Novembre 2025 : anecdotes
Liberté d'expression en version russe
Dire que la KHL prétend avoir une vocation internationale... Un fan russe des Shanghai Dragons, prénommé Maksim, s'est vu interdire l'accès des tribunes du SKA Saint-Pétersbourg parce qu'il portait... le maillot officiel de son club qui contient des idéogrammes chinois ! Il a dû patienter une heure avec des officiers de sécurité avant de recevoir une autorisation, une fois qu'une traduction certifiée de tous les objets de merchandising a été envoyée par les Dragons au SKA. Scandalisé, le supporter a écrit à sa communauté puis publié une vidéo comme preuve de ce qui lui arrivait. Une vidéo qui a fait scandale.
Certains se sont demandés si le SKA ne s'était pas vengé ainsi d'un club chinois qui s'est installé cette saison à Saint-Pétersbourg et essaie de lui "voler" son public (il avait proposé un échange gratuit de toute écharpe du SKA contre une écharpe des Dragons). Mais la KHL n'a rien trouvé à y redire. Communiqué officiel : "Les actions du SKA sont en accord avec le règlement. Le staff était incapable de traduire les idéogrammes." Comme si le club chinois y avait inscrit des insultes sur un maillot porté à chaque match de KHL depuis deux mois...
Pour éviter toute inscription dérangeante, la KHL a en effet établi que tout écrit étranger doit avoir une traduction certifiée. Un fan du Traktor Chelyabinsk s'est ainsi vu refouler l'accès à l'aréna d'Ekaterinbourg parce qu'il avait confectionné une bannière de soutien où était écrit en anglais : "With Jordan Gross on away game the win is never far away." De dangereux propos politiques, sûrement...
Album-souvenir... et compilation des pires supporters
Comme nous vous l'avons conté dans notre histoire de Düsseldorf, la DEG est vraiment une institution à part, un club pas comme les autres. Elle le prouve encore en publiant un album Panini pour célébrer ses 90 ans. Les vignettes autocollantes rappellent les grands joueurs, les grands moments mais aussi les supporters, dont les Toten Hosen, le mythique groupe allemand de punk qui a le droit à ses propres images. L'album était aussi distribué en supplément gratuit dans l'édition locale du samedi du Rheinische Post.
Il n'y a pas eu que des grands moments de joie et de communion dans l'histoire du club, surtout après la terrible descente en DEL2 au printemps dernier. La DEG vient donc aussi de publier une vidéo dans lequel les joueurs lisent des commentaires haineux écrits par des supporters la saison dernière. Une initiative extrêmement intelligente : elle est publiée à froid, une fois que le choc de la relégation est tombé, et les hockeyeurs qui lisent les propos ne sont pas directement concernés ou visés puisque ce sont ceux de la nouvelle équipe de cette saison. Cela leur permet justement de se positionner de manière encore plus fort contre la haine en ligne, inacceptable.
The Love Boat
Par souci de cohésion et rendre l'atmosphère électrique, il est désormais courant en Amérique du Nord de voir les clubs distribuer des serviettes, que les fans font tourner dans les grands moments du match. Pour sa première rencontre de la saison PWHL, le Boston Fleet a fait dans l'originalité : une casquette de capitaine qu'ont pu arborer les supporteurs de la "flotte". Bienvenue à bord !
Capitaine et mécène
Imaginez que le mécène qui va investir dans un club soit... le capitaine de l'équipe ! C'est ce qui produit au Sparta Sarpsborg, club de l'Eliteserien norvégienne. Il y a un an, le Sparta renvoyait pourtant des employés à cause de difficultés financières. Mais pour célébrer le centième anniversaire du club en 2028 par un titre de champion, un groupe d'investisseurs projette de passer en deux ans le budget de 25 millions de couronnes (plus de 2 millions d'euros) à 40 millions, et même 45 millions en 2028/29. Les invesisseurs sont anonymes... sauf un : Maksims Ponormarenko.
Ce défenseur physique, arrivé très jeune en Norvège, est un ancien international junior letton qui compte aussi 6 sélections en senior avec la Lettonie du temps de Bob Hartley. Ce n'est pas dans le hockey qu'il a fait fortune. Semi-professionnel, il a gagné plus de 500 000 euros dans son autre travail dans le trading en 2023, dix fois le salaire moyen d'un hockeyeur de l'élite norvégienne. Il n'a jamais rien gagné et dit vouloir vivre lui-même une victoire, mais aussi y contribuer.
Gardiens de la glace
Le podcast est devenu l'un des médias les plus consommés, et le hockey ne déroge pas à la règle. L'un d'entre eux, intitulé Ice Guardians, est piloté par Brett Hull et Kelly Chase. Hull est évidemment l'une des légendes de la NHL, le cinquième meilleur buteur de l'histoire de la ligue. Chase a connu une carrière plus confidentielle, il était un coéquipier de "Golden Brett" aux St. Louis Blues, ils sont restés depuis très proches.
Au point de lancer leur podcast sur la NHL avec des sujets empreints de beaucoup de nostalgie mais aussi beaucoup d'auto-dérision. Des sujets graves y sont également abordés, la santé mentale mais également le cancer. Le sujet est au centre des préoccupations de Kelly Chase, qui apprenait en 2023 être atteint d'une leucémie, il est depuis très engagé dans la lutte contre le cancer, il n'hésite pas à communiquer régulièrement sur le dépistage. D'ailleurs, ce n'est pas hasard si le partenaire de ce podcast est le Centre de cancérologie Siteman. L'épisode 7 avec pour invité leur ancien collègue Darin Kimble, lui aussi atteint d'un cancer, est particulièrement émouvant, mais ô combien précieux.
"Aujourd’hui, on est redevenu un sport d’évitement, c’est dix fois plus spectaculaire. On a fait évoluer les règlements, il y a beaucoup moins d’accidents graves. Moi, j’ai terminé ma carrière en fauteuil roulant, quand même… [...] Regardez Stéphane Da Costa. Il aurait dû avoir une carrière de folie en NHL. C’est le plus bel artiste du hockey français, mais il fait 30 kilos tout mouillés et il s’est fait découper…"
Le président de la FFHG Pierre-Yves Gerbeau dans une interview à l'AFP, reprise par plusieurs journaux régionaux français (dont Ouest France). Quand on connaît la susceptibilité de l'intéressé dès qu'on évoque sa supposée fragilité, inutile de préciser que Da Costa l'a mal pris.
"Je pense que c'est très simple : le hockey ne pourra pas atteindre son plein potentiel si nous n'incluons pas les femmes et les filles. Il est clair qu'elles jouent un rôle important dans le développement du club."
Le hockey féminin est habitué aux très beaux discours de façade qui n'apportent rien de concret derrière. Cette phrase a été prononcée à la rentrée par Ilkka Paananen, l'un des copropriétaires du TPS Turku, l'un des grands clubs finlandais. Mais aux questions de Jatkoaika, Hanna Karelius, la manager de la section féminine du TPS, a confirmé que l'équipe en est toujours au même point. Les joueuses n'ont aucun soutien financier, elles ne font l'objet d'aucun événement majeur, et la campagne publicitaire conjointe promise sur les réseaux sociaux ne s'est pas encore réalisée. Si la Finlande a des allures de grande nation de hockey, l'Aurora Liiga navigue toujours en plein amateurisme.
La photo du mois

M.C., une supportrice de 41 ans des New Jersey Devils qui dit croire à "l'Autre monde", a acquis pour 35 dollars les services d'une sorcière pour jeter un sort afin de vaincre la malédiction (du genre de la star Jack Hughes qui se coupe gravement la main avec un verre au restaurant) et de gagner la Coupe Stanley cette année. Selon la plateforme de petites annonces où la sorcière vend ses services, le taux de satisfaction est de 96%. Et les avis en ligne, c'est du sérieux, n'est-ce pas ?
Les vidéos du mois
Faire donner le coup d'envoi symbolique d'un match par un chien policier, c'était vraiment une riche idée de la part du Dinamo Minsk. Le malinois a effectivement mordu le palet et a accepté de le laisser retomber de sa gueule sur la glace. Petit détail, il a aussi mordu au bas-ventre le capitaine visiteur Pavel Karnaukhov (CSKA Moscou), puis mordu au gant le capitaine local Sergei Stas qui s'est dit qu'il allait le caresser. Heureusement que les hockeyeurs ont de bonnes protections, aucun d'eux n'est blessé. Les opposants au Bélarus ne peuvent pas en dire autant...
Depuis cinquante ans, le Saturday Night Live est un rendez-vous télévisuel hebdomadaire incontournable aux États-Unis. Cette émission à sketchs a révélé bon nombre de stars de la comédie comme Jim Carrey ou Eddie Murphy. Alors que la NHL amorçait sa nouvelle saison, la ligue y a eu le droit à un sketch corrosif. L'acteur Miles Teller y interprète un joueur des Nashville Predators convié avec deux autres joueurs fictifs à une campagne devant mettre en lumière les bonnes actions de leur club au sein de leur communauté. Mais quand on est un Predator, ou plutôt "un prédateur" qui œuvre dans la communauté, cela peut semer la confusion. On y découvre alors une succession de répliques équivoques : des actions pour but de "toucher des enfants malades à l'hôpital" ou "visiter la Thaïlande pour inspirer des enfants qui pourront devenir prédateurs à leur tour" ! Le SNL y est allé franco avec ce joueur qu'ils ont nommé… Chase Kidd, littéralement courir après l'enfant !
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