Mai 2006

 

02/05 Playoffs NHL - Surprises à l'ouest

Les quarts de finale de conférence de la NHL ont livré leur verdict ce week-end avec, comme tous les ans, leur lot de surprises.

À l'est, le favori Ottawa n'a pas connu de souci majeur face au tenant du titre Tampa Bay. La faiblesse dans les cages du Lightning était trop évidente et un Martin Havlat en feu a suffi à faire plier le champion, malgré un Brad Richards toujours aussi solide. Seule l'absence de Wade Redden, victime d'un deuil familial avant le match 2, a vaguement fait trembler les Senators, mais leur qualité de contre-attaque et la profondeur de leur effectif ont fait merveille.

Méthodique, New Jersey s'est également qualifié en se montrant patient et opportuniste. Étrillés en supériorité lors du match 1, les Rangers ont aussi perdu Jaromir Jagr, blessé à l'épaule en tuant une pénalité. Son retour courageux au match 3 n'a motivé l'équipe que 68 secondes, chiffre ironique correspondant au temps qu'il a fallu à Elias pour marquer avant que Brodeur ne ferme encore une fois la porte. Jagr s'est blessé à nouveau au match 4 et l'équipe a coulé avec lui... Kasparaitis, Rucinsky et Lundqvist étant convalescents, c'était bien trop demander aux Rangers.

Les favoris sont donc passés... et ce pourrait aussi être le cas des deux autres séries. Carolina a remonté la pente, gagnant trois matches de suite après avoir perdu les deux premiers face à Montréal. L'arrivée du gardien rookie Cam Ward a stabilisé la défense et l'équipe demeure efficace en supériorité. Montréal n'a cédé que d'un but à chaque fois et critique l'arbitrage, dénonçant pêle-mêle les attaques de Brind'Amour sur Cristobal Huet et les crosses hautes (dont une a sérieusement blessé Koivu à l'il). Le 6e match au Centre Bell s'annonce explosif mais le Canadien devra trouver du soutien à Kovalev.

Buffalo mène aussi 3 victoires à 2 dans une série où chacun a gagné à domicile. Les Sabres disposent d'une équipe très jeune mais où tous les joueurs sont interchangeables. Rapides et techniques, ils ont effectué une véritable démonstration chez eux, menant même au score lors des cinq matches et ne cédant sur le glace des Flyers que sur des coups de génie de Peter Forsberg. Philadelphie est en grosse difficulté, avec une défense bien lente et une formation très inconstante, à l'image de la déroute du match 4 (8-2, triplé de Dumont et Pominville). La révolte après la sévère mise en échec de Campbell sur Umberger au match 1 a servi à la maison mais l'effet ne semble pas vraiment durer.

À l'ouest, c'est tout le contraire. Les quatre moins bien classés pourraient se qualifier si Anaheim s'impose au match 7 face à Calgary.

Detroit, meilleure équipe de la saison régulière, a explosé face aux Oilers. La jeune équipe d'Edmonton a pratiqué un hockey vif et agressif, gênant une formation de Detroit vieillissante. Datsyuk, convalescent, a encore eu du mal en playoffs, et seul Henrik Zetterberg a joué à son niveau. Surtout, les Red Wings se sont heurtés à un mur, Dwayne Roloson, avec plus de 200 arrêts en six matches.

Dallas a connu un triste sort identique. Si le classement des Wings paraissait surévalué par la faiblesse de la division centrale, celui des Stars l'était par les victoires aux tirs aux buts, qui leur avaient apporté douze points. Mais face à Colorado, Dallas a surtout craqué aux moments-clés avec un Marty Turco à nouveau décevant en playoffs. Les Stars ont gaspillé des avantages au score pour perdre 3 matches sur 5 après prolongation. Malgré un José Théodore hésitant (mais décisif au match 5), l'Avalanche s'en sort grâce à ses joueurs clés, Joe Sakic en tête.

Autre équipe à battre un mieux classé, San José. En revanche la victoire des Sharks contre Nashville ne fait pas figure de surprise. Les Predators, privés de leur star Tomas Vokoun, ont reçu une performance satisfaisante du remplaçant Mason mais l'équipe a manqué de profondeur offensive après Kariya. San José, qui avait fini la saison en trombe, s'impose ainsi logiquement grâce à son capitaine Patrick Marleau, toujours aussi décisif avec notamment un triplé au match 4.

Enfin, la série la plus disputée et la plus équilibrée oppose Anaheim à Calgary. Les Flames, dernière tête de série en course, s'appuient toujours sur leur gardien Kiprusoff, mais le reste de l'équipe apparaît plutôt manquer de talent offensif. Seul Jarome Iginla s'illustre, et s'il est muselé, aucun autre joueur ne semble capable de prendre le relais. Les Mighty Ducks l'ont bien compris et ont reçu une étonnante contribution du gardien remplaçant Ilya Bryzgalov, solide lors du match 6 après que Giguère ait déçu au match précédent. Le dernier match mercredi demeure très indécis.

03/05 Les Mondiaux à la télévision

Sport + tient à préciser au sujet du match France - Allemagne que, si la chaîne l'a programmé en différé, c'est qu'elle avait les mains liées par son contrat de diffusion de l'Euroligue de basket, selon lequel elle doit obligatoirement passer la finale en direct.

Voici la programmation mise à jour des championnats du monde de Riga. Attention, les horaires en italique sont sous réserve...

5 mai : 2 matches en direct sur Sport+, États-Unis - Norvège (15h15) et Lettonie - République Tchèque (20h15).

6 mai : Suisse - Italie à 22h15 sur Sport+.

7 mai : 2 matches sur Sport+, Russie - Kazakhstan (13h15) et Canada - Norvège (19h15, direct).

8 mai : 3 matches sur Sport+, Lettonie - Finlande (10h15), Russie - Bélarus (15h15, direct), Suède - Italie (22h30).

9 mai : 2 matches sur Sport+, Canada - États-Unis (19h15, direct), République Tchèque - Finlande (23h00)

10 mai : Slovaquie - Russie à 23h30 sur Sport+

11 mai : un match à 22h30 sur Sport+ (D1 / A3)

12 mai : un match à 22h30 sur Sport+ (A1 / D2 ou B1 / C2)

13 mai : un match à 21h45 sur Sport+ (A3 / D2 ou B3 / C2)

14 mai : un match à 21h00 sur Sport+ (D1 / A2)

15 mai : deux matches sur Sport+, un en direct à 19h15 et un à 00h15

16 mai : un match en direct à 14h15 sur Sport+ (A2 / C2)

17 mai : quart de finale 1 en direct à 14h15 sur Sport+, quart de finale 2 à 20h45 sur Canal+Sport (rediffusion à 22h30 sur Sport+)

18 mai : quart de finale 3 en direct à 15h15 sur Sport+, quart de finale 4 à 22h25 sur Canal+Sport (rediffusion le lendemain à 11h00 sur Sport+)

20 mai : demi-finale 1 à 18h45 sur Canal+Sport (rediffusion le lendemain à 11h15 sur Sport+), demi-finale 2 en direct à 19h15 sur Sport + (rediffusion à 22h05 sur Canal+Sport)

21 mai : finale en direct à 19h00 sur Canal+Sport, en différé à 21h30 sur Sport+.

04/05 Treille resigne à Genève

Genève-Servette a prolongé d'une saison le contrat de son attaquant français Yorick Treille. En rééducation après sa blessure à la hanche, il devrait pouvoir reprendre l'entraînement en août.

05/05 NHL - Un deuxième tour passionnant en vue

Les affiches du deuxième tour des play-offs NHL sont désormais connues. À l'est, les quatre premiers du classement se sont qualifiés sans avoir connu de grosses difficultés. Ottawa affrontera Buffalo, qui a pulvérisé Philadelphie 7-1 à l'extérieur lors du match 6. Carolina, qui a remporté quatre matches consécutifs face à Montréal après avoir perdu les deux premiers à la maison, se prépare à un duel difficile contre New Jersey. Carolina peut se félicité d'avoir lancé le rookie Cam Ward dans les cages, le novice remportant les quatre parties d'un seul but, dont deux en prolongation. La foule scandant le nom de Cristobal Huet a reconnu à sa juste valeur la performance du Français, surpris sur le but de Stillman en prolongation du match 6 avec une déviation involontaire de son coéquipier Craig Rivet. Huet, en fin de contrat, devrait probablement recevoir une offre substantielle du CH, plutôt satisfait de son portier y compris sur ces playoffs.

À l'ouest, ce sont en revanche les quatre moins bien classés qui passent. Detroit a été battu en six manches par une équipe d'Edmonton plus rapide et portée par son gardien Dwayne Roloson. Les Oilers affronteront San José, vainqueur en cinq rencontres d'une équipe de Nashville affaiblie par les blessures. Les Sharks apparaissent comme les grands favoris de la conférence. L'autre duel opposera Colorado à Anaheim. L'Avalanche a remporté 3 des 5 matches en prolongation, avec cinquante arrêts d'un José Théodore retrouvé lors de la partie décisive. Anaheim pour sa part a créé la sensation en gagnant le match 7 sur la glace des Flames de Calgary, 3-0, alors que la franchise de l'Alberta menait 3 victoires à 2. Le gardien remplaçant Ilya Bryzgalov gagne ses galons de titulaire aux dépens d'un Giguère fébrile et les Ducks espèrent revenir au niveau de 2003, lorsqu'ils avaient perdu en finale face aux Devils. Mais cette fois-ci, Scott Niedermayer, dominateur, est de leur côté.

09/05 Match caritatif avec Cristo

Jeudi 18 mai 2006 à 20h30 aura lieu à Asnières un match de gala au bénéfice de la fondation des enfants malades de l'Hôpital Necker de Paris. Sont annoncés d'un côté des internationaux français, de l'autre Cristobal Huet et une sélection des meilleurs joueurs de D1 française. La présence de Cristobal Huet est confirmée à ce jour.

10/05 Incidents pour clore le premier tour

La dernière journée du premier tour des championnats du monde a donné lieu à un match très prometteur pour la suite, puisque la Suisse a arraché le match nul à la Suède (4-4 après une interruption de près d'une heure pour un trou dans la glace de la Skonto Arena) et prend date pour un groupe de deuxième phase très chaud où trois autres adversaires (Russie, Bélarus et Slovaquie) sont des prétendants légitimes aux quarts de finale.

Par contre, le match précédent avait été terni par des incidents. Les Ukrainiens avaient une nouvelle fois gagné le match qu'il fallait pour garder leur place en élite en battant l'Italie 4-2, mais un de leurs joueurs, Denis Isaïenko, avait dû sortir sur civière après une charge contre la bande. À l'avant-dernière minute de jeu, une bagarre éclata entre Shakhraïchuk et Iob, et surtout se prolongea dans le couloir des vestiaires entre Iob et Klimentiev. L'IIHF a sévi dès le soir même en les suspendant pour respectivement trois et deux matches. Elle a en même temps infligé un match de pénitence au Russe Kirill Koltsov pour avoir bousculé un arbitre, et au Biélorusse Vladzimir Denisov pour avoir chargé par derrière Litvinenko (joueur du Kazakhstan très controversé depuis sa charge genou contre genou qui a blessé Marian Hossa), le tout dans les deux autres matches d'une journée qui fait tache.

Rappelons que Anthony Iob avait déjà été suspendu un an de compétitions internationales après un coup par derrière sur Aeschlimann lors des Mondiaux 2001. Ses trois matches signifient que les championnats du monde de Riga sont terminés pour lui et qu'il ne pourra pas aider l'Italie à se maintenir. Le rappel des anciens n'a donc pas eu que du bon pour les Transalpins.

15/05 Communiqué de l'AEHF aux clubs

La commission de discipline fédérale a statué le 2 mai sur les incidents qui se sont déroulés le 10 avril à Saint-Gervais au cours desquels la responsabilité de plusieurs joueurs de l'équipe de France U18 est engagée.

Pour rappel, au retour des championnats du Monde U18 s'étant déroulés en Hongrie et alors qu'ils étaient en attente d'un train pour Paris, plusieurs joueurs du collectif France, originaires des clubs d'Amiens et Rouen, se sont introduits, sans y être ni invités ni autorisés, dans l'enceinte du lycée du Fayet. Très vite, une altercation violente, où des coups provoquant des blessures furent portés, opposa les intrus à un élève du lycée, lui aussi hockeyeur mais au club du Mont-Blanc. Si la préméditation ne peut être établie avec certitude, il s'avère que cette intrusion prit très vite la forme d'un règlement de compte lié à un incident de jeu ayant opposé quelques semaines plus tôt les équipes U18 de Rouen et du Mont-Blanc.

Certes, dans cette affaire, les treize joueurs concernés de l'équipe de France U18 ne sont pas tous impliqués au même degré. Mais, à l'évidence, leur comportement tant individuel que collectif est apparu inacceptable aux yeux des dirigeants de l'AEHF qui ont alors souhaité que la commission de discipline fédérale soit saisie et que les sanctions qu'elle serait amenée à prendre soient exemplaires.

C'est ainsi que, jugeant en leur âme et conscience et en totale indépendance, les membres de la commission de discipline ont infligé des sanctions à l'ensemble des joueurs concernés : suspensions allant de 1 à 2 ans en équipe nationale et de 3 à 10 matches dans leurs clubs respectifs.

Il va sans dire que ces sanctions ne furent pas accueillies de gaieté de cur par les clubs d'Amiens et Rouen qui voyaient plusieurs de leurs internationaux suspendus quelques jours avant le tournoi final du championnat de France U18. En cela, rien d'étonnant. En revanche, la forme choisie par les deux clubs pour réagir à ces sanctions est pour le moins contestable :

- l'équipe d'Amiens, au tournoi final U18 des 7 et 8 mai à Rouen, s'est comportée de manière inconcevable et inacceptable à l'issue de sa demi-finale contre Grenoble : venant de se qualifier en prolongation pour la finale, les joueurs amiénois se sont précipités devant les gradins où se trouvaient les joueurs de l'équipe du Mont-Blanc en leur proférant durant plusieurs minutes des bordées d'insultes agrémentées de nombreux "bras d'honneur", rendant les joueurs alpins responsables de la suspension de leurs camarades alors qu'ils n'y étaient absolument pour rien

- le club de Rouen amateur, par voie de communiqué de presse, par le biais de son site Internet, par l'ambiance détestable organisée dans la patinoire de Rouen durant le tournoi final à l'égard du vice-président de la FFHG Jean Le Blond :

Peut on imaginer que dans notre fédération chaque décision de la commission de discipline soit source de telles réactions ? À l'évidence non ! Il existe des procédures réglementaires pour contester une décision disciplinaire. Ici, l'acceptable est dépassé, et de tels comportements ne pourront de toute évidence laisser les élus de la FFHG sans réaction. La jeunesse n'excuse en rien le comportement outrancier et irrespectueux des joueurs d'Amiens qui jouissent pourtant d'un encadrement - entraîneur et dirigeants - de proximité. Le statut de club phare de Rouen ne lui attribue aucun passe-droit pour se permettre de porter la suspicion sur les instances fédérales, ni semer le doute sur l'intégrité des élus et encore moins relater publiquement des faits en les aménageant à son avantage.

Nous voilà, une semaine après avoir partagé dans un engouement général porteur d'espoir la naissance de la FFHG, en présence du Ministre Jean-François Lamour et du président de l'IIHF René Fasel, confrontés au premier incident sérieux que connaît notre toute nouvelle fédération. Il s'agit là d'une question d'éthique qui devra faire l'objet d'un traitement attentif et circonstancié afin que de tels comportements ne viennent pas polluer le projet de développement durable du hockey français exposé par Luc Tardif, premier président de la FFHG, devant les représentants des clubs qui l'ont élu pour les quatre années à venir.

Au plan sportif, nous ne saurons jamais quel aurait été le résultat de ces deux clubs au tournoi final U18 sans le dérapage de plusieurs de leurs internationaux qui a provoqué les suspensions de certains de leurs meilleurs éléments. D'ailleurs, la question ne se pose pas. Ce que l'histoire retiendra, c'est qu'Amiens a battu Rouen en finale et devient champion de France 2005-2006 en catégorie U18.

Le secrétaire général de la FFHG, Jean-David Camus

15/05 Strazzabosco sauve l'Italie

Un but de Michele Strazzabosco à l'avant-dernière minute a permis à l'Italie d'arracher in extremis son maintien en groupe A grâce à un match nul 3-3 aux dépens de la Slovénie, plus compétitive que l'an dernier mais malheureuse au final.

Dans l'autre match décisif pour le maintien, le Danemark a logiquement battu (3-2) un Kazakhstan plus au même niveau sans ses deux meilleurs gardiens Kolesnik et Eremeïev. Mais si ceux-ci sont de retour, ils pourraient bien être un adversaire redoutable... a priori dans le groupe de la France. Une occasion pour les Bleus de prendre leur revanche de la qualification olympique de Klagenfurt ?

17/05 Les JO 2010 sur petite glace ?

L'IIHF a donné son assentiment pour que les Jeux Olympiques de Vancouver 2010 puissent se tenir sur petite glace. La requête avait été formulée par les organisateurs compte tenu des difficultés représentées par l'adaptation de la surface de jeu de GM Place, la patinoire des Vancouver Canucks qui sera l'enceinte principale du tournoi du hockey. La fait qu'une compétition officielle de l'IIHF se tienne sur une petite glace n'est pas une première : cela s'était déjà produit aux Mondiaux juniors 2003.

18/05 Nouvelle NHL, nouveaux favoris

Les demi-finales de conférence ont rendu leur verdict cette semaine et la "nouvelle NHL" est sérieusement mise en avant.

À l'ouest, les quatre favoris étaient tombés au premier tour. Les coupeurs de tête ont encore frappé au deuxième tour, avec les qualifications d'Anaheim et Edmonton.

Anaheim n'a pas fait de détail face à Colorado, s'imposant facilement 4-0. Le Russe Ilya Bryzgalov a blanchi l'Avalanche lors des deux premiers matches, poursuivant une série record d'invincibilité, la meilleure depuis les années 1930. Finalement battu par Hinote au match 3, il a assisté au festival de Joffrey Lupul, auteur de quatre buts dont le gagnant en prolongation, servi à chaque fois par l'inattendu rookie Dustin Penner. L'attaque de Colorado, transparente, n'a pas su compenser les erreurs de placement de la défense et les approximations de Théodore dans les buts. Le match 4 fut ainsi une formalité, pour le premier balayage de la franchise de Québec/Colorado... aboutissant à la démission du manager Pierre Lacroix.

Edmonton, n8, fait pour sa part figure d'épouvantail après avoir éliminé San José en six manches. Les Sharks s'imposaient au couteau à domicile lors des matches 1 et 2, portés par Toskala dans les buts et la ligne Michalek-Marleau-Bernier. Mais Michalek, victime d'une sévère mise en échec de Torres, devait s'absenter deux rencontres. Un véritable tournant. Edmonton, transcendé devant son public sevré de titre depuis quatorze ans, gagnait le match 3 après une performance héroïque, en triple mort subite, pour le meilleur match des playoffs. Ryan Smyth, qui avait perdu trois dents en prenant un palet au visage, restait sur la glace pour servir quelques périodes plus tard Shawn Horcoff et un but décisif, en vrai guerrier. Dominateurs aux mises au jeu, rapides en contre-attaque et se sacrifiant pour bloquer les tirs en infériorité, les Oilers faisaient exploser Toskala lors des deux matches suivants, avec notamment un but coupable encaissé par le Finlandais sur une sortie hasardeuse devant Samsonov. Toskala se reprenait bien au décisif match 6 en stoppant échappée après échappée, mais, sur un triste 2/34 en supériorité numérique dans cette série, San José baissait pavillon, avec un effectif sans doute trop jeune (6 rookies, et plus de la moitié de l'effectif avec moins de 200 matches NHL) face à une équipe de guerriers.

À l'est, les deux équipes d'expérience et puissances "traditionnelles" devaient elles aussi s'incliner devant deux formations plus mobiles.

Ottawa, éternel favori et éternel fiasco des playoffs, ne faisait pas mieux cette année face à une équipe de Buffalo sans complexe. Le match 1, exceptionnel, était un premier tournant. Un véritable chassé-croisé au score, aboutissant à un 5-4 à 1'38" de la fin et une égalisation en infériorité, puis un 6-5 des Senators vingt secondes plus tard... Mais le duo Connolly-Roy, inarrétable, exploitait une erreur d'Emery à dix secondes de la fin pour la prolongation. Celle-ci fut courte, Drury trouvant la lucarne après dix-huit secondes suite à une erreur de Volchenkov. Le match 2 voyait les deux équipes se reprendre en défense mais Ottawa, inefficace en supériorité et pris de vitesse en contre, encaissait une échappée de Brière pour Dumont puis un solo de Hecht. Les Sabres menaient 2-0 avant de rentrer à la maison, pour tuer tout suspense au match 3. Duel intense, efficacité en infériorité, explosivité en contre : privé de Connolly, stoppé net au match 2 sur un contact rude avec Schaefer, les Sabres s'en remettaient à Jean-Pierre Dumont pour une lucarne sur un tir flottant en prolongations. Ottawa obtenait un sursis en gagnant le match suivant 2-1 grâce à ses défenseurs et Emery, mais, faute de se montrer réalistes devant Ryan Miller, ils se faisaient à nouveau surprendre en contre lors du match 5. Le rookie Jason Pominville, mis au ballottage en début de saison, partait en infériorité numérique, contournait un Daniel Alfredsson globalement invisible dans cette série et éliminait les Sens, sur ce troisième but en prolongation. Tous les matches se sont joués à un but mais Buffalo, fort de 20 joueurs sur 21 avec au moins un point, était plus complet et plus homogène. Ottawa va se poser des questions sur le rôle perturbateur de Hasek, dont le vrai-faux retour a peut-être déstabilisé Emery. Les fins de contrats de Redden et Chara pourraient bien faire exploser cette équipe au talent indéniable mais au mental fragile.

Carolina n'a pas utilisé la même dramatique pour éliminer New Jersey. Les Devils restaient sur quinze victoires de rang et avaient balayé les Rangers au premier tour mais la coupure forcée leur a fait mal. Rouillés, ils assistaient au festival des 'Canes en supériorité au match 1 pour le blanchissage de Cam Ward face à son idole Martin Brodeur, chassé. Le match 2 faisait figure de tournant. Après un départ rapide, les Devils étaient étouffés tout le match mais résistaient à 1-1, avant de marquer sur une déviation de Gomez à 21 secondes de la fin. Carolina parvenaient miraculeusement à égaliser à 3 secondes de la sirène par Staal, laissé trop seul devant l'enclave. Le défenseur Niclas Wallin, décisif en 2002 avec deux buts en prolongation, se faisait à nouveau le héros du jour pour porter la série à 2-0. Meilleurs aux mises au jeu, les Hurricanes exploitaient leurs supériorités et tuaient les nombreuses pénalités pour gagner à l'extérieur le match 3. Les Devils contraient par un sursaut d'orgueil en utilisant ces mêmes armes pour gagner la quatrième manche en chassant Ward après 22 minutes, mais retombaient dans leurs travers au match 5, faute de mobilité et de créativité offensive (4 sur 35 en supériorité). Une série finalement comparable à San José-Edmonton, où la vitesse, le sacrifice en désavantage numérique et l'efficacité aux mises au jeu fit clairement la différence. Les Devils, en transition, peuvent déjà être contents de leur miraculeux titre de division mais affrontent l'incertitude, leur meilleur joueur, Patrik Elias, étant en fin de contrat.

Une seule des quatre équipes a déjà gagné la coupe, il s'agit d'Edmonton. Les trois autres ont pour leur part déjà atteint la finale mais l'avaient perdue (Buffalo-Dallas en 1999, Carolina-Detroit en 2002 et Anaheim-New Jersey en 2003). Quel que soit le gagnant, il s'agira d'un vainqueur rafraîchissant, comme un symbole de l'impact des nouvelles règles mettant l'accent sur l'homogénéité des effectifs et la vitesse.

Diffusion des demi-finales de Conférence sur Sport+ : Anaheim - Edmonton, match 1 sur Sport+ samedi 20 à 10h45 ; Carolina - Buffalo, match 2 mardi 23 sur Canal+Sport à 21h et match 3 jeudi 25 sur Sport+ à 19h45.

19/05 Les Bleus en Chine

Comme prévu, le congrès IIHF a décidé de modifier le comptage des points dans toutes les divisions mondiales, en instaurant la victoire à trois points et la suppression du match nul, remplacé par une prolongation de cinq minutes et des tirs au but. En outre, la formule des deux prochains championnats du monde élite subira deux petites modifications : les quatre groupes seront composés directement selon le classement IIHF, sans le moindre tirage au sort, et les quarts de finale seront joués entre équipes d'une même poule en tour intermédiaire. Les équipes resteront donc dans la même ville et ne se déplaceront qu'au stade des demi-finales. Cette décision a été prise en raison de l'éloignement des villes-hôtes des deux prochaines éditions, Moscou et Saint-Pétersbourg pour 2007, Québec et Halifax pour 2008.

En outre, la Slovaquie, avec les villes de Bratislava et Koice, organisera pour la première fois les championnats du monde en 2011 (Bratislava a déjà été co-organisatrice à l'époque de la Tchécoslovaquie). Son dossier a été élu haut la main avec 70 voix, contre 20 à la Suède et 14 à la Hongrie.

Depuis que la division I est divisée en deux poules, jamais un pays non-européen n'avait accueilli un groupe à ce niveau. Les pays consultés étant majoritairement européens, ils préféraient s'épargner un long voyage. 2007 change la donne, et c'est la Chine qui a été choisie comme organisateur inédit, dans le groupe de la France. L'IIHF participera aux frais de déplacement pour ce retour en Asie.

Groupe A (à Qiqihar, Chine) : Kazakhstan, France, Pologne, Estonie, Pays-Bas, Chine.

Groupe B (à Ljubljana, Slovénie) : Slovénie, Lituanie, Japon, Hongrie, Grande-Bretagne, Roumanie.

20/05 Coupe Mémorial - Le regard du Canada sur Moncton

À partir de ce week-end et pour une semaine se déroule à Moncton (Nouveau-Brunswick) la coupe Mémorial, la grande finale à quatre des championnats junior majeur (moins de 20 ans). Cette compétition annuelle regroupe les vainqueurs des trois championnats juniors : la ligue de l'Ouest (WHL), de l'Ontario (OHL) et du Québec (LHJMQ). La quatrième équipe organise le tournoi, et est choisie parmi les finalistes de conférence de la saison précédente. C'est un événement national au Canada, très suivi à travers la retransmission de tous les matches sur les chaînes sportives canadiennes. C'est aussi la dernière chance pour les recruteurs de la NHL de définir leur liste pour juin ou pour signer les espoirs déjà draftés.

Cette année le tournoi accueille quatre nouvelles têtes. Après trois présences consécutives, Kelowna a cédé sa place aux Vancouver Giants pour le titre à l'Ouest. Les Giants ont survolé les playoffs de leur championnat avec 16 victoires pour 2 défaites. L'équipe a clairement bénéficié du retour de Gilbert Brulé, qui avait commencé la saison à Columbus en NHL où il s'était blessé. Revenu en janvier, Brulé a affolé les compteurs et dominé les playoffs avec 30 pts en 12 matches. L'attaque se repose quasiment exclusivement sur lui, le reste étant de niveau égal. L'autre joueur clé est le défenseur et capitaine Mark Fistric (DAL), bien secondé par Brendan Mikkelson (ANA) et l'offensif Cody Franson (NSH). Enfin, l'émergence de Dustin Slade dans les cages constitue une demi-surprise. Talentueux mais doté d'un tempérament bouillant, Slade a peiné à garder sa place à cause de ses sautes de concentration et de mauvais gestes. Mais l'aide de Martin Brodeur au camp d'entraînement des Devils où il était invité a grandement stabilisé son caractère et Slade a signé une saison d'une régularité exceptionnelle, avec notamment six blanchissages en playoffs, nouveau record.

Dans l'Ontario, les Peterborough Petes ont mis à terre le tenant du titre, les London Knights et leur attaque de feu (Schremp, Bolland, Hunter, S. Kostitsyn). Les Petes ont remporté facilement la finale 4 manches à 0. Peterborough dispose d'une attaque homogène autour de Jordan Staal (2006), le troisième frère de la famille après Eric (Carolina) et Marc (Rangers) et avant Jared, qui jouera l'an prochain à Sudbury... Jordan est le premier de la famille à pouvoir concourir pour la coupe Mémorial et pourrait monter suffisamment sa cote pour atteindre la place de n1 de draft en NHL. Il est bien aidé par une série de joueurs draftés : Patrick Kaleta (BUF), Liam Reddox (EDM), le controversé Steve Downie (PHI), Fredrik Naslund (DAL), Daniel Ryder (CGY), Jordan Morrison (PIT)... La défense ne dispose pas de grande vedette avec Trevor Hendrikx (CBJ) et Bryan Young (EDM) en tête de liste, mais protège bien la cage de David Shantz (FLO), qui a rebondi avec huit victoires sur huit prolongations, après une saison médiocre l'an passé.

La ligue de hockey junior majeur du Québec enverra enfin deux équipes. L'organisateur bien sûr, les Moncton Wildcats, mais aussi le finaliste des playoffs, les Remparts de Québec, battus 4-2 par Moncton. Les Wildcats, invaincus à domicile en playoffs, possèdent une équipe très expérimentée avec notamment Philippe Dupuis (CBJ), pour sa troisième participation (2003, 2004 avec Gatineau). Le grand espoir Martins Karsums (BOS) et Adam Pineault (CBJ) forment un duo performant en attaque, avec l'aide de Stéphane Goulet (EDM), très efficace cette saison. L'escouade défensive est centrée sur les deux meilleurs défenseurs du tournoi, Luc Bourdon (VAN) et Keith Yandle (PHX), ainsi que le second Letton de l'équipe, Oskars Bartulis (PHI) et l'offensif Nathan Welton. Le gardien Josh Tordjman tentera de faire bonne figure, face à plus de 200 recruteurs de la NHL, qui suivront d'autres candidats à la séance de juin prochain (Brad Marchand, Matt Marquardt).

Les Remparts de Québec s'appuieront sur l'expérience de leur manager et entraîneur Patrick Roy, mythique gardien de Montréal et Colorado. Le bouillant n33 a d'ailleurs failli en venir aux mains avec Ted Nolan, entraîneur de Moncton, lors d'une finale accrochée ! Québec possède une star naissante avec Alexander Radulov (NSH), sans doute l'attraction du tournoi avec Brulé. Radulov a signé le meilleur total de points des trois ligues juniors, avec notamment une séquence de plus de 50 matches avec au moins un point. Il a poursuivi sa route en playoffs avec 28 pts sur les 12 derniers matches... L'ailier fort Jordan LaVallée (ATL) a constitué un apport intéressant à son retour de blessure, mais le passeur clé de Radulov reste bel et bien Angelo Esposito, le jeune prodige de 16 ans qui a frôlé la barre des cent points cette année. Mathieu Melanson constitue aussi une révélation en playoffs, ainsi que Brent Aubin. En défense, le duo Michal Sersen (PIT, finaliste l'an dernier avec Rimouski) et Marc-Edouard Vlasic (SJ) accumule les points et rendra le jeu de puissance dangereux, d'autant que Andrew Andricopoulos a lui aussi battu son record de carrière. Le gardien Cédrick Desjardins aura pour sa part à cur de venger sa défaite avec l'Océanic de Rimouski face à London l'an passé. Seuls quatre joueurs de Québec ont été draftés par des équipes NHL.

Le début de tournoi verra les quatre équipes s'affronter tour à tour. Le premier sera qualifié pour la finale, alors que le deuxième et le troisième joueront un match de demi-finale. Le calendrier étant très resserré, le premier de la poule gagne le tournoi depuis quinze ans en profitant de la fatigue des demi-finalistes... Contrairement à l'an passé où London et Rimouski étaient largement favoris, cette fois-ci aucune équipe ne se détache.

25/05 La Mongolie devrait être la prochaine

La Mongolie devrait être le prochain pays à intégrer les championnats du monde. Cela fait trois ans que les quarante-cinq mêmes équipes y participaient. Si aucun nouveau pays n'était apparu, c'est aussi parce que l'IIHF a durci les règles entre-temps : elle n'accepte désormais un primo-arrivant que si celui-ci répond à certains critères, notamment de disposer d'une patinoire couverte et d'un championnat national. Cela a pour but de vérifier que la candidature du pays correspond bien à un véritable développement du hockey, et donc d'éviter d'inclure en championnat du monde des équipes éphémères comme on l'a vu il y a quelques années. La Mongolie devra donc prouver la réalité de ses structures.

La Mongolie ne vient pas de nulle part dans les compétitions IIHF puisqu'elle avait participé aux championnats d'Asie-Océanie juniors quand ceux-ci existaient encore, et avec des résultats plutôt honorables. Son équipe nationale senior a également participé deux fois aux Jeux Asiatiques, en 1999 et en 2003. Mais le signe le plus encourageant pour sa compétitivité en division III mondiale, c'est sa participation il y a quelques mois aux championnats du monde de... bandy. Elle y avait été l'équipe-surprise de la compétition. Après avoir battu l'Estonie 4-3 d'entrée, elle avait été entouré de journalistes. Après que la fédération internationale de bandy a envoyé un "missionnaire" (Jan Sjonemark) pour s'intéresser à la Mongolie, l'IIHF ne peut pas décemment rester spectatrice.

30/05 Choix des médias

Pour la première fois en France, les médias ont décerné des distinctions aux meilleurs joueurs de Ligue Magnus pour la saison 2005/06. Le détail de la consultation est expliqué sur le site Choix des médias.

Meilleur joueur et meilleur attaquant : Carl Mallette (Rouen).

Meilleur défenseur : Sami-Ville Salomaa (Rouen).

Meilleur gardien : Ramon Sopko (Rouen).

Meilleur joueur des play-offs : Julien Desrosiers (Rouen).

Meilleur coach : Daniel Maric (Dijon).

Première équipe étoile : Ramon Sopko (Rouen) ; Sami-Ville Salomaa (Rouen) - Milan Tekel (Dijon) ; Maurice Rozenthal (Villard-de-Lans) - Carl Mallette (Rouen) - Marc-André Thinel (Rouen).

Seconde équipe étoile : Antoine Mindjimba (Amiens) ; Frantisek Pulscak (Amiens) - Jean-François Bonnard (Grenoble) ; Éric Fortier (Rouen) - Jonathan Bellemare (Angers) - Martin Filip (Briançon).

 

 

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