France - Norvège (11 novembre 1999)

 

Qualification pour le championnat du monde 2000, groupe B, première journée.

Stéphane Sabourin n'a eu qu'une semaine pour travailler avec son groupe au complet après les deux matches de préparation face au Canada (1-1 et 1-0). Il sait que son manque de vécu peut être un handicap avec une échéance aussi importante que le tournoi qui doit maintenir la France dans l'élite mondiale si elle termine dans les deux premiers (le troisième aura une seconde chance en barrage). Il a donc fait confiance dans la responsabilité des joueurs en organisant une élection à bulletins secrets pour remplacer l'ancien capitaine Jean-Philippe Lemoine, qui a tiré un trait sur le haut niveau et sur l'équipe nationale, dégoûté de l'exclusion de Grenoble de la ligue élite alors qu'il s'était impliqué au sein club. Arnaud Briand a été élu devant Denis Perez et Philippe Bozon, qui seront donc ses assistants.

Le rôle de Sabourin a été de mettre en place les lignes. Il a en particulier tenu à mettre en place un troisième trio à vocation travailleuse défensive (Besse-Meunier-Allard). Le coaching étant en sa faveur, il la met autant que possible dans les pattes des duettistes Magnussen et Vikingstad, les plus redoutables talents de l'équipe norvégienne. Cela peut permettre de libérer le premier trio inédit de l'équipe de France, où Maurice Rozenthal - privé de son frère François blessé au genou - a été promu pour la première fois à la place de Christian Pouget, autre joueur en colère contre la fédération.

La bataille tactique reste longtemps serrée, avec un certain avantage physique aux Norvégiens. Mais en deuxième période, les Bleus commencent à trouver des failles. Robert Ouellet échoue d'abord, tout seul face à Robert Schistad. Mais c'est l'idole du Coliseum, Maurice Rozenthal, qui ouvre le score en avantage numérique en slalomant depuis la ligne bleue défensive dans une action individuelle de génie. La France et son gardien Cristobal Huet doivent ensuite transpirer en infériorité numérique, mais l'énergie de Laurent Meunier à sa sortie de prison perturbe les Norvégiens. Ouellet peut alors s'échapper et décaler son collègue de Krefeld, Stéphane Barin, pour le 2-0.

La situation des Bleus est idéale... et elle est totalement gâchée dans la seconde moitié du deuxième tiers-temps. Trond Magnussen réduit le score, et Trygg égalise en contre-attaque. La nervosité gagne les rangs français. Stanislas Solaux, la révélation du début de saison en championnat avec Anglet, ressort à prine d'un long séjour en prison (2'+2'+10' pour une charge dans le dos) qu'il y retourne pour retenir. Puis c'est Grégory Dubois qui commet un retard de jeu sous la pression. Magnussen se retrouve dorénavant bien trop libre de ses mouvements et convertit à la supériorité numérique par un tour de cage à vingt-cinq secondes de la pause.

Le Coliseum est assommé, et on a l'impression que le banc français l'est aussi au retour des vestiaires. Mais les leaders français ont tellement connu ce genre de situations que leur orgueil refait surface. Ils monopolisent maintenant le temps de jeu, jusqu'à ce qu'Arnaud Briand inaugure son nouveau statut de capitaine en égalisant à deux minutes de la fin, battant Schistad à bout portant sur une passe de Guennelon.

Commentaires d'après-match (au micro de Pathé Sport et dans l'Équipe)

Stéphane Sabourin (entraîneur de la France) : "Je suis fier de mes gars, ils ont été pratiquement impeccables. Mais quand on menait 2-0, on s'est mis tout seuls dans les problèmes en oubliant nos principes. Maintenant on va retenir ce qui s'est passé. Une situation pareille ne se reproduira pas.

Maurice Rozenthal (attaquant de la France) : "En 1995, il y avait la fougue des débuts. Tamminen avait une grosse confiance en nous. Après, avec les défaites, on a un peu plus douté, comme toute l'équipe. Depuis trois ans, François a toujours eu une blessure grave l'empêchant de jouer deux ou trois mois. Jonathan (Zwikel) a été absent presque toute la saison passée. Bref, nous trois, qui devions jouer ensemble, n'avons presque jamais pu le faire. [...] Il y a une différence de ton, de comportement. Avec [Sabourin], on a l'impression de plus penser au jeu, même s'il y a toujours des problèmes à régler par ailleurs. Le discours, c'est : prouvez sur la glace, on verra après. Je ne sais pas si ça marchera, mais il y a une prise de conscience des joueurs, et chacun a le sentiment d'avoir sa place et ses responsabilités."

 

France - Norvège 3-3 (0-0, 2-3, 1-0)
Jeudi 11 novembre 1999 à 20h30 au Coliseum d'Amiens. 1227 spectateurs.
Arbitrage de Frantisek Rejthar (TCH) assisté de Christian Oswald (ALL) et Aris d'Ambrogio (SUI).
Pénalités : France 28' (8'+10', 4', 6'), Norvège 10' (6', 0', 4').
Tirs : France 21 (4, 7, 10), Norvège 22 (8, 12, 2).

Évolution du score :
1-0 à 26'26" : M. Rozenthal assisté de Briand et Bozon (sup. num.)
2-0 à 29'08" : Barin assisté de Ouellet
2-1 à 32'36" : Magnussen assisté de Vikingstad
2-2 à 36'03" : Trygg assisté de Johnsen
2-3 à 39'35" : Magnussen assisté de Vikingstad et Salsten (sup. num.)
3-3 à 58'16" : Briand assisté de Guennelon et M. Rozenthal

 

France (2' pour surnombre)

Attaquants :
Maurice Rozenthal - Arnaud Briand (C, 2') - Philippe Bozon (A, 2')
Stanislas Solaux (6'+10') - Robert Ouellet - Stéphane Barin (2')
Pierre Allard - Laurent Meunier - Guillaume Besse
Richard Aimonetto - Jonathan Zwikel - Benoît Bachelet

Défenseurs :
Gérald Guennelon - Denis Perez (A)
Grégory Dubois (2') - Karl Dewolf (2')
Baptiste Amar - Jean-Christophe Filippin
Stéphane Gachet - Christopher Lepers

Gardien :
Cristobal Huet

Remplaçant : Fabrice Lhenry (G).

Norvège (2' pour surnombre)

Attaquants :
Morten Fjeld - Øystein Olsen - Marius Trygg
Trond Magnussen (C, 2') - Tore Vikingstad - Per-Åge Skrøder
Sjur Robert Nilsen - Ole Eskild Dahlstrøm - Geir Svendsberget
Jon Gundersen - Pål Johnsen (2') - Mads Hansen

Défenseurs :
Petter Salsten (2') - Ketil Wold
Bård Sørlie (2') - Tommy Jakobsen
Martin Knold - Svein Enok Nørstebø
Jarle Næsset - Per Olav Skarpjordet

Gardien :
Robert Schistad

Remplaçant : Øivind Sørlie (G).

 

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