Allemagne 2024/25 : bilan
La réélection du bureau de la fédération allemande s'est faite à l'unanimité dans la plus totale sérénité (notons au passage que l'ex-président Franz Reindl vient d'être blanchi par la justice des accusations de conflits d'intérêt qui avaient barré sa route toute tracée vers la présidence de l'IIHF finalement obtenue par Luc Tardif). Dans cette atmosphère apaisée, on a juste entendu les critiques de certains gros centres de formation qui attirent les meilleurs jeunes du pays – surtout celui de Mannheim – envers les indemnités de formation qui ont été rétablies dans le hockey mineur, alors qu'elles n'existaient plus depuis trente ans et l'écroulement du système de transferts avec l'arrêt Bosman. Dorénavant, il faudra que le nouveau club verse un dédommagement allant de 100 euros (pour un joueur U9) à 1300 euros (pour un joueur U20) au club formateur d'origine.
Au sommet de la pyramide, en DEL, les jeunes joueurs peinent toujours à se faire une place. Sur les 73 hockeyeurs alignés à la faveur du quota de joueurs de moins de 23 ans (minimum 3 par équipe à chaque match), seuls 21 ont joué plus de 10 minutes en moyenne, comme si, par principe, ces jeunes devaient jouer moins que les autres, contrairement à ce qui se fait dans les ligues nordiques. Or, la DEL vient en effet d'autoriser pour la saison prochaine d'aligner un U24 par équipe, qui sera compté parmi les trois jeunes (à la condition qu'il ait été licencié dans le même club durant la totalité du championnat écoulé). La gestation des joueurs allemands restera donc la plus longue d'Europe. Mais cette nouvelle règle pourrait aussi réorienter des éléments plus jeunes vers des divisions inférieures où ils pourront mieux se développer.
Cette recherche de cohérence est un point important. Tout le monde tire enfin dans le même sens dans le hockey allemand. La promotion/relégation fonctionne enfin pleinement entre DEL et DEL2, et elle a donné lieu à une saison absolument palpitante. On ne s'est jamais autant passionné pour la lutte pour la montée entre plusieurs clubs aux ambitions affirmées, mais aussi au combat pour le maintien, combat dans lequel a fini par succomber une équipe extrêmement populaire et prestigieuse. Il y a eu finalement plus de suspense dans ces batailles-là que dans celle pour le titre, puisque la finale s'est achevée par des rencontres à sens unique.
Les résultats commentés du championnat allemand
Les clubs de DEL
Berlin (1er) : le meilleur entraîneur d'Europe et une présence dans le vestiaire
Les Eisbären de Berlin paraissent ne plus avoir qu'un rival : eux-mêmes. Le score cumulé de la finale a établi un record de l'histoire allemande : 27 buts à 3, même s'ils sont perdu un match au passage. Ils fondent ainsi une nouvelle dynastie avec un quatrième titre en cinq ans, dynastie au milieu de laquelle ils avaient pourtant... raté les playoffs une année. Mais ils ont su maintenir leur cap stratégique et leur coach Serge Aubin, que le manager Stéphane Richer a appelé le "meilleur entraîneur d'Europe". Le fait d'avoir dominé une référence internationale en finale (Kari Jalonen) donne du crédit à ce compliment. Aubin, qui réagit très vite au coaching, n'a encore jamais perdu une série !
Ce titre est spécial car il a été dédié à Tobias Eder, décédé en quelques mois d'une maladie fulgurante. Ce championnat, les Berlinois ne l'ont pas gagné "pour Tobi", insistent-ils, ils l'ont gagné "avec Tobi", comme s'il était encore présent parmi eux dans le vestiaire.
Même si Leo Pföderl a été meilleur joueur de la saison régulière, la personnalité de l'année fut indéniablement Ty Ronning. En 2023, on avait proposé à l'Américain de rejoindre l'Italie dans le cadre du projet olympique. Avec le recul, il ne regrette pas d'avoir choisi Berlin. Il s'est installé : l'actrice italo-canadienne Samantha di Francesco, qu'il a épousé à l'été 2024, l'a rejoint dans la capitale allemande en novembre 2024, mettant sa carrière entre parenthèses après la fin de son engagement pour la série américaine Superman & Lois. Ronning est le premier joueur à avoir été meilleur marqueur à la fois en saison régulière et en playoffs. Il a toujours marqué lors des 28 derniers matchs, pulvérisant lui aussi tous les records.
Les Eisbären restent dans le même temps fidèles à leur credo de développement des jeunes. Ils ont ainsi fourni deux nouveaux défenseurs à l'équipe nationale : Eric Mik et la révélation de la saison Korbinian Geibel.
Cologne (2e) : se faire humilier en finale, c'est déjà y être
Victime d'une fracture de fatigue en préparation, le gardien Tobias Ancicka précipite son retour pour la première journée de championnat. Une décision qu'il regrettera amèrement : les os ne sont pas encore consolidés et il faut cette fois opérer. Cologne recrute alors Julius Hudáček compte tenu de cette longue convalescence, ce qui implique une concurrence à trois gardiens en fin de saison. Ancicka récupère le poste de titulaire, mais Hudáček devient le héros des play-offs en qualifiant les Haie en finale contre le cours du jeu. Son dernier match n'aura cependant duré que 3'11" avant qu'il se fasse sortir. Le soir même, le gardien slovaque annonce à regret son départ sur les réseaux sociaux, le club ayant déjà décidé de repartir avec un duo allemand dans les cages (Brückmann rejoindra Ancicka).
Hudáček aurait bien voulu rester, un tel showman était presque destiné à évoluer devant le public le plus nombreux d'Europe. Cologne a établi un record avec 17 829 spectateurs, et on pensait que ce serait la dernière fois puisque la nouvelle aréna de Saint-Pétersbourg n'a ouvert qu'en cours de saison et que le SKA a été assez trousses. Mais comme la salle russe menace de se transformer en éléphant blanc, le KEC devrait rester premier, voire battre son propre total dans l'euphorie. Il aurait pu vendre 50 000 billets en finale, car le hockey sur glace était dans toutes les conversations en ville. Cologne préfère retenir ça que le triple 0-7 final qui lui a valu les moqueries des autres clubs... mais eux étaient éliminés depuis longtemps et auraient bien voulu être là !
La faiblesse de Cologne venait de ses lignes arrières. C'était déjà l'équipe de DEL qui tirait le moins de la ligne bleue à Noël quand le leader théorique Nick Bailen s'est fait renvoyer. Otso Rantakari, compatriote du coach Kari Jalonen, est arrivé en janvier sans amener plus en avantage numérique, où c'est Adam Almquist qui est devenu défenseur numéro 1. En plus de son faible apport offensif, la défense était encore très chancelante derrière, malgré la "sécurisation" nordique. Exemplaire dans cette défense fragile mais affaibli par les blessures en play-offs, le capitaine Moritz Müller aurait voulu arrêter sur un titre mais a vécu une 4e finale perdue. Le déclin du vétéran Torsten Ankert était moins visible que celui de Bailen mais était tout aussi patent dans un rôle différent : l'ex-international est passé en deux ans de 53% à 43% puis à peine 36% de duels gagnés. Il ne sera pas conservé.
Ingolstadt (3e) : le premier oublié
La "Pure Dominanz" des Eisbären a tellement marqué les esprits en fin de saison qu'on en oublierait presque que c'est Ingolstadt qui a remporté la saison régulière. Pourquoi cette omission ? Parce que le premier du classement a manqué la qualification en finale, ce qui n'était plus arrivé depuis 2014. À l'époque, Hambourg avait été battu par... Ingolstadt, titré par surprise. Cette fois, l'ERCI était du mauvais côté de la barrière. Il ne dégageait plus l'impression de souveraine assurance des semaines précédentes, preuve en est l'avance de 2-0 perdue au match 6 fatal de la demi-finale contre Cologne.
Ingolstadt avait fait le choix de commencer la saison avec 10 étrangers pour 9 places, une concurrence surtout fatale à Charles Bertrand dont le temps de jeu a fondu : on ne reprochait rien à son engagement toujours total, c'est juste que son activité de patinage débouchait sur trop peu de résultats concrets. Le Français – qui repartira jouer en Finlande – fut presque toujours surnuméraire en playoffs parce que l'ERCI avait dû recruter un étranger de plus dans les cages, Christian Heljanko, après la blessure de Michael Garteig. Le Finlandais n'a pas porté son équipe au titre, perdant son duel direct contre un autre joker (Hudáček).
La force d'Ingolstadt a résidé dans la contribution offensive de ses défenseurs, sans égal dans la ligue. Alex Breton a atteint la barre des 20 buts, une première pour un défenseur de DEL depuis 2011 (Sascha Goc). Leon Hüttl, apparié à Mat Bodie à 5 contre 5 mais aussi troisième temps de jeu en powerplay des défenseurs allemands de la ligue, n'a pas été en reste avec 10 buts. Surtout, Hüttl a signé en play-offs la meilleure fiche (+8) et le deuxième meilleur compteur de son équipe (3+8) derrière l'explosif Wojciech Stachowiak. Ce dernier a ensuite signé un contrat d'un an pour Tampa Bay avec la volonté d'essayer de se faire une place en NHL.
Mannheim (4e) : le management NHL confronté à la culture européenne
Dallas Eakins a entrepris à Mannheim un processus de reconstruction sur plusieurs années comme il le connaissait en NHL. Mais en Europe, sans plafond salarial, il paraît étrange de voir un club à gros budget ne pas être candidat au titre. Ici, on n'est pas en NHL, on ne récolte aucune future star à la draft quand on sacrifie le succès à court terme. Cela ne servirait à rien, la meilleure équipe junior du pays, ce sont déjà les "Jungadler" de Mannheim... et cette ressource est inexploitée car les trois joueurs sous quota U23 ont des temps de jeu navrants (9 minutes pour les attaquants Maximilian Heim et Florian Proske, 6 minutes pour le défenseur Fabrizio Pilu).
Ici, on n'est pas en NHL, il n'y a aucune équipe-ferme pour envoyer les joueurs dont on ne veut pas (le pauvre Samuel Soramies, international il y a deux ans, a joué 2 matches dans la saison !). Eakins n'a cessé d'ajouter des recrues pour rendre la concurrence aussi intense qu'en Amérique du Nord, mais l'effet a semblé contre-productif : des joueurs qui perdaient leurs temps en tribune et des leaders dont on n'a jamais vu le meilleur visage, à l'instar du défenseur Leon Gawanke (-10 en play-offs, et adieu à l'équipe nationale dont il paraissait un titulaire sûr).
Le management d'Eakins a longtemps paru aussi impeccable que son costume-cravate : discours rodé, approche humaine courtoise, éléments de langage soignés. Mais en fin de saison, il s'est répandu en récriminations dans une interview au Mannheimer Morgen contre le pouvoir des joueurs qui lui semblait trop grand, et en particulier contre tout ce qui est différent de la NHL : la promotion/relégation, les quotas de jeunes et – surtout – l'impossibilité de pouvoir se débarrasser d'un joueur en l'échangeant du jour au lendemain sans lui demander son avis. Bref, le simple respect d'un contrat de travail bilatéral ! Au lieu de s'adapter à la culture européenne, il s'est plaint que tout ne soit pas comme chez lui. Un classique du management à l'américaine.
Mais dans le management à l'américaine, ne juge-t-on pas sur les résultats ? En l'absence d'objectif déclaré, difficile de se satisfaire d'avoir juste devancé l'autre grand club riche Munich puis de l'avoir éliminé en quart de finale. Se faire balayer dans une série, comme ce fut le cas contre Berlin, cela n'était jamais arrivé aux Adler depuis la fondation de la DEL il y a plus de 30 ans ! Un but inscrit par match dans cette demi-finale : pas de buteur, pas de leader qui fasse la différence, on a déjà souvent entendu ce constat à Mannheim, bien avant Eakins. On espérait une équipe plus tranchante dans le slot avec un jeu d'inspiration nord-américaine, mais les Adler sont restés trop souvent dans le périmètre. Luke Esposito semblait amener un jeu plus direct à la cage, mais il a mis zéro but en play-offs. Même l'habituel buteur Matthias Plachta n'a jamais été aussi peu en réussite. La patience des supporters envers le discours de "reconstruction" ne tiendra clairement pas une saison de plus...
Bremerhaven (5e) : les canalisations percent, les jeunes aussi
Bremerhaven était attendu au tournant cette saison. Les remarquables performances du club survivraient-elles au départ à Krefeld de l'entraîneur Thomas Popiesch ? L'ancien adjoint chargé des défenseurs, Alex Sulzer, a conservé la même philosophie en reprenant le coaching des attaquants : l'attention de ceux-ci doit être portée avant toute chose au soutien défensif. Conséquence : pour l'élection du gardien de l'année en DEL, Kristers Gudlevskis a été élu une seconde fois de suite, avec 62% des voix... et c'est le deuxième gardien du club Maxi Franzreb (20%) qui a fini deuxième ! Néanmoins, en quart de finale, le troisième du vote (Julius Hudáček, 10%) a pris le meilleur sur Gudlevskis et Cologne a éliminé Bremerhaven.
Ce quart de finale national est certes une régression après une finale, mais le quart de finale européen – perdu contre Genève-Servette pourtant battu auparavant en première phase – est un beau résultat. Le 5-1, 5-0 passé à un grand d'Europe (Skellefteå) en huitième de finale de CHL a marqué les esprits et constitué le point d'orgue de la saison.
Le pire moment fut un accident bête, quand une perceuse utilisée pour planter la cage a causé une fuite d'ammoniac dans les circuits de refroidissement de la dalle de béton : une défaite par forfait, quelques semaines de déplacements à Brême pour s'entraîner et deux autres rencontres à domicile reportées qui ont compliqué le calendrier de la fin du championnat régulier. Et pourtant, le trio Urbas-Jeglič-Verlič – qui a annoncé sa retraite de l'équipe nationale de Slovénie à ce moment-là de la saison – et leurs coéquipiers ont regagné les deux positions perdues après la fuite. La troisième place de saison régulière ainsi récupérée est en fin de compte synonyme de nouvelle qualification en CHL, la troisième dans l'histoire du club et la deuxième à la suite.
Bremerhaven continue donc de se développer. L'illustration la plus spectaculaire en est Maxim Rausch. Ce défenseur a été le joueur né en 2003 – ou même après – le plus utilisé dans toute la ligue (14'13" par match), même s'il a souffert en play-offs avec une fiche de -7. Les Fischtown Pinguins laissaient jusqu'à l'an passé des temps de jeu faméliques laissés aux quotas de jeunes mais cette époque est révolue. L'attaquant technique Fabian Herrmann est aussi dans le top-10 des jeunes avec 13 minutes de moyenne pour sa première saison de DEL. Le club inspire ainsi de plus en plus confiance aux joueurs allemands.
Munich (6e) : une saison difficile dans la nouvelle aréna
L'entrée dans le SAP Garden, partagée avec le Bayern Munich, était attendue avec impatience. Mais si le public a répondu présent pour remplir cette salle et dépasser 10 000 spectateurs de moyenne, les résultats n'ont pas été à la hauteur des espérances : pendant que les basketteurs – de nouveau champions d'Allemagne – enchaînaient les victoires à guichets fermés, les hockeyeurs ne remportaient que 15 matches sur 30 à domicile depuis le gala inaugural contre les Buffalo Sabres, qui vit Munich dépassé en système collectif comme rarement une formation européenne face à une équipe NHL (0-5). En incluant ce match, le Red Bull perdit 4 de ses 5 premières rencontres jouées à la suite dans sa nouvelle maison (après trois victoires à l'extérieur en attendant l'ouverture de la salle)... ce qui provoqua le renvoi du coach Toni Söderholm, dès le 12 octobre.
L'adjoint Max Kaltenhauser fut propulsé entraîneur-chef de DEL (par intérim pendant un mois puis à titre définitif) après s'être fait un nom en conduisant Regensburg de l'Oberliga à un titre-surprise en DEL2 en l'espace de deux ans. Mais derrière cette ascension fulgurante, l'entraîneur de 43 ans vivait des heures difficiles en privé, notamment à cause du décès de sa mère. Il demanda à être libéré de son contrat en janvier (NB : il redeviendra assistant-coach de l'équipe la saison prochaine).
Munich rappela alors l'entraîneur de légende Don Jackson, qui avait pris sa retraite après le titre 2023 pour passer plus de temps dans sa ferme du Kansas même s'il restait dans l'organisation comme conseiller et faisait des visites régulières. Il a suffi que Jackson revienne et, subitement, les passes arrivaient dans la palette ! Son aura était telle que l'équipe, si inconstante jusque là, enchaînait 7 victoires. C'était presque trop beau.
C'était trop beau. Munich restait une équipe vieillissante dont seule la première ligne a vraiment fonctionné : Chris DeSousa, replacé au centre, y était encadré par la seule recrue réussie Taro Hirose et par un Yasin Ehliz devenu le meilleur buteur de l'histoire du club. Insuffisant pour passer l'obstacle Mannheim en quart de finale. Après cette saison chaotique à trois entraîneurs, le Red Bull va reconstruire en faisant venir son futur coach – tout comme Jackson à l'époque – de l'autre club sponsorisé par la multinationale autrichienne des boissons énergisantes, Salzbourg : ce sera le Canadien Oliver David.
Straubing (7e) : le calendrier infernal
Le cumul des compétitions représentait un véritable défi pour Straubing cette saison. Après un bon départ en CHL, le retour au championnat fut difficile avec une dernière place après dix journées. Mais les Tigers s'en sont très vite sortis pour revenir en milieu de tableau. Plus encore que la ligue européenne, c'est l'invitation à la Coupe Spengler entre Noël et le Nouvel An qui complexifiait le calendrier car la DEL organise trois journées dans le même intervalle. Straubing terminait finaliste à Davos, après le parcours le plus difficile possible (5 matchs en 5 jours !). Allait-on ramasser les Bavarois à la petite cuillère ? Non, leur meilleure série en championnat (8 victoires en 9 matchs) avait lieu avant et après cette escapade – intense – dans les montagnes suisses.
Les rencontres reportées et la fatigue accumulée allaient cependant se payer tôt ou tard. Une série de 5 défaites en 9 jours juste avant la trêve de février ne paraissait pas si dramatique dans ce contexte. Elle provoquait pourtant le renvoi de l'entraîneur Tom Pokel. Florilège de réactions des supporters : "je suis sans voix", "incompréhensible", "la plus grosse erreur de l'histoire du club". Il est rare qu'un coach viré soit aussi soutenu, on le comprend quand on sait que Pokel avait amené Straubing 7 ans de suite dans le top-8 alors que l'équipe n'y était parvenue qu'une fois dans les dix saisons précédentes...
Personne n'avait donc envie de voir débarquer le nouvel entraîneur Craig Woodcroft, sans emploi depuis son dernier passage à Minsk en KHL en 2022/23. Il a pourtant su convaincre en améliorant le jeu en avantage numérique. Straubing a joué son cinquième quart de finale de suite, et dominé Berlin 197 tirs à 122 au cumul des rencontres. Rétrospectivement, c'est une performance vu le parcours du futur champion.
L'an prochain, il n'y aura qu'une compétition, la DEL. Les Tigers envisagent donc de sacrifier un peu de profondeur de banc pour avoir des étrangers de meilleure qualité. Cette saison, les deux meilleurs marqueurs étaient allemands, le jeune international Josh Samanski (qui partira pour un contrat en NHL) et le défenseur offensif Marcel Brandt.
Nuremberg (8e) : super sexy, ce système de jeu !
L'ancien gardien Mitch O'Keefe a pleinement réussi son arrivée en DEL comme entraîneur. Son système offensif a agréablement plu à Nuremberg et il a su l'adapter. À la place de son forechecking à deux qui met la pression en fond de zone, le Canadien a changé son système en cours de saison pour un 1-2-2 qui convient mieux à la physionomie de son effectif et qui a permis de récupérer plus de palets sur les sorties de zone adverses. O'Keefe a aussi mis en place le deuxième meilleur powerplay de la ligue (derrière Berlin). Les attaquants américains Evan Barratt (de 27 à 62 points) et Cole Maier (de 16 à 34 points) en ont profité pour exploser à leur seconde saison de DEL.
Ces performances ont permis d'atteindre les quarts de finale pour la première fois depuis six ans, malgré une masse salariale réduite. Spectaculaire et victorieux, le club est devenu une "marque super sexy" dans sa région selon son directeur Wolfgang Gastner. Les nombreux petits sponsors et la patinoire pleine en play-offs entraîneront une hausse de budget de 15 à 20% qui permet de re-signer ses meilleurs joueurs comme Barratt, Maier mais aussi le défenseur Owen Headrick (plus gros temps de jeu de DEL), évidemment avec une augmentation de salaire. La seule perte est le tir puissant de Jeremy McKenna qui a cédé aux sirènes munichoises.
La petite déception vient des deux joueurs natifs de la ville. Longtemps blessé aux adducteurs, Niklas Treutle a perdu sa place de titulaire dans les cages au profit de Leon Hungerecker, puis sa place dans l'équipe : il y a aura un gardien étranger. Lukas Ribarik, qui bénéficiait du quota U23 cette saison, a régressé (de 7 à 2 points) et ne sera pas conservé. Il était au bord des larmes à la soirée d'adieux : "J'entends toujours depuis des années que le hockey professionnel est un business. Mais il ne l'a jamais été pour moi. Je voulais juste jouer pour les Ice Tigers." Autre joueur formé au club, Roman Kechter restera donc la seule figure d'identification : il continue de se développer comme le meilleur Allemand de la génération 2004 et a été convoqué en équipe nationale pour la première fois.
Schwenningen (9e) : bonne consolidation après une saison d'exception
En se qualifiant dans le top-6 en 2023/24, Schwenningen avait signé une performance remarquable. Une telle saison était évidemment difficile à rééditer, même avec un effectif très semblable. Parmi les rares changements, seul Teemu Pulkkinen a été une erreur de casting par son attitude peu collective, sans grande surprise malheureusement. Il a été remplacé mi-décembre par un attaquant plus défensif (Brandon McMillan). C'est d'ailleurs à ce moment-là que les Wild Wings repassèrent en position de se qualifier pour les pré-playoffs, mais il leur a manqué l'avantage de la glace face à Nuremberg (pour deux points et malgré une différence de buts bien meilleure). Un avantage de la glace qui s'est révélé décisif dans une courte série au meilleur des deux victoires.
Il ne faut pas oublier que, si l'équipe avait connu une saison précédente exceptionnelle, c'est aussi parce qu'elle avait été épargnée par les blessures. Cette chance ne s'est pas représentée. Ken Andre Olimb a manqué toute la saison après sa commotion en qualification olympique. En décembre, les pépins se sont enchaînés après la blessure de Matt Puempel. Tylor Spink a passé Noël en observation à l'hôpital à cause de problèmes vasculaires. Phil Hungerecker s'est cassé la clavicule (sur une charge de Bennet Rossmy). Leurs absences ont sans doute coûté les points manquants pour finir au moins huitième.
Cette saison plus ordinaire n'est quand même pas une déception. Le "petit club" Schwenningen n'a jamais été menacé par la relégation. Et de nouveau, il conservera ses meilleurs joueurs : les jumeaux Spink et Alexander Karachun ont tous prolongé en fin de saison, se sentant très bien au club. Et le rapide Zach Senyshyn aussi, alors qu'il était très convoité après avoir progressé et planté 27 buts à sa seconde saison en Forêt-Noire.
Francfort (10e) : un docteur de Toulon au chevet d'une stratégie en rade
Francfort a été condamné en janvier en première instance à verser 144 000 euros à son ex-directeur sportif Franz-David Fritzmeier. Ce licenciement risque de coûter cher financièrement, mais aussi sportivement, car la stratégie du club dérive depuis lors sans personne à la barre. Le successeur arrivé en mai 2024 Daniel Heinrizi a été viré en janvier 2025. L'assistant-coach Jan Barta a pris sa place sans qu'on connaisse la durée de son intérim.
Dans ce contexte, l'entraîneur arrivé l'été dernier de Nuremberg, Tom Rowe, a pris beaucoup d'importance sans contre-pouvoir. Son système, qui envoie le palet au fond, n'a pas convenu aux défenseurs habitués à porter le palet. Mi-octobre, Rowe a montré à Clayton Kirichenko des extraits de ses performances antérieures (en Autriche) et, en comparaison, de scènes de la saison actuelle. Il "doit nettement s'améliorer d'ici la trêve de novembre", tel était le message. Il ne l'a pas fait et a été renvoyé. Même le défenseur-vedette Maksim Matushkin a peiné au début dans un système qui ne lui permettait pas de montrer ses qualités créatives. Les adaptations apportées par Rowe en cours de saison ont toutefois permis à Matushkin d'étinceler de nouveau : le Suédois a encore été meilleur marqueur – devant les attaquants – et son partenaire Daniel Wirt est devenu international allemand en se développant à ses côtés.
C'est à Francfort qu'évoluera l'an prochain le seul Français de DEL : Johan Merbah, ou plutôt "Herr Doktor" Johan Merbah, dans un pays qui cite encore les titres universitaires. Le diplômé de biomécanique à l'université de Toulon – et ancien gardien du club varois de hockey sur glace – est devenu un des préparateurs physiques les plus réputés d'Allemagne par son travail en Oberliga. Celui qui a aussi joué au rugby (y compris en Allemagne dans le club d'Essen) a travaillé sur le sujet des commotions cérébrales en lien avec l'univrsité de Montréal. Il a été engagé par les Löwen au poste de "coach de performance" : il dirigera toute la préparation athlétique en étant le lien entre les entraîneurs, les médecins et les kinés.
Wolfsburg (11e) : déclin et continuité
Quand Wolfsburg a accumulé six défaites d'affilée avant la trêve de novembre, son gardien Dustin Strahlmeier traversait la phase la plus difficile de sa carrière, avec 1 seule victoire en 9 rencontres et 87,5% d'arrêts. Même s'il a rebondi par deux victoires à 97% d'arrêts, il n'a finalement jamais rattrapé la barre des 90% : c'est la première fois depuis neuf ans qu'il est en dessous, perdant sa place en équipe nationale. Son partenaire Hannibal Weitzmann a joué presque autant et avec de meilleures statistiques.
Même dans les moments délicats, Wolfsburg garde la continuité et conservera ses gardiens. L'entraîneur Mike Stewart ne pâtira pas non plus de la non-qualification en play-offs, la deuxième seulement en 15 ans. C'est même la première fois qu'un joker étranger recruté en cours de championnat restera la saison suivante : Jimmy Lambert a été apprécié dans le vestiaire pour son état d'esprit positif.
Les Grizzlys avaient l'effectif le plus âgé de la DEL, mais aussi de l'histoire du club. Difficile d'y voir la cause de la contre-performance car 3 des 4 joueurs les plus vieux ont été les trois meilleurs marqueurs (Matt White, Spencer Machacek et Andy Miele). L'autre ancien n'a inscrit que 3 buts et 0 assist : le fidèle des fidèles Gerrit Fauser a pourtant été célébré au dernier match avant sa retraite. Fauser doit devenir le futur manager, Karl-Heinz Fliegauf réessaie ainsi le tutorat qu'il avait voulu avec Furchner (finalement parti à Bremerhaven).
Wolfsburg a fait son budget avec les pré-playoffs, et en plus, les contrats de plusieurs sponsors (dont le principal Volkswagen) prévoyaient un bonus pour la qualification en play-offs. L'élimination des Grizzlys laisse donc un trou qui implique une baisse de son budget la saison prochaine. Ils envisagent un effectif moins large pour ne pas perdre en qualité. Ils devront surtout trouver de meilleurs étrangers car ils vont voir partir Luis Schinko, qui n'a même pas laissé le temps au club de préparer une contre-offre quand il a signé en avance à Munich dès novembre dernier. Il ne reste comme cadre allemand que Fabio Pfohl, qui avait prolongé de 2024 à 2026 à condition de passer défenseur, une reconversion qui a été jugée réussie.
Iserlohn (12e) : on change tout et on recommence
Pour la quatrième saison consécutive, l'entraîneur d'Iserlohn a été remplacé en cours de championnat. Héros révéré du maintien inespéré en 2024, le sauveur Doug Shedden a été renvoyé un an plus tard, lors de la trêve de février. Et il l'a été par un directeur sportif en poste depuis six semaines à peine : Franz-David Fritzmeier, embauché juste avant Noël.
C'était un gros risque de la part de Fritzmeier car il a choisi d'assumer lui-même le coaching à 10 journées de la fin. Mais il a réussi son pari en y remportant les 4 victoires suffisantes pour rester encore en DEL, et il a appris du même coup à mieux connaître son groupe. Il a ainsi annoncé en connaissance de cause une reconstruction. Il se séparera de 8 étrangers, en évoquant y compris des questions de "comportement en dehors de la glace". Il est vrai que les étrangers n'ont pas porté l'équipe puisque trois Allemands ont figuré parmi les cinq meilleurs marqueurs : le duo complice Jentzsch-Ziegler et le défenseur offensif Colin Ugbekile.
Malheureusement, les Roosters perdront leur meilleur buteur Sven Ziegler (dont le numéro 52 est une évocation visuelle de ses initiales), que Fritzmeier remplacera par une de ses anciennes recrues quand il dirigeait Francfort, Julian Napravnik (33 points mais -16). Plus amateur d'entraîneurs nordiques, Fritzmeier confiera les rênes de l'équipe remaniée à un coach suédois, Stefan Nyman.
Augsbourg (13e) : sauvetage in extremis malgré les faiblesses
La ligne HaKuBa (Hakulinen-Kunyk-Bast) semblait bien partie à Augsbourg, mais chacun de ses membres s'est blessé tour à tour. Anrei Hakulinen fut le premier et le moins grave au début du sixième match, puis ce fut Jason Bast, et surtout Cody Kunyk – seul joueur avec une fiche positive – absent deux mois après une opération en décembre. Si l'on fait le bilan, les cinq meilleurs pointeurs de l'équipe ont tous manqué entre 3 et 8 rencontres, et Kunyk – meilleur marqueur au moment de sa blessure – en a manqué 18. C'est une explication partielle, mais pas totale, au fait qu'aucun joueur n'ait dépassé les 32 points.
Les Augsburger Panther ont manqué d'un leader offensif, mais pas seulement. L'entraîneur Ted Dent ne connaissait pas le hockey européen, même comme joueur : le directeur sportif Larry Mitchell – qui l'a lui-même remplacé – a reconnu à demi-mot que c'était une erreur. Dès octobre-novembre, 10 défaites consécutives dans le temps réglementaire ont provoqué le renvoi de Dent. Une telle série de défaites n'avait été vue qu'une seule fois dans l'histoire en janvier-février 1974... quand Augsbourg avait été relégué pour la première fois de l'élite allemande ! Un très mauvais présage. Mais après deux années de relégation sportive et de repêchage, Augsbourg a réussi cette fois à se sauver, à la dernière journée.
Les faiblesses ont néanmoins été nombreuses. Le powerplay ? Il était à peine à 11,25% au moment où Ted Dent a été viré, il était à plus du double dans les premières semaines de Larry Mitchell, mais il a quand même fini dernier sur l'ensemble de la saison (15,8%). Les défenseurs ? Avant le changement de coach, les supporters pointaient spécifiquement l'assistant-coach Thomas Dolak (récemment engagé pour deux ans) comme bouc émissaire de leur faiblesse, parce qu'il gérait les rotations des arrières. Le gardien Strauss Mann ? Il a juste tenu l'équipe à flot avec 90,0% d'arrêts. Michael Garteig (Ingolstadt), qui avait recommandé Mann il y a un, le remplacera. Rassurez-vous, les deux hommes restent amis .
Düsseldorf (14e) : la descente d'un club mythique
Comment Düsseldorf, un club à la si riche histoire, a-t-il pu finir relégué ? C'est le dénouement auquel personne n'a voulu croire, et qui était pourtant logique car la DEG a passé les trois quarts de la saison à la dernière place. Les deux fois où elle a sorti la tête de l'eau en fin de championnat, elle a été coulée à nouveau par deux défaites chez ses deux concurrents directs Ausgsbourg et Iserlohn. Après la victoire inutile au dernier match, c'est l'attaché de presse Frieder Feldmann, l'homme de tous les coups médiatiques et gags amusants depuis près de 25 ans, qui a présenté ses excuses aux supporters – et qui s'est fait injustement siffler.
Les fans visaient surtout les dirigeants, qui se terraient. Le directeur général Harald Wirtz a même dû s'entourer du service de sécurité pour quitter les lieux. Il a démissionné trois jours plus tard. On le tenait responsable de la situation du début de saison, en écho aux propos du gardien norvégien Henrik Haukeland qui songeait alors à quitter le club : "Quand tu n'a pas d'argent, ne sois pas propriétaire d'une équipe sportive professionnelle". Le budget incertain avait contraint le manager Niki Mondt à un recrutement bas de gamme. Le paradoxe, c'est qu'un gros sponsor a signé début octobre (Timocom). Düsseldorf a alors eu les moyens de compléter les licences d'étrangers encore ouvertes, notamment avec un Tyler Gaudet très performant (36 points en 35 matchs). Et pourtant, ça n'a pas suffi.
Dix jours après la fin du championnat, Niki Mondt a été renvoyé et on a appris sans surprise que l'entraîneur Steven Reinprecht ne serait pas renconduit. Les anciens défenseurs du club Andreas Niederberger et Rick Amann ont été chargés de reconstruire sur cette morne plaine. Bon courage ! Ils ont constaté que tous les contrats des joueurs – et même certains contrats de sponsoring – n'étaient valables que pour la DEL, comme c'est d'usage dans la ligue.
L'incertitude était totale. On se demandait si le loyer du PSD Dome (plus d'un million d'euros versés à la ville) serait encore finançable en division inférieure sans les recettes des droits TV. Qui plus est, la relégation n'était pas totalement sûre. La petite lueur d'espoir, disparue au match 7 de la finale de DEL2, se referma comme un piège dangereux, en retardant d'un mois la préparation de la saison prochaine. Les nouveaux dirigeants avaient en effet renonçé à conclure des contrats valables pour les deux hypothèses (DEL et DEL2), trop compliqué.
Oui, la DEG sera encore vivante, en rapatriant notamment des joueurs formés au club. Même Haukeland a déclaré sur les réseaux sociaux qu'il regrettait de partir, de quoi déclencher de nouvelles critiques de supporters... et obliger Niederberger et Amann à expliquer que le gardien norvégien – décidément contrariant – aurait plombé le budget. En trois mois, Düsseldorf a su digérer sa déception et recommencer sa communication positive et humoristique par une série d'articles présentant de manière amusante ses futurs adversaires de deuxième division ("Nous nous réjouissons de vous retrouver parce que...").
Premier : Dresde. Pas adepte des contrats de long terme pour ses entraîneurs, le directeur sportif Mathias Roos a pourtant prolongé le contrat de Niklas Sundblad jusqu'en 2027 dès la trêve de novembre. Une décision très avisée quand on sait ce qui s'est passé ensuite. Les Eislöwen ont déployé le forechecking le plus agressif de DEL2 et se sont imposés physiquement au point de devenir une équipe dominante. Ils se sont emparés de la première place en décembre et ne l'ont plus lâchée... avant qu'une épidémie de grippe dans le vestiaire ne provoque 6 défaites en toute fin de saison régulière et un recul en quatrième position. Cela n'a pas empêché Dresde de renverser l'avantage de la glace contre Kassel puis contre Ravensburg pour être sacré champion.
Les vétérans ont été décisifs dans ce titre, notamment l'ancien gardien international Danny aus den Birken qui a donné son meilleur en play-offs avec 93,7% d'arrêts. S'il quitte le club sur ce triomphe (il sera remplacé par une star en la personne de Julius Hudáček), les quinze autres cadres seront tous de l'aventure DEL.
Au début du siècle, quand la DEL s'était constituée en ligue fermée, ses dirigeants avaient évoqué Dresde comme une possibilité d'expansion parce que c'était une grande ville dans une région non représentée. C'était absurde à l'époque compte tenu de la place du hockey sur glace, ça ne l'est plus. Aujourd'hui, Dresde atteint la DEL par ses seuls mérites sportifs. Le club a énormément progressé tous les niveaux, sa formation des jeunes est même classée 5 étoiles (la note maximale) par la fédération. Le budget de 8 millions d'euros, très correct pour le niveau supérieur, sera atteint sans problème. Le seul souci est que la patinoire de 4412 places, pas souvent pleine il y a deux ans, est maintenant trop petite pour la demande. Les Eislöwen ont arrêté la vente des abonnements en atteignant la barre des 2000 mi-mai pour garder assez de places disponibles les jours de match.
Deuxième : Ravensburg. Un trio offensif étranger au-dessus du lot permet souvent de faire la différence en DEL2. Ce fut le cas en 2024 avec le champion-surprise Regensburg, et cela a bien failli être encore le cas en 2025 avec Ravensburg (à ne pas confondre) et sa première ligne Santos-Karlsson-Czarnik. La seule équipe du top-6 à ne pas avoir déposé de dossier de promotion en division supérieure ne s'est inclinée qu'en prolongation du match 7 de la finale contre Kassel à l'issue de play-offs qui ont passionné toute l'Allemagne.
Le joueur dominant de la ligue a sans conteste été Robbie Czarnik, avec sa vitesse, sa conduite du palet, sa vision du jeu, son tir puissant et placé. Il a connu sa meilleure saison à 35 ans, et il ne faisait guère de doute qu'il resterait. Il est bien installé à Ravensburg parce que sa femme est patineuse artistique et que son beau-père est un des employés de la patinoire chargés de l'entretien de la glace. Le concurrent Krefeld a donc chassé ses deux compagnons de ligne. Mais si Mathew Santos déménagera bien, le centre Erik Karlsson, souvent décisif en play-offs, a rompu le contrat déjà signé pour finalement rester à Ravensburg ! Il faut dire que le club a enfin déposé la caution bancaire nécessaire à une éventuelle accession en DEL en 2026. Si les Towerstars se donnent cinq ans pour résoudre leurs problèmes d'infrastructure, ils ne veulent plus être champions sans pouvoir monter (comme ce fut le cas en 2019 et 2023).
Troisième : Kassel. "Unaufsteigbar". Ce terme intraduisible signifie "impossible à faire monter" et est de plus en plus souvent employé pour évoquer Kassel. Les Huskies ont fini premiers de la saison régulière pour la troisième fois de suite, et la quatrième en cinq ans... mais ils ont de nouveau échoué en play-offs ! Cela semble chaque année plus difficile : il y avait 3 candidats à la montée en 2023, 4 en 2024, 5 cette année, et ils seront 6 l'an prochain...
À chaque fois qu'arrive la dernière ligne droite, le club se met à trembler. Pas question de mettre en cause l'entraîneur (Craig Woodcroft et son style défensif) cette fois. Pour mettre tous les moyens de son côté, le club a recruté deux célébrités parfois controversées du hockey allemand, le rugueux ailier David Wolf et le défenseur offensif Yannic Seidenberg, peu avant la fin de sa suspension pour dopage. Même avec des concurrents plus sérieux, il avait encore l'effectif le plus impressionnant. Mais ces deux jokers ont plus perturbé le fonctionnement qu'il ne l'a enrichi.
La malchance n'a pas épargné Kassel. Le gardien à passeport allemand Brandon Maxwell a dû être opéré du genou en février, obligeant à recruter un étranger (Christopher Gibson) et à avoir alors non plus un mais carrément deux étrangers surnuméraires (pour 4 qui peuvent jouer), ce qui faisait des mécontents fréquents. Et puis, le vétéran Joel Keussen et surtout le buteur Tristan Keck (39 buts jusque là, victime d'une commotion) sont sortis blessés du premier match de la demi-finale. À part le rapide et léger Keck, aucun autre joueur n'a atteint ne serait-ce que 20 buts. Les nombreux profils travailleurs des Huskies se sont montrés très inefficaces pour concrétiser leurs occasions.
Quatrième : Krefeld. Le KEV aussi s'est renforcé dans la dernière ligne droite : le Japonais Yushiroh Hirano et le revenant Marcel Müller – pour son quatrième (!) passage au club – ont été annoncés ensemble fin janvier. Ces jokers ont été de franches réussites puisqu'ils ont été les deux meilleurs marqueurs de l'équipe en play-offs, faisant regretter aux supporters que leur nouveau chouchou Hirano n'ait pas l'intention de rester. Mais ils n'ont pas suffi à éliminer Ravensburg en demi-finale.
En atteignant ce stade de la compétition, les Pinguine ont néanmoins réussi à effacer les dernières dettes laissées par les précédents dirigeants, grâce aux copieuses rentrées d'argent aux guichets. L'optimisme est donc de retour. L'équipe et les spectateurs ont adhéré au nouvel entraîneur allemand Thomas Popiesch. La confiance est donc revenue quant à la direction sportive et financière prise par le club avec plus de 5500 spectateurs de moyenne, soit plus que pendant les huit dernières saisons passées en DEL. Le vrai potentiel de Krefeld, un temps gâché par des stratégies chaotiques, se situe donc au niveau supérieur. Les derbys face à Düsseldorf, avec l'objectif de remonter de part et d'autre, font déjà saliver pour la saison prochaine.
Cinquième : Rosenheim. Après six années d'Oberliga, Rosenheim avait paru bien effronté de déposer un dossier de montée en DEL dès sa deuxième saison en DEL2, plus par jeu que par ambition réelle. Pourtant, il a bel et bien pris place au milieu des autres candidats à la montée. Rien n'a semblé l'arrêter, même pas quand le top scorer Norman Hauner s'est blessé à l'entraînement le 19 novembre en percutant la bande à pleine vitesse. Ville Järveläinen l'a alors remplacé sur la première ligne avec le centre C.J. Stretch et le complément idéal Laub. Une ligne qui a gardé son efficacité. Formé au club, Lukas Laub s'est épanoui aux côtés du capitaine C.J. Stretch, avec lequel il avait été champion DEL2 à Francfort, et a connu à 30 ans la meilleure saison de sa carrière avec 21 buts et 22 assists.
Les trois attaquants du premier bloc ont prolongé leur contrat, tandis que le gardien finlandais Oskar Autio – élu joueur de l'année de la DEL2 – a resigné jusqu'en 2027. Le meilleur défenseur Shane Hanna avait déjà signé pour deux ans l'été dernier. Autant dire que le SBR, qui a gardé tous ses cadres, est parti pour rester dans le haut du tableau. Il veut continuer à grandir, quitte à froisser ses supporters traditionnels par une réforme des tribunes. Le club bavarois veut en effet convertir 500 places debout en strapontins car les 970 places assises sont toujours pleines et ne répondent plus aux demandes des familles et personnes plus âgées.
Sixième : Landshut. Dans cet autre club baravois de grande tradition, la passion vient du fond des âges, mais certains comportements aussi : un fan de 57 ans (!) a ainsi craché plusieurs fois de la tribune du dessus sur la tribune occupée par les supporters visiteurs de Rosenheim, il a eu à répondre de ses actes devant la police. L'âge ne fait rien à l'affaire, chantait Brassens...
Même s'il a eu parfois des relations tumultueuses avec ce public passionné jusqu'à l'excès, Heiko Vogler était le plus ancien entraîneur en poste de la DEL. En 3 ans et demi de mandat, il a fait progresser l'équipe chaque année, mais sans jamais passer le cap des quarts de finale. Il part pour devenir assistant-coach de Wolfsburg, et laisse un certain vide car il occupait aussi le poste de directeur sportif. On imaginait aisément un retour aux cadres locaux. L'ancien joueur Max Brandl reprend d'ailleurs des fonctions managériales, aidé d'une figure locale, Bernd Truntschka.
Ce dernier, toujours impliqué dans le conseil d'administration, avait une autre idée. En appelant Uwe Krupp, son ancien partenaire en équipe nationale, pour prendre de ses nouvelles, il a suggéré à son interlocuteur sans emploi que le poste de coach de l'EVL était libre. Et c'est ainsi qu'à la surprise générale, l'ex-sélectionneur national (60 ans) passe de grands clubs européens à une équipe de deuxième division ! Un nom légendaire pour un club formateur légendaire : les enfants de Krupp, âgés de 9 et 11 ans, prolongeront peut-être la tradition car ils prendront également leurs licences à Landshut.
Septième : Weiden. L'engagement financier de Stephen Ziegler avait apporté de l'ambition à un club de bas de tableau d'Oberliga et l'avait porté au niveau supérieur. En apprenant en décembre 2024 la faillite du groupe Ziegler (construction bois, 3000 employés), tout le monde pensait que Weiden ne survivrait pas, peut-être même en cours de saison. Le club amateur a été sauvé par une collecte de fonds ; restait l'équipe professionnelle. Le glas semblait sonner après l'échec d'une reprise par un investisseur tchèque en janvier, mais les Blue Devils ont finalement été rachetés par des Américains : le "Birch Group" a nommé comme administrateur Stephan Seeger junior, ancien hockeyeur canado-allemand et ex-coéquipier de deux joueurs de l'équipe (Tyler Ward et Vladislav Filin).
Étrangement, à partir de la disparition du sponsor majeur à 1,3 millions d'euros par an qui paraissait marquer la fin du hockey sur glace professionnel, Weiden n'a fait que progresser au classement. Une série de 16 victoires en 19 rencontres a permis aux Blue Devils de grimper à la septième place à six journées de la fin. Le promu, candidat présumé à la redescente immédiate, a ensuite confirmé en se qualifiant en quart de finale où il ne s'est incliné qu'en six manches contre Krefeld. La meilleure saison de l'histoire du club, de très loin. Une performance fantastique pour l'entraîneur Sebastian Buchwieser avec un effectif limité qui n'a jamais abandonné dans l'adversité.
Huitième : Fribourg-en-Brisgau. Cela fait quatre ans de suite que Fribourg-en-Brisgau termine entre la huitième et la dixième place, avec le même total à trois points près. Le bilan au tour préliminaire des play-offs est de deux éliminations pour deux qualifications, à chaque fois pour se faire balayer dans la foulée en quart de finale (par Kassel cette année). Si un bilan aussi classique donne l'impression d'une absence d'évènements, la saison aura au contraire été extrêmement mouvementée. Le directeur sportif Peter Salmik a en effet utilisé quatre entraîneurs (dont lui-même) avant de trouver le bon, le Tchèque Martin Stloutkal, qui a structuré le jeu et notamment la qualité de la relance.
Le plus important pour l'EHC Freiburg est certainement d'avoir enfin obtenu une visibilité sur son infrastructure, la plus vétuste de la ligue. La construction de la nouvelle patinoire à deux surfaces de glace, votée en 2013 par le conseil municipal (!), ne s'était jamais concrétisée. Finalement, une conférence de presse a été organisée en février avec la ville pour annoncer la rénovation énergétique complète d'une enceinte qui en a bien besoin. Les travaux débuteront en 2027.
Neuvième : Weißwasser. Le système de jeu des Lausitzer Füchse (renards de Lusace) a adopté un positionnement moins strict que l'an passé avec le nouvel entraîneur Christoph Kreutzer. Weisswasser était donc un peu moins solide en défense, tandis que l'attaque est restée au même niveau. La place en finale en saison régulière a été la même (huitième) pour un nouvel échec en préplay-offs, cette fois face à Fribourg-en-Brisgau.
L'attaque a clairement manqué d'un meneur, les renards sont la seule équipe dont aucun joueur n'a atteint les 40 points. Le gardien québécois Anthony Morrone, qui a confessé parler à ses poteaux en français, a donc été le joueur-clé, adopté comme une idole. Son maillot d'entraînement a atteint un record du club en étant vendu pour 2800 euros aux traditionnelles enchères de fin de saison. Les fans ont aussi mis la main à la poche dans une collecte de fonds pour payer la part du club (25%) dans les rambardes flexibles rendues obligatoires par la DEL2 dès la saison prochaine pour la sécurité des joueurs. Le coût total des travaux sera de 331 000 euros.
Dixième : Bad Nauheim. Les Rote Teufel ont connu leur changement d'entraîneur le plus précoce depuis 35 ans, quand l'ex-international français Ivan Guryca n'avait pas fait long feu et avait été remplacé par Manfred Müller au début de la saison 1989/90. Adam Mitchell a été démis de ses fonctions dès la fin octobre, alors que Bad Nauuheim était bon dernier. Arrivé dix jours plus tard, l'entraîneur belge Mike Pellegrims a obtenu un bilan positif après sa prise de fonction et a ramené le club en pré-playoffs. Résultat sportif correct, avec en point fort le gardien Jerry Kuhn et en point faible le powerplay, dernier du championnat.
Bad Nauheim a trouvé son entraîneur, mais pas son directeur. Embauché en février 2024 après un discours de candidature convaincant, Gordon Chandler a été renvoyé neuf mois plus tard. Cela fait 17 ans que le visage du club est le strabisme caractéristique d'Andreas Ortwein. Mais ce cadre dans une entreprise de logistique peine de plus en plus à concilier ses engagements et a hâte de passer la main. Il veut rouvrir un poste d'ici novembre et former son successeur pour devenir progressivement simple conseiller.
Onzième : Kaufbeuren. L'ESVK a lui aussi changé de directeur général. Ce fait peut surprendre car Michael Kreitl a contribué à la mue du club pendant une décennie dans sa nouvelle patinoire. Mais sa non-prolongation s'explique par l'arrivée annoncée d'un candidat idéal : Patrick Reimer, meilleur marqueur de l'histoire de la DEL, se posera aux manettes de son club formateur.
Au cours des cinq mois écoulés depuis l'annonce de son grand retour, et alors qu'il finissait son mandat d'entraîneur de l'équipe d'Allemagne des moins de 18 ans, Reimer a vu – à distance – l'équipe s'effondrer au classement. Le changement de coach (Leif Carlsson a remplacé Daniel Jun en janvier) n'a rien résolu. Le Tchèque Presmyl Svoboda a demandé à partir car son compatriote entraîneur était son seul facteur d'intégration. Son remplaçant joue décidément de malchance : Ryan Valentini s'était blessé au cinquièmme match à son premier passage en DEL2 (Heilbronn en 2022/23), cette fois le joueur libéré par Innsbruck a joué seulement 6 matches (pour 8 points marqués) avant de se blesser à un échauffement d'avant-match et d'aller sur la table d'opération, saison terminée.
Ces péripéties expliquent que l'ESVK est passé sous la barre de qualification à cinq journées de la fin, ce que les fans n'ont pas digéré. Le capitaine Simon Schütz – qui partira à Kassel – a critiqué les sifflets reçus en fin de saison régulière. Reimer aura tout à reconstruire car il y aura bien plus de départs que prévu. C'est la fin d'une époque, mais il reste un homme-clé : le gardien Daniel Fießinger, quasiment jamais remplacé (4 matches et demi à peine) et décisif pour le maintien.
Douzième : Crimmitschau. "Certains auraient renvoyé l'entraîneur, nous le prolongeons". Crimmitschau annonçait ainsi fièrement la prolongation de contrat anticipée du coach finlandais Jussi Tuores en fin d'année civile 2024, malgré une avant-dernière place. La saison passée, les Eispiraten avaient pourtant joué les premiers rôles en perdant en demi-finale contre Regensburg. Cette année, ils ont gagné la "demi-finale du bas" – celle pour ne pas jouer la série finale contre la relégation – en prenant leur revanche sur ce même adversaire Regensburg. Merci au gardien Oleg Shilin pour son blanchissge au match 7.
Mais le plan sportif a été éclipsé par les problèmes extrasportifs. La ville a annoncé la résiliation du bail en raison d'un désaccord sur le financement des investissements requis par les règlements de la ligue (éclairage LED et balustrades flexibles). Quand les Eispiraten annoncent le départ en fin de saison de leur meilleur buteur Tobias Lindberg, ils sous-entendent que c'est la faute de la ville qui les laisse dans le flou. Les relations sont exécrables : le club met la pression sur la municipalité pour toucher les indemnités de résiliation prévues au contrat de bail et menace de déménager à Chemnitz. Ses dirigeants se montrent même publiquement faisant copain-copain avec l'opposition (c'est-à-dire le parti d'extrême-droite AfD dans ce coin de l'Allemagne de l'Est). Tout ça pour en finir par payer les bandes flexibles via une opération de crowdfunding, ce que l'autre club de l'Est Weißwasser avait fait depuis des mois sans faire polémique.
À cause de ce temps perdu, Crimmitschau n'en a pas fini avec les contrariétés. Faute d'avoir pu anticiper les études techniques, il a découvert tard que le plexi toucherait le bas du balcon des sponsors avec les balustrades flexibles, ce qui nécessitera des travaux en plus. Plus gênant encore, le gardien Nikita Quapp a signé fin mai un contrat de 2 ans avec la franchise NHL des Carolina Hurricanes, même s'il se doute qu'il devra débuter seulement en ECHL. Le jeune portier pensait partir sans formalité, et le club ne s'est pas opposé à sa volonté, mais il a aussitôt organisé une réunion de crise pour revoir le recrutement car il était dans la panade : Quapp (22 ans) devait occuper un quota de jeunes, ce qui ne pourra pas être le cas de son remplaçant Kevin Reich, gardien allemand engagé en urgence en provenance d'Oberliga, ce qui impliquera de sacrifier un autre joueur qui voulait rester.
Treizième : Regensburg. L'équipe championne s'attendait certes à des lendemains difficiles, mais peut-être pas à ce point. Ce qui est très important, c'est que le public est resté fidèle jusque dans les barrages de relégation, 550 supporters ayant fait le déplacement au dernier match. Pour la première fois depuis neuf ans, c'est un gardien qui est élu joueur de la saison dans le sondage organisé auprès des fans par le journal local : Jonas Neffin (24 ans) a aidé à sauver l'essentiel, le maintien.
Au label fédéral des clubs formateurs, Regensburg a été dégradé de 5 étoiles à 3 étoiles. Après avoir renvoyé le responsable du hockey mineur Fred Ledlin juste avant le début de saison, il n'avait plus assez d'entraîneurs de jeunes pour être bien noté. Mais le club compte bien retrouver son classement dès l'an prochain. Sa vocation formatrice est intacte et il a intégré 4 juniors cette saison en équipe première, dont les jumeaux Fabio et Timo Kose, internationaux U18 originaires de Straubing. Aleandro Angaran, arrivé d'Italie à 14 ans mais qui a renoncé à tous les Mondiaux juniors pour son pays afin de garder le droit au statut "U21" en DEL2, est aussi devenu un des chouchous du public par son engagement total, jusqu'à tomber les gants. Le staff a apprécié pour sa part son excellente condition physique. De bons motifs d'espoirs de ne pas revivre une saison aussi cauchemardesque.
Quatorzième : Selb. La région de Haute-Franconie est aussi en crise, il n'y a pas que l'Allemagne de l'Est voisine. Le chômage a augmenté de 6% en janvier autour de Selb et la brasserie "Lang Bräu" a annoncé sa cessation d'activité car elle ne pouvait pas financer les investissements nécessaires pour rester sur le marché ; c'était un des sponsors du club. On comprend donc pourquoi les Selber Wölfe avaient réduit leur budget de 20% à l'intersaison. Ils pensaient que ça suffirait, encore sixièmes au bout de dix journées... avant une terrible série de 10 défaites. Ils ne s'en sont jamais remis.
Craig Streu, ancien assistant-coach des Eisbären, avait été doté d'un contrat de 3 ans alors qu'il n'avait aucune expérience comme entraîneur-chef. La première ligne de son CV dans cette fonction est donc une relégation. Ce sera peut-être la dernière ligne de la carrière de l'ex-international Frank Hördler, dont le retour à la maison avait suscité tant d'espoirs il y a deux ans. Le contrecoup a été rude et tout le club était sous le choc. Quelques semaines de silence ont suivi, sans aucune communication, jusqu'à l'annonce du futur entraîneur : l'ex-international et jeune retraité Felix Schütz.
Champion d'Oberliga et promu : Bietigheim-Bissingen. La reconstruction prend souvent du temps pour les clubs relégués en Oberliga. Il se passe en général de longues années avant qu'ils ne remontent. Bietigheim-Bissingen a constitué une exception remarquable. Avec une équipe quasi-invincible à domicile en saison régulière (une seule défaite en prolongation contre Memmingen), les spectateurs ne se sont pas lassés et étaient contents de goûter de nouveau à la victoire. Les Steelers avaient la meilleure affluence d'Oberliga sud (2712 spectateurs) et les 4700 places étaient toutes remplies en finale contre les Scorpions de Hanovre, les ambitieux de la zone nord et éternels perdants.
Une montée (en DEL), un maintien, deux descentes consécutive, une remontée : cela fait 5 changements de division en 6 ans ! Bietigheim est vraiment passé par toutes les émotions. Alexander Preibisch a tout connu, et comme un symbole, c'est lui qui a inscrit les deux buts décisifs des deux dernières parties de la finale. Preibisch portait le A depuis cinq ans quand il a été nommé capitaine après la relégation. Après avoir fait l'ascenseur dans tous les sens, le club aspire au calme et à la stabilité.
Un scandale est venu troubler ce calme. L'entraîneur champion Alexander Dück a en effet été accusé de harcèlement sexuel envers deux femmes kinésithérapeutes du club, notamment via des sextos insistants. Les dirigeants le savaient mais ont annoncé sa prolongation au lendemain de la finale gagnée et ont été bien embarrassés quand l'affaire a été rendue publique. Ils ont trouvé un accord d'indemnité avec les deux kinés pour mettre fin à l'action en justice contre le club (car elles avaient été licenciées) mais la plainte contre Dück perdure évidemment.
Marc Branchu