Amiens - Caen (30 septembre 2006)
Match comptant pour la quatrième journée de la Ligue Magnus.
Sur le point de revenir au niveau 0 au point de vue comptable, et d'entamer une remontée vers une place plus conforme à leurs ambitions, les Gothiques reçoivent la visite de Drakkars auteurs de performances encourageantes. Si les joueurs du Calvados avaient paru dépassés au cours du match amical disputé sur la petite glace du Coliseum en août, ils semblent disposer de meilleurs atouts, en plus de maillots floqués.
Les Amiénois ne tarderont pas à poser leur empreinte sur les débats, et Sadoun, sitôt la mise au jeu, puis Bachet, curieusement laissé seul devant le but, font passer un premier frisson dans le dos des visiteurs. Miroslav Pazak sert ensuite d'appui à Anthony Mortas, lancé en pleine course, contraignant le portier tchèque à une intervention de la crosse. Après une courte période équilibrée, les Gothiques reprennent leur travail de sape, et les efforts combinés de Julian Marcos et Brice Chauvel permettent à Elie Marcos, non attaqué, d'armer son tir, finalement repoussé par le patin d'un défenseur. Éric Raymond risque quant à lui d'être enfin mis à l'épreuve, lorsque Mortas est sanctionné pour accrocher (11'16). Toutefois, Mickaël Brodin ne peut dévier le lancer de Daniel Socha, et Tomas Nemcicky est lui aussi puni pour obstruction. À forces égales, Amiens est le plus fort, profitant de plus des montées de Benjamin Dieude-Fauvel. Il s'en faut encore de peu que les Gothiques ne parviennent à leurs fins quand Loïc Sadoun feinte le tir lointain, puis s'excentre vers la droite pour trouver une position de tir intéressante... en même temps que le gant de Kudrna. La quatrième ligne amiénoise, de plus en plus utilisée, provoque la faute du géant Schneider, et conséquemment l'ouverture du score. Un décalage de Gauthier pour Mortas permet en effet au capitaine picard de trouver instantanément Miroslav Pazak devant le but, ce dernier ne laissant pas passer sa chance (1-0, 17'21). Ladislav Kudrna n'a pu que retarder l'échéance, laissé à l'abandon par une équipe qui tente de repartir de l'avant mais retombe dans ses travers lorsque Quantin Pépy est à son tour invité sur le banc. La vitesse de Pazak, si elle lui permet de déborder la défense sur un nouveau décalage de Mortas, trouve du répondant avec le portier tchèque, solide dans la cage.
Le deuxième tiers s'initie également bien mal car sitôt Pépy revenu, Nemcicky est puni pour un cinglage sur Jonathan Gauthier, lancé sur la gauche. Bonne nouvelle toutefois pour les Caennais, Kudrna ne craque pas et déjoue par deux fois Laurent Gras, puis le lancer frappé de Brice Chauvel de la gauche, avant de souffler quand son équipe dispose enfin d'une situation de supériorité numérique. Mieux même, les Drakkars ne laissent pas passer leur chance, il est vrai avec un avantage de deux hommes. À l'entrée de la zone, Francis Ballet s'avance et, faute d'opposants, met toute sa force dans un lancer que Raymond ne peut que repousser sur Prosvic, à l'affût (1-1, 24'38). Avec toujours un homme de moins, les Gothiques ne gambergent aucunement, et Gauthier, encore sur la gauche, loge un missile dans la lucarne opposée de Kudrna (2-1, 25'32). Les affaires ne s'arrangent pas pour les visiteurs, et Loïc Sadoun intercepte une passe hasardeuse de Jonathan Avenel, s'échappe et force Kudrna à une parade aussi belle qu'inutile car le palet revient sur Laurent Gras (3-1, 26'21). Le portier normand est encore défié par l'ancien Chamoniard, averti de loin par une passe de Pazak déjouant toute la défense, puis François Rozenthal ne peut le battre en échappée. La hargne de Jaroslav Prosvic paraît bien seule dans une équipe qui semble attendre les unités spéciales pour s'illustrer. C'est le cas lorsque Daniel Socha arme son lancer par deux fois de la droite, avant de trouver l'ouverture sur la troisième salve de manière peu orthodoxe. Le tir lointain de l'ancien Angevin est dévié devant le but, rebondit derrière la cage et revient sur Pierre-Antoine Devin, pour une conclusion aussi confuse que contestée au milieu d'un important trafic devant Éric Raymond (3-2, 33'32). Amiens, mal récompensé, n'abdique pas pour autant, résiste à une nouvelle situation d'infériorité, et Laurent Gras n'hésite pas à défier Schneider dans les bandes pour remettre devant le but une rondelle reprise du revers par Rozenthal, pour une énième intervention de Kudrna.
L'écart d'un but est flatteur pour les Drakkars, adeptes de longues passes vers l'avant, une aubaine pour les Gothiques toutefois vigilants face aux coups de boutoir de Prosvic... Cependant, le gant de Kudrna ne tremble toujours pas, même sur le lancer haut de Sadoun, consécutif au nouveau travail de Gras derrière la cage. Et quand le portier est battu, comme sur la montée de Gauthier, Pazak ne peut trouver le fond des filets. Millar ne pouvant ensuite reprendre le slap de Thomas Roussel et Rozenthal se jouant de Cesnek pour s'en aller viser trop à droite, on sent que cette domination stérile pourrait bien se retourner contre Amiens, incapable de profiter de la pénalité infligée à Gomane pour cinglage (52'53). Caen s'enhardit quelque peu, et Raymond s'illustre du gant sur un lancer lointain de... Jaroslav Prosvic. Les Gothiques sont alors acculés par des Caennais enfin portés vers l'offensive. Mais la sortie de Kudrna, désigné meilleur joueur de son équipe peu avant l'hommage rendu au retraité Antoine Mindjimba, sera sans conséquences sur le score. Pierre-Antoine Devin redirige trop à droite le nouveau lancer de Daniel Socha. Amiens est bien regroupé, ne laissant aucune chance aux Drakkars, sauvés de peu par leur poteau quand Pazak rate de peu la cage vide de très loin.
Désignés meilleurs joueurs du match : Ladislav Kudrna pour Caen et Miroslav Pazak pour Amiens.
Compte-rendu signé Mathieu Hernaz
Commentaires d'après-match
Vincent Bachet (défenseur d'Amiens) : "Pour une fois nous avons fait un très bon début de match mais avons eu du mal à concrétiser. On aurait pu se rendre le match plus facile et Caen a pu garder espoir. Au deuxième tiers, du fait des pénalités, Caen a pu jouer plus haut et recoller, mais dans l'ensemble c'est un très bon match. On aurait pu marquer plus si leur gardien avait été moins en forme ou nos attaquants plus en forme. Notre pressing offensif les gênait. Leur coach les fait bien travailler physiquement, il ne faut pas les minimiser. On a eu le mérite de ne pas leur laisser d'occasions, sauf sur les supériorités numériques. Cela aurait été mieux de ne pas prendre de but. Samedi ce sera un test pas évident car sept joueurs sont appelés en équipe de France, ce qui rendra les entraînements difficiles."
Denis Perez (entraîneur d'Amiens) : "Ce match a été dominé du début à la fin. Leurs deux buts viennent d'infériorités numériques et l'un d'eux est rocambolesque. Au deuxième tiers, le seul côté néfaste vient du fait que les joueurs ont chargé, ont voulu faire le truc de plus, occasionnant des infériorités. Le côté positif est de ne pas avoir pris de contres alors que dans ce genre de matches c'est un risque. C'est un des rares matchs où on a pu jouer à quatre lignes. À un moment les jeunes ont mis la pression, c'est constructif. On gagne tous ensemble. Ce match est très positif car on a amené le jeu où on le voulait, sans réussite. Caen a voulu jouer l'exploit avec de meilleurs étrangers, un meilleur gardien. Leurs résultats sont loin d'être mauvais et la sortie du gardien a été une pression supplémentaire. [...] On attend l'appel, j'espère que l'on va récupérer des points. Il y aura une relation entre les dirigeants et ceux de la Fédération. Cela ne va rien changer pour nous, on a besoin de gagner. Ce qui serait dangereux serait d'être au top maintenant."
Rodolphe Garnier (entraîneur de Caen) : "Nous avons fait des cadeaux à l'adversaire, mais avons su courber l'échine et profiter des occasions. Offensivement nous n'arrivons pas à faire la différence, au premier tiers nous n'avons pas cadré un tir. Il faudra rebondir. Amiens mérite son résultat mais nous prenons des buts bêtes. On essaie de gratter des points, malgré un début difficile avec notamment Rouen et Amiens, mais les gros calibres ne sont peut-être pas ceux que l'on croit. On a pris les points qu'il fallait prendre. Le rythme d'un match par semaine va nous permettre de souffler. L'an dernier nous avions une équipe de D1 qui jouait en élite. Là nous sommes plus solides mais il faudra le prouver en accrochant les playoffs."
Luc Chauvel (attaquant de Caen) : "On a laissé passer notre chance, car même en jouant mal on n'est pas loin d'eux. Le but de la victoire aurait pu être évité. On n'a pas beaucoup d'occasions, de shoots, et ce soir on a beaucoup de réussite, c'est tiré par les cheveux. Notre assise défensive est meilleure mais ne nous permet pas d'avancer en attaque. Le coach a privilégié la qualité à la quantité. Nos joueurs sont plus expérimentés, plus techniques et nos objectifs plus élevés. Nos résultats sont intéressants, mais nous n'avons pas de match-référence. Même à Rouen nous n'avons pas super bien joué."
Amiens - Caen 3-2 (1-0, 2-2, 0-0)
Samedi 30 septembre 2006 à 20h00 au Coliseum. 2450 spectateurs.
Arbitrage de Didier Bocquet assisté de Pierre Dehaen et Benjamin Gremion.
Pénalités : Amiens 10' (2', 8', 0'), Caen 14' (6', 6', 2').
Évolution du score :
1-0 à 17'21" : Pazak assisté de Mortas et Gauthier (sup. num.)
1-1 à 24'38" : Prosvic assisté de Ballet (sup. num.)
2-1 à 25'32" : Gauthier assisté de J. Marcos et Pazak (inf. num.)
3-1 à 26'21" : Gras assisté de Sadoun
3-2 à 33'32" : Devin (sup. num.)
Amiens
Gardien : Éric Raymond.
Défenseurs : Jean-Philippe Glaude - Frantisek Pulscak ; Vincent Bachet (A) - Jonathan Gauthier ; Thomas Roussel - Benjamin Dieude-Fauvel.
Attaquants : Loïc Sadoun - Laurent Gras (A) - François Rozenthal ; Miroslav Pazak - Anthony Mortas (C) - Rob Millar ; Brice Chauvel - Elie Marcos - Julian Marcos ; Nicolas Primout - Lionel Wiotte - Simon Petit.
Remplaçants : Henri-Corentin Buysse (G), Jean-Édouard Petigny, Geoffrey Paillet.
Caen
Gardien : Ladislav Kudrna (sorti à 59'06).
Défenseurs : Michal Cesnek - Daniel Socha (A) ; Alexis Gomane (A) - Tibor Schneider ; Francis Ballet - Frédéric Brodin.
Attaquants : Mickaël Brodin - Tomas Nemcicky - Pierre-Antoine Devin ; Pierre Bennett - Jaroslav Prosvic - Tuomo Määttä ; Jonathan Avenel - Quentin Pépy - Luc Chauvel (C).
Remplaçants : Jérôme Salley (G), Arnaud Hascoët, Cyril Gavalda, Jonathan Janil.