Suède 2024/25 : présentation
La saison 2024/2025 de la Svenska HockeyLigan (SHL) a débuté il y a deux mois. Débuts de saison tonitruants, surprises, déceptions, ce qui peut être considéré comme la meilleure ligue européenne nous a d’ores et déjà offert son lot de spectacle. Si toutes les équipes engagées rêvent du prochain "SM-guld", la réalité de la glace est toute autre. Mais alors, qui se battra pour quoi et quel sera le défi majeur pour chacune des 14 écuries engagées ? Réponse dans ce guide !
Skellefteå, du rififi chez le champion
Le champion en titre, Skellefteå, sera au printemps dans la course à sa propre succession. Pourtant, le moral est loin d’être au beau fixe du côté du SAIK. Déjà décroché du haut du tableau, défait lors de ses 4 dernières sorties, il semblerait que le club du Västerbotten soit enlisé par ses propres choix. Seul club de l’élite suédoise à avoir imposé l’usage du suédois dans les meetings d’équipe, le champion en titre croyait dur comme fer à son groupe, qui semblait avoir le plus de profondeur et qui n’a que peu changé au cours de l’été… L’effectif semblait avoir le plus de profondeur mais n’a pas été épargné par les blessures, dont les deux gardiens Linus Söderström et Gustaf Lindvall.
Après 16 matchs et seulement 8 petites victoires, Robert Ohlsson, sur le banc depuis plus de 3 saisons, a payé le prix fort pendant la trêve internationale de novembre. Le spécialiste de 49 ans, connu pour professer un hockey avec un gros rythme de patinage, a été le premier entraîneur de SHL remercié, à la surprise générale. L’explication est sans doute que l’on savait en coulisses qu’il s’était déjà engagé pour le concurrent Frölunda la saison prochaine. Serait-ce assez pour réveiller le SAIK ? Le club aurait-il eu besoin d’un leader de plus sur la glace ? Sans doute regrettera-t-il d’avoir laissé passer l’opportunité de rapatrier Pierre-Édouard Bellemare - suédophone - qui, coupé du camp d’entraînement de l’Avalanche du Colorado, fait son retour en Europe. Avec des cadres décevants, Les jeunes pousses Axel Sandin-Pellikka et Michael Brandsegg-Nygård seront-elles la bouée de sauvetage d’une formation qui semble à la fin d’un cycle ? Une chose est sûre, si Skellefteå veut garder sa toison dorée, il va falloir réagir et vite car il semblerait que l’hiver soit rude dans le Västerbotten.
Frölunda-Rönnberg, une dernière danse parée d’or ?
Il est d’ores et déjà acté que l’un des entraîneurs les plus titrés de la dernière décennie ne sera plus sur le banc de Göteborg la saison prochaine. Mais avant de partir pour la Suisse et Fribourg-Gottéron, l’entraîneur deux fois vainqueur de la SHL et quatre fois vainqueur de la Champions Hockey League souhaite marquer un peu plus le championnat de son empreinte. Au-delà de ses frasques et de son comportement loufoque en interview, Roger Rönnberg semble avoir retrouvé les clés du succès. D’une équipe en perdition, la pensionnaire du Scandinavium est désormais devenue l’une, si ce n’est l’équipe la plus en forme du championnat. Le FHC occupe nettement la première place du classement à la trêve.
Et le moins qu’on puisse dire, c’est que tous les voyants sont au vert : David Edström est doucement mais sûrement en train d’éclore, Max Friberg assume pleinement son rôle de capitaine et le défenseur offensif Henrik Tömmernes retrouve de sa superbe, rien ne pourrait aller mieux pour le club des bords du Gotä älv. Le défi pour Rönnberg et Frölunda sera donc le suivant : parvenir à faire durer la dynamique positive tout en corrigeant les maigres défauts dans leur jeu pour arriver en séries éliminatoires avec le plein de confiance et les armes pour s’offrir une dernière danse parée d’or avant de clore un chapitre qui détient déjà ses lettres de noblesse.
Victime du plus gros “upset” de la saison dernière en s’inclinant 0-4 dès le premier tour face à Rögle, 9e de saison régulière, Färjestad cherche à rebondir. L’entraîneur Tomas Mitell a donc mis en place un style plus agressif pour être performant en séries éliminatoires. Mais le rééquilibrage a conduit à un déséquilibre dans l’autre sens. Dans le sillage de David Tomasek et Oskar Steen, qui occupent respectivement la première et la troisième place des scoreurs de la ligue, le FBK marque beaucoup (61 buts en 16 journées). Première attaque mais avant-dernière défense, le contraste sourit pour le moment. Mais en marchant sur la corde raide, Färjestad demeure dans un projet bien fragile. Le club semble bien loin de répondre au dicton qui affirme que les défenses font gagner des titres.
Il faut dire que le pilier défensif Carl Dahlström est parti en Suisse (Lugano) comme le deuxième marqueur Victor Ejdsell (Berne). Quant à Carl Lindbom, propulsé gardien numéro 1 en raison de ses performances l’an dernier, il s’est envolé pour Las Vegas. Privé de celui qui était presque devenu indispensable, le club de l’ouest de la Suède doit désormais se replier sur son duo de gardiens aux performances inconnues. Avec respectivement 85,5% et 88,7% d’arrêts, Damian Clara et Maxime Lagacé sont en difficulté devant le filet et poussent les leurs à redoubler d’efforts offensifs. Faire reposer ses espoirs dans un gardien de 19 ans, cela ne s’avère pas un pari gagnant à tous les coups. Damian Clara peut-il redresser la barre et permettre aux siens de s’octroyer le droit de ne pas sur-performer ? Une inconnue à deux facteurs dont le technicien suédois Mitell devra trouver la solution pour espérer conserver son poste à Färjestad.
Champions en 2022/23, les Växjö Lakers ont échoué de peu dans leur quête d’un deuxième titre consécutif. Encore et toujours parmi les grands favoris, ils sont en mode diesel. Avec un bilan de 8 victoires pour 8 défaites et la douzième attaque du championnat, les coéquipiers du défenseur offensif Joel Persson cherchent encore leur rythme. Les attaquants Dennis Rasmussen (Davos) et Félix Robert (Bridgeport, AHL) ne remplacent pas du tout les trois attaquants les plus prolifiques, tous partis (Marcus Sylvegård en NHL/AHL, Kalle Kossila initialement à Berne - voir plus bas - et Robert Rosén à la retraite). Pourtant, l’équipe semble assez équilibrée et est composée en grande partie de joueurs qui entrent ou qui sont dans la période la plus faste de leur carrière. Elle était la mieux organisée en défense et n'a guère changé derrière. Le cerbère finlandais Emil Larmi tient la baraque. Alors, comment expliquer ce début de saison compliqué ?
L’un des meilleurs entraîneurs de Suède peinerait-il à renouveler son plan de jeu ? Après deux saisons couronnées de succès, deux apparitions en finale et un titre, les équipes adverses semblent avoir cerné le jeu des hommes du lac… et Jörgen Jönsson doit trouver une autre manière de faire. Pour le moment, il semble balbutier. Avec 13% en supériorité numérique et 69% en infériorité numérique, Växjö est avant-dernier des deux classements. Des chiffres bien loin des standards d’une équipe qui vise le haut du tableau. S’il y a bien un domaine dans lequel il est primordial de briller, ce sont les unités spéciales. Alors pour le club du Småland, le défi est simple : retrouver un plan de jeu efficace. Rien d’insurmontable tant le club, dans son infrastructure et dans la construction de l’effectif, semble modelé pour accrocher les séries éliminatoires sans broncher. Växjö a donc 36 matchs pour retrouver la recette de son succès récent.
Luleå, de retour au premier plan ?
Les années de vaches maigres sont-elles enfin terminées dans le nord de la Suède ? Après deux saisons bien plus tristes qu’il ne l’était imaginable, le LHF semble remonter la pente. Finaliste en 2021-22, le club du Norrbotten a mis du temps à encaisser l’échec face à Färjestad. 10e en 2022-23 et 6e en 2023-24, le club s’est par deux fois incliné dès les quarts de finale, par deux fois face à Växjö. Luleå a donc changé un tiers de son effectif ayant pour objectif de se rapprocher du haut du tableau. A contrario de leurs habitudes récentes, les hommes de Thomas Berglund ont débuté par le bon pied, l’emportant à dix reprises sur les quinze premiers matchs. De quoi enfin rêver plus haut ?
La réponse est très probablement affirmative tant le club du Norrbotten ne montre que peu de signaux négatifs. Joel Lassinantti et Matteus Ward alternent la garde du filet avec efficacité, la défense remplit pleinement son rôle et l’attaque capitalise sur les faiblesses adverses. Alors quel défi cette formation doit-elle relever ? Son pire ennemi n’est nul autre qu'elle-même : habituée à des résultats en montagnes russes, la formation du nord-est de la Suède va devoir trouver un élan de stabilité pour s’octroyer l’espoir de rêver plus grand. Le LHF arrivera-t-il à retrouver l’or de son blason ? C’est aux coéquipiers de Linus Omark, star de la formation du Norrbotten, de se donner les moyens d’y parvenir.
Brynäs descendra-t-il de son nuage ?
Reléguée en HockeyAllsvenskan au terme d’une saison bien morose il y a de cela deux ans, le BIF n’a fait qu’une bouchée de la deuxième division suédoise pour retrouver sa place dans l’élite. Bien plus qu’auteur d’un début de saison digne d’un promu, le club de Gävle semble avoir subitement retrouvé ses heures de gloire. Vainqueur à 11 reprises en 16 journées, deuxième derrière Frölunda tout en ayant battu des équipes comme Växjö et Skellefteå, l’idylle semble durer pour Niklas Gällstedt et les siens. Aidés par le retour au pays du vétéran de NHL Jakob Silfverberg, une attaque réaliste et un plan de jeu respecté à la lettre, les joueurs au trèfle sont LA surprise de ce début de saison.
S’il semblerait que le club de feu Börje Salming soit sur la bonne voie pour assurer sa place dans l’élite, il existe deux grands points d’interrogation sur lesquels travailler. La défense, composée de jeunes talents et de joueurs d’expérience, semble connaître quelques errances qui coûtent cher et le gardien Erik Källgren, que les Toronto Maple Leafs n’ont pas retenu dans leur écosystème, a connu quelques sautes de performances. Le tout pour des résultats rapides mais qui posent quelques questions quant à la viabilité sur le long terme. Brynäs continuera-t-il à surprendre les observateurs et à déjouer les pronostics ? Ou au contraire, retombera-t-il sur terre ? Les prochaines semaines donneront une indication quant aux espoirs à placer en Gävle pour le reste de la saison.
Est-ce enfin l’année d’Örebro ?
L’ÖHK est une des rares formations de l’élite suédoise à n’avoir jamais été sacrée. Bien qu’ayant accueilli un bon nombre de prospects prometteurs pour leur permettre de s’exprimer avant de s’exporter en NHL, cela n’a jamais été récompensé par la plus grande distinction nationale. Éliminé dès les huitièmes de finale par Luleå la saison dernière, le club des bords du lac Hjälmaren semble reparti sur les bons rails. À la trêve, Örebro occupe la troisième place du classement, à un petit point seulement de Brynäs. S’il semble que le moral soit au beau fixe, la première interrogation majeure repose devant le filet. Auteur d’un début de saison exceptionnel, Jonas Arntzen et Jhonas Enroth affichent 94,7% et 92% d’arrêts au quart de la saison, de quoi porter l’ÖHK vers les cieux… Mais seront-ils capables de garder ce niveau d’excellence tout au long de l’exercice ?
L’autre interrogation est de l’autre côté de la glace. Car si les deux Jonas forment le rempart qui semble pouvoir offrir à l’équipe les moyens d’y croire, l’attaque d’Örebro n’est que la dixième du championnat, une sacrée ombre au tableau. Les bonnes performances de Patrik Karlkvist et Robert Leino, qui comptent à eux deux 19 des 40 buts marqués, ne seront pas suffisantes sur la durée pour se frotter aux mastodontes de la ligue. C’est d’ailleurs pour cela que l’on a recruté comme joker leur compatriote - né en France à Neuilly-sur-Seine mais arrivé en Finlande à 2 ans - Kalle Kossila, sans club depuis qu’il a été recalé de la visite médicale de Berne en juillet. Réputé pour son système de jeu très organisé (voire ennuyeux pour ses détracteurs), le coach Niklas Eriksson arrivera-t-il à dynamiser une offensive encore trop timorée ?
Ces dernières saisons, le scénario est souvent le même du côté de Rögle. Une saison régulière décevante, peu d’espoirs puis des séries éliminatoires flamboyantes où les surprises se succèdent. Après s’être offert Färjestad puis Växjö la saison dernière, échouant en finale contre Skellefteå, le club d’Ängelholm va-t-il encore nous offrir ce scénario ? Tout porte à croire que oui. Les derniers play-offs devaient beaucoup à l’incroyable progression statistique du gardien Christoffer Rifalk, auteur de 95,4% d'arrêts en play-offs. Heureusement pour les dirigeants qu'il avait prolongé début mars après une saison régulière moyenne (90,3%). Sauf que dans cette nouvelle saison, Rifalk est sous les 90% et a perdu sa place de titulaire au profit d’Arvid Holm... Et Rögle est ausssi sous la moyenne.
Comme à son habitude, l’équipe ne brille pas par ses individualités mais par son efficacité. Avec la cinquième supériorité numérique de la ligue et le quatrième bloc d’infériorité, seul Örebro est plus régulier dans l’exercice des unités spéciales. En outre, Rögle préchauffe et se prépare tranquillement mais sûrement à surprendre son monde, encore une fois. Ne serait-ce pas jouer avec le feu ? Car, et ce n’est pas faute de l’avoir répété tout au long de cet article mais, la SHL est plus ouverte que jamais et tout semble possible : Malmö pourrait bien tirer son épingle du jeu, Skellefteå devrait finir par relever la tête… Rögle pourrait bien finir par être le larron de la farce. L’objectif pour Rögle est d’éviter les mauvaises surprises dans cette saison qui nous réservera encore bien des surprises.
S’il y a bien une surprise en ce début de saison, elle nous vient du club suédois le plus finlandais. Timrå, huitième l’an passé et éliminé dès le tour préliminaire des séries éliminatoires, est l’une des équipes les plus attractives en ce début de saison. Entraînée par Olli Jokinen, que beaucoup d’observateurs mettent dans le top 4 des meilleurs entraîneurs du pays, elle propose un jeu qui séduit. Dans le sillage d’une supériorité numérique redoutable (26,1%), et d’un duo Jonathan Dahlén - Filip Hållander qui fait des étincelles, le club du Vasternorrland entend bien profiter d’une ligue plus ouverte que jamais pour se frayer son bout de chemin. Arrivera-t-il à continuer sur cette voie ?
Si Oliver Kapanen, fils de Kimmo, légende du club, est de retour après avoir débuté la saison dans l’écosystème des Canadiens de Montréal, le club n’est pas épargné par les blessures. Tim Erixon, Emil Melander et Lukas Pilö sont éloignés du glaçon pour plusieurs mois et ses absences viennent fragiliser une défense qui montre déjà certaines limites. Si l’attaque peut être d’une certaine manière la meilleure défense, la maigre réussite en infériorité numérique (77%) peut-être le frein des ambitions de Timrå. S’il semble que l’équation défensive soit encore à résoudre, la qualité du jeu proposé et la forme globale de l’équipe sont des motifs d’optimisme sur les bords de la Baltique. À condition que les hommes forts ne soient pas assujettis aux blessures. S’il devait y avoir un pronostic à émettre : bien des équipes devraient se méfier de cette formation imprévisible à bien des égards.
Après une cinquième place convaincante la saison dernière et ce malgré l’élimination précoce en playoffs face à Frölunda, tout porte à croire que le Leksands IF est rentré dans le rang. Privé de Filip Larsson, parti outre-Atlantique après une première saison exceptionnelle devant un filet de SHL, la ville du bord du lac Siljan doit s’en remettre à Mantas Armalis. Le Lituanien de 32 ans, au club depuis trois saisons maintenant, semble sur le déclin, poussant le club à une rotation de trois cerbères. Si Jakob Hellsten tient son rang, le salut du LIF tient peut-être dans la mitaine de Marcus Gidlöf. Auteur d’un début de saison tonitruant chez les juniors, l’international suédois des moins de 20 ans est détenteur de prestations plus que convaincantes dans l’élite du hockey national cette saison, le choix de 5e tour au dernier repêchage NHL (New York Islanders) pourrait connaître une éclosion.
Il n’en faudra pas moins à Leksand pour espérer mettre du piment dans sa saison. Moyen défensivement, mauvais offensivement, le club de Dalécarlie est un adepte du ventre mou. Avec des attaquants absents des classements, le LIF ne semble pas être prédestiné à connaître son heure de gloire cette saison. Les coéquipiers de Justin Kloos, trop seul offensivement, vont devoir se mettre en route rapidement. Mais ils ne sont pas seuls à devoir réagir, Charles Berglund, technicien de cette équipe, va lui aussi devoir trouver le schéma offensif qui permettes aux siens de retrouver un semblant d’efficacité en zone offensive. Le cas échéant, la saison pourrait paraître bien longue.
Malmö, l’heure du coup d’éclat ?
En parlant d’équipe imprévisible, voilà une spécialiste. Dans le comté de Scanie, bien rares sont ceux qui savent qu’attendre des Redhawks. Habituée aux tréfonds du classement, la formation malmöite gratifie trop souvent ses partisans de saisons sans saveur, si ce n’est le stress de la série pour la relégation. Si l’an dernier ils avaient échappé à celle-ci grâce aux saisons catastrophiques de HV71 et Oskarshamn, les hommes de Tomas Kollar ont, cette saison, une carte à jouer. Malmö a-t-elle enfin l’occasion de s’offrir un coup d’éclat ?
Personne, à ce jour, n’a la réponse définitive car les résultats du chef-lieu de Scanie sont en eux-mêmes un mystère. Loin d’être portée par ses cerbères, ni ses offensifs tous en dehors des 30 meilleurs de la ligue, derniers en infériorité, comment expliquer que les Redhawks restent en mesure d’espérer accrocher les séries éliminatoires ? Comme dit précédemment, la SHL semble être la plus ouverte de ces dernières saisons. La compétition est à l’heure actuelle un escape game où tout le monde peut battre tout le monde et où l’équipe la plus régulière sort son épingle du jeu, profitant de la chute de certains mastodontes. C’est ainsi que Malmö pourrait, si ses résultats venaient à rester réguliers, connaître de nouveau la post-saison après 4 ans de galères. Le défi est le suivant : rester constant et s’offrir quelques gros coups, sans avoir d’individualité qui sort du lot.
Surprenant sixième la saison dernière, le LHC, de retour en séries éliminatoires après 5 ans de disette et des saisons bien moroses, s’était offert un quart de finale face au futur champion Skellefteå. L’heure était alors aux réjouissances et certains signes laissaient penser que l’avenir était radieux dans l’Östergötland. D’un point de vue comptable, les hommes d’Oscar Fantenberg sont retombés dans les travers des dernières saisons. Ils occupent la dernière place de non relégable avec 10 points d’avance sur HV 71. Si, à ce stade de la saison, il semble possible d’affirmer qu’ils risquent peu de choses, le défi est de solidifier la défense et préparer la suite.
Bien que poussés par des unités spéciales en grande réussite (6e supériorité numérique et 5e infériorité), les coéquipiers de Christian Heljanko ne parviennent pas à capitaliser dessus. Si le lion veut reprendre du poil de la bête, il devra redresser la barre défensivement. Alors que les jours raccourcissent en Suède, le travail qui attend les hommes de Klas Östman est encore grand pour s’octroyer le droit d’y croire.
Promu surprenant la saison dernière, et bien qu’ayant échoué aux portes des séries éliminatoires, le club d’Örnsköldsvik semblait être sur une bonne lancée. Comme trop souvent chez les promus, l’an 2 post-montée est l’un des plus compliqués. Le moins qu’on puisse dire c’est que MoDo n’y échappe pas. Lanterne rouge du championnat, distancé par le premier non relégable, rien ne semble sourire au club du Västernorrland. Un plan de jeu brouillon, la pire attaque et la pire défense de la Ligue, un gardien (Lassi Lehtinen) comptant à peine 87,8% d’arrêts…
Devant Örnsköldsvik se dressent de multiples défis : réussir à retrouver une identité de jeu leur permettant de gagner du terrain, point par point, sur ses adversaires directs. Réussir à remettre ses gardiens et ses offensifs sur la bonne voie. L’hiver sera donc décisif dans le Västernorrland : L’intensité de la lumière au bout du tunnel décidera donc du reste de la saison. Si le poste de Mattias Karlin à la tête du club ne semble pas encore être menacé, il devra réagir très vite s’il veut s’octroyer le droit de croire à autre chose qu’une relégation en Hockey Allsvenskan. S’il existe encore un maigre espoir pour le club d’échapper à la série couperet, il faudra de - très - rapides progrès.
Husqvarna, envers et contre tous ?
Battu à quatre reprises pour débuter, annoncé par bien des observateurs comme le grand favori à la relégation, le HV71 était, pour certains, déjà condamné tant sur le plan sportif. L’été a été tourmenté. L'agent de la star André Petersson s’était plaint de l'absence de négociation sur une prolongation de contrat, entrant en querelle publique avec le manager Chris Abbott. En fin de compte, Petersson est toujours là mais n'est plus capitaine. Pour ne rien arranger à cela, des supporters de Linköping ont moqué la mémoire de feu Stefan Liv, icône du club de Jönköping, poussant le club à des poursuites judiciaires. Le début de saison semblait annoncer une saison noire.
Le HV71 occupe, comme il était prédit, l’une des deux places qui envoient en série couperet… mais le petit rayon de soleil est d’arriver à devancer pour le moment MoDo afin de disposer de l’avantage de la glace. Il faudra surtout solidifier leur défense devant deux jeunes gardiens de seulement 23 ans aux résultats sur courant alternatif. Car c’est là que le bât blesse. Le HV71, a contrario d’une équipe comme Färjestad, ne peut pas s’octroyer de marge de manœuvre en cas de mauvais soir défensivement. Le cerbère Hugo Alnefelt, espoir du Lightning de Tampa Bay, peut-il devenir la surprise de l’année en SHL ? L'international danois Frederik Dichow peut-il redresser la barre ?
Nino Bourge-Maldinez