Juin 2003

 

01/06 Anecdotes du mois

Les anecdotes et petites phrases de mai.

01/06 NHL : Anaheim se reprend

Anaheim s'est imposé 3 buts à 2 après prolongation lors du troisième match de la finale de la Stanley Cup, samedi soir. Menés deux victoires à zéro, les hommes de Mike Babcock se devaient de réagir sur leur glace, et ont entamé tambour battant la rencontre. Retrouvant leur vitesse et leur agressivité, ils ont cependant concédé quelques pénalités d'entrée, sans que New Jersey ne parvienne à en profiter. La première période s'achevait ainsi sur un score nul et vierge, malgré quelques bonnes occasions de chaque côté.

Le deuxième tiers était, comme lors des matchs précédents, explosif, avec beaucoup d'intensité dans le jeu. Les Mighty Ducks réussissaient enfin à marquer leur premier but de la finale, par le 4e ligne Marc Chouinard. L'attaquant déviait en pivot un tir de Bylsma, et surprenait Martin Brodeur, un peu masqué. Les Devils revenaient dans le match, se créant une série d'occasions grâce à de belles accélérations et une domination en zone neutre. C'est sur l'une de ces récupérations que l'égalisation survenait. Rafalski lançait Langenbrunner à droite, et l'ancien de Dallas trouvait, sur une belle transversale, Patrik Elias dans le dos de la défense. L'attaquant tchèque, seul face à Giguère, nettoyait la lucarne. L'annonce n'était pas encore faite dans la patinoire que les Mighty Ducks doublaient la mise sur un but-gag. Sandis Ozolinsh, sur une relance de Giguère, lançait en direction du but de Brodeur, sans conviction. Mais le gardien québécois, sorti à la rencontre du palet, laissait échapper sa crosse. La rondelle rebondissait sur celle-ci et passait entre les jambières du portier des Devils pour le 2-1.Après ce coup du sort, le champion de la conférence est ne se démobilisait pas. Dominateurs dans le jeu, ils commençaient à porter l'action dans le camp adverse, mais sans parvenir à tromper Giguère ni à transformer les supériorités numériques.

New Jersey parvenait toutefois à concrétiser l'une de leurs multiples occasions dans le troisième tiers temps. Après une longue séquence dans la zone offensive, New Jersey s'imposait physiquement. Grant Marshall tentait un lancer, dévié par Scott Gomez aux fond des filets devant Giguère. À 2-2, Anaheim reprenait la direction des opérations, mais Brodeur faisait face, bien revenu dans le match après sa bourde précédente, et réalisait quelques arrêts spectaculaires. Les deux équipes rentraient finalement au vestiaire dos-à-dos, à égalité au score comme en tirs (28). Invaincus cette saison en prolongation (cinq victoires), les Californiens entamaient la période supplémentaire avec beaucoup d'application et d'envie, portant plusieurs fois le danger sur le but des Devils par des décalages sur leur aile gauche. Brodeur et Giguère se livraient à un beau duel, mais finalement les Ducks avaient le dernier mot. Adam Oates remportait une mise au jeu, et le défenseur biélorusse Ruslan Salei marquait dans la foulée d'un tir croisé imparable.

Anaheim revient donc dans la série, et tentera de poursuivre sur sa lancée lors de la prochaine rencontre à domicile. Il faudra montrer la même envie et le même jeu que dans cette troisième manche, bien menée par les Ducks. La domination très nette sur les mises au jeu jouera certainement encore un rôle crucial. Les Devils, de leur côté, devront limiter les petites erreurs et ne plus laisser autant d'espaces que dans cette partie. Malgré une domination physique, moins nette qu'aux premiers matchs, ils ont eu du mal à imposer leur jeu. Ils mènent encore deux victoires à une, et possèdent toujours l'avantage de la glace : un avantage qui pourrait bien être décisif dans cette finale.

02/06 Ivan Hlinka hospitalisé

L'entraîneur tchèque Ivan Hlinka, qui avait conduit son pays à son unique titre olympique à Nagano en 1998, a été hospitalisé en raison de problèmes cardiaques. Il avait eu un malaise alors qu'il jouait au golf avec des amis. Son état est désormais stabilisé. Rentré récemment au pays après une saison en Russie, Ivan Hlinka, 53 ans, est un des deux entraîneurs européens à avoir pris les commandes d'une équipe de NHL.

Rappelons que l'autre Européen, Alpo Suhonen, avait justement écourté son expérience nord-américaine pour des raisons de santé. Après une saison comme entraîneur de l'IFK Helsinki, club où il a notamment eu Yorick Treille sous ses ordres, l'atypique touche-à-tout finlandais a une nouvelle fois dit adieu au hockey pour le moment, comme il l'avait déjà fait pour devenir le directeur du théâtre de Turku. Il retourne au monde artistique, mais c'est maintenant pour prendre la direction du festival de jazz de Pori.

Pour en revenir aux personnalités du hockey à l'hôpital, quelques nouvelles du jeune Igor Grigorenko depuis son accident de BMW. Son état s'était aggravé parce que des dépôts graisseux s'étaient détachés de l'os et étaient passés dans le sang, occasionnant une embolie. Il a passé ces deux dernières semaines en réanimation, sa mère étant seule autorisée à son chevet. Les nouvelles sont plus rassurantes depuis ce week-end, il est conscient, capable de communiquer, et il n'est plus sous respiration artificielle.

03/06 Suède : bilan de la saison

C'est la saison des bilans à Hockey Archives, et on commence par l'Elitserien suédoise, avec un beau champion, de vraies équipes-surprises, et des preuves que l'argent ne fait pas tout.

03/06 NHL : Anaheim égalise

Les Mighty Ducks d'Anaheim sont restés maîtres à domicile grâce à leur victoire acquise en prolongations, 1-0, face aux Devils du New Jersey lundi.

Le match fut longtemps indécis, les deux équipes se créant de très nombreuses occasions tout au long de la rencontre. Pat Burns, le coach des Devils, donnait le ton en alignant pour la première fois le débutant Mike Rupp, qui faisait sentir sa présence d'entrée par une énorme mise en échec sur Vishnevski. Le jeu était très physique, mais correct (trois pénalités seulement). Les deux gardiens tenaient le score nul et vierge.

Tendue, la rencontre devenaient folle, et d'une vitesse étonnante, en deuxième période. Brodeur stoppait Kariya, Rob Niedermayer et Chistov sur de bonnes combinaisons, alors que Jean-Sébastien Giguère multipliait les performances sur les accélérations de Gomez, Elias ou Gionta. Patrik Elias, très remuant, trouvait même le poteau en seconde période, à la suite de l'une des rares mises au jeu gagnées par les Devils. Mais peu après, les Ducks répondaient par un tir du débutant Chistov sur le poteau, avant que Oates ne l'imite en récupérant le palet sur une erreur de Rafalski. Une reprise de Scott Niedermayer, puis une échappée de Madden dans les dernières secondes ne trompaient pas Giguère. Brodeur se faisait de son côté une légère frayeur, sauvant sur sa ligne un mauvais rebond sur la balustrade, qu'il avait mal contrôlé avec son gant.

La troisième période, toujours aussi vive, ne changeait rien au score. Finalement, la prolongation décidait du sort du match. Dès le premier mouvement, les Ducks écartaient le jeu dans la zone offensive. Ozolinsh se démarquait sur la gauche, feintait le tir avant de servir Pahlsson à l'opposé. Brodeur parvenait à réaliser un arrêt énorme, mais le rebond tombait sur la crosse de l'inévitable Steve Thomas. La défense des Devils, passive, ne pouvait que constater la réussite du vétéran, qui plaçait le palet au fond des filets pour le quinzième but de sa carrière en prolongation...

Avec cette victoire, la septième acquise en prolongation cette saison, Anaheim égalise à deux victoires partout. La série revient dans le New Jersey jeudi, où les Devils ont gagné 10 matchs sur 11 cette saison.

04/06 Fribourg-en-Brisgau se prépare à la DEL

Fribourg-en-Brisgau a confirmé il y a quelques jours qu'il participerait à la DEL la saison prochaine. Après avoir remporté à la surprise générale le titre de champion de 2è Bundesliga, il fallait également préparer économiquement la montée. La bonne tenue de la campagne d'abonnements, avec plus de mille cartes vendues, a convaincu la direction de franchir le pas. La DEL a approuvé le dossier de tous ses clubs et se jouera bien à quatorze.

Le contexte n'est pourtant pas idéal pour Fribourg, car le club de football a obtenu en même temps sa montée en Bundesliga. Le ballon rond est donc le sujet central de la ville, tandis que le hockey sur glace est relégué dans les dernières pages de journées. Cette promotion pas évidente a priori est un bon signe et un vrai test pour la pérennité de la DEL : le hockey allemand prouve ainsi que plusieurs clubs peuvent prétendre rejoindre l'élite et que sa structure peut donc subsister à long terme, ne risquant pas une panne de candidats et un repli sur soi.

Malgré la montée, Fribourg-en-Brisgau ne va pas bouleverser ses habitudes. Les matches amicaux transfrontaliers contre Mulhouse seront ainsi reconduits. Pour voir un club du Super 16 contre un club de DEL, un évènement qui ne se reproduira pas tous les jours, ce sera donc les 9 et 10 août prochains. Autre habitude du club, les naturalisations. Elles pourraient ainsi servir à faire de Juraj Faith, initialement engagé pour le niveau inférieur, un joueur - allemand - de DEL. Pour le reste, le recrutement est désormais entamé avec l'arrivée de Petr Korínek (Zvolen), le meilleur marqueur de l'Extraliga slovaque.

Dans les autres nouvelles de DEL, signalons le succès de la campagne d'abonnements de Cologne. Le club avait pourtant expliqué qu'il était irréaliste d'espérer battre le chiffre de l'an passé (5900), exceptionnel à cause du titre de champion obtenu juste avant et du recrutement du médiatique Hans Zach comme entraîneur, et qu'on ne dépasserait pas les cinq mille... Et pourtant, c'est un nouveau record : 6200 abonnés !

Par ailleurs, même si on le savait déjà plus ou moins, Krefeld a officiellement signifié à Stéphane Barin qu'il ne serait pas repris dans l'effectif. Le dernier international français en activité à l'étranger (avec Huet et Dermigny) est donc à la recherche d'un club.

04/06 Congrès IIHF

Le congrès de la fédération internationale à Marbella a donné lieu à la réélection par acclamation de René Fasel. Il effectuera son troisième mandat de cinq ans à plein temps, les exigences du poste ne permettant plus d'exercer une activité parallèle. Pour le poste de vice-président européen, c'est le Finlandais Kalervo Kummola qui a devancé le Russe Aleksandr Steblin par 42 voix à 30. Ce n'est guère une surprise car la Russie s'oppose actuellement à l'IIHF sur certains sujets, notamment les compensations sur les transferts vers la NHL, que les Russes voudraient négocier club par club, jugeant la somme globale consentie par la NHL trop faible.

Par ailleurs, il n'y aura pas de Français au prochain Conseil de l'IIHF. Avec 37 votes, Patrick Francheterre est arrivé quatrième de l'élection qui a donné des postes aux trois premiers, l'Espagnol Frank Gonzalez, le Slovaque Juraj Siroky et le Slovène Ernest Aljancic, qui ont recueilli respectivement 52, 50 et 48 suffrages.

Ce congrès servait également à distribuer les prochaines organisations des championnats du monde. Pour la division mondiale, la candidature de Bolzano, qui présentait pourtant l'avantage d'une couverture des frais par les autorités locales, n'a pas été retenue, et l'Italie se déplacera à Gdansk. Les Transalpins ont sans doute trop grillé leur capital-confiance pour avoir droit à cette "répétition" des JO de Turin. Quant à la Belgique, elle n'aura pas la tâche facile pour sa première saison à ce niveau.

Division I, groupe A (à Oslo, NOR) : Belarus, Norvège, Hongrie, Pays-Bas, Grande-Bretagne, Belgique.

Division I, groupe B (à Gdansk, POL) : Slovénie, Pologne, Estonie, Italie, Roumanie, Corée du sud.

La France accueillera un groupe de division I chez les moins de 20 ans, avec l'habituel Briançon, où la génération 84 des Bleus montrera sa valeur face au Belarus (favori), à la Norvège, au Japon, à l'Italie et à l'Estonie. Chez les moins de 18 ans, la France, qui évite l'adversaire le plus difficile, la quasi-inabordable Suisse, se rendra à Selva di Gardena - organisation de "consolation" pour les Italiens - pour y rencontrer le Kazakhstan, l'Allemagne (favoris), l'Italie, le Japon et la Corée du sud.

06/06 NHL : Les Devils exploitent l'opération portes ouvertes

Les Devils du New Jersey se sont imposés largement à domicile 6-3, se montrant les plus efficaces dans un match 5 complètement fou face aux Mighty Ducks d'Anaheim.

Pourtant, les Californiens étaient les premiers en action par Petr Sykora, qui reprenait victorieusement une mise au jeu gagnée par Adam Oates dès la première minute de jeu. Mais New Jersey réagissait rapidement. Turner Stevenson, de retour de blessure, contournait la cage de Giguère et offrait un caviar à Pascal Rheaume, seul au second poteau, pendant que Sergei Brylin mobilisait deux défenseurs. Puis, en supériorité numérique, les Devils prenaient l'avantage sur une passe lumineuse de Brian Rafalski vers Patrik Elias, seul devant le but. Dans un festival d'occasions, les attaquants exploitaient parfaitement les accélérations. Paul Kariya trouvait Sykora qui, en relais, servait Rucchin dans l'intervalle. Le nominé au trophée Masterton de la persévérance égalisait facilement.

La deuxième période était toute aussi folle, mais les Devils commençaient leur travail de sape. Physiquement plus présents, plus rapides aussi, ils prenaient l'avantage à 3-2, sur un but curieux attribué à Brian Gionta. Le petit attaquant tentait une passe devant la cage, et Mike Leclerc marquait malencontreusement contre son camp. Quelques minutes plus tard, Sami Pahlsson égalisait à nouveau, sur un gros travail de Rob Niedermayer. Ce but fut le chant du cygne des Ducks, qui ne parviendront plus à se créer beaucoup d'occasions par la suite, Martin Brodeur fermant la porte. Gionta, l'homme du match et déjà privé d'un but en première période (marqué du bras), lançait sur Giguère, et le rebond tombait sur le patin de Jay Pandolfo pour un but. Les arbitres l'accordaient après avoir consulté la vidéo, estimant logiquement que Pandolfo n'avait pas volontairement marqué du patin. À 4-3, les Devils accéléraient encore, assommant Anaheim par de féroces mises en échec et un bon placement défensif dans la zone neutre.

Le troisième tiers-temps était une véritable démonstration de puissance. Plus en jambes, les Devils s'échappaient en milieu de période. Scott Niedermayer traversait toute la patinoire avec aisance, éliminant trois joueurs, pour servir Mike Rupp sur sa droite. Le shoot du débutant rebondissait sur la balustrade et le palet arrivait dans l'axe sur Jamie Langenbrunner pour un but imparable. En fin de match, celui-ci réussissait le doublé. Récupérant un palet sur la gauche, il était relayé du bout de la crosse par Gionta dans l'axe. Langenbrunner ajustait alors facilement Giguère pour boucler le score à 6-3. Brodeur maintenait même l'écart face à Ozolinsh, seul devant le but.

New Jersey n'est donc plus qu'à une seule victoire de la coupe Stanley, conservant son avantage de la glace (11 victoires, 1 défaite) dans ces playoffs. Les Californiens, laminés, ont sans doute pris un coup au moral avec leur plus lourde défaite de la saison. Fébriles en défense, avec un Giguère malchanceux qui a laissé de nombreux rebonds, les Mighty Ducks n'ont, de plus, pas dominé aux mises au jeu pour la première fois de la série. New Jersey a montré en revanche beaucoup plus de talent offensif, de variété dans le jeu, et de collectif : toutes les lignes ont contribué au tableau d'affichage. Plus forts physiquement, plus rapides, les Devils ont multiplié les accélérations, se créant de nombreuses occasions en campant devant la zone de Giguère. En réussite et en confiance, les Devils tenteront de boucler la finale samedi soir à Anaheim, où les Ducks n'ont perdu qu'une seule fois cette saison...

07/06 Fin du congrès IIHF

La dernière décision prise par la fédération internationale concerne l'éligibilité des joueurs en équipe nationale. Désormais, le fait d'avoir honoré une sélection après ses dix-huit ans ne sera pas rédhibitoire pour porter le maillot d'un autre pays. Un changement de nation pourra se faire au cours d'une carrière, une seule fois, et de manière irrévocable.

Néanmoins, les conditions imposées sont assez nombreuses : le joueur devra bien sûr posséder la nationalité de son pays d'adoption, et y avoir joué pendant quatre années sans aucune interruption. Son arrivée dans ce pays devra en outre avoir été identifiée par une carte de transfert internationale, ce qui exclut donc les joueurs évoluant dans les ligues nord-américaines, qui ne sont pas dans le giron de l'IIHF. Compte tenu de ces restrictions, cette nouvelle règle a donc une portée limitée.

À qui profite donc le crime ? Il est à craindre que ce soit aux pays riches, avec des championnats qui attirent les étrangers et les naturalisés. En clair, principalement l'Allemagne et la Suisse.

08/06 Tournoi international féminin de Cergy-Pontoise

Comptes-rendus et photos du match pour la 3è place et de la finale.

08/06 Les Mighty Ducks plus réalistes

Les Mighty Ducks d'Anaheim se sont imposés 5-2 face aux Devils du New Jersey lors du sixième match de la finale de la coupe Stanley, au terme d'une belle leçon d'efficacité. Menés trois victoires à deux, les Californiens n'avaient pas le droit à l'erreur sous peine de voir la coupe partir chez le champion de la conférence est.

Dans cette optique, les locaux prenaient le match à bras le corps et portaient le danger dans la zone de Martin Brodeur. Malheureux sur les rebonds lors du match précédent, les Ducks profitaient cette fois d'une série de contres favorables. Steve Rucchin, décidément très en forme, voyait son tir dévié par Scott Stevens dans le but pour l'ouverture du score. Les Devils du New Jersey réagissaient bien, et manquaient d'égaliser très rapidement. Rheaume et Brylin travaillaient derrière la cage et trouvaient Turner Stevenson démarqué, mais Giguère déviait le palet sur son poteau. On se disait dès lors que la chance avait choisi son camp. Ce constat était confirmé dans la foulée par le doublé de Rucchin. Colin White perdait son duel derrière son but, et le palet revenait sur le vétéran des Ducks, qui trompait Brodeur, masqué. Victime d'une indiscipline inhabituelle, New Jersey encaissait un troisième but par Steve Thomas, en avantage numérique. Le buteur décisif du 4e match poussait tranquillement un rebond d'un tir de Paul Kariya, devançant un Colin White bien passif.

New Jersey parvenait à réagir dès le début de la deuxième période. Gionta et Madden s'imposaient derrière la cage de Giguère, et le palet arrivait sur Jay Pandolfo pour la réduction du score. La domination des Devils était nette en début de période, et culminait avec une énorme mise en échec de Scott Stevens sur Paul Kariya dans la zone neutre. Le capitaine des Ducks, sonné, rentrait au vestiaire, mais cette action avait le mérite de révolter les Californiens. Kariya revenait quelques minutes plus tard, pour inscrire son premier but de la série, concrétisant la domination d'Anaheim. Échappé sur la gauche, il donnait un énorme lancer balayé en hauteur, qui surprenait Brodeur, sans doute masqué par White. La fin de la seconde période, sur le score de 4-1, arrivait sur une pénalité de Turner Stevenson.

L'attaquant des Devils revenait sur la glace dans la première minute de troisième tiers, mais son indiscipline coûtait cher. Echauffé, il écopait immédiatement de deux fois deux minutes, mettant son équipe en difficulté. Le début de pénalité était parfaitement géré, offrant même aux Devils trois belles occasions en infériorité numérique, mal exploitées. Mais les Ducks, au jeu de puissance muet depuis le début de la série, marquaient le cinquième but, le second en jeu de puissance, par l'intermédiaire de Petr Sykora, transformant un cafouillage devant le but de Brodeur. Le gardien des Devils était par la suite remplacé par Corey Schwab. Anaheim gérait tranquillement la fin de partie, encaissant toutefois un but pendant une pénalité contre Pahlsson : Elias trouvait Rafalski à la ligne bleue pour une reprise de volée légèrement déviée par Grant Marshall, pour boucler le score à 5-2.

Anaheim revient donc à trois victoires partout, et gagne facilement le droit de disputer le septième match décisif sur la glace des Devils. New Jersey, passif, s'est montré indiscipliné, mal positionné en défense, et d'une lenteur incroyable. Les défenseurs comme les attaquants ont laissé Brodeur livré à lui-même. Plus prudents, les Ducks ont en revanche laissé moins d'espaces, et ont su exploiter parfaitement les opportunités. Virevoltants, ils ont par ailleurs bénéficié du réveil des buteurs de l'équipe, Kariya en tête. Malgré une supériorité en tirs, les Devils ont trop subi le jeu, n'entrant réellement dans la partie qu'en seconde période, équilibrant alors la partie.

Le septième match lundi soir s'annonce passionnant et incertain. Les Devils n'ont perdu qu'une seule fois à domicile lors de ces phases finales, écrasant notamment Anaheim à trois reprises. Les Ducks chercheront l'exploit pour un premier titre, alors que les Devils tenteront simplement de retrouver leur jeu pour un troisième sacre depuis 1995.

10/06 Aimonetto/Mulhouse : affaire réglée

Le moins qu'on puisse dire est que le HC Mulhouse et Richard Aimonetto ne se sont pas quittés en très bons termes. Le joueur avait commencé à négocier avec Amiens sans en avertir son entraîneur et son président, qui pensaient qu'il irait au bout de son contrat de trois ans, lequel contenait une clause lui interdisant de partir dans un autre club français. De son côté, le club ne lui avait toujours pas versé son salaire d'avril.

L'avocat d'Aimonetto expliqua que le contrat signé, qui prévoyait le paiement du joueur sur huit mois comme cela se fait couramment dans le hockey sur glace, n'était pas en accord avec le droit du travail, puisque l'employeur ne pouvait escompter récupérer le joueur après quatre mois sans rémunération en prétendant qu'il s'agissait de la continuité d'un CDD. Il avait alors porté plainte aux prud'hommes pour le dénoncer.

L'avocat Philippe Brun demandait la requalification du contrat en CDI et dix mois d'indemnités pour licenciement abusif. On se souvient que c'est à la suite d'une affaire similaire, puisque les CDD de Gronstrand et Ruokonen avaient été invalidés et requalifiés en CDI avec le concours du même avocat, que le HC Reims s'était enfoncé dans une crise fatale. Mais heureusement, tout s'est bien terminé : le HCM a versé à Aimonetto son mois de salaire impayé plus une indemnité de précarité, le joueur pourra rejoindre les Gothiques et a abandonné son action judiciaire.

10/06 Coupe Continentale : la Superfinale à Minsk

La Superfinale de la Coupe Continentale va changer d'organisateur. Milan s'est tout d'abord retiré de la course en se rendant compte que la nouvelle formule de remise à plat du championnat italien (avec onze ou douze équipes et trois étrangers) ne lui permettrait pas de bâtir une équipe compétitive à un niveau européen aussi relevé. Lugano a alors présenté à l'IIHF un projet réduit comme seul organisateur. Il prévoyait une finale à six participants, le HCL (organisateur), le Jokerit Helsinki (tenant du titre), le Lokomotiv Yaroslavl (champion russe), le Slavia Prague (champion tchèque) plus deux qualifiés des demi-finales, et demandait à la fédération internationale de prendre en charge une partie des frais.

L'IIHF a refusé cette proposition, et il semblerait que la prochaine Superfinale ait donc lieu à Minsk, au Belarus. Le choix paraît judicieux puisque le club local a terminé quatrième de la dernière édition et que le public biélorusse est avide de ce genre d'évènements internationaux. On devrait en savoir plus sur cette Coupe Continentale et sur le nombre de clubs français engagés lors de la réunion qui se tiendra dans une dizaine de jours à Vienne.

10/06 NHL : les Devils au paradis

Les New Jersey Devils sont les champions NHL 2003, remportant leur troisième titre depuis 1995 après leur succès 3 buts à 0, à domicile, lors du septième match de la finale de la coupe Stanley, face aux Mighty Ducks d'Anaheim.

Très concentrés et très appliqué, New Jersey a bien entamé la rencontre, fermant la zone neutre et portant le jeu dans le camp adverse. Agressifs à l'échec avant, ils s'installaient par séquences derrière la cage de Jean-Sébastien Giguère, sans toutefois parvenir à marquer. Plus disciplinés qu'au match précédent, les Devils concédaient peu d'occasions. Martin Brodeur se chargeait de pallier les rares erreurs de ses défenseurs.

La deuxième période était similaire à la première, mais New Jersey trouvait la faille après deux minutes par un joueur inattendu : le débutant Michael Rupp. Le remplaçant de Nieuwendyk, toujours blessé, ne disputait que son quatrième match de playoffs après vingt-six rencontres de saison régulière seulement. Mais ce grand gabarit a gêné considérablement Anaheim depuis sa titularisation. Sur un lancer de Scott Niedermayer, le rookie se trouvait en bonne position devant la zone de Giguère, le déviant entre les jambières du gardien californien, pour le premier but de sa jeune carrière en playoffs. Les Ducks encaissaient le choc, mais parvenaient à se créer quelques situations chaudes devant Brodeur. Toutefois, le cerbère des Devils était vigilant, parfaitement secondé par une défense bien placée, agressive sur le porteur du palet, et très mobile. Le vétéran Ken Daneyko, 39 ans, s'adaptait très bien à la vitesse de jeu, pour sa première partie de la série, en remplacement d'Oleg Tverdovsky. La complémentarité des attaquants et la profondeur de l'effectif faisaient rapidement la différence. En fin de période, un lancer de Scott Niedermayer était détourné par Rupp. Giguère sauvait, mais le rookie offrait son rebond à Jeff Friesen. Gêné par un défenseur, l'ex-joueur d'Anaheim, dos au but, parvenait tout de même à placer le palet au fond des filets.

Mené 2-0 après deux tiers-temps Anaheim savait que la tâche devenait rude. Les Devils ont remporté leurs 28 derniers matchs lorsqu'ils mènent après quarante minutes. Sans prise de risque inutile, très discipliné, New Jersey n'hésitait pas à concéder des dégagements interdits. Les Mighty Ducks, bloqués dans la zone neutre, ne semblaient plus vraiment y croire. Les Devils se créaient même la plupart des occasions, Jeff Friesen tuant le match à quelques minutes de la fin, éliminant Carney pour tromper Giguère entre les jambes, sur une passe du débutant Mike Rupp, encore décisif. Martin Brodeur tenait le score facilement. Avec vingt-quatre arrêts, il réalise son septième blanchissage en playoffs cette saison, le troisième en finale.

Les Devils ont ainsi réussi à éviter une nouvelle désillusion : en 2001, ils menaient trois victoires à deux face à Colorado avant de perdre les deux derniers matches. Cette fois-ci, les partenaires de l'inusable Scott Stevens ont tenu bon. Jean-Sébastien Giguère se consolait maigrement avec le trophée Conn Smythe de meilleur joueur des playoffs. Il est le premier joueur de l'équipe perdante à remporter ce trophée depuis Ron Hextall en 1987, à la grande colère du public de New Jersey : un trophée qui récompense surtout ses performances extraordinaires sur les trois premiers tours.

11/06 Bilan de la saison espagnole

Suite des bilans de Hockey Archives avec un tour d'horizon chez notre voisin, l'Espagne, un tableau guère reluisant dépeint avec le ton piquant de Guilhem.

12/06 NHL : le krach des audiences télé

Avant la finale de la Coupe Stanley, la NHL et ses télédiffuseurs américains, après s'être inquiété lors de l'élimination d'une valeur sûre comme Detroit étaient soulagés à l'annonce des deux finalistes : en effet, les New Jersey Devils et les Anaheim Mighty Ducks représentaient après tout les deux plus gros marchés du pays, la région de New York (quoiqu'on ait rarement vu un vrai New-Yorkais s'intéresser à ce qui se passe dans le New Jersey...) et la région de Los Angeles. La gifle n'en a été que plus terrible lorsque les chiffres sont tombés. Les matches étaient répartis moitié-moitié entre deux chaînes. Ceux diffusés sur la grande chaîne nationale ABC ont réuni 2,3 millions de téléspectateurs, soit une baisse de 32% par rapport à l'an dernier (qui était déjà considéré comme une mauvaise année à cause de la présence en finale de l'inconnu Carolina, équipe très peu populaire). Ceux diffusés sur la chaîne sportive ESPN ont rassemblé 1,2 millions de curieux, soit une diminution de 55% !

Ces chiffres sont une catastrophe pour les diffuseurs, qui ont dû donner gratuitement des spots publicitaires supplémentaires à leurs annonceurs en dédommagement, mais surtout pour la NHL. Dans l'esprit des économistes, le hockey sur glace est rayé de la liste des sports majeurs américains, si jamais il en avait fait partie. Son contrat télé de 600 millions de dollars sur cinq ans, déjà bien plus faible que ceux des trois grandes ligues pros (basket, baseball et football américain), se termine l'an prochain. Certains estiment qu'il risque d'être encore réduit de moitié.

Cette monumentale baffe est une sanction pour la politique menée par le commissionnaire Gary Bettman dans les années 90. Le mot d'ordre était alors l'expansion vers le sud, vers les marchés les plus riches et dorés des États-Unis, par le biais de la création de nouvelles franchises ou du déménagement d'équipes canadiennes ou "nordiques" historiques. Le but était de faire du hockey le sport du XXIè siècle, comme le prédisaient de nombreux experts (en prophétie). Le hockey sur glace professionnel s'est ainsi implanté sur tout le territoire américain, mais cela n'en fait pas un sport populaire. Même lorsque les patinoires sont remplies, ce qui est dans les habitudes du sport-spectacle à l'américaine, le grand public n'est pas passionné de ce sport pour autant.

L'exemple des deux finalistes est édifiant. Malgré leur succès sportif indéniable et leurs trois Coupes Stanley, les Devils ne signifient pas grand-chose pour l'homme de la rue du New Jersey. Ils sont toujours une pièce rapportée (la franchise était passée par Kansas City et le Colorado avant d'atterrir à East Rutherford il y a vingt ans) sans implantation locale. Quant aux Mighty Ducks d'Anaheim, ils ont été au début un phénomène de mode porté par le marketing de Disney. Mais cela n'a pas duré, et ils se sont retrouvés devant des tribunes à moitié vides, chose rare aux États-Unis pour un sport professionnel. L'existence de la franchise a été menacée, avant que les bons résultats de cette année ne servent de bouffée d'oxygène en permettant de regagner un peu de sympathie. Mais ce n'est pas pour autant un club populaire.

Pendant ce temps-là, au Canada, le hockey sur glace reste le sport roi, parce qu'il est pratiqué, regardé, commenté et apprécié à tous les niveaux. Mais il ne reste plus que six franchises de NHL sur trente et le peuple canadien a le sentiment qu'on a vendu son sport national aux Américains... Voilà un pavé de plus dans la mare de la renégociation entre joueurs et propriétaires de l'été 2004, où il va bien falloir trouver une solution à la crise financière, mais aussi identitaire, du hockey sur glace sur le continent nord-américain.

13/06 Trophées NHL : l'année de la Suède

Les Suédois ont été mis à l'honneur lors de la soirée de remise des trophées de la NHL, jeudi soir à Toronto.

Nicklas Lidström, des Red Wings de Detroit, remporte ainsi son troisième trophée Norris de meilleur défenseur consécutif. C'est le premier joueur à accomplir cette performance depuis Bobby Orr, qui le remporta à huit reprises entre 1968 et 1975. Lidström a devancé Al McInnis, de Saint-Louis, et Derian Hatcher, de Dallas.

Le grand gagnant de la soirée est lui aussi Suédois, Peter Forsberg étant récompensé de sa saison exceptionnelle par le Hart Memorial (joueur le plus utile à son équipe), devançant le gardien de New Jersey Martin Brodeur et le capitaine des Canucks de Vancouver, Markus Näslund. Forsberg est le premier Suédois à remporter ce trophée, auquel il ajoute le Art Ross de meilleur marqueur (106 pts). Son coéquipier Milan Hejduk remporte le trophée Maurice Richard de meilleur buteur (50 buts).

Markus Näslund s'est consolé avec le trophée Lester B. Pearson, récompensant le meilleur joueur de la saison selon l'association des joueurs, et devient lui aussi le premier Suédois vainqueur du trophée. Forsberg et Joe Thornton, le capitaine de Boston, étaient les autres nominés. À noter que Forsberg et Naslund sont originaires du même village.

Martin Brodeur, de son côté, reçoit enfin la consécration avec le trophée Vézina de meilleur gardien. Brodeur, tout juste vainqueur de la coupe Stanley, en est à sa quatrième nomination, mais remporte le trophée pour la première fois. Un trophée amplement mérité pour ce modèle de régularité (41 victoires, 9 blanchissages), décisif cette saison et privé du trophée Conn Smythe (meilleur joueur des playoffs) par Jean-Sébastien Giguère. Marty Turco, de Dallas, et Ed Belfour, de Toronto, terminent 2e et 3e.

Toutefois, la Suède n'a pas réussi la passe de quatre, Henrik Zetterberg n'étant que second pour le trophée Calder de meilleur débutant. L'attaquant de Detroit est battu par Barret Jackman, de Saint-Louis, qui devient le premier défenseur pur vainqueur de ce trophée, et le premier défenseur canadien depuis Ray Bourque (1980). Jackman a parfaitement assuré l'intérim du capitaine Chris Pronger, blessé, menant Saint-Louis à une nouvelle saison au delà des 100 points. Rick Nash, le n1 de la draft 2002, reçoit la troisième place. Il était le premier nominé à un trophée de l'histoire de Columbus.

Turco et Hatcher battus, Dallas remporte finalement un trophée, par l'intermédiaire de Jere Lehtinen. Le Finlandais est voté meilleur attaquant défensif de la ligue pour la 3e fois (trophée Frank J. Selke), face aux spécialistes John Madden (New Jersey) et Wes Walz (Minnesota). Enfin, Alexander Mogilny (Toronto) reçoit le Lady Bing Trophy, récompensant la sportivité, face à Modano (Dallas) et Lidstrom (Detroit).

Brendan Shanahan reçoit le King Clancy Memorial pour ses actions en faveur des quartiers défavorisés de Detroit, et son coéquipier Steve Yzerman le trophée Bill Masterton, pour sa persévérance et son dévouement au hockey, récompensant ses dix-huit années de carrière marquées par plusieurs opérations au genou. Les deux autres nominés pour ce dernier trophée le méritaient tout autant : Steve Rucchin, d'Anaheim, a connu une saison extraordinaire, après trois saisons entrecoupées de blessures et la mort de son frère en juin dernier, alors que Brian Berard, le défenseur de Boston, reprenait le hockey avec une vision réduite après une grave blessure à l'il.

Le coach de l'année est, sans surprise, Jacques Lemaire, qui a mené le Minnesota Wild en finale de conférence après seulement trois ans d'existence. Lemaire devance Jacques Martin (Ottawa) et John Tortorella (Tampa Bay).

Les équipes-types :

1st All Star-Team : Martin Brodeur (NJ) ; Nicklas Lidström (DET) - Al McInnnis (STL) ; Todd Bertuzzi (VAN) - Peter Forsberg (COL) - Markus Näslund (VAN).

2nd All-Star Team : Marty Turco (DAL) ; Sergueï Gonchar (WSH) - Derian Hatcher (DAL) ; Milan Hejduk (COL) - Joe Thornton (BOS) - Paul Kariya (ANA).

All-Rookie Team : Sébastien Caron (PIT) ; Barret Jackman (STL) - Jay Bouwmeester (FLO) ; Tyler Arnason (CHI) - Rick Nash (CBJ) - Henrik Zetterberg (DET).

16/06 Le recrutement de Mulhouse

Le club alsacien semble avoir quasiment achevé son recrutement. Dans les cages, Fabrice Lhenry poursuit bien sûr son bail, mais son suppléant ne sera plus Stéphane Burnet. Ce seront deux nouveaux gardiens juniors qui seront mis en concurrence pour le poste de remplaçant, l'Angevin Benjamin Jubien, qui a connu sa première expérience du Super 16 cette saison, et le Strasbourgeois Gilles Beck, passé par le pôle espoir de Reims et par la République Tchèque. Un autre gardien né en 1984 sera recruté pour l'équipe junior, qui devrait continuer à jouer en Suisse tout en affichant ses ambitions en intégrant le championnat de France junior élite.

Les Scorpions devaient se démener pour compenser les départs de Strandberg et Ollila dans les lignes arrières. La mission semble réussie. En conservant Ruokonen, Prunet et Brincko, puis en recrutant Allan Carriou ("lâché" par son club formateur, Rouen), Mathieu Mille (Anglet) et le Slovaque Patrik Scibran, les Mulhousiens ont rempli leur double objectif : garder une défense de grande qualité tout en lui donnant une coloration plus française. L'entraîneur Christer Eriksson pourra comme d'habitude appuyer sa tactique sur une base arrière solide.

Du côté des attaquants, les étrangers sont partis et les Français sont restés, hormis Larroque qui retourne dans son Pays Basque... et surtout hormis Aimonetto. Le départ de l'international a pris au dépourvu le club, d'où sans doute le blocage qui ne s'est résolu que par la menace des prud'hommes. Parmi les attaquants potentiels de première ligne, il ne restait donc que Coqueux, sans qu'on sache si celui-ci pâtira ou non du départ du buteur Faith. Le challenge était donc clair, il fallait retrouver un gros pointeur, et ce fut fait de belle manière avec Pavol Segla, septième marqueur de l'Extraliga slovaque. Même s'il ne s'était pas imposé lors de son passage à Koice, il sort donc d'une excellente saison, et fera très mal dans le Super 16 s'il continue sur sa lancée.

Les lignes offensives sont également complétées par Maxime Schuchewytsch, le Belge formé à Strasbourg, qui va dans le Bas-Rhin pour se rapprocher de l'élue de son cur qui habite Bâle. Eriksson attend de lui un parcours proche à celui su Spinalien Guillaume Chassard, autre attaquant-vedette de D1 qui a parfaitement réussi son adaptation au Super 16, au point d'être appelé en stage avec l'équipe nationale. Par ailleurs, Luc Tardif jr, autre junior français expatrié, revient de Finlande dans le cadre de la création d'une formation junior élite. Enfin, le dernier renfort offensif est l'ex-international letton Janis Tomans*, qui pourrait écrire un guide du routard sur les ligues mineures américaines, puisqu'en huit saisons là-bas, il a joué dans dix-sept franchises et sept ligues différentes !

Il paraît manquer encore deux recrues offensives de bon niveau pour compléter un effectif qui s'annonce intéressant.

* Note : de source lettonne, Tomans a en fait trente ans. Il est né en 1973, a priori le 5 février, et non en 1975 comme indiqué dans la base de données d'Eurohockey.

17/06 Bilan du championnat russe

- Une recette gagnante dont il est difficile de discerner les ingrédients...

- Le retour en grâce du "dictateur" Viktor Tikhonov...

- Un entraîneur réputé pour "casser" ses joueurs, et qui est pourtant sauvé par ceux-ci lorsqu'un premier ministre mécontent veut sa tête...

- Un enfant gâté dont la jeune carrière prometteuse a failli s'arrêter au bord d'une route...

Quelques exemples de ce qui s'est passé cette saison dans le championnat russe, dont voici le bilan complet.

19/06 Draft NHL : une cuvée 2003 très offensive

Les attaquants seront à l'honneur à Nashville lors de la draft NHL, qui se tiendra ce week-end, les 21 et 22 juin. Cette séance de sélection des jeunes joueurs amateurs de plus de 18 ans semble, aux dires des recruteurs de la NHL, particulièrement prometteuse et variée. Une bonne dizaine de joueurs sont candidats au titre honorifique de premier choix, et de nombreux joueurs de talent pourraient faire le bonheur des équipes professionnelles dans les années à venir. Un scout précise même que "l'écart entre le 10e et le 45e joueur sera minime"... C'est dire que la séance 2003 a des chances de rester dans les mémoires, et qu'elle est déjà très attendue.

Les Panthers de Floride auront, pour la seconde année consécutive, le premier choix. À la recherche d'attaquants d'impact, la franchise devrait facilement trouver son bonheur. Néanmoins, c'est un jeune gardien québécois, Marc-André Fleury, qui pourrait être choisi en n1, si les Panthers se décident à répondre positivement à l'une des nombreuses offres qu'ils reçoivent. Carolina et Pittsburgh (2e et 3e choix), ainsi que Boston, Philadelphie ou Los Angeles, ont déjà fait part de leur intérêt pour le meilleur joueur du Mondial Junior 2003, et de grosses transactions sont attendues lors du week-end de la draft. Les Kings, qui possèdent trois choix dans les trente premiers, semblent en position de force pour négocier.

Du côté des attaquants, la ligue junior de l'Ontario (OHL) présente le groupe le plus fourni. Eric Staal, de Peterborough, est classé premier de la liste nord-américaine par les recruteurs, après une saison de 98 points. Il est suivi par l'Américain Dustin Brown, élu meilleur étudiant des ligues juniors, par le physique Nathan Horton (Oshawa), très convoité, et par le centre Dan Fritsche, qui a fait oublier ses blessures à l'épaule. Pas moins de onze joueurs de l'OHL ont le niveau du premier tour. Corey Locke, meilleur marqueur et meilleur joueur des ligues juniors cette saison (151 pts), fait figure d'outsider à la 61e place prévisionnelle, en raison de sa petite taille, mais devrait être choisi beaucoup plus tôt. Dans la ligue de l'Ouest (WHL), ce sont surtout les défenseurs qui s'illustrent, notamment Braydon Coburn, Dion Phaneuf, Brent Seabrook, ou Shawn Belle, vainqueur du concours du patineur le plus rapide lors du week-end exhibition des espoirs. La ligue du Québec (LHJMQ) propose aussi une belle variété, mais reste moins valorisée par les recruteurs. Seuls Steve Bernier et Marc-Antoine Pouliot devraient être choisis au premier tour.

Enfin, les universités américaines connaissent une progression qualitative, et de plus en plus de scouts observent la NCAA depuis quelques années. L'Autrichien Thomas Vanek est ainsi classé troisième de la liste nord-américaine. Élu meilleur joueur de la finale universitaire, le Frozen Four, il a permis à l'Université du Minnesota de conserver son titre, une première depuis trente ans, et à l'Autriche junior de monter dans l'élite. Le buteur Zach Parise, nominé au titre de meilleur joueur universitaire (une rareté pour un joueur de première année) et fils d'un ancien de la NHL, ainsi que le centre Ryan Kesler, tous deux brillants aux Mondiaux Juniors, sont en tête de liste, aux côtés du défenseur Mark Stuart et du buteur Jeff Tambellini, fils du sélectionneur canadien aux Championnats du Monde. Enfin, le défenseur Ryan Suter, de l'équipe américaine des moins de 18 ans, est classé 7e alors qu'il n'est pas encore entré à l'université. Beaucoup s'accordent à penser que le neveu du mythique Gary Suter partira dans le top 5.

Dans la liste européenne des scouts de la NHL, les Russes occupent une nouvelle fois les meilleures places. Nikolaï Zherdev, du CSKA, est classé premier, devant le Tchèque Milan Michalek, de Ceské Budejovice, que l'on a aperçu brièvement aux Mondiaux Elite 2003. Le Biélorusse Andrei Kastitsyn, qui joue aussi au CSKA Moscou, complète une liste européenne très offensive, au 3e rang, grâces à ses prestations aux Mondiaux juniors, et ce en dépit de ses problèmes d'épilepsie. La Suède est en retrait, à l'exception de Robert Nilsson (9e), fils d'une ancienne gloire de la NHL. Le défenseur suédois Tobias Enström, débutant de l'année en Elitserien, n'est placé que 32e de la liste européenne. C'est le défenseur tchèque Michal Barinka qui est le défenseur n1 de la liste européenne. L'Allemagne et la Suisse voient par ailleurs leurs jeunes joueurs, Alexander Sulzer (24e) et le gardien Patrick Ehelechner pour les uns, Tim Ramholt (17e) et Kévin Romy (25e) pour les autres, bien notés par les recruteurs. En revanche, la Finlande est cette saison en retrait, le meilleur attaquant, Arsi Piispanen (Jokerit) n'étant classé que 26e. Le Russe Konstantin Barulin se situe enfin à la première place chez les gardiens. Globalement, à l'exception des Russes (15 dans les 30 premiers en Europe), les Européens paraissent en retrait face aux Canadiens et aux Américains cette année.

20/06 Quo vadis, hockey polonais ?

Andrzej Grygiel fait un constat cruel mais juste et pose la question provocante, mais lucide : Le hockey polonais a-t-il un avenir ?

Retrouvez par ailleurs les comptes-rendus de la finale du championnat de Pologne : match 1, match 2 (ambiance, ambiance...), match 3, match 4.

21/06 Coupe Continentale

Les groupes de la prochaine Coupe Continentale ont été désignés aujourd'hui à Vienne. Il y a une bonne et une mauvaise nouvelle au sujet de cette compétition.

Commençons par la mauvaise : il s'agit du plateau proposé, très maigre. Après une vraie "Superfinale" la saison passée, celle à venir, qui se déroulera au Belarus (sans qu'on sache encore si ce sera à Minsk ou chez le champion Gomel), risque de n'en avoir que le nom. En effet, contrairement à ce que l'on attendait, le tenant, le Jokerit Helsinki, ne défendra pas son titre, et le champion tchèque ne viendra pas s'ajouter à la liste des inscrits. Et même pour la Russie, ce ne sera pas le champion Yaroslavl qui participera, mais le finaliste, le Severstal Cherepovets. Malheureusement, celui-ci n'aura pas d'adversaire à sa valeur. Lugano aura néanmoins un coup à jouer, d'autant que cette compétition ressemble par la valeur de ses concurrents aux trois Coupes Continentales déjà remportées par Larry Huras avec Ambrì et Zurich.

La bonne nouvelle maintenant : la Coupe refera escale en France. On craignait pourtant que l'annulation du dernier jour du tournoi à Rouen l'an passé risquait de plomber la réputation des Dragons. Heureusement, l'IIHF semble avoir compris que le problème rencontré ce jour-là était rare mais tombé au pire moment, malheureuse coïncidence. Rouen accueillera donc de nouveau un deuxième tour, mais Amiens organisera également un premier tour.

Si les Picards passent cette première étape, ils prendront d'ailleurs la direction de la Normandie. Attention pour les Français à ce qu'ils ne grillent pas toutes leurs cartouches dans le possible derby, car Asiago, même probablement moins fort que cette année avec le re-dimensionnement du championnat italien, devrait quand même faire figure de favori. Si un club français se qualifie pour le troisième tour, il rencontrera l'habitué Vålerenga et... Herning ! Et oui, signe des temps, le champion danois est directement qualifié pour les "demi-finales", honneur auquel le champion de France n'a jamais eu droit. En tout cas, le point intéressant est que tous ces groupes s'annoncent assez ouverts et que tout est possible, le pire, bien sûr, mais aussi le meilleur, si les équipes françaises abordent cette compétition avec sérieux et rigueur.

Les pronostics du premier tour :

Groupe A (à Novi Sad, Yougoslavie) : Vojvodina Novi Sad (YOU) 40 %, Miercurea Ciuc (ROU) 30 %, KHL Zagreb (CRO) 20 %, Ankara BB (TUR) 10 %.

Groupe B (à Amiens, France) : Amiens (FRA) 50 %, Odense (DAN) 30 %, Slavija Ljubljana (SLO) 15 %, Steaua Bucarest (ROU) 5 %.

Groupe C (à Barcelone, Espagne) : Amsterdam (HOL) 45 %, Jaca (ESP) 30 %, Barcelone (ESP) 20 %, Deurne (BEL) 5 %.

Groupe D (à Zagreb, Croatie) : Dunaferr Dunaújváros (HON) 75 %, Medvescak Zagreb (CRO) 15 %, Maalot/Maccabi (ISR) 5 %, Levski Sofia (BUL) 5 %.

Groupe E (à Riga, Lettonie) : HK Riga (LET) 55 %, Kazakhmys Karaganda (KAZ) 20 %, Stoczniowiec Gdansk (POL) 20 %, Energija Elektrenai (LIT) 5 %.

Retrouvez le calendrier complet.

23/06 Draft NHL : Marc-André Fleury dans l'histoire

Le Québécois Marc-André Fleury est devenu le deuxième gardien à être sélectionné en n1 de la draft NHL, samedi à Nashville. Il succède au palmarès à Rick DiPietro, choisi en 2000 par les Islanders. Fleury, du Screaming Eagle de Cape Breton (LHJMQ) a pour idole Martin Brodeur, et Pittsburgh espère qu'il connaîtra le même succès. La dernière fois que les Penguins avait le premier choix, ils avaient choisi Mario Lemieux (1984)... Prévus en 3e rang, les Pens ont réussi à obtenir le 1er choix lors d'une transaction avec la Floride. Les deux équipes inversaient leur sélection, les Panthers récupérant en outre l'attaquant Mikael Samuelsson et un 2e tour de draft. Carolina, en second rang, a choisi sans surprise Eric Staal. L'attaquant de Peterborough retrouvera son modèle Ron Francis et son cousin Jeff Heerema. Florida, très en vue, choisissait le joueur qu'ils convoitaient avec Nathan Horton, un gabarit imposant et physique. Ils recrutaient aussi Anthony Stewart, attaquant originaire d'un milieu défavorisé, au 24e tour, après un échange avec Tampa Bay. Ironie de l'histoire, Horton a manqué un mois de compétition en début de saison, pour cause de mâchoire fracturée dans une bagarre avec... Stewart! Au total, Florida et Nashville recrutaient treize joueurs en deux jours. Les Predators faisaient d'ailleurs vibrer le public avec le choix de Ryan Suter (7e) puis de Glazachev et Klein au second tour.

Le reste du premier tour ne présente guère de surprises. Nikolaï Zherdev est choisi par Colombus (4), Thomas Vanek, qui deviendra certainement le premier joueur de champ autrichien en NHL, par Buffalo (5), et Milan Michalek par San José (6). Les Sharks ajoutaient le buteur québécois Steve Bernier en 16e rang. Dernier européen choisi au premier tour, Nilsson au 15e choix par les Islanders. Autre bonne affaire aux dires des recruteurs, la sélection par New Jersey de Zach Parise en 17e choix. L'un des meilleurs marqueurs universitaires devait partir dans le top 10, mais était encore disponible lors du choix d'Edmonton. Les Devils négociaient pour inverser les choix, et obtenaient miraculeusement Parise, qui rejoint dans le système deux coéquipiers de North Dakota. Une sélection inespérée pour le champion en titre, qui était persuadé qu'il ne serait plus disponible... Les défenseurs du premier tour partaient à Atlanta (Coburn, 8e), Calgary (Phaneuf, 9e, qui évolue sous les ordres du frère du coach des Flames à Red-Deer), Chicago (Seabrook, 14e), et Boston (Stuart, 21e). Signalons que les Rangers sélectionnent un New-Yorkais, le géant Jessiman (12e).

Seules surprises du premier tour, la présence de Brent Burns (20e, Minnesota) et celle du grand Bryan Boyle (26e, Kings). Los Angeles a utilisé ses trois choix sur des attaquants (avec Brown et Tambellini). Patrick Eaves, à Ottawa, et Shawn Belle, aux Blues, concluaient un premier tour interrompu par l'annonce du décès de l'ancien coach Roger Nielson, victime d'un cancer. Deux favoris du top 10, Fristche et O'Sullivan, ne sont partis qu'au deuxième tour. Fristche, qui a subi plusieurs opérations aux épaules, était le 46e choix (Colombus), alors que O'Sullivan ne partait qu'en 56e (Minnesota), victime des problèmes hors glace avec son père, qui le maltraitait.

Dans les tours plus lointains, le Suisse Tim Ramholt est le premier défenseur européen au 39e rang (Calgary), alors que son compatriote Seydoux rejoint Ottawa (100e) Le jeune attaquant Kevin Romy a reçu le maillot des Flyers (108e). Philippe Furrer part en 179e aux Rangers. Le dernier Suisse est Loic Burkhalter, par Dallas en 290e. Le Kazakh Pushkarov est parti en 44e choix à Los Angeles, et son compatriote Pestunov a suivi au 80e rang à Phoenix. Le premier Allemand, Sulzer, tentera de percer à Nashville (92e), et deux autres, le gardien Elehechner (139e) et l'attaquant Kai Hospelt (216e), rejoignent la colonie allemande de plus en plus imposante de San José (alias bientôt les "Sankt Josef Haie" ?), où viennent de signer Ehrhoff et Pätzold. Si Eduard Lewandowski, plus âgé et déjà international, a été un sélectionné-surprise, un autre Allemand fait la grimace : Yannic Seidenberg (le frère de Dennis, qui a réussi sa percée à Philadelphie cette saison) avait retiré sa candidature pour la draft au dernier moment il y a un an, parce que son agent lui conseillait d'attendre un an pour se valoriser aux championnats du monde juniors. Mais ceux-ci ont été décevants, et il n'a pas été sélectionné dans un millésime 2003 très concurrentiel.

Le prodige du Belarus, Andrei Kastitsyn, 10e choix par Montréal, a été rejoint par son compatriote Zakharov (101e, St-Louis). Un joueur du moribond championnat polonais, Marcin Kolusz, a été choisi par Minnesota en 157e. Enfin, deux Lettons rejoignent les espoirs de la NHL, Raimonds Danilics (Tampa Bay, 256e) et Lauris Darzins (Nashville, 268e). Dans l'ensemble, l'Europe est en retrait cette saison. Les équipes NHL ont décidé de recruter des joueurs mieux suivis au Canada ou dans les universités américaines, et ont misé sur l'Europe uniquement pour les tours lointains. Les jeunes du Vieux Continent font ainsi figure de projets à long terme.

25/06 L'affaire Ovechkin

À 17 ans, Alexander Ovechkin fait déjà tourner la tête de tous les recruteurs de la NHL. Après s'être imposé dans l'élite russe, l'espoir le plus talentueux de sa génération avait brillé aux Mondiaux des moins de 20 ans (deux triplés, une médaille d'or) et avait terminé meilleur marqueur du Mondial des moins de 18 ans.

Or, Ovechkin est né le 17 septembre 1985. Rien de particulier à cela, si ce n'est que le règlement de la NHL stipule que pour être éligible lors de la draft NHL, un joueur européen doit avoir plus de 18 ans au 15 septembre. Pour deux jours, Ovechkin est déclaré inéligible, et devient soudainement l'attraction majeure de la draft... 2004.

Mais rien n'est moins sûr.

Dimanche dernier, lors de la séance 2003, alors que tous les managers pensaient surtout à quitter Nashville, les Panthers de Floride ont tenté de réaliser un coup audacieux avec leur 13e et dernier choix, au neuvième tour, en 265e position. Le propriétaire de la franchise des Panthers a alors demandé à son manager Rick Dudley d'annoncer la sélection d'Ovechkin. Ce dernier n'étant pas inscrit, la NHL a contraint la franchise à choisir l'ailier Tanner Glass, qui aura bien du mal à faire oublier le buteur russe. Mais auparavant, l'insistance de Florida a permis que le refus de sélectionner Ovechkin soit officiellement enregistré.

L'affaire n'en restera donc pas là. Les Panthers veulent pousser l'affaire devant les tribunaux, en tentant d'exploiter un "vide juridique" de la convention collective de la NHL. Leur argument est simple : quelle est la définition d'un an ? S'agit-il de l'intervalle du calendrier, incluant les années bissextiles, ou d'une période fixe de 365 jours ? Si la seconde réponse est considérée comme juste, Ovechkin a soudainement 18 ans et devient éligible ! Sa non-inscription ne s'explique ainsi que par un "défaut d'information", et sa sélection par les Panthers légale.

Vu d'Europe, cela prête à sourire, mais aux États-Unis, ce sont surtout les avocats qui sourient en voyant se profiler une telle affaire. Le coup des Panthers n'a pas été tiré au hasard, il a été prémédité et découle d'une réunion où quelqu'un a évoqué un cas similaire où cette soi-disant "faille juridique" avait permis de faire rentrer quelqu'un dans une classe d'âge à quelques jours près.

Comme on peut s'attendre à tout de la part de la justice américaine, le mouvement des Panthers est audacieux. Au pire, ils ne perdront que des frais d'avocat (élevés) et se contenteront de Tanner Glass. Mais la perspective de récupérer Ovechkin en 265e rang en vaut sans doute les efforts... Si Florida remporte le pactole, la jeune équipe deviendra plus encore la future terreur de la conférence est...

27/06 L'avenir est un long passé

En Russie, il y a un diction qui dit qu'on ne repasse jamais deux fois par la même rivière. Ce qui signifie qu'un entraîneur ne revient jamais dans une équipe qu'il a dirigée par le passé. Pourtant, la fédération russe vient de le démentir pour la seconde fois. Cela avait déjà été le cas lorsque Boris Mikhaïlov, champion du monde 1993, avait été rappelé après la débâcle de Saint-Pétersbourg en 2000, notamment pour obtenir une médaille d'argent en 2002. Et maintenant, c'est carrément Viktor Tikhonov, l'homme de fer du hockey soviétique dont il a été le commandant tout-puissant de 1976 à 1992, qui revient après s'être refait une virginité à la tête du CSKA Moscou cette saison.

Vladimir Plyushchev a donc été désigné comme le principal responsable de l'échec des derniers Mondiaux. Son nom ne figurait plus dans la liste de six candidats établie par le conseil des entraîneurs, chargé de désigner le futur sélectionneur. Sur les six hommes, un décida de se retirer de lui-même, Boris Mikhaïlov, qui n'a toujours pas digéré d'avoir été évincé le temps des Jeux Olympiques en 2002. Il en restait donc cinq : Valeri Belousov, l'ex-entraîneur de Magnitogorsk adepte d'un style offensif, Rafael Ishmatov, l'entraîneur des juniors russes, Vladimir Yurzinov, l'homme qui forme les meilleurs espoirs suisses à Kloten, Sergueï Mikhalev, qui a conduit Cherepovets à la finale du championnat, et bien sûr Tikhonov.

Le vote n'a pas fait un pli. On savait qu'Ishmatov n'avait aucune chance après l'expérience malheureuse de Plyushchev. Le succès avec les juniors n'implique pas la réussite avec les seniors, mais il continuera bien sûr à entraîner les moins de vingt ans. Quant à Yursinov, son nom est souvent lié à Tikhonov, et il en sera l'assistant. Le vote a alors donné les résultats suivants : Tikhonov 17, Belousov 10, Mikhalev 2. Le "dictateur" a donc devancé deux "démocrates" supposés, selon les termes employés pour qualifier le style des entraîneurs en Russie.

L'équipe russe n'aura donc plus une moyenne d'âge aussi faible, mais Tikhonov a travaillé avec une équipe très jeune cette année au CSKA et il devrait toujours faire confiance à certains espoirs. Il a par ailleurs déjà décidé qu'il faudrait en permanence un membre du staff en Amérique du nord pour suivre les joueurs de NHL et se faire une idée précise de leur valeur. "En Finlande, il a été expliqué que certains expatriés sélectionnés était inférieurs à de nombreux représentants du championnat de Russie. Essayons d'éviter des erreurs semblables."

Reste à savoir comment la présence de Viktor Tikhonov sera perçue, sachant que ces méthodes avaient été sévèrement critiquées lorsque les joueurs pouvaient enfin prendre la parole, après la décomposition de l'URSS, et même déjà sous Gorbatchev. Les relations de Tikhonov avec certains joueurs évoluant en NHL sont actuellement aussi froides que la guerre du même nom. Sur ce point, il a déclaré : "Seront invités en équipe nationale ceux qui ont envie de travailler avec Tikhonov"...

28/06 Le nouveau championnat

Lumière a été faite sur la nouvelle saison du Super 16, qui comprendra à nouveau quinze clubs, la situation financière délicate de Nice ne lui permettant pas de monter. Le découpage géographique se fera selon un axe est/ouest pour plus de cohérence. Sportivement, cela promet aussi une rude bataille à l'ouest où six clubs sur sept ont de légitimes ambitions de qualification, alors que les jeux sont beaucoup plus ouverts pour les "petits" à l'est.

Poule ouest : Rouen, Amiens, Brest, Anglet, Tours, Angers, Dunkerque.

Poule est : Mulhouse, Grenoble, Villard-de-Lans, Dijon, Clermont-Ferrand, Briançon, Gap, Épinal.

Notons que les play-offs commenceront à partir des quarts de finale, ce qui enlève un peu d'intérêt à la poule Magnus et se fait malheureusement au détriment de la finale, qui risque une nouvelle fois d'avoir lieu en trois manches maximum... à moins d'une retransmission évènementielle sur un match diffusée sur Sport + ? Un peu occultée et lénifiante cette saison, la poule Nationale aura elle aussi ses propres play-offs, avec des demi-finales et une finale. Par ailleurs, la Coupe de France comptera un tour supplémentaire qui permettront l'engagement de clubs de division 2.

On attendait aussi d'en savoir plus sur la situation financière des clubs. De ce point de vue, le bilan du Super 16 est très positif puisque les quinze équipes engagées (dont Épinal promu de D1) ont enregistré des bénéfices sur la saison 2002/03. On ne connaît pas de championnats en Europe qui puissent en dire autant... Cependant, le hockey français traîne encore les boulets de son passé, et le processus de remboursement de dette chez plusieurs clubs n'est pas aussi rapide qu'escompté.

Surtout, l'état des divisions inférieures est beaucoup plus préoccupant que celle de la nouvelle vitrine du hockey sur glace en France. Plusieurs clubs ne sont pas sûrs de repartir et on observe une dangereuse dérive de certaines masses salariales jusqu'en division 2. Le phénomène n'est pas forcément nouveau, mais il est enfin pointé du doigt, et il faudra encore du temps pour changer les mentalités.

Terminons par une série de bonnes nouvelles. La Coupe de France comptera ainsi un tour supplémentaire et intègrera donc les clubs de division 2. Par ailleurs, même si le projet de tournoi international de Brest est pour l'instant rangé dans les tiroirs, Angers organisera le sien fin août. Les clubs français commencent enfin à s'ouvrir sur l'extérieur puisque Dijon effectuera à son tour des matches amicaux face à des équipes étrangères.

29/06 Nouveau top 250

Le voilà enfin, le tout nouveau classement des clubs européens pour la saison 2002/03. Le leader n'a pas changé, mais les bouleversements sont nombreux derrière. Sept équipes françaises ont réussi à se faire une place dans ce top 250.

 

 

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