Autriche - Russie (8 avril 2009)

 

Match international.

Les jeunes envoyés au massacre ?

La Russie arrive à Innsbruck pour la seconde année consécutive après le 9-7 de l'an passé, mais le contexte a un peu changé : elle est maintenant championne du monde, et la ville-hôte vit cette semaine ses dernières chances de voir du hockey de haut niveau puisque le club local s'est retiré de l'élite pour raisons économiques.

Ce qui surprend, c'est l'effectif que l'Autriche aligne face à un adversaire aussi redoutable : six débutants sont en effet envoyés au feu, Schiechl, Bacher, Petrik, Toff et le gardien Starkbaum. Ce qui fait parler, c'est que ses six jeunes sont tous du même club, Villach. Or, c'est le club du manager de l'équipe nationale Giuseppe Mion, et la rumeur veut qu'il cherche à recruter le sélectionneur Carl Bergström pour remplacer Larry Huras, parti à Berne. Les traditionnels reproches de "mafia de Villach" refont surface. En fait, s'il s'agit d'un renvoi d'ascenseur, il y a peut-être une logique bien plus simple : l'équipe nationale s'est entraînée pendant quatre semaines à Villach et a bénéficié des installations du club.

Les supporters autrichiens s'attendent donc à une raclée, compte tenu des absences. Rotter a été opéré à la main cette semaine, Dieter Kalt a subi deux commotions cérébrales, Matthias Trattnig souffre des adducteurs, et Philipp Lukas a déjà déclaré forfait pour les championnats du monde en raison d'une déchirure abdominale. Enfin, toute dernière nouvelle, Patrick Harand est à son tour forfait pour une blessure à l'épaule... ce qui conduit à la nomination de son frère Christoph à sa place. C'est un peu une réplique du septième match de la finale qui a eu lieu dimanche : Patrick avait marqué le but égalisateur pour Salzbourg, mais c'est Chris Harand qui avait le sourire à la fin en ayant marqué le but vainqueur de Klagenfurt. Pour l'instant, les finalistes sont au repos. Ceux de la KHL n'ont pas fini leur saison.

Les Russes ne font pas de cadeau : dès la première minute, le physique Oleg Saprykin envoie valser Andreas Kristler (18 ans) d'une monstrueuse mise en échec. Les attaques se multiplient dans les premières minutes, jusqu'à ce que le défenseur Atyushov déborde sur l'aile et centre pour Maksim Rybin qui trouve la lucarne. Après cette ouverture du score, la suite du premier tiers est hachée de pénalités. Maksim Kondratiev, en particulier, en prend trois en l'espace de dix minutes. Lors de la troisième, qualifiée un peu sévèrement de charge à la tête, que le défenseur russe a arrêté son patinage arrière et a dit "stop" au jeune attaquant Schiechl lancé à toute vitesse face à lui. Quoi qu'il en soit, les Autrichiens n'arrivent pas à s'installer en zone offensive.

La Russie creuse l'écart dès la reprise quand Atyushov reçoit une bonne passe transversale de Sushinsky et bat Starkbaum, masqué par ses défenseurs. Mais quand Oleg Saprykin prend la première pénalité du deuxième tiers-temps, le jeu de puissance autrichien devient plus efficace, et Darcy Werenka a un rebond en cage ouverte. Il ne faut que trente secondes à Sushinsky pour répliquer en reprenant de volée une passe de Mozyakin (1-3). Après ces cinq minutes dynamiques, le rythme décroît de nouveau. Les Russes dominent très nettement grâce à leur avantage technique, mais sans concrétiser. Oleg Tverdovsky trouve toutefois le poteau.

Le gardien autrichien Bernhard Starkbaum, qui a eu le troisième meilleur pourcentage d'arrêts du championnat cette saison (92,5%), réussit sa première sélection en évitant la rouste annoncée.

L'Autriche aurait même pu revenir plus près à huit minutes de la fin pendant une pénalité de Rybin, et grâce à celui dont la présence en sélection avait été la plus critiquée : il faut dire que Benjamin Petrik n'a marqué que 3 points cette saison et n'a trouvé un contrat qu'en deuxième division pour l'an prochain, à Innsbruck justement. Petrik se crée la meilleure occasion, mais échoue sur un Eremenko solide.

Loin du massacre annoncé, les jeunes joueurs de Villach ont insufflé une bonne combativité, avec une mention pour Nico Toff et pour le duo Schiechl-Kristler, bien complété par la vision du jeu du plus expérimenté Setzinger. Le manque de précision des passes autrichiennes était toutefois net face à un adversaire aussi talentueux que la Russie, qui a ramené une victoire tranquille sans avoir donné le maximum.

Désignés joueurs du match : Bernhard Starkbaum pour l'Autriche et Aleksandr Eremenko pour la Russie.

Compte-rendu signé Marc Branchu

 

Commentaires d'après-match

Lars Bergström (entraîneur de l'Autriche) : "La rencontre a montré combien nos jeunes joueurs ont du potentiel. Au début, nous étions un peu passifs. Peut-être avions-nous trop de respect pour l'adversaire. Il ne faut pas oublier que nous avions six débutants, qui ont bien joué. Avec plus d'efficacité, nous aurions marquer quelques buts de plus. Nous nous réjouissons de la prochaine rencontre. Il faut quand même être réaliste. Après quatre semaines passées à s'entraîner, le timing n'était pas encore optimal. Nous devons nous améliorer offensivement."

 

Autriche - Russie 1-3 (0-1, 1-2, 0-0)

Mercredi 8 avril 2009 à 20h30 à la TWK Arena d'Innsbruck. 1800 spectateurs.

Arbitrage de Thomas Berneker assisté d'Ulrich Erd et Christian Kaspar (AUT).

Pénalités : Autriche 24' (10'+10', 4', 0'), Russie 28' (10'+10', 4', 4').

Tirs : Autriche 24 (10, 6, 8), Russie 31 (11, 12, 8).

Évolution du score :

0-1 à 02'08" : Rybin assisté d'Atyushov et Perezhogin

0-2 à 21'43" : Atyushov assisté de Sushinsky

1-2 à 23'54" : Werenka assisté de Schiechl et Unterleggauer (sup. num.)

1-3 à 24'08" : Sushinsky assisté de Mozyakin et Korneev

 

Autriche

Gardien : Bernhard Starkbaum.

Défenseurs : Darcy Werenka - Gerhard Unterluggauer ; André Lakos (-2, 2') - Martin Oraze (-2) ; Philippe Lakos (-1, 2') - Robert Lukas (-1) ; Mario Altmann (2') - Stefan Bacher (2').

Attaquants : Andreas Kristler - Michael Schiechl (2') - Oliver Setzinger (2'+10') ; Michael Raffl (-2) - Roland Kaspitz (-2) - Nicolas Petrik (-2) ; Markus Peintner (-1) - Daniel Oberkofler (-1) - Harald Ofner (-1, 2') ; Christoph Ibounig - Nico Toff - Benjamin Petrik.

Remplaçant : René Swette (G).

Russie

Gardien : Aleksandr Eremenko.

Défenseurs : Maksim Goncharov (+1) - Maksim Kondratiev (6'+10') ; Denis Kulyash (2') - Andrei Zubarev ; Vitali Atyushov (A, +2) - Vitali Proshkin (+2, 2') ; Oleg Tverdovsky (A) - Konstantin Korneev (+1, 2').

Attaquants : Maksim Sushinsky (C, +2) - Anton Kuryanov (+2) - Sergei Mozyakin (+2) ; Oleg Saprykin (2') - Konstantin Gorovikov - Aleksandr Radulov (2') ; Aleksandr Perezhogin (+1) - Aleksei Tereshchenko (+1) - Maksim Rybin (+1, 2') ; Denis Parshin - Piotr Schastlivy - Evgeni Ketov.

Remplaçant : Vassili Koschechkin (G).

 

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