'arrêter en si bon chemin et essayait de faire la décision. Mais une nouvelle fois l'indiscipline rattrapait les Rouennais lorsque le jeu physique plus que limite de Manavian et Romand les envoyait coup sur coup en prison. Cette nouvelle double supériorité numérique aurait dû permettre aux Grenoblois de reprendre la main mais ces derniers pêchaient trop souvent par excès d'individualisme. La fin de match s'annonçait très chaude, chaque équipe pouvait tour à tour forcer la décision. Encore une fois le jeu des pénalités allait faire basculer la rencontre. Un accrochage entre Bini et Leblond donnait une nouvel avantage numérique à Grenoble et l'indiscipliné Jérémie Romand écopait dans la foulée de sa quatrième pénalité de la rencontre. Troisième double avantage numérique de la rencontre, et cette fois les Brûleurs de Loups ne laissaient pas passer l'occasion : un tir de Simiand était repoussé par Guillaume Richard, mais Tarik Gaillard avait bien suivi et envoyait le palet dans la cage désertée par le gardien rouennais qui n'avait pu se replacer à temps (2-1, 58'36"). Cette fois Grenoble pense bien tenir la victoire mais Rouen joue le tout pour le tout, sort Richard et met la pression sur les cages de Normandon. Une petite échauffourée s'ensuit entre Treille et Trabichet côté grenoblois, et Romand (!) et Manavian côté rouennais. Les quatre protagonistes sont invités à rejoindre le banc des pénalités pour les vingt-cinq dernières secondes du tiers. L'engagement a lieu dans la zone de défense grenoblois, les défenseurs grenoblois reculent un peu trop et laissent Alexandre Sucré ressortir de derrière les cages avec le palet... L'attaquant rouennais arrache l'égalisation à quatre secondes du coup de sirène (2-2, 59'56").
Terrible coup du sort pour une équipe grenobloise qui pensait tenir sa victoire, mais un petit relâchement d'une défense quasi irréprochable tout au long du match a coûté cher au final. Le match nul n'en est pas moins un score logique car les Rouennais ont régulièrement mis sous pression la défense iséroise et ne méritaient pas de repartir avec la défaite. Les cadets normands devront en revanche apprendre à maîtriser leur fougue et leur supériorité physique car les nombreuses pénalités reçues par indiscipline auraient pu coûter cher ce soir si le jeu de puissance grenoblois avait été un tant soit peu efficace. Sur le plan individuel, on retiendra la grosse performance du gardien Lucas Normandon dans les cages grenobloises et l'efficacité du duo rouennais Sucré-Dufournet, plus en vue ce soir que le duo grenoblois Leblond-Treille. Au final on aura assisté à un match d'une grosse intensité qui ne fait que confirmer les ambitions des deux équipes cette saison qu'on devrait sans aucun doute retrouver lors du carré final.
Compte-rendu signé Christophe Laparra
Grenoble - Rouen 2-2 (1-0, 0-0, 1-2)
Samedi 5 février à 18h15 à la patinoire Pôle Sud de Grenoble. 350 spectateurs.
Arbitrage de Philippe Emerit assisté de Alexis Hery et Étienne Sorel.
Pénalités : Grenoble 46' (8', 4', 4'+10'+10'+10'), Rouen 64' (8'+10', 6'+10', 10'+10'+10').
Évolution du score :
1-0 à 02'57" : Boguet assisté de Leblond
1-1 à 45'58" : E. Dufournet assisté de Sucré (sup. num.)
2-1 à 58'36" : Gaillard assisté de Simiand (double sup. num.)
2-2 à 59'56" : Sucré assisté d'E. Dufournet (inf. num.)
Grenoble
Gardien : Lucas Normandon.
Défenseurs : Jérôme Gambier - Teddy Trabichet ; Tarik Gaillard - Alexis Grabit (A) ; Adrien Rol.
Attaquants : Benjamin Simiand - Mathieu Leblond (A) - Sacha Treille (C) ; Bertrand Laugier - Clément Boguet - Yann Diaferia ; Francky Sadany - Mickaël Milliat - Baptiste Frioux.
Remplaçants : Romain Faruggia (G), Kévyn Richard, Maxence Rey, Loïc Lamboley. Absents : Isnel Dupuy, Quentin Bonnet-Eymard.
Rouen
Gardien : Guillaume Richard (sorti à 59'45").
Défenseurs : Antonin Manavian - Kévin Igier ; Maximilien Tromeur - Pierre Lair (A) ; Martin Croguennec - Lucas Bini ; Gautier Petroni.
Attaquants : Alexandre Sucré - Édouard Dufournet (C) - Jérémie Romand ; Mathieu Hottegindre - Quentin Pépy (A) - Peter Bourgaut ; Erwan Agostini - Julien Correia - Lionel Tarantino ; Roman Moreau.
Remplaçants : Armand Vilain Chantrier, Franck Pihan, Thomas Dreyfus. Absents : Roman Quemener, Germain Raimbourg, Antoine Roussel.