Top/Flop : avril 2002

 

ì Lokomotiv Yaroslavl (RUS)

Avec Färjestad en Suède, le Lokomotiv Yaroslavl est l'équipe européenne de l'année. Elle a également très largement dominé la saison, puis est devenu championne sans perdre un seul match de play-offs. Les performances de Yaroslavl pourraient contribuer à amener les Européens à s'intéresser un peu plus au championnat russe, et le hockey russe à s'ouvrir un peu plus aux étrangers. Pour les Tchèques, dans les deux sens, c'est déjà fait, et ça l'est d'autant plus que l'entraîneur du Lokomotiv est Vladimír Vujtek et que le duo Patera-Procházka a contribué au titre avec le gardien Egor Podomatsky et la star Andreï Kovalenko. Cette victoire obtenue par un entraîneur étranger à peine débarqué est un coup dur pour le patriotisme russe, mais les autres clubs ne sont pas restés longtemps à se demander où étaient passés les maîtres stratèges qui avaient fait la renommée du hockey. Ils ont sorti le carnet de chèques (un peu blanchi...) pour suivre la mode et recruter joueurs et entraîneurs étrangers.

ì HC Davos (SUI)

Il y a dix ans, Davos était tombé en 1è ligue, au troisième niveau suisse, et on lui prédisait un sort similaire à celui d'Arosa, l'autre géant historique du hockey helvétique : l'oubli. Mais ceux qui ont annoncé la mort du hockey de montagne ont parlé trop vite. Davos ne peut pas sombrer dans l'oubli, la station grisonne se rappelle chaque année aux souvenirs des téléspectateurs suisses à l'occasion de la Coupe Spengler. Cela lui vaut une bonne cote de sympathie, et comme les sponsors ont le même regard bienveillant, le HCD a pu remonter les échelons pour être aujourd'hui sacré champion suisse. Face à des Zurichois surarmés avec leurs cinq étrangers et pourtant complètement décimés par une série de blessures, Davos a gagné en toute sobriété, de manière indiscutable. Son trio étranger, composé de Lonny Bohonos, Kevin Miller et Josef Marha, n'a jamais eu besoin d'être mis en concurrence et a été le meilleur du championnat. Et Davos a fait valoir un effectif bien mieux fourni que Zurich, avec un réservoir formidable et de quoi aligner plus de quatre lignes.

 

 

î Kladno (TCH)

Les temps sont durs pour les grands noms de l'histoire du hockey tchèque. Pour ce qui est de Brno, les premiers vainqueurs de la Coupe d'Europe, cela fait quelque temps que le hockey dans la capitale morave a dégringolé de son piédestal, de changement de nom en changement de nom. Mais un phénomène plus récent a été la chute de Jihlava et de Kladno, deux équipes auréolées de nombreux titres et qui se retrouveront toutes deux en deuxième division l'an prochain. Kladno ne s'attendait vraiment pas en début de saison à un tel dénouement. Mais rien ne s'est déroulé conformément à ses ambitions et le club s'est retrouvé à disputer un duel direct pour le maintien contre Litvínov à la dernière journée. L'ayant perdu, Kladno a dû jouer un barrage de promotion/relégation contre Liberec. L'enfant du pays Tomáš Plekanec s'est ainsi retrouvé face à son compagnon de l'équipe nationale junior tchèque, son cadet d'un an Jirí Hudler, arrivé pour l'occasion glaner du temps de glace en vue du mondial des moins de 18 ans. La présence de Plekanec, qui devrait bientôt partir en Amérique du Nord, prouve que Kladno reste un club formateur, cela n'a pas suffi cette fois à sauver sa place mais cela pourrait lui permettre à l'avenir de revenir en Extraliga, division plus digne de son passé. Mais l'an prochain, il aura un adversaire de poids avec Jihlava, autre glorieux ancien qui a les mêmes ambitions.

î AIK (SUE)

L'AIK a déjà eu l'honneur de cette rubrique il n'y a pas très longtemps mais il a le droit à un malheureux bis. Lors de la poule de promotion/relégation, les Kvalserien, le deuxième club de Stockholm a finalement été relégué en Allsvenskan. A quelque chose, malheur est bon : l'investisseur finlandais Hjallis Harkimo, qui avait accéléré la chute du club en précipitant le départ des piliers de l'équipe pour les remplacer par des joueurs à lui, des Finlandais peu motivés, va très probablement chercher à rendre les clés du club à des gens du coin. Les ambitions de Harkimo, le propriétaire du Jokerit Helsinki, qui veut se construire un empire européen de clubs de hockey à la manière d'Anschutz, ont été douchées, et sa prise de contrôle de l'AIK lui a coûté cher financièrement. Mais elle a aussi coûté cher à un club qui doit maintenant tout reconstruire. Il a un exemple à suivre : Leksand, le club qui a été promu à ses dépens, et qui est remonté en Elitserien après seulement une année de purgatoire.

 

 

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