Top/Flop : septembre 2003
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Lugano (SUI)
Le titre de champion suisse et la Coupe Continentale. Larry Huras a clairement énoncé les objectifs du club pour la saison, et même s'ils peuvent paraître présomptueux, ils sont loin d'être irréalistes. En s'imposant sur la glace du TPS Turku en amical le mois dernier, le HCL a prouvé qu'il avait sa place sur l'échiquier européen. En janvier à Gomel, le Severstal Cherepovets sera un adversaire difficile mais plus abordable que Yaroslavl, et Huras le recordman pourrait encore enrichir son palmarès européen avec une quatrième Coupe Continentale. En attendant, c'est en LNA que son équipe décroche des records. En l'occurrence, celui de Kloten, qui avait commencé sa saison par sept victoires en 1992, vient d'être égalé... et il sera peut-être battu le mois prochain. Lugano a actuellement une confiance à toute épreuve, et dispose de la meilleure attaque du championnat. La raison en est toute simple : Ville Peltonen, le joueur qui avait offert à la Finlande son unique titre mondial en 1995, est bien la vedette annoncée. Il caracole déjà en tête au classement des marqueurs de LNA, où il pourrait succéder à son compatriote Petteri Nummelin. Avec son intelligence tactique, c'est en effet lui qui construit le jeu de Lugano sur toute la patinoire, exactement comme le défenseur Nummelin l'an passé, qui a désormais trouvé un relais offensif. Bien appuyé sur ses deux Finlandais, le HCL a maintenant trouvé l'équilibre idéal, et personne n'y a encore trouvé la faille. En plus, même le public commence à répondre présent, ce qui s'explique aussi par la décision de rendre l'entrée gratuite pour les enfants de moins de dix-huit ans.
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Ilves Tampere (FIN)
Tampere, la capitale du hockey finlandais, marche en ce moment sur la tête. Ses deux clubs ont en effet effectué un improbable chassé-croisé. Tappara, le champion en titre, se traîne au milieu d'un classement très resserré, alors que la lanterne rouge de la saison dernière, Ilves, connaît une renaissance aussi soudaine qu'inattendue. Les Lynx, qu'on croyait bons à être piqués, pointent en effet en tête de la SM-liiga. Après avoir perdu le match d'ouverture (le derby contre Tappara !), ils sont invaincus depuis six rencontres, avec cinq victoires et un nul. Et le recordman mondial des sélections en équipe nationale, Raimo Helminen, qui fêtera ses quarante ans en mars prochain, continue de distribuer le jeu comme dans sa prime jeunesse, que ce soit vers Cory Murphy ou vers Vesa Viitakoski.
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Ingolstadt (ALL)
Annoncé comme l'outsider à surveiller de la DEL après son recrutement impressionnant, Ingolstadt se retrouve aujourd'hui lanterne rouge du classement, derrière le promu Fribourg-en-Brisgau supposé largué. Le responsable est tout trouvé, il s'agit du renfort le plus attendu de l'intersaison, Craig Ferguson. Alors que son club précédent, l'équipe suisse de Fribourg-Gottéron, avait appris à apprécier cet attaquant utile dans les deux sens du jeu, Ingolstadt attend visiblement de lui un rendement supérieur. Il n'a en effet pas marqué le moindre but depuis son arrivée, ni en championnat, ni en coupe, ni même pendant la pré-saison, et cela commence à lui être reproché. Ceci dit, l'ERCI ne fait nullement dans le catastrophisme, car il a commencé sa saison à l'extérieur en attendant l'ouverture de sa Saturn Arena, et compte du coup trois matches en retard. Hambourg avait connu les mêmes difficultés en début de saison dernière avant d'intégrer sa patinoire, et cela ne l'avait pas empêché d'atteindre les play-offs...
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Khimik Voskresensk (RUS)
Dès qu'il a connu sa promotion en Superliga russe en avril dernier, Voskresensk a décidé de frapper fort. Il a annoncé le recrutement de trois Tchèques de renom, parmi lesquels Martin Procházka, et a ainsi affiché d'emblée des hautes ambitions, qui auraient pu le conduire non seulement au maintien mais aussi à la lutte pour les play-offs... Mais dans une Superliga russe qui a relégué quatre clubs l'an dernier, il n'y a plus d'équipe faible, et la vie est dure pour les deux promus. Le Khimik a complètement raté son début de saison, et Procházka en a été la première victime. Tout quadruple champion du monde et champion olympique qu'il soit, il a perdu de sa superbe, et son contrat a été tout bonnement résilié. Il n'y a eu de pitié pour personne. C'est en effet le vieux Roman Oksiuta, une légende locale qui a connu l'apogée du club au tournant des années 80 et 90 avant de partir quatre saisons en NHL, qui a été ensuite envoyé suivre les rencontres depuis les tribunes. Mais les défaites se sont quand même accumulées (3-6 chez le Dynamo après avoir mené 2-0 au premier tiers, puis 1-7 à Magnitogorsk après avoir là encore ouvert le score). Le gouverneur de la région de Moscou, qui soutient le club, a donc appuyé sur le siège éjectable de l'entraîneur Valeri Bragin, auquel succède Vladimir Marinichev. Celui-ci s'occupait d'un autre club de la région, le Kristall Elektrostal, qui n'a pas fait de difficultés pour lâcher son entraîneur au voisin. Le remplaçant a pourtant perdu son premier match avec sa nouvelle équipe face à Ufa, et Voskresensk n'est toujours pas sorti de l'auberge. On notera que le Khimik a pourtant été devancé - à deux jours près - par l'Amur Khabarovsk, premier club à changer d'entraîneur. Oui, on n'est qu'en septembre, et ce sont bien les Russes qui ont dégainé les premiers... Mais que font Suisses et Allemands ?
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