Canada - États-Unis (7 mai 2007)

 

Championnats du monde 2007, deuxième tour, groupe F.

Le Canada a démarré

Pour ce dernier match de poule, les deux équipes s'offrent un sommet pour la première place du groupe. Le Canada reste sur une victoire en prolongations face aux Tchèques. La partie a la particularité d'opposer les deux gardiens des Hurricanes de Carolina, Cam Ward et John Grahame. Une forte coloration Carolina et Saint-Louis des deux côtés... On joue entre amis !

Le spectacle commence très vite dans la Mytischi Arena puisque les troupes d'Andy Murray ouvrent la marque dès la 8e seconde ! Une mise au jeu gagnée, une passe longue à travers la neutre, et Jay McClement s'infiltre plein axe. Sans être attaqué, il lance de la bleue mi-hauteur côté mitaine (1-0). C'est la première fois que le Canada ouvre le score dans le tournoi. Dans la foulée, McClement obtient une pénalité. Stempniak est en effet contraint d'accrocher son coéquipier de club le long de la bande. Grahame doit déjà s'imposer face aux lancers de Phaneuf ou d'Eric Staal. Un Staal plus rapide que les défenseurs dans la neutre et qui se crée un 2 contre 1, slalome et offre un caviar pour Mike Cammalleri (2-0). Les États-Unis sont cueillis à froid et doivent attendre un slalom de Phil Kessel pour un premier tir. S'ils prennent le contrôle du palet, ils ne parviennent pas à se mettre en position de tir.

La partie se joue sur un bon rythme, les présences des frères Staal usent la défense, alors que de l'autre côté c'est Chad LaRose qui tente sa chance côté droit. Un bon jeu de passe canadien décale le controversé capitaine Shane Doan, alors qu'en face Andrew Hutchinson réplique de la bleue. Lorsque le benjamin canadien Jonathan Toews prend deux minutes, le jeu de puissance américain tente de se mettre en place mais la défense bloque tout. Seul Tyler Arnason parvient à inquiéter Ward de près sur un bon jeu à trois. Les frères Staal partent en deux contre deux mais Eric à la réception est repris de justesse par Brandon Bochenski. La ligne Williams-Toews-Armstrong pèse sur la défense, permettant à Dan Hamhuis de lancer de la bleue, avant que le défenseur ne trouve Toews sur une transversale pour un nouvel arrêt. Les États-Unis poussent mais se font piéger en contre. Rick Nash sert Matthew Lombardi d'une belle passe levée pour un but confirmé par la vidéo (3-0). Les vagues continuent, Phaneuf est décalé à droite pour un arrêt de Grahame. Sur la mise au jeu qui suit, Cammalleri devance Pothier pour dévier un tir de la bleue (4-0). Les Américains viennent d'exploser en encaissant quatre buts en un quart d'heure alors qu'ils n'en avaient pris que neuf en cinq matches. Le temps mort demandé ne sert pas à grand-chose, car Eric Staal et Shea Weber insistent. Justin Williams enchaîne et la situation énerve : Ryan Suter brise le bâton de Jordan Staal en deux et c'est un jeu de puissance, durant lequel Grahame sauve son camp face à Staal puis Phaneuf, après un bon jeu de passe. C'est sans contestation possible que le Canada vire en tête 4-0.

À la surprise de tous John Grahame est toujours dans les cages américaines à la reprise. Erik Cole montre la voie avec un premier tir de l'aile gauche. Les duels se multiplient mais les occasions sont rares. La première vraie occasion est l'œuvre d'Erik Johnson, décalé par Chad LaRose entre les cercles. Le premier choix de la draft 2006 s'offre une bonne chance pour sa première présence du match. La partie commence à s'animer : Mayers, Cammalleri et les deux Staal d'une part, Backes et Hall en supériorité. Mais les Américains perdent peu après Erik Cole, touché au genou dans un contact avec Jamal Mayers. Mais c'est bien Cole, pour avoir retenu la crosse avant le contact, qui prend deux minutes ! À quatre contre quatre la vitesse de Kessel fait merveille, créant un tir du revers puis un rebond pour Stempniak. Il reste cinquante secondes de supériorité pour le Canada, le temps de voir Jordan Staal manquer une déviation sur une passe de Williams lancé par Cory Murphy. Une occasion manquée, et c'est logiquement que les États-Unis reviennent à la mi-match, avec un bon décalage pour Kessel à droite, dont le tir est repris par Paul Stastny au rebond (4-1). Ward tient le match dans la foulée face à Arnason puis sur un tir de la bleue. Kessel, virevoltant dans cette deuxième période, se heurte encore deux fois à Ward en face-à-face. Faute de concrétiser c'est un contre canadien cinglant, par une longue passe de Nash qui fait décoller Lombardi pour un slap terrible à l'entrée du cercle gauche (5-1). Il y a des boulevards dans la défense américaine, profitant à Toews sans réussite, alors qu'en face LaRose manque une échappée face à Ward. Ce n'est que partie remise : un petit tir du poignet ligne bleue d'Erik Johnson est dévié dans l'axe par Stempniak (5-2). Le rythme est très élevé, et curieusement le jeu n'est guère physique pour une rencontre nord-américaine... Est-ce dû au fait que les joueurs évoluent ensemble en club ? Ou qu'ils souhaitent se ménager pour les rencontres les plus importantes à élimination directe ? La période s'achève sur une série d'occasions, Armstrong d'une part, Kessel puis Suter de l'autre : Ward fait marcher la mitaine et le score demeure de 5-2 à la pause.

Les États-Unis débutent en supériorité numérique la troisième période, menés par Brian Pothier, qui réalise d'entrée un petit numéro de soliste assez brillant. Ward doit ainsi s'imposer face au défenseur de Washington puis face à Bochenski. De l'autre côté, c'est Jason Bacashihua qui est en poste en lieu et place de Grahame et brille rapidement sur un contre de Cammalleri. Ralph Krueger, présent dans les tribunes, sait déjà qu'il affrontera le Canada car on imagine mal un renversement de situation. La domination est américaine... ainsi que l'indiscipline. Bacashihua fait le travail en infériorité numérique, sauvant un snap shot de Phaneuf puis un tir de Rick Nash au second poteau après un déplacement latéral exceptionnel. Les hommes de Mike Sullivan souffrent et doivent jouer une bonne minute à trois contre cinq, après un changement de ligne tardif sanctionné d'un retard de jeu. Eric Staal, Mike Cammalleri enchaînent, pendant que Chad LaRose manque de piéger Ward sur une sortie à la crosse hasardeuse.

Le jeu est de plus en plus confus et manque de rythme, comme si les deux équipes attendaient la sirène... Du coup, Jonathan Toews en profite pour montrer son talent : le champion du monde junior, encore universitaire, se heurte à Bacashihua, avant que le gardien des Blues ne s'incline pour un triplé de Lombardi, parfaitement servi par Doan de derrière le but (6-2). La défense est décidément bien passive. Les frères Staal manquent le 7e en deux contre un et sont punis dans la foulée par le 3e but américain. Un slalom de Stempniak plein axe profite à Stastny qui devance Cammalleri pour bonifier le rebond (6-3). Les dernières minutes n'ont que peu d'intérêt, Ward sauvant deux palets chauds dont l'un de LaRose, pendant que Jordan Staal manque une échappée en infériorité numérique.

Le Canada s'impose sans trembler, une victoire nette et éclatante de solidité. La Suisse peut trembler... Les États-Unis pourront maudire leur mauvais premier quart d'heure, et ont eu le mérite de ne pas se démobiliser. Du talent certes mais encore de la naïveté en défense, des erreurs à corriger en quarts face aux redoutables Finlandais.

Désignés meilleurs joueurs du match : Matthew Lombardi (Canada) et David Backes (États-Unis)

Compte-rendu signé Nicolas Leborgne

 

Commentaires d'après-match :

Andy Murray (entraîneur du Canada) : "La deuxième période était un peu nerveuse. C'est là qu'un coach réalise que son équipe mène 4-0, que c'est le deuxième match en deux jours et que les gars relâchent un peu l'accélérateur. Ce qui distingue les Suisses des autres pays, c'est que les Suisses essaient de gagner. Ils jouent agressivement. Ils y vont. Ils forecheckent dur."

Mike Sullivan (entraîneur des États-Unis) : "On évalue l'état de notre capitaine Chris Clark jour après jour. Nous nous attendons à l'avoir pour le prochain match. Il semble s'améliorer, et nous espérons qu'il s'améliorera encore plus chaque jour qui passe."

 

Canada - États-Unis 6-3 (4-0, 1-2, 1-1)

Lundi 7 mai 2007 à 20h15 à l'Arena Mytishchi. 5500 spectateurs.

Arbitrage de Milan Minar (TCH) assisté de Yuriy Oskirko (RUS) et Tobias Wehrli (SUI).

Pénalités : Canada 8' (2', 4', 2'), États-Unis 12' (4', 4', 4').

Tirs : Canada 36 (17, 10, 9), États-Unis 34 (7, 13, 14).

Évolution du score :

1-0 à 00'08" : McClement assisté de Commodore et Mayers

2-0 à 02'05" : Cammalleri assisté de E. Staal et Phaneuf (sup. num.)

3-0 à 12'48" : Lombardi assisté de Nash

4-0 à 13'25" : Cammalleri assisté de E. Staal et Hamhuis

4-1 à 29'47" : Stastny assisté de E. Johnson et Backes

5-1 à 35'19" : Lombardi assisté de Doan

5-2 à 37'49" : Stempniak assisté de E. Johnson

6-2 à 51'58" : Lombardi assisté de Doan

6-3 à 53'42" : Stastny assisté de Stempniak et Greene

 

Canada

Gardien : Cam Ward.

Défenseurs : Eric Brewer (A) - Mike Commodore ; Dan Hamhuis - Shea Weber ; Nick Schultz - Dion Phaneuf ; Barret Jackman - Cory Murphy.

Attaquants : Jason Chimera - Jay McClement - Jamal Mayers ; Rick Nash - Matthew Lombardi - Shane Doan (C) ; Mike Cammalleri - Eric Staal - Jordan Staal ; Justin Williams - Jonathan Toews - Colby Armstrong.

Remplaçant : Dwayne Roloson (G).

États-Unis

Gardien : John Grahame puis Jason Bacashihua à 40'00".

Défenseurs : Keith Ballard - Brian Pothier (A) ; Ryan Suter - Matt Greene ; Andrew Alberts - Andrew Hutchinson puis Erik Johnson ; Jack Johnson.

Attaquants : Lee Stempniak - Paul Stastny - Erik Cole (A) [puis Backes] ; Adam Hall - Phil Kessel - Brandon Bochenski ; Nathan Davis - Tobias Petersen - Tyler Arnason ; Chad Larose, David Backes.

Absent : Chris Clark (C, jambe couverte de bleus après le match contre l'Allemagne).

 

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