États-Unis - Belgique (28 janvier 1924)
Jeux Olympiques 1924, poule B.
Chance (au tirage) et élégance
Dans une France encore marquée par la mémoire de la récente guerre, les États-Unis - précieux alliés - ont été parmi les délégations étrangères les plus applaudies lors de la cérémonie d'ouverture, avec la Belgique (et le Canada). Mais sur le plan du hockey sur glace, un gouffre sépare les deux pays. Le championnat national des États-Unis est d'un niveau très sérieux mais le réservoir de joueurs est bien plus réduit qu'au Canada. Or, trois joueurs de l'équipe olympique 1920 ont décliné la sélection pour raisons professionnelles : le gardien Ray Bonney (Pittsburgh) et les attaquants Frank Goheen et Gerry Geran (dont le passage d'un an à Paris avait illuminé le hockey européen). Un temps envisagé dans la sélection, le défenseur Ching Johnson est absent pour une raison évidente : il est canadien.
L'équipe américaine pourrait donc être moins forte qu'à Anvers sans ces joueurs, alors que le Canada semble plus fort. Le manager William Haddock ne veut surtout qu'un de ses hockeyeurs se blesse, c'est la raison pour laquelle il a arrêté leur second entraînement au bout d'une heure parce qu'il voyait la glace de Chamonix se remplir un peu trop de patineurs. Également président de l'USAHA, Haddock a remporté un premier "match" face au Canada... dans un tirage au sort. Le règlement de la Ligue Internationale sur Glace a introduit une clause à ses statuts pour obliger qu'un vice-président soit nord-américain. Mais les représentants du Canada et des États-Unis sont inconnus de leurs homologues européens, qui étaient bien en peine de voter pour l'un ou l'autre. C'est donc à pile ou face que Haddock a été "élu", plutôt que Hewitt.
Le premier match est comme prévu une formalité. Drury est déjà connu mais c'est le défenseur Clarence Abel quin s'impose comme le meillleur Américain. Impressionnés et écrasés au premier tiers-temps, les Belges se défendent bien et jouent mieux dans les deux dernières périodes, mais ils n'arrivent pas à marquer malgré les efforts de Poplimont et Van Bolxem qui auront été leurs meilleurs éléments. Il y a une telle de différence de niveau que les États-Unis jouent avec une grande élégance, sans exploiter leur supériorité numérique. Ils s'avèrent être des patineurs très rapides, mais plutôt personnels, avec peu de comnbinaisons au goût des Européens.
États-Unis -
Belgique 19-0 (8-0, 5-0, 6-0)
Lundi 28 janvier 1924 à 13h30 - en pratique 14h00 - au stade olympique de Chamonix. 1738 spectateurs.
Arbitre : Dunc Munro
assisté de Robert George
et Erik Gustafsson
(arbitres de but).
Buts : Drury 6, Rice 5, Synnott 3, McCarthy 3, Abel 2
États-Unis
Attaquants : Justin McCarthy - Herb Drury - Williard Rice
Remplaçant : Frank Synott
Défenseurs : Clarence Abel - Irving Small (C)
Remplaçant : John Lyons
Gardien : Alphonse Lacroix puis à 25' Art Langley
Belgique
Attaquants : Henri Louette - André Poplimont (C) - Frédéric Rudolf
Remplaçant : Louis De Ridder
Défenseurs : Gaston Van Volxem - Philippe Van Volckxom
Remplaçant : Charles van der Driessche
Gardien : Victor Verschueren