Jeux Olympiques de Calgary 1988

 

Groupe A (14, 16, 18, 20 et 22 février 1988)

Suède - France 13-2 (1-1,9-1,3-0)
Canada - Pologne 1-0 (1-0,0-0,0-0)
Suisse - Finlande 2-1 (2-0,0-0,0-1)

Suède - Pologne 1-1 (0-0,1-1,0-0)
Canada - Suisse 4-2 (0-0,1-1,3-1)
Finlande - France 10-1 (4-0,4-0,2-1)

France - Pologne 2-6 (0-1,0-1,2-4)*
Suisse - Suède 2-4 (0-3,1-1,1-0)
Canada - Finlande 1-3 (0-3,1-0,0-0)

Finlande - Suède 3-3 (0-1,2-2,1-0)
Canada - France 9-5 (7-3,0-1,2-1)
Pologne - Suisse 1-4 (0-4,0-0,1-0)

Finlande - Pologne 5-1 (1-1,2-0,2-0)
Canada - Suède 2-2 (1-1,1-0,0-1)
France - Suisse 0-9 (0-1,0-3,0-5)

* Les buts polonais sont annulés et le score commué en 2-0 en raison du contrôle anti-dopage positif de Jaroslaw Morawiecki. La Pologne prend un coup au moral après un très bon début de parcours, mais les Français ne récupèrent pas pour autant les deux points de la victoire.

Classement : 1 Finlande 7, 2 Suède 7, 3 Canada 7, 4 Suisse 6, 5 Pologne 1, 6 France 0.

Les JO commencent bien mal pour l'équipe de France, petit poucet de la compétition : Pierre Pousse reçoit un palet dans le nez lors de l'échauffement du premier match et quitte le tournoi prématurément. Ses coéquipiers encaissent treize buts face à la Suède, dix face à la Finlande, et même six contre la Pologne dans un match très lent. L'entraîneur Kjell Larsson trouve alors néanmoins des raisons d'être satisfaits : "Nous sommes la seule équipe à avoir réussi à marquer deux buts contre les Polonais. C'est une performance que n'ont réussie ni les Suédois ni les Canadiens". Malgré les cinq défaites, le but d'anthologie de Philippe Bozon contre le Canada montre qu'il y a des jeunes hockeyeurs français d'avenir au milieu des vieux Franco-Canadiens qui entourent le capitaine André Peloffy (38 ans).

 

Groupe B (13, 15, 17, 19 et 21 février 1988)

Tchécoslovaquie - Allemagne de l'ouest 1-2 (1-0,0-1,0-1)
Norvège - URSS 0-5 (0-0,0-3,0-2)
Autriche - États-Unis 6-10 (1-2,0-4,5-4)

Allemagne de l'ouest - Norvège 7-3 (2-0,3-1,2-2)
URSS - Autriche 8-1 (3-1,5-0,0-0)
États-Unis - Tchécoslovaquie 5-7 (3-1,1-2,1-4)

Allemagne de l'ouest - Autriche 3-1 (1-1,1-0,1-0)
Tchécoslovaquie - Norvège 10-1 (1-0,5-0,4-1)
URSS - États-Unis 7-5 (2-0,4-2,1-3)

Tchécoslovaquie - Autriche 4-0 (2-0,1-0,1-0)
Allemagne de l'ouest - URSS 3-6 (1-2,1-2,1-2)
États-Unis - Norvège 6-3 (1-0,3-2,2-1)

URSS - Tchécoslovaquie 6-1 (2-0,3-0,1-1)
Autriche - Norvège 4-4 (1-1,1-2,2-1)
Allemagne de l'ouest - États-Unis 4-1 (2-0,0-0,2-1)

Classement : 1 URSS 10, 2 RFA 8, 3 Tchécoslovaquie 6, 4 États-Unis 4, 5 Autriche 1, 6 Norvège 1.

Les États-Unis, ayant encore en mémoire le "miracle sur glace" de 1980, abordent avec passion le match contre l'URSS. Mais ils subissent la loi des Soviétiques plus forts techniquement et sont bien vite menés 2-6. La défaite n'étant pas bonne pour le moral de la nation, la chaîne de télévision américaine ABC interrompt la retransmission... pour la reprendre alors que le score a été réduit à 5-6. Mais, à deux minutes de la fin, Vyacheslav Fetisov glisse le palet entre les jambes du défenseur Brian Leetch, présenté comme le plus grand espoir américain, et finalise la victoire. Moins combatifs face à des adversaires aux noms moins ronflants, les États-Unis ne se qualifient même pas pour le deuxième tour, au contraire d'une équipe allemande de caractère, parfaitement en place tactiquement. L'élimination américaine s'explique notamment par les gros problèmes au poste de gardien de but, où Mike Richter et Chris Terreri terminent le tournoi avec des pourcentages d'arrêts extrêmement médiocres de 84% et 77%...

La chaîne ABC, qui a acheté les droits télé des JO pour 300 millions de dollars et a obtenu que la poule finale se joue à six pour s'assurer de la présence des États-Unis, voit ses plans s'effondrer avec la non-qualification américaine. Pour limiter la casse au niveau des audiences, ABC exige - et obtient - que le calendrier de la poule finale soit modifié à sa convenance.

 

 

Poule finale (24, 26 et 28 février 1988)

Allemagne de l'ouest - Finlande 0-8 (0-3,0-3,0-2)
Suède - Tchécoslovaquie 6-2 (0-1,3-0,3-1)
Canada - URSS 0-5 (0-0,0-2,0-3)

Canada - Allemagne de l'ouest 8-1 (1-0,4-1,3-0)
URSS - Suède 7-1 (4-1,1-0,2-0)
Tchécoslovaquie - Finlande 5-2 (1-0,2-1,2-1)

Canada - Tchécoslovaquie 6-3 (3-1,1-2,2-0) (le 27 février)
Allemagne de l'ouest - Suède 2-3 (1-0,1-1,0-2)
Finlande - URSS 2-1 (0-0,1-0,1-1)

Classement : 1 URSS 8, 2 Finlande 7, 3 Suède 6, 4 Canada 5, 5 RFA 2, 6 Tchécoslovaquie 2.

On le disait vieillissant et fatigué, le défenseur Vyacheslav Fetisov s'est en fait préparé pour être au meilleur de sa forme lors de ces JO, et l'URSS gagne finalement un tournoi olympique sur le sol nord-américain, seul endroit où elle avait échoué jusque là. L'unique défaite intervient contre la Finlande alors que le titre est déjà acquis. Quatre joueurs de cette équipe soviétique, Igor Larionov, Valeri Kamensky, Andreï Lomakin et Aleksandr Chernykh (jeune joueur qui a été préféré de justesse à Fedorov et Semak pour intégrer l'effectif, et qui devra mettre un terme à sa carrière en 1989, à 23 ans, après un accident de voiture) sont originaires d'une petite ville de moins de cent mille habitants de la région moscovite, Voskresensk, patrie du grand entraîneur Nikolaï Epstein.

Les spectateurs canadiens sont frustrés par leur équipe qui peine offensivement et qui échoue à la quatrième place. Pas de chance pour Randy Gregg, le seul pro qui avait sacrifié son salaire pour défendre les couleurs de son équipe nationale. Il avait déjà été chocolat en 1980 et espérait se rattraper. Pour qu'il obtienne une médaille, il aurait fallu que la Suède soit accrochée par les Allemands. Avec tout le public du Saddledome derrière eux, ceux-ci mènent 2-0 grâce à un doublé de Dieter Hegen, mais les Scandinaves matent finalement cette équipe germanique qui a joué au maximum de ses possibilités durant ce tournoi.

Pourtant, la Suède n'a enthousiasmé personne et n'a fait qu'assurer le minimum syndical grâce à son jeu défensif. Il lui manquait ses stars et son entraîneur Tommy Sandlin crierait presque au miracle avec ce résultat : "Nous étions venus avec une véritable équipe amateur, avec des joueurs qui ne peuvent s'entraîner que le soir. Nous ne nous sommes réunis ensemble que fin janvier. Notre préparation a été inférieure à celle des Français".

Les Tchécoslovaques, eux, s'étaient parfaitement préparé en altitude dans les Tatras. Mais la fébrilité du gardien Jaromir Sindel a conduit à faire confiance quand même à Dominik Hasek qui revenait tout juste de blessure. Le jeune gardien n'était pas au meilleur de sa forme. Plus généralement, un ressort a semblé casser dans cette équipe après la défaite face aux Allemands. Il faut dire que l'entraîneur Jan Starsi avait été viré avant les JO.

La faillite des grandes nations a été parfaitement exploitée par la Finlande qui signe le plus retentissant exploit de son histoire avec la médaille d'argent, alors qu'ils n'étaient jamais montés sur un podium mondial. Au passage, elle bat pour la première fois l'URSS grâce à un jeune gardien méconnu, Jarmo Myllys. On craignait pourtant que les Finlandais ne se qualifient même pas pour la poule finale après leur défaite d'entrée contre la Suisse, mais ils ont su enchaîner les performances de haut niveau. Le mérite en revient à leur entraîneur Pentti Mattikainen dont la première mesure a été d'interdire l'alcool. Les Finlandais avaient l'habitude d'arroser chacune de leurs victoires, qui restaient du coup sans lendemain, mais ont pris conscience de leurs capacités en adoptant un comportement plus professionnel.

 

Match pour la septième place (25 février 1988)

Suisse - États-Unis 4-8 (1-2,0-3,3-3)

 

Match pour la neuvième place (23 février 1988)

Pologne - Autriche 2-3 (1-0,1-3,0-0)

 

Match pour la onzième place (23 février 1988)

Norvège - France 6-6 (0-2,3-3,3-1,0-0) / 0-2 aux tirs au but

La France remplit son objectif en évitant la dernière place pour son retour aux Jeux Olympiques après vingt ans d'absence. Mais le public canadien n'aura pas forcément goûté le jeu limité et parfois violent de certains Franco-Canadiens, en particulier les cinglages de Paulin Bordeleau, recordman des pénalités de ce tournoi olympique.

 

 

Meilleurs marqueurs

                            MJ   B  A Pts   Pén
 1 Vladimir Krutov     URS   8   6  9  15    0'
 2 Igor Larionov       URS   8   4  9  13    4'
 3 Vyacheslav Fetisov  URS   8   4  9  13    6'
 4 Corey Millen        USA   6   6  5  11    4'
 5 Dusan Pasek         TCH   8   6  5  11    8'
 6 Sergueï Makarov     URS   8   3  8  11   10'
 7 Erkki Lehtonen      FIN   8   4  6  10    2'
 8 Anders Eldebrink    SUE   8   4  6  10    4'
 9 Igor Liba           TCH   8   4  6  10    8'
10 Gerd Truntschka     ALL   8   3  7  10   10'

Trophée du fair-play : Canada.

 

 

Les JO précédents (Sarajevo 1984)

Les JO suivants (Albertville 1992)

 

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