États-Unis - Roumanie (18 février 1980)

 

Jeux Olympiques 1980, groupe bleu.

La poule finale tend les bras aux Américains, mais il faut qu'ils conservent leur concentration face aux adversaires à leur portée. Leur coach Herb Brooks les a mis en garde qu'ils "l'emporteraient dans leurs tombes" s'ils gâchaient cette opportunité miraculeuse. D'autres encouragements proviennent d'une foule désormais nombreuse et bruyante. Les places assises et debout sont toutes remplies. Il a été question que le second gardien Steve Janaszak entre en jeu, mais Jim Craig ne voulait pas être remplaçant et Herb Brooks s'est rangé à l'avis de son entraîneur des gardiens Warren Strelow pour faire pleine confiance à son numéro 1.

C'est la première fois que les Américains remportent la première période dans ce tournoi olympique. Enfin, ils se facilitent la vie par une domination précoce. Le premier but illustre l'introduction d'un jeu plus collectif et européen qu'a entrepris Herb Brooks, c'est un jeu de passes parfait construit par Mark Pavelich : il entre en zone sur le côté droit et fait d'abord un une-deux avec John Harrington en retrait, ce qui lui permet de servir ensuite Buzz Schneider, seul au second poteau dans le dos de Sándor Gál (1-0). Quatre minutes plus tard, sur une action installée, deux joueurs sont au rebond quand Mike Ramsey lance de la ligne bleue, Buzz Schneider et Eric Strobel : ce dernier est plus adroit qu'Előd Antal pour se saisir du palet et fait se coucher le gardien pour lever son palet en angle (2-0).

Les États-Unis prennent une avance de trois buts à la mi-match grâce à Mark Wells sur une passe de la droite de Verchota. Mais trois minutes après, Pavelich part en prison (faire trébucher). Un lancer puissant mais non cadré de Constantin Nistor frappe la balustrade, et le capitaine roumain Doru Tureanu vient prendre le rebond en angle (3-1). L'écart de trois buts est restaurée sur une mise au jeu gagnée par Harrington qui fait la passe entre ses jambes pour un slap de Buzz Schneider qui se loge au-dessus de la botte gauche de Valerian Netedu. Ce but sera le dernier pour le gardien roumain, remplacé par Gheorghe Hutan à la pause. Auteur de 29 arrêts sur 33 tirs, Netedu n'aura pas vraiment démérité.

Plusieurs médecins avaient dit que le rêve olympique de Jack O'Callahan était brisé après sa blessure en préparation contre l'URSS. Mais un chirugien orthopédique spécialisé auprès des skieurs, Dick Steadman, lui a fait travailler des exercices précis pour le déclarer bon au service. Il était tellement nerveux de commencer qu'il s'est re-fait mal à son genou à l'échauffement contre la Norvège, mais son retour arrive enfin ce soir, alors que les États-Unis enchaînement les supériorités numériques pour commencer la troisième période. Quand Laszlo Solyom fait trébucher Mark Johnson derrière la cage roumaine, c'est déjà la troisième pénalité en sept minutes : O'Callahan envoie le palet dans l'enclave, où Steve Christoff marque en pivot. Une délivrance pour Christoff, qui a été le meilleur buteur américain pendant les six mois de préparation mais n'avait pas encore trouvé le chemin des filets pendant ce tournoi olympique.

Halauca réduit certes le score à 5-2, mais le positionnement défaillant de la défense roumaine offre deux autres buts dans les quatre dernières minutes. Neal Broten s'avance terriblement seul vers Hutan qui doit s'avancer et il place alors le palet entre ses jambes : les trois joueurs de la ligne formée en fin de match contre la Norvège (Strobel-Broten-Christoff) ont ainsi tous ouvert leur compteur. Enfin, Rob McClanahan s'appuie sur Mark Johnson pour attirer deux joueurs derrière la cage et peut ainsi dribbler le gardien en un-contre-un. Les Américains ont ainsi élargi leur palette de buteurs, même si Herb Brooks a dû pour cela frustrer un peu de temps de jeu sa ligne la plus en forme.

Commentaires d'après-match

John Harrington (attaquant des États-Unis) : "N'ayez pas peur de donner quelques présences. [Herb Brooks] a dit que nous ne bougions pas le palet, donc nous ne sommes sortis sur la glace que trois fois en troisième période, dont les douze dernières secondes d'un avantage numérique."

Mark Pavelich (attaquant des États-Unis) : "[Brooks] a raison. Je ne bougeais pas."

 

États-Unis - Roumanie 7-2 (2-0, 2-1, 3-1)
Samedi 16 février 1980 à 13h00 à la Olympic Fieldhouse de Lake Placid. 8500 spectateurs.
Arbitrage de Viktor Dombrovski (URS) assisté de Stuart et Hollett (CAN)
Pénalités : États-Unis 6' (0', 4', 2'), Roumanie 10' (2', 2', 6').
Tirs (cadrés+bloqués) : États-Unis 51 (20, 16, 15), Roumanie 21 (9, 9, 3).

Évolution du score :
1-0 à 12'03" : Schneider assisté de Pavelich et Harrington
2-0 à 15'52" : Strobel assisté de Schneider et Ramsey
2-1 à 29'34" : Wells assisté de Verchota et Morrow
3-1 à 33'40" : Tureanu assisté de Nistor (sup. num.)
4-1 à 37'05" : Schneider assisté de Harrington
5-1 à 48'14" : Christoff assisté de O'Callahan (sup. num.)
5-2 à 52'48" : Halauca assisté de Morosan
6-2 à 56'12" : Broten assisté d'Eruzione
7-2 à 58'09" : McClanahan assisté de Johnson
 

États-Unis

Attaquants :
25 Buzz Schneider - 16 Mark Pavelich (2') - 28 John Harrington
21 Mike Eruzione (C) - 9 Neal Broten - 19 Eric Strobel
24 Rob McClanahan - 10 Mark Johnson (2') - 11 Steve Christoff
27 Phil Verchota - 15 Mark Wells - 8 David Silk

Défenseurs :
23 Dave Christian - 6 Bill Baker (A)
5 Mike Ramsey (2') - 3 Ken Morrow
puis, à 40'00", 17 Jack O'Callahan

Gardien :
30 Jim Craig

Remplaçants : 1 Steve Janaszak (G), 20 Bob Suter (cheville convalescente).

Roumanie

Attaquants :
18 Traian Cazacu (A, 4') - 6 Doru Tureanu (C) - 15 Alexandru Hălăucă
7 Dumitru Axinte - 16 László Sólyom (2') - 17 Béla Nagy
24 Zoltan Istvan Nagy - 20 Adrian Olenici - 12 Constantin Nistor

Défenseurs :
8 Előd Antal - 5 Sándor Gál (2')
2 Mihail Popescu - 14 Doru Moroşan (A)
4 Ion Berdila (2') - 9 István Antal

Gardien :
1 Valerian Netedu puis 22 Gheorghe Hutan à 40'00"

Remplaçants : 19 George Justinian, 21 Marian Pisaru, 10 Marian Costea.

 

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