Pologne - Suisse (26 mars 1985)
Championnats du monde du groupe B 1985.
Chaque équipe connaît l'importance de ce match qui peut décider de la montée dans l'élite mondiale. Cela explique une certaine nervosité de part et d'autre au début car chacun essaie d'éviter l'erreur fatale. Mais cela n'empêche pas de prendre des pénalités. La Suisse convertit son second avantage numérique sur un puissant lancer de la ligne bleue de Reto Sturzenegger. Mais la Pologne fait de même quand Arnold Lörtscher est sanctionné pour accrocher : Wieslaw Jobczyk, clairement le meilleur joueur polonais, profite d'un dégagement manqué der Jacques Soguel pour égaliser.
Le public fribourgeois se rend peu à peu à l'évidence : ces Polonais sont meilleurs techniquement avec des relances très propres et un système de jeu aux rouages bien huilés. Ils dominent le jeu et en sont récompensés en prenant l'avantage par Krystian Sikorski, qui était libre de ses mouvements depuis cinq bonnes secondes dans le slot lorsqu'il a reçu la passe de Zabawa, alors que trois joueurs suisses traînaient derrière la ligne de fond. Cette erreur de marquage, c'est Bruno Rogger qui la paiera en finissant le match sur le banc. Au début du deuxième tiers-temps, la Pologne essaie de tuer le match. Elle aurait pu y parvenir sans un Olivier Anken aux réflexes exceptionnels qui tient son équipe à flot face aux rapides contre-attaques des visiteurs.
La Suisse se surprend finalement à tenir un rythme de haut niveau dans ce match entre prétendants au groupe A. Elle tient le choc et, quand Zabawa part en prison pour une charge incorrecte, Heini Staub passe à Bruno Rogger qui égalise d'un tir puissant. Maintenant qu'elle a été rejointe au score, la Pologne semble moins sereine. Elle multiplie les fautes en début de troisième période. Un but helvétique est même annulé car l'arbitre a sifflé juste avant. Puis un slap de Reto Dekumbis frappe le poteau, symbole du manque de réussite des attaquants suisses (seuls les défenseurs locaux ont marqué ce soir). Le powerplay suisse n'arrive plus à s'installer durablement.
Le score nul est finalement logique. Il manque un leader à cette attaque suisse : Jörg Eberle, qui semble fatigué physiquement ou mentalement, n'a plus la même forme qu'il y a quelques semaines quand il participait grandement au titre de Davos. Mais la Suisse a été présente au rendez-vous en obtenant ce partage des points avec beaucoup de volonté. Elle garde la tête du classement, à la différence de buts, un facteur qui pourrait s'avérer décisif pour l'accession à l'élite mondiale maintenant que les favoris se sont neutralisés.

Commentaires d'après-match
Leszek Lejczyk (entraîneur de la Pologne) : "Avant le match, je me se serais satisfait de ce résultat nul, mais au vu des évènements je le trouve injuste. En Pologne, on dit que l'équipe à domicile bénéficie de l'aide du public mais aussi des murs, ce soit elle a eu celle des arbitres. Ils n'ont pas sanctionné les brutalités des joueurs suisses comme ils l'auraient dû. L'équipe suisse m'a paru techniquement affûtée et homogène entre ses lignes, mais surtout elle est beaucoup mieux préparée physiquement qu'aux derniers Mondiaux."
Bengt Ohlson (entraîneur de la Suisse) : "Je ne suis pas d'accord quand on accuse mes joueurs d'être brutaux. Je pense que le coach polonais est déçu d'avoir perdu un point contre une équipe qu'il juge plus faible. Il n'est pas juste d'incriminer l'arbitre quand on ne gagne pas. Je suis satisfait du résultat car mes joueurs ont l'habitude de jouer contre deux professionnels [NDLR : les étrangers autorisés dans le championnat de LNA suisse] et ce soir ils en ont affronté vingt. Notre équipe n'a pas joué son meilleur match parce que la Pologne a bien bloquée nos percées transversales. Les systèmes de powerplay exercés à l'entraînement ont bien fonctionné et notre gardien a été parfait. Si j'ai renoncé à aligner Rogger, c'est que j'ai privilégié des joueurs forts physiquement pour défendre."
Pologne - Suisse 2-2 (1-2, 1-0, 0-0)
Mardi 26 mars 1985 à 20h00 à la patinoire Saint-Léonard de Fribourg. 6800 spectateurs.
Arbitrage de M. Schimki (RFA) assisté de MM. Larsson (SUE) et Uldall (DAN).
Pénalités : Pologne 14' (4', 4', 6') ; Suisse 8' (4', 0', 4').
Évolution du score :
0-1 à 08'11" : Sturzenegger assisté de Staub (sup. num.)
1-1 à 12'54" : Jobczyk assisté de Zabawa (sup. num.)
2-1 à 16'42" : Sikorski assisté de Morawiecki et Stopczyk
2-2 à 36'28" : Ritsch assisté de Staub et Bärtschi (sup. num.)
Pologne
Attaquants :
15 Andrzej Zabawa (2') - 17 Stanislaw Klocek (2') - 8 Wieslaw Jobczyk
11 Krystian Sikorski - 2 Jaroslaw Morawiecki (2') - 4 Jan Stopczyk
20 Jan Piecko (A) - 9 Dariusz Sikora - 24 Marek Stebnicki
Défenseurs :
5 Marek Cholewa (2') - 10 Andrzej Swiatek
6 Henryk Gruth (C) - 7 Robert Szopinski
27 Bogdan Krawczyk (2') - 22 Ludwik Synowiec (2')
Gardien :
1 Franciszek Kukla
Remplaçants : 25 Gabriel Samolej (G), 3 Andrzej Ujwary (D), 18 Leszek Jachna, 14 Janusz Adamiec (A). En réserve : 23 Andrzej Chowaniec (D), 13 Bogdan Pawlik (A).
Suisse
Attaquants :
24 Jörg Eberle - 14 Arnold Lörtscher (2') - 12 Urs Bärtschi
19 Jacques Soguel (A) - 22 Fredi Lüthi - 27 Peter Schlagenhauf (2')
23 Reto Dekumbis - 10 Pietro Cunti (2') - 11 Lorenzo Schmid (C)
Défenseurs :
20 Bruno Rogger - 4 Andres Ritsch (2')
5 Marco Müller - 2 Fausto Mazzoleni
21 Reto Sturzenegger - 7 Heini Staub
Gardien :
1 Olivier Anken
Remplaçants : 28 Richard Bucher (G), 3 Marcel Wick (D), 15 Jakob Lüdi, 16 Thomas Müller (A). En réserve : 25 André Mürner (G), 6 Eddy Rauch (D), 17 Willy Kohler (A).