Allemagne - Tchécoslovaquie (12 mars 1953)
Match comptant pour les Championnats du monde 1953.
Délocalisé à l'abri dans la journée à cause de la neige
On peut s'étonner au prime abord que les prix des places soient identiques à Zurich (entre 3,50 et 12 francs) pour les tribunes en plein air du Dolder ou dans le plus confortable Hallenstadion. Cela s'explique parce que les rencontres peuvent être déplacées vers la patinoire couverte en cas de mauvais temps. La procédure a été anticipée avant le tournoi, des affiches devant être placardées dans les rues et sur les transports publics pour prévenir du changement de lieu. Comme la capacité du Hallenstadion est moindre, cela veut dire qu'une réserve de 1000 billets est toujours conservée au Dolder pour être vendue le soir même... une fois qu'on est sûr qu'on y joue.
Comme il a neigé ce jeudi matin, les organisateurs ont décidé très tôt de déplacer le match au Hallenstadion. Cela ne compromet pas la réserve de tickets qui ne risquait pas d'être entamée aujourd'hui. Seuls 3000 spectateurs se déplacent pour voir la Tchécoslovaquie, qui a impressionné à Bâle et joue pour la première fois à Zurich. S'il y a bien des gens que la neige ne dérange pas, ce sont les Tchèques. À midi, ils ont téléphoné à leurs hôtes pour savoir s'il était possible de leur programmer... un petit entraînement de football ! Les Grasshoppers ont prêté leur pelouse et leurs ballons à ces sportifs accomplis et polyvalents qui s'aèrent ainsi l'esprit.
Les Tchécoslovaques manquent-ils de concentration quand ils se remettent au hockey le soir ? Vainqueurs 11-2 du premier match, ils ne se méfient peut-être pas assez de l'Allemagne. Celle-ci n'est plus paralysée par le respect de ses adversaires supérieurs et mett tout de suite la pression sur le palet et sur l'homme. Elle est récompensée par deux buts coup sur coup. D'abord, Fritz Poitsch tire en angle après une belle passe transversale du revers du défenseur offensif Toni Biersack qui a percé en dribblant sur le côté gauche. Puis c'est Karl Enzler qui intercepte une passe transversale en zone neutre, s'appuie sur Dieter Niess en une-deux et prend un lancer, suivi au rebond par Niess à quatre mètres de distance. 2-0 en trois minutes, le public ne s'attendait pas à ça et encourage frénétiquement les Allemands.
La Tchécoslovaquie est étonnamment dominée mais Bronislav Danda la sort d'un mauvais pas en partant seul pour battre Ulli Jansen. Deux minutes plus tard, le défenseur allemand Bruno Guttowski commet une énorme erreur en faisant cadeau du palet à Sekyra devant le but. Leur avance de deux buts est dilapidée, mais les verts repassent à l'attaque. Le gardien Jozef Záhorský doit se jeter sur le palet devant Poitsch après une belle combinaison, puis détourner un tir direct de Niess sur passe transversale d'Enzler. Les rouges sont plus efficaces : Danda sert Seiml devant le but pour une reprise à bout portant. Menée pour la première fois, l'Allemagne veut égaliser mais Biersack manque le palet en zone offensive... et est mal positionné au repli défensif quand Rejman marque le cruel 2-4 à deux secondes seulement de la pause !
Les Allemands sont tout de suite renvoyés dans leur zone défensive à la reprise après un poteau de Karel Gut. Mais sur leur première offensive, un tir puissant de Georg Guggemos trompe le gardien Jozef Záhorský, masqué. Le match est relancé. Jansen lit bien les actions de Bubnik et se jette sur lui pour le devancer avant de se faire dribbler. Slavomir Barton se révèle en revanche trop fort techniquement : parti de sa zone, il évite les mises en échec des défenseurs Guttowski et Bierschel, tout en conduisant magnifiquement le palet, puis feinte le gardien comme point d'orgue à un but magnifique (3-5). La différence est faite, Bubnik s'en assure après un tir de Gut masqué par un bon écran de Biersack (3-6). Le canonnier Guggemos continue d'envoyer des projectiles à mi-distance ou depuis la ligne bleue, mais Záhorský repousse ces tirs violents.
Záhorský n'aura donc pas chômé avant de céder son poste à Richter pour le dernier tiers-temps. Le nouvel entrant s'interpose notamment face à Egen après une bonne action collective des Allemands. Ceux-ci pressent encore et Poitsch tire de très peu à côté. Le défenseur Martin Beck se couche au sol pour arrêter un 2 contre 1 tchèque. C'est encore Barton qui plante le clou fatal, il passe à Sekyra près du but qui lui rend le palet en meilleure position (3-7). La première faute du match est une charge avec la crosse de Lidral. La première ligne allemande cafouille son jeu en avantage numérique, mais pas la deuxième. Le palet passe joliment d'Egen à Enzler puis à Guttkowski qui arme un beau tir (4-7).
Après le changement de côté à mi-tiers, la Tchécoslovaquie rétablit une supériorité évidente. Vlastimil Bubník suit d'abord une action de Danda pour le huitième but, auquel s'ajoute immédiatement la reprise directe à mi-distance de Karel Bílek sur passe en retrait de ce même Bubník dans le coin. Biersack fait faute sur une contre-attaque tchèque mais les verts, qui avaient encaissé le seul score à deux chiffres, veulent éviter de subir le même sort et y parviennent car les attaquants rouges ne sont pas en réussite.
Les remarquables efforts allemands n'auront pas compensé la nette différence de patinage entre les deux équipes. Même si elle a eu plus de mal à tenir la distance, ce qui est logique contre un adversaire jouant à trois lignes, l'Allemagne progresse vraiment de jour en jour dans cette compétition.
Marc Branchu
Allemagne
Tchécoslovaquie 4-9 (2-4, 1-2, 1-3)
Jeudi 12 mars 1953 à 20h30 au Hallenstadion de Zurich. 3 000 spectateurs.
Arbitres : Willy Bernhard et Gennaro Olivieri
Pénalités :
Allemagne 2' (0', 0', 2') ;
Tchécoslovaquie 2' (0', 0', 2').
Évolution du score :
0-1 à 02' : Poitsch assisté de Biersack
0-2 à 02' : Niess assisté d'Enzler
1-2 à 08' : Danda
2-2 à 10' : Sekyra
3-2 à 14' : Seiml assisté de Danda
4-2 à 19' : Rejman assisté de Bartoň
4-3 à 21' : Guggemos assisté de Bierschel
5-3 à 27' : Bartoň
6-3 à 32' : Vl. Bubník assisté de Gut
7-3 à 46' : Rejman assisté de Sekyra
7-4 à 49' : Guttkowski assisté d'Enzler et Egen (sup. num.)
8-4 à 50' : Vl. Bubník assisté de Danda
9-4 à 50' : Bílek assisté de Vl. Bubník
Allemagne
Attaquants :
Georg Guggemos - Xaver Unsinn - Fritz Poitsch
Dieter Niess (C) - Markus Egen - Karl Enzler
Kurt Sepp
Défenseurs :
Toni Biersack (2') - Martin Beck
Karl Bierschel - Bruno Guttowski
Gardien :
Ulrich Jansen
Remplaçants : Alfred Hoffmann (G), Otto Brandenburg, Hans Rampf (A). Absent : Walter Kremershof (main cassée).
Tchécoslovaquie
Attaquants :
Karel Bílek - Bronislav Danda - Vlastimil Bubník
Jiří Sekyra - Slavomír Bartoň - Miroslav Rejman
Oldřich Seiml - Miroslav Kluc - Milan Vidlák
Défenseurs :
Karel Gut (C) - Jan Lidral (2')
Miroslav Nový Stanislav Bacílek
Gardien :
Jozef Záhorský puis à 40' Jan Richter
En réserve : Miloslav Ošmera (D), Miloslav Charouzd (A).