Top/Flop : janvier 2008

 

Kladno (TCH)

Le déclin annoncé de Pavel Patera (36 ans) et de Martin Procházka (35 ans), le fameux duo champion olympique et quadruple champion du monde, semblait interdire à Kladno l'accès aux play-offs. Mais les deux complices inséparables ont toujours eu tendance à démarrer la saison en douceur, et ils ont haussé le ton depuis la trêve. Les victoires se sont enchaînées et les séries sont en vue.

Une forme qui est aussi due à la bonne forme de ses deux gardiens. Le lendemain de Noël, dans une victoire 4-0 contre le Sparta, le vétéran Zdenek Orct a obtenu le 45e blanchissage de sa carrière en Extraliga. Il a ainsi battu le total de Petr Briza, le manager du Sparta, qui a donc vécu la perte de son record en même temps que la défaite. La nouveauté, c'est qu'Orct a maintenant une doublure de valeur. Tout juste revenu dans son club formateur après deux années dans des ligues mineures nord-américaines, le jeune Miroslav Kopriva est en effet chaud comme la braise. Il donne son meilleur lors des séances de tirs au but, comme il l'a prouvé contre le Sparta (le nouveau vice-champion d'Europe est décidément l'adversaire privilégié de Kladno) en sortant au devant de Petr Ton et surtout en exécutant une danse qui a chauffé le public : maillot sur la tête, crosse tenue comme une canne blanche, il a ridiculisé son adversaire qui n'avait pas levé la tête. Voir le lien vidéo de cet arrêt mémorable.

Nuremberg (ALL)

En déclarant à un journal local qu'il n'était plus très sûr de vouloir continuer à financer le hockey à Nuremberg de sa poche, le mécène - depuis peu - Günther Hertel a été dépassé par les conséquences de ses propos. Ils ont été repris dans tous les médias nationaux, créant un doute sur l'avenir du club. Il a été obligé de s'expliquer en disant que la saison suivante était assurée mais qu'il tenait à tirer un signal d'alarme sur la faiblesse des recettes. Le budget a en effet été affecté par le retrait imprévu des cuisines Schmidt (qui ne voulaient plus s'associer à un club ayant remplacé dans son nom la mention de la ville par un médicament). De plus, l'affluence reste inférieure à cinq mille spectateurs, dans une patinoire qui est considérée comme la moins agréable et la moins bien conçue de toutes les salles modernes construites ces dernières années en Allemagne.

Il n'est pas certain que déballer ses états d'âme en public ait été le signe le plus judicieux à envoyer aux supporters ou aux partenaires à prospecter... Les dirigeants ont ensuite essayé de rattraper le coup en mettant en avant de nouvelles offres de parrainage individuel : 30 000 euros pour disposer d'un joueur donné pour deux opérations de relations publiques, plus deux tickets VIP à l'année.

Cette polémique pour rien (car Hertel continuera à diriger le club et à boucher les trous jusqu'à nouvel ordre) est d'autant plus regrettable qu'elle a occulté médiatiquement les succès sportifs de son équipe. Nuremberg, vice-champion en titre, a pris la tête du classement.

Dans leur patinoire si décriée, les Ice Tigers en sont à 12 victoires consécutives. Ils disposent de la meilleure défense du championnat. Sean Brown, l'ex-joueur de NHL bien plus solide qu'à Düsseldorf, en est le patron. Le vétéran Shane Peacock sera certes absent un mois après une charge avec la crosse dans le dos de Martin Hlinka, mais son remplaçant a été trouvé : Alan Letang. Placé dans un coma artificiel l'an dernier après une occlusion intestinale et opéré six fois, le Canadien pensait avoir une place réservée à Hambourg mais le manager Boris Capla n'était plus en mesure de la lui garantir. Une aubaine pour Nuremberg qui gagne un hockeyeur stable et apprécié.

Le gardien allemand Dmitrij Kotschnew confirme lui aussi sa valeur : il a les meilleures statistiques de DEL (sans compter Travis Scott qui est reparti en Russie). Quant au jeune attaquant germano-canadien Ahren Spylo, c'est la révélation de la saison. Le buteur a su bien prendre les fréquentes critiques de son entraîneur Benoît Laporte : il y a réagi positivement pour mieux utiliser son physique et son talent, et cela sert son développement.

 

SC Langnau Tigers (SUI)

Cela fait dix ans que Langnau est revenu en LNA, et depuis ce temps, il n'a pas atteint une seule fois les play-offs, stagnant dans le ventre mou du classement. Cette année devait pourtant être la bonne. L'indigence offensive des dernières saisons était enfin réglée, grâce à Jeff Toms et Josh Holden qui concouraient tous deux au titre de meilleur marqueur du championnat. Malheureusement, Toms s'est blessé à l'épaule, et si les Tigers ont commencé l'année par deux victoires à l'extérieur, huit défaites ont suivi. Conformément à leur réputation, les supporters de Langnau veulent toujours y croire, mais la qualification devient chaque jour plus improbable.

Tout expliquer par l'absence de Toms serait une erreur. Il est revenu au jeu en même temps que Mathias Joggi, et ils ont mis un but chacun contre Rapperswil. Mais le score de ce match (5-6) démontre que le problème est ailleurs. Il est dans les cages, mais pas seulement : le très critiqué Matthias Schoder, blessé à la main, avait cédé sa place au n°2 Michael Flückiger, comme le souhaitait le public depuis quelque temps, mais il n'a pu faire mieux.

En fait, Langnau prend carton sur carton en raison d'erreurs défensives récurrentes. Très sollicité, l'unique défenseur étranger Curtis Murphy commence à payer physiquement ses doubles présences. Quant à l'ex-international Marco Bayer, s'il pointe toujours autant, il ne tient pas son rôle en zone défensive, notamment devant le slot pour écarter les adversaires. Même le pilier du club Daniel Aegerter ne peut cacher qu'il prend de l'âge. C'est ainsi que la troisième meilleure attaque de LNA est aussi la plus mauvaise défense derrière Bâle.

Torpedo Nijni Novgorod (RUS)

13 clubs sur 20 ont déjà changé d'entraîneur cette saison en Superliga russe. Dans cette berezina, un club se distingue, le Torpedo Nijni Novgorod, parce qu'il en a déjà changé deux fois. Les deux coaches licenciés ont d'ailleurs réglé quelques comptes.

Le mois dernier, Vladimir Yurzinov avait accusé son collègue Piotr Vorobiev, dont le nom signifie "le moineau", d'avoir rôdé autour de son poste... come un vautour. Vorobiev aurait usé de son influence auprès de son vieil ami Valeri Shantsev, ancien maire-adjoint de Moscou passionné de hockey et aujourd'hui gouverneur de Nijni Novgorod, pour "piquer la place". Il n'y avait pourtant pas motif. Après un très bon début de saison pour un promu, le Torpedo était encore seizième, et dernier qualifié en play-offs. Depuis que Vorobiev est arrivé, la situation s'est aggravée. Son système très contraignant n'est pas passé auprès des vétérans de l'équipe.Les résultats se sont dégradés, jusqu'à ce que l'équipe échoue à la dernière place. Les tribunes se sont révoltées lors du match de bas de tableau contre Novokuznetsk : une partie des spectateurs a déserté, et ceux qui sont restés criaient à la démission de Vorobiev et au retour de Yurzinov.

Le lendemain, Piotr Vorobiev était à son tour démis de ses fonctions, officiellement pour raisons de santé. Son remplaçant sera Evgeni Popikhin, qui lui avait déjà succédé au Khimik. Le nouveau n'est pas un inconnu pour le gouverneur : lui aussi l'avait côtoyé lorsqu'il évoluait au Dynamo.

Si Vorobiev ne s'est pas exprimé publiquement, son adjoint Valeri Shaposhnikov l'a fait pour lui. Après avoir qualifié d'immorales et non-professionnelles les déclarations de Yurzinov sur un confrère, il ne s'est pas gêné pour lui rejeter toute la faute. Si l'on en croit Shaposhnikov, en arrivant en cours de saison, Vorobiev et lui ont pris une équipe en mauvaise condition physique, sabotée par son manque de préparation, qui craquait déjà au troisième tiers-temps dans ses derniers matches sous Yurzinov.

 

 

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